01 août 2005
Du pays des sagas
C'est le destin. Une incitation à la nostalgie. Et le deuxième vesperal petit frisson dans le dos en deux jours.
Hier, je suis allée me promener, pour la première fois depuis un
moment, sur le site des Blogs de voyage (cf les liens, juste là, à
droite). Et dans les "dernières communautés mises à jour", il y avait
celle sur l'Islande. Qui d'ailleurs à ce jour ne contient qu'un seul blog.
J'ai "feuilleté" les albums photo (tout en bas de la page) avec
émotion. L'Islande, c'est le plus beau pays que j'ai visité à ce jour
(bon j'en ai pas visité beaucoup, faut dire). Et là je retrouvais les
champs de soufre, les geysers, la plage de sable noir de Vik.
Ce soir, rebelote, je me balade de blog en blog, jusque chez des gens que je n'avais jamais lus auparavant, elle,
par exemple. Et par hasard, ce que je ne fais pour ainsi dire jamais
(sauf quand on m'y incite spécifiquement dans une note), je clique sur
l'un des albums (le premier, celui des endroits où elle rêve d'aller).
Et paf. Une photo de chute d'eau. Sans légende. Instantanément, je sais
que c'est l'Islande.
En Islande, on comprend
ce que le mot "lumière" veut vraiment dire. j'en ai tellement pris
plein les mirettes, en à peine quinze jours, que pendant six mois,
j'en ai eu les yeux qui pleuraient, à la moindre luminosité forte.
En Islande, il n'y a pas grand monde. La capitale compte plus du
tiers de la population (àà peu près 100 000 personnes), la seconde plus
grande ville, Akureyri, ne compte que 16 000 habitants. Une maison et
une église, c'est un village; une maison, une église, et une banque,
c'est une ville (dixit ma frangine.). Y a des endroits où les gens,
pendant les 6 mois d'hiver, ne quittent pas leurs maisons. En Islande,
les gens chez qui on passait la nuit étaient toujours accueillants
(bon, ok, quand on ouvre un bed and breakfast, généralement, on essaye
de l'être, mais quand même). Assez dépressifs, ceux qu'on a vu, mais
avec des histoires magnifiques à raconter.
En Islande,
il n'y a qu'une vraie grande route goudronnée, elle fait tout le tour
de l'île. Quand on veut s'enfoncer dans l'intérieur, il faut un 4x4. Et
sur cette route, quand on croise deux voitures à l'heure, c'est la
grande affluence. En Islande, y a personne, et c'est sacrément reposant
:)
En Islande, y a de l'eau partout. La mer, la glace,
l'humidité prise dans les mousses. L'eau des cascades, l'eau des
geysers, l'eau des sources chaudes, l'eau des "marmites de boues".
Celle qui fond quand un volcan entre en éruption sous un glacier et
qui, quand la poche se rompt, rase tout sur son passage, sur plusieurs
kilomètres de large, y compris la montagne qui à la mauvaise idée de se
trouver sur son passage. Celle du lagon fantômatique où glissent des icebergs.
Et celle de la mini, mini-larme qui est en train de perler à mon oeil gauche, pendant que je regarde ces photos.
Le jour où j'ai assez de souX pour me payer l'avion et le
séjour, j'y retourne passer trois mois. Et d'ici là, quand ma maman
rentrera de vacances, je lui demanderai de m'envoyer ses photos
d'Islande, pour vous les montrer ici.
De Tim Burton
Et ben non, je ne viens pas vous faire une critique de Charlie et la Chocolaterie, je l'ai toujours pas vu.
Non, non, je viens seulement exprimer mes vives protestations à
propos d'un truc que je viens de lire dans un numéro de Sortir-Obs:
"Tim
Burton fabrique des obsessions étonnantes. Sa vision de "Batman" fut
jugée géniale par certains, agaçante par d'autres: la vérité, c'est
qu'il voulait transformer le Vengeur ailé en créature de Baudelaire, et
que Batman ne s'y prêtait pas tellement. Il y a du romantique allemand
chez Tim Burton: il s'imagine, la nuit, campé sur un rocher, la main
sur la hanche et la cape au vent, face à la Lune et au Rhin"
Bon, moi j'ai jamais lu les comics de Batman, et faut bien
admettre que faisant partie d'un des deux groupes de gens sus-cités, je
suis pas objective. Mais dire que Batman ne se prêtait pas à la vision
que Tim Burton en a, faut pas exagérer. Nom d'un chien, mais Batman,
c'est le héros romantique (au sens non-galvaudé du terme) par
excellence. C'est le plus humain de tous, il est empli de lui même, il
est nostalgique. Il se retrouve tout seul face à une civilisation qui
échappe à l'humanité et à l'humanisme, et il la voit à a travers le
filtre de l'imagination.
Je suis pas très sensible au
romantisme, en général. D'ailleurs dans Batman, et chez Tim Burton
globalement, le romantisme le cède toujours en partie au gothique (au
sens littéraire, là encore...). Ce côté complètement décadent et fin de
siècle, c'est assez terrible. C'est là, peut-être, que Baudelaire est
un peu en vue.
Y a qu'à voir. Le dernier Batman, il
était pas mal, pour un film d'action. Mais bon, sans cette touche
gothique, il reste que le romantisme. Et ca se rapproche davantage de
Chateaubriand, les cheveux dans le vent (enfin en l'occurence, c'est
plutôt les zoreilles de chauve-souris que les cheveux. De toute facon,
si la souris est chauve, pour les cheveux c'est vite vu.) que du
romantisme allemand.
François-René, vicomte de Chateaubriand, méditant sur les
ruines de Rome devant une vue du Colisée, par Anne-Louis
Girodet De Roussy-Trioson.
.
Batman méditant sur la ruine de Gotham :p
.
Sans compter les phrases
grandiloquentes et attendues, genre le "You'll never have to" (de tête)
de la fin. Vous me direz, ca va avec le genre. OK, mais Tim Burton, il
en a pas eu besoin, ptet tout simplement parce que ses "Batman" ne se
contentent pas d'être des illustrations de tel ou tel genre.
On peut aimer ou pas. Mais qu'on vienne pas dire que Batman ne
se prêtait "pas tellement" à ce genre de vision. J'en vois pas d'autre
qui s'y prêterait mieux, et je ne vois pas qui, pour l'instant a fait
mieux dans son interprêtation de Batman. Mais, encore une fois, j'ai
pas lu les comics, et j'ai peut-être une vue totalement biaisée par Tim
Burton, justement.
N'empêche.





