Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

12 août 2005

D'avignon (3)

    Je suis toujours pas là, mais je vous laisse le troisième et dernier épisode d'Avignon, en attendant mon retour...

Bisous les gens !

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Alors dans la catégorie "théâtre à peu près habituel" a vu un spectacle un peu concept, mais pas déplaisant, intitulé "Comédies Françaises". Le principe, c'est que les comédiens ont appris le textes de 8 comédies (Labiche et Feydeau). Chaque jour, ils en choisissent trois. Les comédiennes connaissent tous les rôles de femmes, les comédiens tous les rôles d'hommes. En cours de pièce, en cours de scène, ils changent de rôle. Avec parfois deux ou trois comédiens disant le même texte en même temps, ou en décalé. Le metteur en scène nous a assuré que les changements n'étaient pas prévus, ni orchestrés par lui. Les comédiens suivent l'inspiration du moment. Et pour compliquer tout ca, les scènes des différentes pièces sont entremêlées. On passe de l'une à l'autre. Bon ca a l'air très compliqué, comme ça, mais en fait, ca se suit bien. Les jeux de voix, d'accessoires, les textes, évidemment, tout ça aide le spectateur, et on n'est pas perdus. Finalement, ca fonctionne pas mal, pour des auteurs comme Labiche et Feydeau, qui jouent quand même vachement sur les entrées et sorties, les intrigues croisées, les rebondissements à tiroirs (Ma prof de Khâgne appellait ça "le ballet", en causant de Feydeau, et pour une fois, c'était pas con).

    Une fois n'est pas coutume, on est allées voir un spectacle musical. Ou plutôt un spectacle de clowns. Enfin un spectacle musical et clownesque. Ca s'appelle "Les clones". Quatre clowns sortent d'une grandes boîte, avec leurs instruments. Chacun pense être l'original, d'après lequel les trois autres auraient été clonés. Et puis bon, on a beau être tous pareils, c'est pas évident d'atteindre l'harmonie. Et les caractères se dessinent. Le ptit chef, le lèche-cul premier de classe, le cancre qui a du mal à synchroniser les mouvements, et pis le rêveur -dragueur. Tout ça aboutit à un chouette moment de musique et de rigolade.

    Un autre genre, mais avec de la musique aussi, c'est le Cabaret sans Nom. Trois filles d'une trentaine d'années qui parlent de leur rencontre et rapports avec le sexe mâle. Dans tous les sens du terme, d'ailleurs :). Bon en tant que vieille fille aigrie et auto-dévalorisée, j'ai beaucoup apprécié. C'est plein de choses vraies, sur les mecs et aussi sur les bonnes femmes. C'est drôle, et parfois doux-amer. En plus, le spectacle était ponctué de chansons, que je connaissais pour la plupart (Fersen, Lynda Lemay, Souchon, et d'autres..). Ca ne se voulait porte-bannières de je ne sais quelles revendications féministes, ou anti-féministes, d'ailleurs. C'était simplement trois filles, qui causaient d'elles et de nous.

    Et enfin, last, but certainly not least, Demodocos, dont nous sommes des fidèles. Demodocos est une compagnie issue du travail de groupes de théâtre universitaires (à l'origine à la Sorbonne, et puis rapidement, à Tours et Toulouse). La particularité, c'est que leur répertoire, c'est les textes grecs anciens. Partiellement joués en grec. Ils ont une façon de lire le grec qui est fantastique. Ils scandent, ils accentuent, ils aspirent, ils roulent. C'est quasiment du chant. Moi qui ne suis pas helléniste (et c'est un de mes regrets, mais je finirai ptet par m'y mettre, rien n'est perdu), ça me donne des envies d'apprendre, juste pour pouvoir lire comme ça. C'est beaaaaaaaau.
    Cette année, c'était pas à proprement parler du théâtre. La troupe est menée par Philippe Brunet, qui a passé les vingt et quelques dernières années à traduire l'Iliade (la trad devrait pas tarder à sortir chez Gallimard, je crois). Alors cette année, la troupe a lu cette traduction (avec toujours des passages en grec intercalés), au rythme d'un chant par jour (à une exception près). Chacun avait le texte sur un rouleau, qu'il déroulait peu à peu, jusqu'à ce que des kilomètres de papiers jonchent tout l'espace. Il y avait une certaine mise en scène, bien qu'on ne puisse pas parler de théâtre. Les voix s'entremêlaient, sur fond de musique. Je ne sais pas si la musique est particulièrement inspirée des accompagnements qui existaient en Grèce à l'époque, mais en tout cas, elle contribue à créer une ambiance tout à fait particulière. Des percussions, des instruments à cordes, des résonances, des choses un peu dissonantes, qui créent comme un espace sonore, dans lequel viennent flotter les mots.
    C'est marrant, parce que selon les années, ça donne des choses très différentes. L'an dernier, ils jouaient un morceau de l'Odyssée (mais réellement adapté à la scène, ce coup-ci), mais sinon, on les avaient vus dans Les Perses, et ca donnait une impression totalement différente. Bon enfin, vraiment, allez les voir si vous passez dans le coin l'an prochain (généralement ils sont à la Condition des Soies, et la salle où ils jouent depuis deux ans se prêtent vraiment bien à ce type de spectacle.).

Voilà ! Vous êtes encore vivants ? oui ? tant mieux :) Promis, c'est fini, jusqu'à l'an prochain :)

Posté par Mlle Moi à 12:42 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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