02 septembre 2005
Des mots qui, des fois, vous sautent dessus à l'improviste...
Tu codas l'inertie d'un roc,
la soif creusant lacustre glaise, tronc furieux,
la constance du sort ligoté;
nul cri.
Sables où craintif, un astre cloue hors l'intact lac:
souvenir
Georges Perec, La Clôture
En rangeant, je viens
de retomber dans mon mémoire de Lettres, et du coup, évidemment, dans
Perec. Je l'ai toujours dit, c'est dangereux, de ranger.
Y a pas beaucoup de gens
qui parviennent à me mettre en colère de façon durable. Déjà faut se
lever d'assez bonne heure pour me faire exploser, et ensuite, ca dure
rarement très longtemps. Mon premier copain y arrivait assez bien, mais
bon, après plusieurs années sans le voir, j'ai fini par réussir à
ravaler ma bile.
Mais y a quand meme UNE personne qui
me gave profondément, parfois. Tout à fait, du gavage, comme une
oie. Ca fait longtemps que je me la traîne, plus de vingt ans. Je peux
pas dire qu'elle m'énerve tout le temps, non, y a même des fois où je
l'aime à peu près bien. Mais certains jours, j'en ai marre, d'elle.
Elle se plaint, elle s'écoute, et elle fait pas toujours ce qu'il
faudrait pour y remédier (c'est rien de le dire). D'ailleurs à l'heure
où je vous parle, elle est encore à l'oeuvre. Quand elle a pas envie de
faire quelque chose elle le fait traîner, exprès pour pouvoir s'en
plaindre pendant encore plus longtemps. Et quand quelque chose lui fait
envie, au contraire, elle le fait pas non plus, comme ça on est à
égalité. Je sais pas comment il font, les autres, pour la supporter.
Elle est molle. De temps en temps, quand on le lui fait remarquer, ca
la secoue, mais ca marche pas à coup sur. Et puis elle s'accroche.
Y a des fois j'aimerais bien m'en débarrasser. Etre en vacances
d'elle. Juste quelques jours. La foutre à la porte avec quelques coups
de pied bien sentis.
C'est pas gagné.



