17 mars 2008
Chaud. Les yeux fermés, déconnecter le regard pour se concentrer sur les autres sens. Une voix basse, mais insistante dans mon oreille gauche, disant "je ne touche plus terre". Une odeur de parfum, une odeur de cigarette, se croisant incidemment, allant et venant par effluves. Le goût du dentifrice dans ma bouche. Une main chaude effleurant la mienne. La nuque ployée sous un bras, la joue au contact d'une épaule. Ma boucle d'oreille qui tinte, effleurée un instant par une manche. Les mouvements lents et réguliers d'une respiration, ventre et poitrine, contre mon dos. Les épingles de mon chignon que je sens glisser progressivement, sans que je puisse les rattraper. Les pans de mon manteau qui s'ouvrent peu à peu. La respiration qui s'accélère, besoin d'air.
Ces grands moments d'intimité du lundi matin, à soixante-quinze dans quatre mètres carrés.



