Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

08 janvier 2007

Du sommeil (2)

    Des habitants de la maison de mes parents, le moins respectueux de mon sommeil, de très très loin, est le chat.

  Ce ronronneur des matelas, cet infernal empêcheur de pioncer en rond, cet affreux miaulasseur a un don inné pour emmerder le monde en général. Et moi en particulier. Notez que j'ai de la chance, il ne me prend pour cible que quand je dors. Il a comme petit rituel de venir tambouriner à la fenêtre de ma chambre à 4h du matin (en moyenne, hein, je suis pas toujours assez fraîche pour regarder l'heure quand ca arrive), pour rentrer. Il a l'oreille super fine, et vous repère au bruit. Vu que mon lit grince terriblement à chaque mouvement, c'est pas très dur. Une fois qu'il sait que vous êtes là, c'est fini. Inévitablement, inexorablement, il faudra que vous vous leviez. Après, c'est une question d'endurance. On peut essayer de l'avoir à l'usure, mais en dix ans, ca n'a pas dû m'arriver plus d'une fois ou deux. Et puis quand taper à la fenêtre (avec les coussinets bien écartés, s'il vous plait, c'est pas le moment de faire patte de velours, faut savoir ce qu'on veut) ne suffit pas, il donne de la voix, aussi.
    J'ai fini par m'habituer à me lever presque sans me réveiller, complètement au radar, pour lui ouvrir avant d'aller me recoucher. Les nuits où il se contente de cette interruption-là, finalement ca va. Mais parfois, il vient aussi miauler à la porte (évidemment, je commence par aller ouvrir la fenêtre avant de réaliser qu'il n'est pas là, et le temps que je percute, je suis réveillée..), ou alors, il vient se faire les griffes sur le fauteuil, ou jouer au hockey avec un paquet de mouchoirs tombé par terre.
    Un autre truc qu'il adore, c'est le moment du réveil. Vous savez, les trois minutes ouatées où vous emmergez sans l'aide d'un réveil quelconque, ou vous flottez encore un peu, plus tout à fait endormi, pas encore vraiment réveillé. Celui où vous pourriez encore vous rendormir.
    Sauf que, non, en fait. Pas si vous avez ce crétin de chat comme boule de poils attitrée. Parce que, tout comme il vous repère au son quand il est à la fenêtre, je pense qu'il perçoit les changements de respiration ou je ne sais quel autre indice du réveil. Et il débarque, en tapant fièrement les pattes sur le parquet, et en braillant.
    Si on le met dehors, il miaule, si je ferme la porte de la chambre, il miaule, si je ferme la porte de l'étage, il va miauler chez mes parents, bref. On ne peut pas le contrecarrer.

    Et puis il y autre chose.

  J'adore dormir avec un chat. Sentir son poids sur le coin de la couette quand on tend le pied, lui faire une petite gratouille entre les sourcils de temps en temps. Et puis, ce chat-là, il ronronne beaucoup. S'endormir sur un bon bouquin avec dans l'oreille, un ronronnement tout doux venant du pied du lit, c'est un des nombreux petits plaisirs régressifs que j'associe à mes séjours chez mes parents. Et une des choses qui me manquent le plus dans ma vie de toute-seule.

    Quand je serai grande, j'aurai une maison, avec dedans, un grand lit, et dessus, un gros matou, et dedans, des réserves de ronronnements pour toute la vie.
    Et en attendant, je continuerai à me laisser tyranniser par l'agaçant greffier de mon frère. Comme mes parents qui lui ouvrent quinze fois la porte dans la demi journée. Moi, je le laisse piétiner mon sommeil (il est bien le seul, d'ailleurs). Il sait pertinemment, lui, que, malgré mes ronchonnements, il me tient dans sa patte. Dans le petit creux tout doux, tout doux, entre les coussinets roses.

    Sale bête.

(Ah oui, et puis quand même, très bonne année à tous !)

(Pour ceux qui se posent la question, oui, j'ai passé toutes les vacances à pioncer avec le chat à mes pieds, ou presque)

Posté par Mlle Moi à 23:14 - Du sommeil à mon sommeil - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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