04 août 2005
Des cités à problèmes
Nom d'un chien de B**** de P**** de M****
On m'a chourré mon paillasson. Il était encore là hier
soir, et pis, là, aujourd'hui, je suis pas sortie de la journée. Il y a
quelques minutes, un gros badaboum blang retentit dans la cage
d'escalier. Je me précipite pour voir si personne ne s'est fait mal.
Pas de problème, c'est juste les voisins du dessous qui trimbalaient du
bordel dans des sacs poubelles et y en a un qui a craqué. Je reviens
dans mon appart, et là... horreur, je me rends compte que mon
paillasson a disparu, et que mes pieds nus n'ont que le vieux plancher
du couloir comme support (remarquez, j'aime bien marcher pieds nus sur
le plancher, la question n'est pas là).
Mais p****,
quel imbécile irait se fader quatre étages (me dites pas "il descendait
peut-être", je suis au dernier étage) pour piquer un paillasson même
pas particulièrement drôle ni rien.
Alors là, je sais pas, plusieurs choses me viennent à l'esprit.
C'était ptet un pari. Ou alors, un
"doormat-napping" (essayez de passer ça au traducteur de google, on va
rigoler), et je dois m'attendre à une demande de rançon. C'est ptet le
voisin, celui qui porte le même nom que moi, sauf que le mien finit par
i et le sien par y, qui voudrait récupérer le paquet livré chez moi
(sous le paillasson, justement) y a un mois. Suffisait de sonner mon
pote, je demande pas mieux que de te le rendre, ton paquet
France-loisirs. Déjà qu'on arrive pas à se voir pour se refiler un
paquet, alors un échange d'otage, ça va être le bordel, je vous dis
pas. Je vois ça d'ici. "Rendez-moi le paillasson !" -"Le paquet
d'abord! ". Remarquez, au pire, je peux me servir du colis comme
paillasson, il a a peu près le même format.
Où alors
quelqu'un a emménagé dans le coin, et il a pas les moyens de se payer
un paillasson. Sans doute qu'il en cherchait un qui l'inspire (le mien,
il avait des feuilles mortes dessus, il était assez nostalgique...). Où
alors il s'est dit qu'en se tapant les quatre étages, il expiait son
crime par avance, et que ça le rachetait au yeux du Seigneur. Je
voudrais bien être là quand il ira raconter à Saint-Pierre qu'après
s'être tapé tout le chemin jusqu'au Paradis, il méritait bien une
petite récompense, et que c'est pour ça qu'il a piqué le Paillasson des
Cieux pour le mettre devant son petit nuage personnel. (Ouais paske qui
vole un oeuf vole un boeuf, y a pas de raison qu'il s'arrête en si bon
chemin :) )
Ou alors c'est une chaîne. La chaîne des paillassons
volés. Genre "Je viens de te piquer ton paillasson. A ton tour, pique
le paillasson de 5 personnes dans les 24 heures qui viennent. Si tu ne
perpétues pas la chaîne, mon frère, que la malédiction soit sur ton
chien et ta grand mère."
Ca pourrait aussi être, en vrac, le gamin d'un des
voisins qui a besoin de matière première originale pour un bricolage au
centre aéré, un fétichiste du paillasson, un collectionneur un peu
chieur, une bande organisée qui les revend au marché (j'ai vérifié, il
manque que le mien au 4°. Au 3° et au 2°, il n'y en qu'un, à chaque
fois, assez minables, et au 1° il y en a plusieurs. Le truc c'est que
j'ai jamais fait gaffe aux paillassons de mes voisins. Et oui c'est ça
la grande ville, on en a plus rien à foutre de son prochain, on vit
chacun pour soi et pour son propre paillasson.).
Alors je fais quoi, moi ? je met un avis de recherche? Le genre western (Wanted, dead or alive, mais plutôt alive... Have you seen that doormat?", ou bien le genre Paris-Hilton-a-perdu-son-chihuahua ("Please, that doormat is like a child to me"). Je fais une expédition punitive chez le voisin d'une copine (tiens je devais justement aller chez Indri cette semaine :D ) - eh ouais, pas folle la guêpe :D -, et je perpétue la chaîne du paillasson volé ? Je fais une enqûete de quartier ?
Nan, mais ce qui me fait marrer, c'est que je vais ENFIN pouvoir faire plaisir à tous ces parisiens effarés qui, en apprenant que j'habite en Seine-St Denis, roulent des yeux en me disant "Han t'habites dans le neuf-trois ? T'as pas peuuuuur?"
Si si... Je vis dans la terreur. Saint Ouen est une
zone de non-droit. Les délinquants primaires piquent les paillassons
des tranquilles bourgeois. On n'ose plus sortir de chez soi. D'ailleurs
la raison pour laquelle j'ai pris un fou-rire de 20 minutes quand je me
suis rendue compte de ce racket, tout à l'heure, c'est les endorphines.
Je souffre telllllleeeement.
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Les mots sur la musique:
"On agit sans mobile
Ça vous parait bizarre
C'est p't'êt' qu'on est débile
C'est p't'êt' par désespoir
Du moins
C'est c'que disent les journaux du soir
Quand on arrive en ville"
Quand on arrive en ville, Luc Plamondon,
De l'identité (la mienne en l'occurence)
Allez, une fois n'est pas coutume, je vais causer de moi. :D
Tippie
m'a demandé dans un commentaire comment je m'appelle. Ce qui est une
excellente question, vous n'en disconviendrez pas, chers lecteurs.
Paske "Mademoiselle Moi", ca a beau être terriblement en phase avec mon
narcissisme, c'est pas très pratique à utiliser. Si vous le mettez à la
troisième personne, vous causez comme moi (et Cesar, mais c'est une
autre histoire, lisez son Blog, ca s'appelle "La guerre des Gaules"),
et si vous l'utilisez au vocatif (à la deuxième personne, quoi), vous
avez l'impression de soliloquer. Du moins les demoiselles. Dans tous
les cas, ca fait assez schizo.
Tout ca
tient au statut problématique des "pronoms" personnels singuliers de
première et de seconde personne. Ils sont jamais anaphoriques, et
toujours déictiques, et du coup, ils nous emmerdent. D'ailleurs, si ca
se trouve, c'est rien que des imposteurs, et ce sont pas des pronoms.
Bon enfin je vous épargne le compte-rendu de mes cours sur la
sémantique des pronoms, même en résumé, c'est chiant.
Tout ca pour dire que je comprend que ca gène les gens de
m'appeller Mademoiselle Moi... Et je vous donne l'autorisation de
décliner (Mademoiselle Toi, Mademoiselle Elle...). Ma bonté et ma
magnanimité me perdront.
Nan, plus sérieusement. Mon prénom. Quand j'étais petite, je le détestais (au point de vouloir m'appeller Sarah,
mouahaha). Depuis, j'ai fini par m'y faire. Mais je suis pas sûre de
toujours me penser ou me vivre comme une A.....(re-v'la la
schizophrénie ;D ) Ma famille l'emploie assez rarement. Certains de mes
amis s'en servent, mais comme une de mes meilleures amies porte le même prénom
(pas de plaisanteries sur l'alter ego...je vous raconterai un jour les
enquiquinations et les avantagismes qui découlent de cette situation),
elle garde A..... et moi je conserve le surnom familial "Nanou". Et sur
Internet, chcrois que j'ai toujours été Nanou aussi (de la même façon
que le Jeu de Rôle m'est quelque chose de profondément étranger, j'ai
jamais bien réussi à me fabriquer des avatars. Pas assez stendhalienne,
faut croire.)
Pourquoi pas ici? Parce qu'évidemment
"nanou.canalblog.com" c'était déjà pris. (Tout comme nanou.com et
nanou.fr, bien sûr. Le jour où j'ai eu l'idée d'aller voir à quoi ca
pouvait correspondre, je me suis dit que dorénavant, j'allais me faire
appeller Cunégonde. J'ai vérifié, cunegonde.com, c'est pas un site de
cul. Et culnegonde.com ca n'existe pas. Mais bon, à l'usage, Cunégonde,
ca passait mal, je suis donc revenue au bête et quotidien Nanou)
Evidemment, vous me direz, c'est super banal, "Nanou". Tous les
prénoms avec "a" et "n" dedans prétendent un jour où l'autre à
s'abréger en "Nanou." Ben voui, c'est bien pour ça que je le livre ici,
je sais que ca vous avance pas :D J'ai eu des variantes plus marrantes,
à une époque, genre Nanette ou Nananère nana.
Ceci
étant, je trouve que "Mademoiselle Moi" est assez adapté au processus
bloggesque (ou bloguesque?). C'est suffisament ego-centré pour
représenter la nenette qui cause que d'elle tout le temps, ici. Et la
légère distanciation me permet de prendre un (tout petit) peu de recul
(ou me rappelle qu'il serait bon de le faire.)
Zeugme, lui, a fait une remarque sur ma phase orale
qui s'éternise (et dire que je m'étais retenue d'utiliser l'expression,
pour ne pas me la jouer ... ). Que dire, sinon que ce
billet long et inutile prouve, s'il en était encore besoin, que ma
phrase écrite est définitivement bien plus envahissante....
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Les mots sur la musique: " j'me sens coupable parce que j'ai l'habitude
c'est la seule chose que je peux faire avec une certaine certitude
c'est rassurant de penser que je suis sure de pas m'tromper
quand il s'agit de la question de ma grande culpabilité"
La confession, Lhasa (je connais pas l'original, mais la version de l'album de duos, chez Tôt ou Tard, elle est vraiment zoulie)



