Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

30 novembre 2005

De mes émotions esthétiques

    Y a toujours des filles splendides sur ma ligne de métro. Enfin des filles que JE trouve splendides. Tout à l'heure, à côté de moi, j'avais une nana... assez grande, des cheveux crépus couleur caramel, qui avaient l'air de vouloir vivre une vie indépendante, la peau dorée, avec juste le bout du nez et les joues rosies par le froid, des traits tout doux et fins, et puis des grands yeux gris avec plein de sourires dedans.
    J'en ai eu la gorge serrée pendant un quart d'heure.

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28 novembre 2005

De l'organisation de mes vacances de Noyel

    Bon.. je vais pas tarder à prendre mes billets de train... Amarante vient normalement me voir le we du 17-18 décembre, et je verrai ptet aussi Maoya dans ces eaux-là... Je ne crois pas avoir fait d'autres projets parisiens avec quiconque, mais vu que j'ai la tête comme un gruyère, je préfère demander.. Y a-t-il des gens qui souhaitent me voir à Paris, Valence, ou (éventuellement) à Lyon dans la période allant du 19 décembre au 24? Je prends mes billets en fonction, vu qu'il n'y aura pas grand monde chez mes parents à cette période. Après, je passe Noyel à Grenoble, et ensuite, je suis à Valence jusque vers le 3-4 janvier, mais je profite de mes derniers jours pour voir mes parents qui reviendront de voyage le 3.
    Donc pour la socialisation, avis aux amateurs, ce serait plutôt dans la période avant-Noyel que ce serait le plus facile.

    Fin de l'annonce. :D

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27 novembre 2005

Des rencontres de bibliothèque

    Ne croyez pas que ma note du jour porte sur mes techniques (fantasmées, je suis pas assez culottée pour mettre en application) de drague à la BNF, vous seriez décus. Je réserve ce sujet pour une autre fois, si vous le voulez bien. D'ailleurs si vous ne voulez pas, c'est pareil.
    Ce dont je voudrais causer aujourd'hui, c'est des hasards du classement alphabetique, et des improbables rencontres auctoriales qu'il provoque dans les bibliothèques. En l'occurence la mienne (je ne cause que des romans), qui est assez éclectique, étant donné qu'elle se compose de

  • classiques achetés en terminale dans une tentative désespérée d'acquérir une culture littéraire un tant soit peu "sérieuse" (mouahaha) avant d'entrer en khagne
  • bouquins étudiés en khagne (en général différentes des précédentes)
  • bouquins hérités des parents, qui les avaient en double (là aussi, c'est assez varié)
  • ruines alléchantes achetées pour rien dans des brocantes
  • littérature de gare acquise à l'occasion de mes allers-retours entre Grenoble, Lyon et Valence l'année où je fréquentais deux facs dans deux villes différentes
  • Science fiction et polars, achetés compulsivement en librairie cette même année, qui correspondait à ma sortie de prépa, j'avais du retard à rattraper.

    Donc, il y a quelques minutes, en savourant ma soupe miso, je me promenais devant ma bibliothèque de long en large (c'est-à-dire trois pas vers la gauche, puis trois pas vers la droite, ma bibliothèque n'est quand meme pas si grande) dans l'espoir de dénicher un truc que je ne connais pas encore trop par coeur pour ma lecture du soir. Bon, pour ce qui concerne la lecture du soir, c'est pas gagné, mais en revanche, comme souvent, j'ai été frappée par les étranges collocations (ou co-locations?) se présentant sur les rayons. Des auteurs de siècles et de moeurs totalement différents vivants en bonne entente les uns à côté des autres, apparemment paisibles (mais qui sait, ils se mettent ptet à faire la foire ensemble dès que j'ai le dos tourné, hein).Je vous en cite quelques paires, comme ca, qui m'ont fait rigoler. Euh je fais comme si tout le monde connaissait tout, j'ai bien conscience que "chacun ses itinéraires", mais je peux pas vous raconter toutes les histoires.

  • Isabel Allende et Louisa May Alcott. Imaginez les quatre filles du docteur March et leur guide du Pélerin dans la Maison aux Esprits, je pense que la brave Jo ne se trouverait plus aussi bizzarre et mal dans sa peau.
  • Jane Austen et Balzac: Uhuh, deux spécialistes des vieilles filles (à ce propos, allez donc lire ce que Crooke a écrit sur Le Curé de Tours, ou Balzac et les Célibataires.)
  • Bernanos et Boudjedra: Je n'ai de passion pour aucun des deux, mais si le pauvre Curé de Campagne était tombé sur les écrits de Rachid, il en aurait probablement avalé son journal d'horreur. Et quelque part, je le comprend un peu.
  • Borgès et Bossuet. Mouarf
  • Garcia Marquez et Gogol: Je crois bien que finalement ce qui me plait chez les deux tourne autour de la même chose, sans vraiment pouvoir mettre le doigt dessus. Une certaine appréhension géniale de la folie, ptet. Quelque chose de totalement délirant, sans vergogne.
  • Gracq et les Golon (les auteurs de la série des Angélique). Alors là, euh... j'essaye d'imaginer la rencontre, celles des personnages, d'ailleurs, plutôt que celle des auteurs, et je vous avoue que j'ai du mal à me la représenter :D
  • Laclos et Madame de La Fayette: Marrant. Valmont faisant l'initiation de la Princesse de Clèves, tandis que Nemours jouerait le rôle de Danceny, ca marche pas mal :)
  • Maupassant et Armistead Maupin: ceux là, ils se seraient ptet entendus comme cul et chemise. L'observation du monde alentour , la grivoiserie, les petites vexations et les petits travers quotidiens...
  • Petrone et l'Abbé Prévost. Uhuh, la rencontre aurait été marrante aussi, dans le genre.
  Enfin voilà, parfois, je me rappelle que les bouquins c'est des gens. Des gens avant, des gens dedans. Et j'aime bien penser à ma bibliothèque (et à moi, y a des fois où je me dis que je SUIS ma bibliothèque :D) comme le lieu de rencontres de tous ces gens là.

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26 novembre 2005

Ben voilà...

smileychat
 

25 novembre 2005

De mon chat

    Aujourd'hui, j'ai le blues. Mon chat, mon Isis, que l'on a du opérer il y a quinze jours d'une tumeur mammaire, est en train de lacher la rampe. Et demain, sans doute, mes parents la feront piquer (à moins que le véto revienne miraculeusement sur les conclusions tirées à l'écoute des symptomes au téléphone. Conclusions qui sont en général toujours les mêmes dans ce type de cas.).
    Alors voilà, je pleure. Ca veut rien dire, remarquez, je pleure tout le temps, moi. Mais là c'est mon chat. A moi. Depuis 12 ans. Elle a beau être con, parano, obèse, revancharde parfois, c'est MON chat. Ou je suis SON humaine, tout dépend du point de vue. Et je pourrai pas être là quand ils la piqueront. Ma maman a posé le téléphone à côté d'elle tout à l'heure, et à peine j'ai eu dit "mon chat", qu'elle s'est mise à ronronner péniblement.
  Je me sens très con, parce que c'est qu'un chat, et qu'il y a quand même d'autres raisons de chialer, dans le monde. Et puis j'ai un peu honte, paske je ne crois même pas avoir pleuré quand on m'a annoncé le dernier gros problème de santé de mon grand-père, qui aurait tout à fait pu y rester. Et là je me transforme en fontaine pour un chat.
   J'étais prévenue, pourtant, hein, depuis le jour où l'opération a étéprogrammée. Mais on m'avait dit "peut-être quelques mois". Jusqu'à ce que je la revoie une dernière fois, je ne sais pas. C'est débile. Depuis que je suis partie de chez mes parents, avoir un chat, ca me manque, au quotidien. Un chat dans l'absolu. La présence. Les grandes discussions (si, ca parle, un chat), les calins, les ronrons, les poils partout. Tout ca.
    Mais là, c'est ce chat-là, qui va me manquer, sans que je puisse me dire "bah, je ferai des provisions de calin-chat aux prochaines vacances".

  Alors voilà, aujourd'hui, je pleure. Cet aprèm, quand j'ai du ressortir après l'avoir appris, contrairement à d'habitude, j'aurais aimé qu'il pleuve, ou qu'il neige. Pour pouvoir pleurer bêtement dans la rue, le nez rouge et les yeux explosés.

    enfantchat

La masse informe, sous le duvet, c'est moi. La masse informe, sur le duvet, c'est elle.

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Les mots sur la musique:

"  un coup d’blues
à vouloir effacer demain
      un coup d’blues
à jeter son âme sous un train
      un coup d’blues
à bouffer ses dents et ses poings
      pour un coup d’blues
qui a pas l’goût du chocolat brun
      le blues"

Chocolat Brun, Isabelle Mayereau

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24 novembre 2005

D'un de mes amours

    Viens de regarder Beaucoup de Bruit pour rien (de Kenneth Brannagh), que m'a prêté le Petit Lémurien. Nom d'un chien, qu'est-ce que j'aime Shakespeare! Ca jongle tout le temps entre les tonalités, c'est à mourir de rire à certains moments, et presque terrible à d'autres. Et puis cette pièce, c'est quand même un fantastique exemple d'un mec qui savait écrire les femmes.
  Quant au film en lui-même, j'ai trouvé que c'était une vraiment chouette adaptation, avec des acteurs terribles...Keaton m'a fait étouffer de rire, et bon, Thompson, Brannagh et Denzel Washington, j'en parle même pas. Un délice. Certes, Keanu Reeves est toujours assez inexpressif, mais y a quand même de quoi mater, donc je ne me plains pas :^p

    Je vous invite fortement à aller lire sur 3p la délicieuse critique de Crook, qui est super fan du grand Will ET de Kenneeeeeeth. D'ailleurs, elle a aussi fait une critique du film, si ca vous dit. Elle est quand même fantastique, cette Crookinette (genre surtout c'est elle qui me fait toute ma note d'aujourd'hui :) ).

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23 novembre 2005

De l'inanité de ce que je fais, quand même, des fois.

    Aujourd'hui, j'ai fini la bibliographie censée me permettre de "forcer" la porte de l'étage "Chercheurs" de la BNF, normalement accessible seulement à partir du Doctorat. Le but étant de se pointer avec une liste suffisament longue de bouquins introuvables ailleurs, voire plus édités du tout, mais néanmoins convaincante. Et des arguments du genre: oui mais une thèse, voyez-vous, ca se prépare, surtout quand on prévoit d'aller passer les premiers mois, dont dépendent tout le reste, sur une île paumée du Pacifique. Voila-voilà. Tout ca sur un ton sucré, et assaisonné d'une touche de lèche-bottisme, histoire de se mettre la bibliothécaire aigrie dans la poche.
    Bon enfin tout ca pour dire qu'aujourd'hui, j'ai écumé les bibliographies et les catalogues de bibliothèques. Et trouvé un nombre de livres et d'articles "intéressants" absolument ahurissant, étant donné mon sujet. Quand on sait que la plupart n'ont pas dus être lus par plus d'une centaine de personnes dans le monde, quand c'est pas moins...
    J'ai beau me dire que l'inutilité, c'est beau, et tout le blabla, je me demande quand même parfois pourquoi je me destine à faire ce genre de choses. Bon évidemment, c'est jamais perdu pour les gens concernés (les chercheurs et ceux qu'ils côtoient sur le terrain), et je commence à connaître pas mal de linguistes qui, à côté de leurs publications, s'occupent de tout un tas de choses passionnantes et utiles sur place (sur les plans culturels, sociaux, de l'enseignement, de la notation des dialectes, récits, légendes, etc.. oraux en voie de disparition).

    Comme quoi, y a des fois, ce que je pense en théorie se heurte à des considérations plus terre à terre, de type à-quoi-bonesque. Faites pas attention, ca va passer.   

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Les mots sur la musique

"Give me one reason to stay here - and I’ll turn right back around
Give me one reason to stay here - and I’ll turn right back around
Because I don’t want leave you lonely
But you got to make me change my mind"

Tracy Chapman, "Give me one reason"

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22 novembre 2005

De la chaleur humaine

    Mes amis et connaissances, et les plus assidus d'entre vous, chers lecteurs, savent bien que l'un de mes grands slogans est "Je n'aime pas les gens". J'ai horreur de la foule, et c'est la cause entre autres, de ma phobie des soldes, du Louvre aux horaires scolaires, et des Puces le samedi.
  C'est aussi la raison pour laquelle dans l'ensemble, je n'aime pas le métro. Remarquez que je n'ai pas bien choisi mon logement, vu que j'habite sur le trajet de la ligne 13, sur le branche qui va en Seine-Saint-Denis, et qui est, subséquemment, continuellement bondée.
  Mais cette misanthropie primaire, quand elle est confrontée à des conditions extrêmes, a tendance à muter (c'est ce qu'on appelle l'adaptabilité). A partir du moment où il commence à devenir évident que mon cerveau ne survivra pas à une décharge de haine à l'encontre de la foule, tellement cette dernière devient envahissante, il se passe quelque chose de terrible. Je me met à aimer tout le monde. Sans doute la faute aux endorphines.
    Par exemple, aujourd'hui fut une journée assez morose. J'ai mal au dos, j'ai pas été très efficace, et mon élève non plus, ce qui me pousse à m'interroger sur mes petites capacités pédagogiques, et comme vous le savez peut-être, la remise en question, j'aime pas ça. En sortant de chez lui, je prend la ligne 6 (tranquille), puis la ligne 14 (pas de problème). Et enfin, arrive la correspondance avec la ligne 13. La mienne. La cracra-surpeuplée-toute pas belle, la seule, l'unique, l'inimitable. Arrivée dans le dernier coude avant le quai, je me heurte à un mur humain. Le quai dégueulait jusque dans le couloir. Je me dis supeeeer, il y a du avoir un accident ou quelque chose, mais comme ils ne font pas d'annonce, ca doit être fini, ca va se résorber. Et là, je note un nombre inaccoutumé de gens en rouge. Avec des ECHARPES et des CHAPEAUX LOUFOQUES rouges et blancs. Signal d'alarme dans ma petite tête: (là vous imaginez la lampe clignotante et la sirène): MATCH!!!!

    Et effectivement, j'étais entouré de portugais (ai-je cru comprendre) joyeux, pressés de voir leurs idoles foutre la patée à je ne sais quel club français (enfin je dis ca, j'en sais rien, et honnêtement, j'en ai rien à foutre hein .) Je laisse passer un métro, deux métros, trois métros... (sans parler de ceux qui vont à Asnières-Genevilliers et pas à Saint-Denis (un sur deux). Je comptais pas les moutons, là, je comptais les métros pleins de gens moutonnesques. Bon au bout d'un moment, je me décide quand même à tenter ma chance, paske bon, il commence à faire faim, j'ai mal au dos, et je vais pas passer la nuit sur place. Dans ma grande mansuétude, j'ouvre même le chemin à une petite dame qui désesperait à côté de moi, et hop, magie, nous parvenons à grimper dans la boite de conserve à la première tentative. La question qui se pose ensuite est: le métro va-t-il pouvoir partir? Nan pask'être dedans c'est bien, mais tant qu'il y a un nombre non-entier de gens de chaque côté de la porte, on ne va nulle part, comme nous l'a gentiment rappellé à maintes reprises le conducteur. Chais pas, les gens, on dirait qu'ils préfèrent laisser un bras à Saint-Lazare qu'y rester en entier.
    C'est une certaine logique. A laquelle je ne souscris pas, je m'empresse de le dire. Je tiens à tous mes morceaux, et si l'un d'entre eux est menacé de devoir rester derrière, tous les autres font front (ce qui fait d'ailleurs que je suis un peu speed le lundi matin, où je suis régulièrement confrontée à ce genre de choix. Heureusement, la prof de bulgare prend la même ligne, et visiblement, elle est aussi saine d'esprit que moi, et donc tout aussi en retard. Fin de la parenthèse).
  Où en étais-je? Ah oui, donc, au moment où les portes du métro sont tant bien que mal refermées après qu'un ultime kamikaze ait réussi à faire pénétrer l'ensemble de sa masse corporelle dans l'habitacle, *POP*, ma misanthropie bascule. Et je met à rigoler comme une conne, et à blaguer avec mon voisin et la dame à qui j'ai ouvert le passage. Et à fournir gentiment des informations top secrètes genre "ce soir, il y a match au stade de france" au mignon petit couple qui se trouve à ma droite. Bref,on s'amuse comme des petits fous. Liège, y un malin qui descend, évidemment y en a un qui monte aussi, normal, mais le deuxième devait être moins gros que le premier, pask'on se sent plus à l'aise. Et puis arrive la station Place de Clichy, dernière correspondance avant le stade. Renouvellement partiel de population, ca devient complètement dingue, on entre dans une autre dimension, où la matière (humaine, en l'occurrence) est compressible à l'infini. Notamment lors des coups de freins généreusement administrés par le conducteur. Je m'excuse compulsivement auprès du jeune homme coincé derrière moi contre le strapontin. Sans lui avouer que dans d'autres conditions, j'aurais très volontiers fait connaissance avec lui. Il me semble qu'entamer une relation en écrabouillant impitoyablement (quoiqu'involontairement) l'autre n'est pas la meilleure façon de lui assurer une longue vie. A la relation, je veux dire, pas au gars. je ne crois pas, quand même, avoir porté atteinte à son esperance de vie. En plus il a de la chance que je me classe dans la catégorie "moelleuse", j'aurai pu, en plus être toute osseuse, et là, il aurait souffert. Bref, je suis aux anges. Bon évidemment, deux stations avant la mienne ca commence à se gâter, paske des portugais ont refusé de descendre momentanément pour laisser passer quelqu'un qui voulait vraiment descendre, et le quelqu'un en question était assez remonté. Enfin bon, je suis descendue allègrement du wagon, après avoir souhaité bon courage aux infortunés pour qui le calvaire continuait, j'ai fait trois petits bonds pour me dégourdir les papattes, et je suis sortie à tout berzingue de la station, pour profiter de l'air frai de Saint-Ouen. Et j'ai remonté, manteau, cheveux et écharpe au vent, ma rue, avec le Sacré-Coeur en plein dans ma ligne de mire (et ca m'a même pas mise de mauvais poil, c'est dire), jusque chez moi. Avec un peu de chance, je vais ptet arriver à faire quelque chose de ma soirée.

    Chuis grave, quand même.

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Oh, et il y a une nouvelle critique sur 3p, grâce à Crooke, bénissons là :)

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19 novembre 2005

D'une patate très très chaude

   

Tippie m'a refilé un questionnaire. D'habitude, je trouve ca marrant, mais là je suis un peu embêtée. L'intulé exact de la chose, c'est “Racontez si tu l’oses votre première fois charnelle“ (ca vient de chez ab6, ai-je cru comprendre. Laquelle ab6 écrit "Si la pudeur, la décence, la morale te provoquent comme un empêchement, tu peux aussi me raconter tes vacances.  (mais rappelle-toi, Barbara, que des fois c'est plus indécent de raconter ses colères et ses peines que son lit- son lit, c'est quand même vachement banal.)"

 J'ai commencé par me dire que j'allais éluder, et puis bon... C'est un sujet de post narcissique comme un autre, et vu que les autres renaclent à la tâche, je vais presque avoir l'air d'une fille courageuse (et exhibitionniste, oui je sais :p). Mes réticences ne sont pas vraiment dues à la morale (mouarf), à la décence (je trouve pas ca crade, et j'ai trouvé le récit de Tippie très chouette), ou la pudeur (quoique mes parents lisent ce blog, je me permet de vous le signaler, ainsi qu'une amie dont j'imagine déjà l'air dégouté à l'idée de ce qu'elle est sur le point de lire :D). En fait, c'est plutôt que ce n'est pas une experience dont je me souviens très volontiers.
    D'ailleurs, je ne suis pas très sûre de me souvenir très particulièrement de la toute première fois. Les premières fois se perdent un peu dans le marais indistinct de cette partie de ma mémoire. Tout ce que je peux en dire, c'est que c'était trop tôt pour moi, et indubitablement prématuré quant à l'histoire où ca venait s'insérer. Que ce n'était pas spécialement agréable (ca a mis des mois avant de le devenir), et même assez douloureux (et ca, ca a duré des semaines). Et que c'est la cause d'une de mes plus grandes trouilles, vu que le surlendemain, j'ai oublié de prendre la pilule (ouais desfois mon inconscient décide d'entrer en guerre avec moi comme ca, alors que je lui ai rien demandé...).
  Bon, en même temps, c'est facile, comme ca après coup, de se dire "j'aurais du attendre" (même jusqu'à l'histoire suivante). Je n'en suis pas restée traumatisée, je ne suis même pas particulièrement nostalgique d'une "première fois perdue" ni rien.. C'est juste que bon, tant qu'à faire à évoquer des souvenirs de ce type, c'est pas celui là que j'aurais choisi, j'en ai des beaucoup mieux survenus par la suite :D

    Voilà, je refile la patate tiédie à qui la veut, avec pour mission de la réchauffer un peu :D

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18 novembre 2005

Des petits hommes bleus.

    Aujourd'hui (et en fait c'est la troisième fois en une semaine), je me suis promenée dans le seizième, avec ma môman. Le seizième, c'est le type même de l'arrondissement où, habituellement, je ne fous jamais les pieds. Mais il se trouve que pour une raison X, j'y étais.
    On a croisé une bande de gamins emmenés en troupeau par leur instit et deux trois parents volontaire, vraisemblablement en route pour une activité culturelle quelconque. Le truc, c'est qu'au premier regard, j'ai cru qu'ils portaient un uniforme. Ils avaient tous des impers bleus marine, des cartables sombres, et des bonnets ou des capuches ou des cagoules bleu marine itou. Une vrai bande de schtroumpfs! (ils avaient 6-7 ans, les mômes, environ). Mais en y regardant bien, non non, il ne s'agissait pas d'uniformes du tout, les impers étaient tous différents.
    Qu'est-ce que c'est, nom d'un chien, que cette dictature de la bienséance? 6 ans c'est l'âge où on peut encore porter des trucs bariolés sans passer pour un dingue ou un rebelle, bon sang! Quand j'assiste à des transhumance de gônes n'importe où dans Paris, et en particulier de petits audoniens, il y a toujours du vert, du jaune, du rouge, du rose !
    Et ben là, non. Enfin si, Un des petits avait une écharpe à rayures, dans des tons assez ternes, mais ni bleus ni gris, et une minette avait un sac rose-barbie.

    Et comment ils font, les instits pour les différencier, tous ses moutards blonds et bien peignés? Quand j'habitais à Lyon, à côté du Parc de la Tête d'Or, j'assistais souvent au défilé de centres aérés, chaque groupe portant un signe de reconnaissance, genre foulard jaune, ou casquette rouge (un peu comme les groupes de japonais qui visitent le Louvre). Un de mes grands fantasmes, d'ailleurs, le vol de casquette rouge à un môme sans défense. Je me suis toujours demandé ce qui se passerait si deux élèves de deux groupes différents, se rencontrant par exemple sur une pelouse lors du pique nique, ou dans l'aire de jeux, échangeait leur signes distinctifs. S'il y avait moyen qu'ils échangent leur école, leur instit, leur parents, et leur vie.

    Bref, le seizième, je ne connaissais que de réputation, mais en fait, la réalité vaut les clichés, hein.

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