23 juillet 2006
De la nostalgie
J'ai 23 ans, et je suis
gravement atteinte de nostalgite chronique. C'est pas nouveau,
remarquez, ca m'a pris très tot. Déjà, sur les photos de quand j'avais
sept ans, assise sur la balancoire dans le jardin de mes
grands-parents, les cheveux frisottés et les ballerines aux pieds, avec
une petite fleur à la main, j'avais l'air de dépérir en pensant à un
age d'or passé. (Et je vous parle pas de certaines photos de mon
adolescence..).
Bref. Je suis nostalgique. Grave.
L'autre jour, je suis repassée en bus avec Crooke et Monsieur Camille
devant mon ancien chez moi lyonnais, le parc de la Tête d'Or, le lycée
où j'ai fait ma khâgne. Et ben paf. Toute chose (alors que bon, hein,
voilà, il n'y avait pas de quoi en faire un fromage, non plus.)
Et pis les odeurs de terre mouillée dans le jardin de mes
parents, après l'arrosage, et les ptites notes rondes des crapauds
(ouais, eux aussi, ils aiment bien l'arrosage).
Et pis là, je lis le blog d'Angel et de sa copine-voisine Alix sur leurs minots, et je tombe sur ce post,
présentant un pilier de ma petite enfance. Ca ne rate pas, je jubile et
je me précipite pour montrer ma trouvaille à mon frère. Uhuh, les
toucans.
Et pis ce matin, à la piscine... J'ai pas
foutu les pieds dans une piscine municipale depuis ouhlala, ouais, au
moins tout ca (comme ca à vue de nez, je dirais 7 ou 8 ans, facilement).
Je nage comme un pied (un pied tout seul, évidemment), et j'aime pas
les gens, hein. Et ben rien à faire, ca m'a plu quand même. La grande
pelouse, l'odeur de chlore, le pédiluve gelé, la petite buevette avec
des trop bonnes frites, les maitres-nageurs toastés en slip rouge
grouik. Même le coup de soleil sur le pif et les douze couches
d'après-soleil, ca m'a fait plaisir. C'est dramatique.
J'ose à peine imagine l'emmerdeuse radoteuse que je vais être quand j'aurais 70 balais.
(Hihi,
mon frère vient d'aller farfouiller dans les vieux livres d'enfants
pour me retrouver le bouquin dont je parlais à l'instant. Scusez-moi,
les gens, je vous laisse, j'ai de la lecture :D)
18 juillet 2006
Il y a un inconvénient
majeur à la qualité de "grand" (d'adulte, j'entends, sauf que "adulte",
je m'y reconnais pas encore des masses): il y a toujours un truc à
faire.
Il y a toujours quelqu'un qui veut que je
fasse quelque chose. Je peux même pas leur en vouloir, vu
que la première moitié de ces quelqu'uns et de ces choses ont été
encouragés par mon comportement habituel (je suis gentille, j'aime aider
les gens, tralala), et que l'autre moitié a pour objectif mon propre
interêt. "Tu fais plein de trucs pour les autres, mais tu fais pas ce
qu'il faudrait faire pour toi-même. Pense à toi."
Le problème,
c'est que, là, tout de suite, la seule chose que j'ai envie de faire
dans mon propre interêt, c'est RIEN. Ce qui est débile, paske bon, faut
être raisonnable, c'est pas le moment de déconner, c'est mon avenir qui
se joue, tout ca.
N'empêche. Mon avenir, j'aimerais bien le
fourrer dans un sac, sous un truc bien lourd, et le coller au fond
d'une armoire sombre qu'on n'ouvre jamais. Avec une porte qui grince,
pour être avertie dès qu'un importun tente d'y fourrer le nez.
Je suis dans une phase ou j'ai PAS DU TOUT envie de voir mon
avenir, ni de lui faire plaisir, rien du tout. D'ailleurs j'ai envie de
faire plaisir à personne. J'aimerais bien envoyer balader tout le monde
(je fais pas de liste, y en a qui pourraient se reconnaitre :D), sans
distinction. Prix de gros.Hop, au revoir tout le monde. Juste mon lit,
mes bouquins et moi.
Sauf que bon, je peux pas. Ils
ont rien fait les gens (ou bien même ils ont essayé de m'aider). Et pis
c'est pas le bon moment. C'est jamais le bon moment pour envoyer bouler
les gens. C'est chiant. En plus, rien qu'à envisager le début de l'idée
que peut-être je pourrais dire merdre à certaines personnes, je suis
prise à la gorge par un sentiment rampant mais tenace de culpabilité.
Je me noie dans mon surmoi.
J'ai pas envie de
faire ce qu'il y a à faire. J'avais juste envie de quinze jours à ne
rien faire du tout. Mais malheureusement, les trucs-à-faire, ca
disparait pas comme ca. On peut faire semblant de les ignorer pendant
un moment, mais ils sont toujours là, à vous regarder avec des yeux de
merlans frits (ou de caniche battus, selon les moments), à chaque fois
que, par erreur, votre esprit s'aventure dans le mauvais recoin de la
pensée et de la mémoire.
Et après, c'est foutu. Je
fais rien, donc j'angoisse. Plus j'angoisse, moins je suis capable de
faire ce qu'il faut, et plus j'angoisse. J'ai l'habitude, c'est
permanent, chez moi. Mais j'aurais bien aimé quinze jours sans
angoisse. Avant de mettre le pied dans le monde des grands, et que ca
ne s'arrête plus.
Parce que tous les
"Allez-courage-c'est bientôt fini- tu fais juste ca, et après t'es
tranquille", on le sait bien que c'est une arnaque. Une grande et
grosse arnaque collective (à laquelle je contribue moi même
régulièrement quand je cherche à remonter le moral des autres). Les
trucs-à-faire, ils disparaissent jamais. Ils se reproduisent, ils se
multiplient, et puis ils tissent des liens pour qu'on ne puisse plus
les désolidariser et les prendre un par un. Une sale engeance, ces
trucs-à-faire, vraiment.
Résultat, je suis déprimée, fachée ET angoissée. Tiercé gagnant.
11 juillet 2006
Je blogue mou
Ces derniers jours (dans les épisodes que vous avez ratés par la faute de mon immense flemme), se sont déroulés quelques évènements marquants
-A Solidays, un gars a voulu me couper des cheveux
pour fabriquer des poupées (et accessoirement, je l'ai poliment envoyé
chier)
-mes pieds, que 3/4 d'heure de marche avait
réussi à ruiner il y a quelques semaines, ont supporté trois jours de
bonds en tous sens et de remuage intensif de popotin en concert rock
sans broncher (et je les en remercie ouééé)
-dans le
train pour valence, j'avais pour voisin un acteur que j'ai vu jouer il y a deux ans à Avignon, et euh non je raconte pas :D
-mon grand-père (85 ans et 11 jours) s'est mis spontanément à
écrire en kikoo sur sa liste de courses (impressionnant)
-J'ai cru que mon alloc était assurée et en fait ptet que non,
mais ptet que oui, mais quand meme ptet que non, rappellez plus tard.
-J'ai rencontré monsieur Zeugme, et je lui ai filé la migraine
(j'avais aussi vu You et Gothic Inside, il y a quelques temps, et revu
Tippie samedi, et je les aime tous, voilà, fallait que ce soit dit)
Chuis en vacances, et je comate: frère, papa-maman, chat, Alias saison 4, deux mètres de bouquins, ciné, télé, lit double. Mmmmh.
06 juillet 2006
Beuh.
02 juillet 2006
De la célébration des évenements sportifs
En général, je n'ai rien
contre les supporters de foot... du moins tant que je ne me retrouve
pas écrasée au milieu d'un troupeau de tels individus dans le métro. Ce
qui explique que, finalement, je ronchonne peut-être moins que d'autres
non-fans du ballon rond en ce moment, à propos du matraquage de la
Coupe du Monde. Pour moi, n'importe quel match de la France à
l'étranger est une occasion de célebrer la place de respirer dans le
métro :D
Le problème, c'est que, dans mon
quartier, y a plein de jeunes gens qui aiment bien faire du bruit. Vous
vous souvenez peut-être du quatorze juillet de l'année dernière. Je
soupconne d'ailleurs que les gens qui aiment faire du bruit et qui
vivent dans des endroits plus calmes en profitent pour venir faire leur
boucan chez moi, sous prétexte que de toute facon, les djeuns en font
déjà :D
En général, ca me dérange pas trop, paske je ne me couche
pas très tôt, et que, en comparaison avec le bruit inhumain du
marteau-piqueur que j'ai subi pendant un an à Grenoble sous mes
fenêtres, les voix humaines (et autres radios, tambourinages, et j'en
passe) ont souvent un côté chaleureux.
Instruite de
l'expérience du dernier match, il y a quelques jours, j'avais donc
prévenu Amarante: "Ok, tu peux venir chez moi samedi soir parce que
ton épreuve de dimanche commence tôt et que c'est plus près de chez moi
que de chez les bonnes soeurs. Mais méfies-toi, si jamais la France bat
le Brésil, on en a jusqu'à trois heures du matin." En bonne patriote,
j'étais néanmoins persuadée que la France allait se faire rétamer la
gueule par le Brésil :D
Eh ben non. Les Brésiliens
n'ont pas pensé que demain, il y avait le capès de Lettres Classiques,
et que ce serait sympa de se bouger le cul, un peu.
Résultat, ca n'a pas raté, klaxons, cris, chants, interpellations,
drapeaux, tout le tintouin à Saint-Ouen. Nous retardons un peu le
moment de nous coucher, mais à l'instant où nous nous apprêtons,
résignées, à fermer les fenêtres (bonjour la chaleur dans l'appart),
mettre des boules Quiès et nous coller la tête sous un oreiller, voilà
qu'un nouveau son se fait entendre.
Une fanfare sort
dde l'immeuble voisin, et se met à jouer. Je ne sais pas s'ils venaient
du Festival Jazz-Musettes des puces, où s'ils s'étaient préparés en cas
de victoire de la France. Deux ou trois percus et une dizaine de
cuivres. Ce qui changeait agréablement des daubes diffusées par les
radios-autos, et des cris suraigus, mais quand même. Bon, du coup, on
s'est mises à la fenêtre un moment, parce que c'était pas la peine
d'espérer pioncer avec tout ca.
Et je dois dire que
quand même, j'aime bien mon quartier. Parce que la musique a évidemment
attiré une cinquantaine de personnes dont beaucoup se sont mises à
danser sur le trottoir en face, puis carrément au milieu de la rue, à
peine dérangées par les voitures qui passaient prudemment en klaxonnant
en rythme.. Des gens de toutes les couleurs et de tous les ages qui
dansaient en désordre. Le match, c'était juste un prétexte pour faire
la fête...J'aurais pas été en chemise de nuit, je serai bien descendue,
c'était vraiment rigolo. Je me suis donc contentée de remuer un peu du
popotin coincée entre l'appui de fenêtre et le fauteuil. Et puis bon,
on a fini par aller se coucher quand même, en ignorant de notre mieux
la fin du concert, et les hurlements qui ont repris jusqu'à une heure
assez tardive.
Si jamais ca recommence pour la
demi-finale, je pense que je ferai abstraction de mon indifférence pour
le foot et que j'irai me tortiller aussi, et faire connaissance avec
mes voisins enthousiastes :D



