Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

25 août 2005

De l'architecture contemporaine.

    Mon vénéré père a coutume de dire qu'on devrait forcer les architectes à vivre quelques temps dans chacun des bâtiments qu'ils ont conçus. Vivre, je sais pas, mais utiliser, certainement.

    Régulièrement dans les pages de ce blog, j'évoque la BNF. La Bibliothèque Nationale de France. Plus précisément, le site François Mitterand (parce qu'il y en a d'autres...). Mais si vous savez, ce truc dont on a fait tout un tintouin il y a quelques années. Ce gigantesque complexe, avec ses quatre tours, avec une pseudo-forme de bouquins ouverts... Cette merveille du monde moderne et de la culture réunis... (si vous voulez une présentation plus précise, allez voir )

    Côté culture, c'est assez réussi, on peut pas dire. J'ai bien un certain nombre d'objections sur leur politique de rétention de la connaissance, mais enfin bon, j'ai pas à me plaindre, je fais partie des zheureux privilégiés à avoir accès au magasin.

    Bon, mais alors côté "monde moderne", je m'excuse, y a un os. Parce que c'est très zouli, très concept, et tout et tout... Mais c'est pas toujours très FONCTIONNEL.

    Prenez par exemple, leur zoulie esplanade, là. 60 000 m2 de zouli bois, et tout. Très class'. Mais quand il pleut, TRES glissante. Il y a bien des bandes anti-dérapantes, MAIS pas sur toutes les planches. Elles forment bien un chemin, MAIS ca rallonge le trajet de moitié (et quand il pleut, généralement, on a pas très envie de suivre le zouli labyrinthe pour arriver à bon port...).

    D'autant que bon, l'ensemble du complexe est prévu de telle façon que le trajet réel pour parvenir à l'une des entrées est facilement 4 fois plus long que celui à vol d'oiseau, vu que (et c'est pas de chance), l'entrée est nichée dans l'angle de la tour. (Toi aussi, ami lecteur, suis la parcours de la courageuse Mademoiselle Moi, en pointillé rouge sur le dessin...désolée, c'est un plan du haut de jardin, pas trouvé de plan de l'esplanade...).

planbnf

    Donc, déjà, entre arriver trempé comme une soupe et arriver avec une cheville cassée, faut choisir.

    Ensuite, une fois l'entrée atteinte, deuxième épreuve: le TRAVELATOR (en vert sur le dessin). Le cousin de TERMINATOR, vui vui vui, vous l'avez bien reconnu. C'est juste une rampe d'accès en pente. Parce que vous le savez peut-être (ou pas), la partie "bibliothèque" de la BNF est enterrée. La lumière se fait grace à un genre de grand Patio, d'une quinzaine de mètre de profondeur environ.
    Donc, le premier étage, le "Haut-de-Jardin", par lequel on accède à tout le reste, est en contrebas par rapport à l'esplanade. Vous suivez ?

    Donc notre petit étudiant, qui veut aller se culturer un coup, il doit emprunter le TRAVELATOR, qu'ils auraient mieux fait de nommer le TRAVEL-T'AS TORT (et en l'occurrence, il n'est pas du tout exclu que le tort tue bel et bien.) Déjà en temps normal, c'est assez casse-gueule, parce que l'angle est assez fort, donc à chaque pas vous avez l'impression d'être un éléphant. Et en plus, selon la nature de vos semelles, vous pouvez être un éléphant qui fait "squinch squinch", vu que le sol est recouvert d'un immonde truc caoutchouteux. Ils auraient pu mettre un tapis roulant, comme à la montée, mais non. Enfin bon, c'est pas grave, c'est désagréable, mais pas dangereux. SAUF...

    Sauf quand il pleut. Eeeeh oui, quand vous arrivez à cette étape du parcours, normalement vous avez déjà failli vous péter la margoulette au moins trois fois, et vous ressemblez à une serpillière mal essorée. Et là, on vous indique gentiment "Attention, par temps de pluie, le Travelator est TRES glissant. On vous conjure de faire gaffe". Les braves petits. Non, mais c'est vrai, c'est sympa de prévenir. Si j'étais vicieuse, je me casserai la gueule exeuhprès pour leur intenter un procès, non mais..

    Bon, donc, avec un peu de chance, vous arrivez en bas. Si vous méritez l'étiquette "chercheur" (ou si votre directeur de recherche a grogné suffisamment fort pour vous en faire bénéficier à tort, comme c'est mon cas), vous avez accès au Rez-de Jardin. Le lieu des délices, celui où on a (enfin) accès aux bouquins pour de vrai. S'ensuit une descente digne d'un silo nucléaire (qui serait enterré..). Douze mille bornes où on passe sa carte, quinze kilomètres d'escalators, et vingt minutes de marche à pied plus tard, vous vous installez à votre table. Là c'est vraiment pas mal, les architectes d'intérieur, eux, ils connaissent leur boulot. Si on est en hiver, pas de problème.

    Mais il arrive, parfois, dans une vie, que ce soit l'été. Et là, c'est la plaie. Pourquoi? Parce que.

    La BNF, c'est un grand rectangle, et la lumière, à l'intérieur, provient des grandes baies vitrées donnant sur le jardin (inaccessible au public, évidemment). Les salles de lecture sont disposées le long de chacune des deux grands allées qui longent les baies vitrées.

    De deux choses l'une, l'autre c'est le soleil. Prevert ne croyait pas si bien dire. Soit vous êtes du côté à l'ombre, soit du côté au soleil. Dans le premier cas, vous vous pelez le cul, paske la clim' est réglé de façon uniforme, et visiblement étalonnée sur le côté au soleil. Je vous raconte pas comment j'avais l'air con à me balader avec un pull autour de la taille, en juillet, quand il faisait 55°C, dans le métro.

    Dans l'autre cas, vous n'avez pas trop chaud, non, ça, ça va. En revanche, il vous est impossible d'utiliser votre ordinateur, et même lire un livre, ça relève du challenge, quand il fait vraiment beau, surtout s'il est assez neuf et que les pages sont bien blanches (mais là, je suis de mauvaise foi, parce que moi, je ne travaille que sur des bouquins jaunis ayant réchappé de l'incendie de la grande bibliothèque d'Alexandrie*.). Parce que ca brille. Remarquez, à pianoter sans rien y voir, hein, je perfectionne mon imitation de Ray Charles. Il me manque que le sourire béat.

    Là, je vous entends déjà, chers lecteurs. "Ouhlala, mais elle est jamais contente, celle-là, elle veut pas de pluie, elle veut pas de soleil,  gnagnanga"

    Et ben non, elle est jamais contente. Surtout qu'aujourd'hui, on a eu droit aux deux, because les giboulées (comme dans "j'i-les-boules") d'août (logique), et que, par chance, j'étais placée du côté soleil (c'est pas moi qui choisis, hein, c'est l'ordinateur).

    Ahah. La bonne blague.





* Je tiens à préciser (c'est juste au cas où un manque de second degré se ferait sentir quelque part dans l'assistance) que je suis au courant qu'à l'époque d'Alexandrie, les bouquins en tant que tels n'existaient pas. Merci de votre attention.

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Les mots sur la musique:

"Be it downtown or way up in the air,
When your heart's pounding,
You know that I'm aware.

You make it easy to watch the world with love,
You make it easy to let the past be done,
You make it easy."

You make it easy, Air

Posté par Mlle Moi à 22:55 - Culture - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

J'adore quand tu râles comme ça. Bonne nuit quand même.

Posté par perhaps, 25 août 2005 à 23:25

j'continue, alors? :D

Posté par Mlle Moi, 25 août 2005 à 23:54

Nan nan c'est bon, je crois qu'on a compris. Enfin maintenant, j'aimerais bien la voir en vrai cette BNF. Faudra que j'aille visiter une fois... (un jour où il fera beau et où je n'aurai pas mon ordinateur :P)

Posté par Crookshank, 26 août 2005 à 07:28

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