28 juin 2007
"Anybody got any special
request?", qu'il demande, Johnny Cash, du fond des enceintes de mon
ordi. Tu fais bien d'aborder le sujet, Johnny. Moi, j'en ai, des
requêtes. Plein. Bon, OK, "spécial" n'est ptet pas
l'adjectif qui caractérise le mieux mes envies du moment.
Dans l'ensemble, ca reste même au ras de la pelouse qui pousse
devant les HLM en face de chez moi (pas l'ombre d'une pâquerette à
l'horizon, évidemment.)
Je voudrais que quelqu'un, s'il vous
plait, débranche les hauts parleurs qui beuglent de la musique dans ma
rue, toute la journée, en l'honneur des soldes, ou de l'été, ou de je
ne sais quoi. Les Dire Straits, passe encore. Mais quand après avoir
réussi à te traîner depuis l'autre côté de Paris jusque chez toi, la
tête dans les chaussettes, et les coudes de 50 inconnus dans les côtes,
à l'heure de pointe dans le métro, quand, donc, tu touches enfin au
but, et que tu te fais cueillir à la sortie du souterrain par Cloclo
vantant les mérites d'une célèbre ville d'Egypte, tu as du mal à
réprimer ta pulsion primaire de destruction du matériel ublique de
diffusion sonore.. Qu'on s'étonne pas si les banlieues se soulèvent à
nouveau cet été.
Je voudrais que le facteur ne planque
pas systématiquement sa flemme de monter les quatre étages et de sonner
à ma porte en cochant la case "vous étiez absent" sur le papillon qu'il
laisse dans ma boîte aux lettres, alors que je suis là 6 fois sur 7. Je
conçois qu'il n'ait pas envie de se taper tous les étages de tous les
vieux immeubles sans ascenseur de sa tournée. Mais je me tape déjà les
trois quarts d'heure de queue pour aller chercher mes paquets à la
poste centrale à chaque fois, j'aimerais être dispensée de sa mauvaise
foi.
Je voudrais que le frigo se remplisse tout seul
et surtout, ne se vide pas aussi vite, c'est jamais très bon signe.
Je voudrais que la CPAM me lache la grappe, et que les histoires
de sous et de remboursements avec le C*N*R*S se règlent vite, paske ca
m'angoisse un peu.
Je voudrais changer de tête, sans
avoir à me demander si je veux vraiment me couper les cheveux et
comment et pourquoi, sans avoir à me faire chier à acheter et faire le
henné. En fait, non, je voudrais changer de tête, littéralement. J'en
ai marre de celle-ci, intérieur comme extérieur.
Je
voudrais disparaître sous les draps, sous une pile de bouquins et de
dvd, ou retourner dans ma brousse, ou profiter de n'importe quelle
occasion de m'abstraire d'ici.
22 juin 2007
De vos yeux
Une petite note de pub ,
parce que quand même, desfois, ca fait du bien de s'en mettre plein la
vue pour garder le moral (et même si vous avez déjà le moral, ca peut
pas faire de mal). Surtout en ces temps de défection bloguesque
généralisée.
Alooooors vous pourriez, par exemple, aller faire un tour du côté du nouveau blog d'Amarante, Lentus in Umbra
(ca la motivera ptet pour poster plus souvent :p). En fait il est pas
si nouveau que ça, mais bon, moi, j'ai tout trouvé en rentrant, donc,
de mon point de vue, c'est encore assez neuf. Elle y montre
régulièrement ses oeuvres, pastels, photos, dessins, (et tout récemment
acrylique).
Ensuite, y a le blog-à-mirettes de ma grande soeur, Lookskedenn.. Un blog du phare-ouest, nostalgique, de terre, d'eau et de bois. (Je rappelle, au cas où ca vous aurait échappé, qu'elle a aussi un blog-à-papottes, La pêche à la Baleine )
Et puis, bien sûr, il y a les blogs mouvants de Still. C'est tellement divers que j'aurais du mal à vous en donner une idée avec une seule photo. Un conseil, promenez vous dans les archives de Something like that, et zoomez sur ce qui vous accroche l'oeil. Il y a des trésors :).
D'un lapsus
"Ce qui est chiant dans les yaourts à l'amour, c'est que les petits grains restent coincés entre les dents"
Bourdel.
20 juin 2007
Du martin-pêcheur et du crabe de cocotier
Histoire du martin-pêcheur et du crabe de Cocotier
(traduction
approximative et faite un peu à l'arrache, paske desfois, les tournures
narratives du Sung*wadia, c'est un peu lourdingue (version audio originale))
Il
était une fois un martin-pêcheur, perché en haut d'un arbre, au petit
matin. Il aperçut, sur le sol, un crabe de cocotier, marchant en
arrière. Il le regarda pendant un moment, puis lui dit:
-"Les hommes
et toutes les créatures du monde marchent vers l'avant, dans la
direction où est tournée leur tête. Toi, tu marches de travers, et très
lentement, qui plus est."
Et de se foutre joyeusement de sa gueule.
-"Toi, tu marches comme ça (j'imagine qu'il doit mimer, là ), tu ne peux pas aller vite."
Le crabe, levant la tête vers lui, lui dit
-"Tu penses que je ne sais pas marcher vite? Si nous faisions la course, je te vaincrais".
-" Non, tu ne gagnerais pas."
-"Ok, choisissons une date, faisons l'essai, on verra bien qui gagnera."
Ils décident donc d'un jour, et le martin-pêcheur rentre chez
lui, va pêcher son dîner, tout ca tout ca. Pendant ce temps, le crabe
de cocotier n'alla pas se coucher, bien au contraire. Il travailla. Il
alla voir quelques crabes de cocotier de ses amis, et leur dit "Ce
matin, le martin-pêcheur s'est fichu de notre carapace, et tous
ensemble, on va lui mettre sa pâtée." Chacun d'entre nous ira se poster
à l'une des pointes de la côte. Le premier à celle-ci, le second un peu
plus loin, etc....
Le jour de la course, nous nous mesurerons tous ensemble au martin-pêcheur, qui sera, lui, tout seul dans la course."
Le jour fixé pour la course arriva. Quand le martin-pêcheur
descendit de son arbre, il vit le crabe de cocotier sur la plage, au
même endroit, ce qui le surprit beaucoup. "Eh, crabe, grouille toi, je
t'attends depuis un moment ! Dès que tu es prêt, on peut commencer la
course.". L'autre lui dit "D'accord." Ils comptèrent jusqu'à trois, et
le martin-pêcheur s'envola. Le crabe de cocotier se dandina de travers
jusqu'à son trou, où il s'arrêta et se relaxa avec un petit cocktail à
la noix de coco.
Le martin-pêcheur, vola, vola,
jusqu'à atteindre la première pointe. Il cria "Crabe?!". Et le crabe
lui répondit "Wou!" (ouais, les personnages des histoires, ils sont
tout le temps en train de crier "Wou! Ouu! Ae!". En fait, c'est le
genre de réponse qu'on attend quand on appelle quelqu'un, et pas
seulement dans les histoires).
Le piaf continua donc
de voler (vu qu'il n'avait pas réussi à distancer son adversaire),
jusqu'à la pointe suivante, et appela à nouveau le crabe, qui répondit
"Wou!". Il commençait à être vraiment surpris. "Ow! Le crabe disait
vrai, il est capable de se bouger la carapace". Et il continua de
voler, voler de toutes ses ailes jusqu'à la pointe suivante. Une fois
qu'il l'eut atteinte, il appella à nouveau "Eh, crabe!". Et le crabe
répondit "Ow!".
Et ils continuèrent ainsi, longtemps,
très longtemps. Jusqu'à ce que le martin-pêcheur se sente faiblir, et
commence à perdre de l'altitude, jusqu'à tomber sur la plage, raide
mort.
Et tous les petits crabes de cocotier s'en vinrent, et le boulottèrent gaiement.
Et ca, c'est la morale de l'histoire. Fais pas la course avec
des crabes, c'est rien que des sournois, et tu finiras dans leur
estomac.
15 juin 2007
Y a les cicatrices sur les jambes, mais c'est pas grave, tu te mets jamais en jupe.
Y a les aiguilles dans les doigts au contact du froid, mais c'est pas grave, les terminaisons nerveuses, ça se reconstitue.
Y a les bananes qui ont pas de goût, mais c'est pas grave, de toute façon, ça fait grossir.
Y a des moments de solitude, mais c'est pas grave, y a le métro.
Y a le gris de Paris, mais c'est pas grave, y a le Parc Monceau.
Y a des voix qui te manquent, mais c'est pas grave, tu les as enregistrées.
Y a des gens qui sont loin, mais c'est pas grave, tu les reverras dans un an.
Y a des attentes décues, mais c'est pas grave, tu as dit que tu t'en foutais.
14 juin 2007
De ma brume neuronale
Je crois bien que j'ai laissé ma tête dans une île paumée du Pacifique... ou alors c'est que je suis teeeeeeellement contente d'être rentrée que je vis sur un nuage (un peu grisâtre, pollution parisienne oblige) depuis trois semaines. Quoi qu'il en soit, j'ai, récemment, et pêle-mêle, oublié un cable à rendre au CNRS chez mes parents, confondu des tickets de consigne en obligeant ainsi ma mère à rester dormir une nuit à Paris et à se lever à 5h du matin pour aller prendre un train à point d'heure, oublié de mettre au frais mon vaccin contre l'hépatite B, perdu (mais retrouvé) ma carte bancaire, confondu les jours de la semaine et refusé un repas entre copines alors que j'étais libre, oublié de répondre à des mails, et raté divers rendez-vous pour cause de
- retard
- mauvaise compréhension
- oubli du numéro de téléphone de la personne concernée, ce qui aurait été pratique au moment où je ne trouvais pas la porte d'entrée de son immeuble (ni son immeuble, d'ailleurs, quand on y pense bien)
- oubli des coordonnées et codes d'entrée de l'immeuble d'une autre personne (je dispatche, je dispatche)
Je suis déjà très tête en l'air de nature, mais là, je crois que je vais battre un record, surtout que la cadence s'accélère.
Evidemment, y en aura un pour me demander si j'ai un problème? ou si je suis fatiguée?
Ben même pas. Ca va plutôt bien, je dors bien, je travaille bien, j'aime tout le monde, tout le monde m'aime (oui, les chevilles, ca va aussi, merci), les ptits problèmes de santé liés à mon voyage sont finis ou se résorbent. Juste, j'ai un tout petit peu envie de me mettre des baffes en continu.
D'habitude dans ces cas-là, je prends mon inconscient entre quatre z'yeux et je lui fais la morale. Mais ce coup-ci, allez savoir pourquoi, ca n'a pas marché.
Maintenant que je lui ai bien foutu la honte en public, il va ptet se calmer.
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Les mots sur la musique
"Mi lovim yu tumas Naoneeeee, mi lovim yu tumas
I no gat wan paradaes i olsem yuuuu
evri samting blong yu i stap long maen blong miiiii"
Sweet Paradise, Agosi Stringband
11 juin 2007
De l'analyse formantique et ses petits camarades
Joie.
Que dis-je, "joie". Intense jubilation!
J'ai un nouveau jouet ! Je viens de trouver un logiciel
d'analyse phonétique, avec plein de fonctions pour faire des
transcriptions et des spectrogrammes et des analyses de formants et *essuie la bave qui commence à lui couler sur le menton, slurp* et des analyses statistiques et des bidouillages des courbes d'intonation et ...
(Et là, le monsieur, il dit "Kiaga sursurigi gatou matan sigo", ce qui veut dire "voilà l'histoire du crabe de cocotier et du martin-pêcheur" que j'ai transcrite aujourd'hui, merci de faire semblant de vous intéresser aux ptits détails de ma palpitante vie. Si ca intéresse quelqu'un, je veux bien vous la raconter... Je crois bien que je vais en faire un bouquin de lecture dans leur propre langue pour les enfants du village, d'ailleurs)
(Pour les quelques hypothétiques linguistes égarés en ces lieux ET intéressés, le logiciel s'appelle PRAAT, et on peut le trouver ici. Il existe plusieurs tutoriels sur le net et google est votre ami)
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Les mots sur la musique
"Il en faut peuuu pour être heureux, vraiment très peu pour être heureuuux"
05 juin 2007
Des fonds d'écran
Allez, on reprend les bonnes zabitudes, et on vous fait attendre un peu une note palpitante sur ce que j'ai bouffé pendant les trois derniers mois, en répondant à l'appel chainesque lancé par Tippie, là.
Elle se demande, je cite, si Amarante, Crooke et Mlle Moi "ont poussé le gout des etudes et l’amour des Lettres jusqu’à mettre une peinture d’un de leur auteur préféré en fond ?"
J'aime bien me rendre
compte que tous nos efforts communs et conjugués pour passer pour des
dinosaures intello-pedants sont récompensés :D
Mais
je vais devoir décevoir mon public (et je pourrais presque le faire
pour les deux autres, mais après tout, chacun ses trahisons, et les
cochons sauvages seront bien gardés) en vous assénant une vérité
fondamentale: De bons auteurs, y en a pas beaucoup qui sont agréables à
regarder. Je sais pas dans quel sens marche la corrélation, mais le
fait est que, bon, voilà. Y a des exceptions, sûrement, mais j'ai la
flemme de chercher. Et moi, j'ai un sens de l'esthétique très
développé. Donc, les auteurs, je les lis, et sur mon écran, je mets
autre chose.
En l'occurence, en ce moment, défilent
sur mon écran plein de gens très très beaux. Mon papa vous dira que
c'est subjectif, mais moi je m'en fous, je les trouve beaux, et toc.
J'ai découvert en rentrant que je pouvais coller mes photos non
seulement en économiseur d'écran, mais en fond d'écran aléatoire, un
différent tous les jours. Youpi!
Aujourd'hui, par exemple, j'ai cette photo de Patricia, en cheveux, que j'aime beaucoup.
Sinon, avant de partir, j'ai eu successivement, ces deux fonds d'écran signés Cali Rezo

04 juin 2007
Du décor (2)
On continue...
Donc, avec toute cette flotte, évidemment, la végétation est du genre vigoureuse.
Un jour, on revenait du village voisin en suivant la route
(ouais, y en a qu'une), et on longe, entre deux plantations de cocos,
un endroit où le bush atteint à peu près deux metres, deux metres
cinquante de haut. Une des filles qui m'accompagnaient lâche
incidement: "là, l'an dernier, y avait un terrain de foot". De la même
façon, ca ne les dérange absolument, à toutes les occasions, d'arracher
par brassées les fleurs et les plantes du village pour décorer
l'église, l'école, ou eux même, pour les cérémonies. La première fois,
j'étais horrifiée, je me disais qu'ils allaient défigurer leur village.
Que dalle, quinze jours plus tard, tout avait repoussé, évidemment :)
C'est vert, rouge, jaune, feuillu, herbu, fleuri, tout ce qu'on veut...
Et accessoirement, c'est en général pas désagréable à regarder :D
En gros, les feuilles leur servent de fringues de cérémonie ou de déguisement, de toit pour les maisons, d'assiettes (quand ils n'en utilisent pas de vraies), de maniques, de nappes, de parapluies, de cordes, de matières premières pour les paniers, les nattes, les éventails, de médicaments, d'appats empoisonnés pour pêcher, de cures-dents ou de cure-ongles, et j'en oublie certainement..











