27 mars 2008
D'un méli-mélo de métaphores.
Certaines parlent de ranger le garage. De remuer la vase. Certaines s'apprêtent à engager le combat contre un ennemi attaquant sur tous les fronts.
Je parle de mettre un coup de pied dans la fourmilière. Ou de
prendre ma petite pelle et d'aller pelleter "toute cette merde". Je me
rappelle distinctement d'une conversation, où on m'a dit "tu comprends
pas, je te parle des poubelles, là". J'avais bien compris, merci. Et
j'ai répondu qu'en général, les poubelles, il valait mieux les sortir.
Qu'elles soient métaphoriques ou pas.
Je suis
meilleure pour donner les conseils que pour les appliquer. J'ai du mal
à sortir les ordures métaphoriques, et quand je n'arrive plus à sortir
les vrais sacs poubelles de mon appartement, j'y vois toujours un
indice alarmant. Mon bordel exterieur me sert, qualitativement et
quantitativement, de jauge au bordel intérieur.
C'est bien utile, parfois. Quand par exemple, disparaît une cause de
grosse déprime ponctuelle, celle qui, précisément, a occasionné il y a cinq mois, le fameux coup de pied dans la fourmilière. Ca va mieux,
ca soulage, d'autant que plein d'autres trucs semblent réamorcer des
pompes bien rouillées depuis un moment. Ca va mieux, d'un coup. Et toi,
tu sais bien que ça règle pas le problème, et que c'est pas en
transportant 15 fourmis dans le jardin que tu vas les empêcher de
rentrer dans ton chez-toi, accompagnées de milliers de ptites coupines.
Mais tu fais un peu semblant de croire que, quand même. Parce que t'as
pas trop envie de prendre un bâton et d'aller farfouiller dans le ptit
trou pour l'aggrandir. Ca fera que les énerver, et toi, t'as vraiment
autre chose à foutre, en ce moment. En plus, tu sais parfaitement
qu'une fois que tu te poseras la question des moyens de l'éradication,
tu vas plus pouvoir penser à autre chose.
Et
pourtant, ta peau te fait des signes, elle se malmène. Des ptits coups
d'angoisses commencent à remonter. Et les sacs poubelles ont recommencé
à s'entasser. T'arrives à les sortir assez régulièrement, mais ca
commence à devenir plus difficile.
Allez, prend
toi par la main. Tu arrêtes de geindre, et tu attrapes un bâton, une
pelle. Le téléphone. Et tu t'en sers. Avant d'atteindre le point où tu
ne pourras de toute façon plus faire autrement.



