19 mai 2009
D"un dilemme
C'est compliqué, ce truc là.
Soit je planque que ça ne va pas. Et alors je ne dis plus rien du tout. Ou bien on me reproche de ne pas m'ouvrir assez aux autres. Ou bien j'ai le sentiment d'être dans une dualité presque complètement cloisonnée, y compris avec les gens que j'aime.
Soit je dis. Et je cours le risque de trouver, en face, l'incompréhension. ("Mais je pige pas bien, tu es en bonne santé, tu fais des chouettes études, tu as une chouette famille... comment ça peut ne pas aller?") Ou de l'énervement. ("T'as tellement de chance d'avoir la vie que tu as, tu peux pas t'en contenter, par décence envers ceux qui ont moins que toi?"). Ou alors, c'est tellement inquiétant, angoissant, pour l'autre, que ce n'est pas soutenable.
Bon. Ce soir, c'était la version "arrête de plaindre, y a plus malheureux que toi". Enfin je crois que le message était celui-là. J'en sais trop rien, j'ai coupé court avant. Je me suis mise en colère, parce que ça tapait pile à l'endroit où ça fait mal.
Je le sais bien, qu'il y a plus malheureux que moi. Que j'ai de la chance de ne pas être handicapée, ou à trimer au fond d'une mine depuis que j'ai 4 ans. Que je suis privilégiée pour tout un tas de choses.
Et, va savoir pourquoi, ça ne me console pas trop, de savoir que c'est pire pour les autres. J'ai pas le sentiment de faire un concours, où seul le plus malheureux aurait le droit de dire qu'il l'est.
Et en même temps, c'est un argument que je m'oppose souvent à moi-même. Peut-être bien qu'ils ont raison, les gens qui disent qu'au fond, aller mal, c'est une décision, qu'on prend. Et je suis la première à penser qu'il y a au moins une part de fétichisation de la souffrance.
Mais dans l'ensemble, vraiment, j'aimerais bien ne plus me sentir vide, avoir l'impression d'être animée, de temps en temps par quelque chose qui vient de mes tripes. Arriver à faire vraiment confiance aux gens. Ne pas me sentir aussi souvent en inadéquation avec ce qui m'entoure. Avoir le sentiment que ce que je fais est intéressant, et que je l'ai fait comme il faut. Me sentir séduisante ET aimable ET aimée ET capable d'aimer, au même moment.
Il faudrait moins réfléchir, ne pas angoisser, ne pas déprimer, arrêter de s'écouter, et de se complaire dans la fange. Vivre juste et profiter des zoulies ptites choses de la vie.
Il faudrait décider d'être heureuse.
Ben moi, y a plein de jolies petites choses dans la vie que j'aime, qui me font rire, qui me font plaisir, qui suffisent à me mettre de bonne humeur.
Mais ça n'empêche pas que sur le fond, je ne suis pas très heureuse.
J'essaye de faire des trucs pour résoudre les problèmes, ce que je peux, en tentant de prendre les choses dans l'ordre.
Mais pour l'instant, je continue à n'être pas très heureuse.
La question, c'est de savoir si je peux le dire ou pas.
Et si je peux pas, est-ce que je dois laisser croire aux gens qu'ils aiment ce que je suis?
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Les mots sur la musique
I wish I knew how
It would feel to be free
I wish I could break
All the chains holdin' me
I wish I could say all the things
That I should say
Say 'em loud
Say 'em clear
For the whole wide world to hear
I wish I knew how it would feel to be free, Billy Taylor
17 mai 2009
D'une sournoiserie
"Bon pique-nique", qu'il m'a dit. "Amuse toi bien, tâche de reprendre un peu de poids".
Evidemment, la semaine dernière, j'ai rebattu les oreilles de plein de gens, parce que le poids indiqué par ma balance baissait de façon très régulière. (Et pourtant, en ce moment, je baffre.)
C'est ces trucs cons, tu sais. Objectivement tu devrais te réjouir, sauf que c'est super louche que ton poids descende comme ça sans raison, nettement en dessous de la limite basse que tu atteins normalement. Donc au lieu d'être contente, tu te demandes ce qui va pas :)
Bref.
J'avais fait chier tout un tas de gens avec ça.
Par contre, quand j'ai pigé le pourquoi du comment du phénomène, j'ai pas trop refait le tour des gens pour leur expliquer.
En fait, ma balance est une grosse fourbasse.
Qui me mettait à l'épreuve.
En diminuant ptit à ptit tous les jours le poids qu'elle me donnait. Un tout petit peu à chaque fois, hein. (oui je sais, faut pas se peser tous les jours, faites pas chier, c'est pas la question).
Et j'y ai cru.
Je te jure que pendant une semaine, dix jours, je me suis demandé ce qui se passait.
Jusqu'à ce qu'elle se trahisse, la félonne.
Un moment d'inattention je suppose.
Un matin, cette conne m'a donné trois kilos de moins que la veille au soir. (6 de moins que la semaine d'avant).
La supercherie était révélée. J'ai menacé, à haute et intelligible voix, en sa présence (au téléphone avec ma mère, mais elle écoutait, cette roublarde) de la passer par la fenêtre. Me donner comme ça, en vrac, de faux espoirs et de vraies inquiétudes !!
Du coup, elle s'est mise à faire remonter en douce mon poids, j'ai repris deux kilos, en trois pesées dans la journée :)
Elle est maligne, en plus. Si tu te re-pèses à quinze secondes d'intervalle, elle te donne le même poids... mais deux heures plus tard, hop, ça a sauté d'un échelon.
Bref, elle a essayé de rattraper le coup, en douce, en essayant de me faire passer pour dingue.
La perfidie des objets, quand on y pense, c'est quelque chose.
11 mai 2009
De quelques questions et réponses.
C'est un peu du bouche-trou, encore, mais bon, en ce moment, j'ai pas grand chose à raconter ici, je suis désolée :)
J'ai trouvé ça chez Ménille Avénale
Quelle est la première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance?
Ouh, c'est compliqué, ça, comme question. Pour tout vous dire, j'ai rempli toutes les autres avant de revenir sur celle-là.
Je sais pas. Il y a tout un tas de souvenirs avec mon frère. Et puis... Un cerisier du japon. Un lavoir. Des chats. Des daims. J'aurais du mal à dire ce qui arrive en premier. Ni même si ce serait la même chose à chaque fois, si on me posait la question dix fois.
La mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d’emporter dans l’autre monde?
Nan mais en fait, moi, quand on frappe à l'improviste chez moi, j'ouvre pas.
Livres que vous avez toujours désiré lire, sans avoir jamais trouvé le temps de le faire?
Quand j'ai vraiment le désir de lire un livre, je trouve le temps.
Par contre, il y a des bouquins que lesquels je suis ambivalente, que je veux lire, mais que je veux pas lire. Genre les russes. Je veux, mais j'arrive pas.
Vous croisez George Clooney dans l’ascenseur. “Quel genre de femme êtes-vous”, vous demande-t-il.
Oui, et c'est quoi, la question? :)
Je suis le genre à ne pas fantasmer que je vais croiser George Clooney et qu'il me demandera un truc complètement loufoque.
(Nan sérieux, George, c'est quoi cette question à la con? Demande moi à quel étage je m'arrête, plutôt. Soyons pragmatiques, quoi! On va pas rester 10 ans dans l'ascenseur, j'aurai pas le temps de te décrire le genre de femme que je suis.)
Si vous en aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine?
Ni l'un ni l'autre.
Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer?
Ben... J'ai pas mal pratiqué la rivière, six mois en cumulé, sur les deux dernières années, et j'aime bien.
Que devrions-nous faire en priorité pour la planète?
Sur le plan individuel ou collectif?
En ce qui me concerne, faut que j'arrête d'utiliser du destop, de chauffer mon appart mal isolé, de manger des tomates hors saison, et que je me mette au vélo. C'est à peu près classé dans l'ordre, du plus probable au moins probable :)
(Ca me rappelle que je voulais faire une note sur l'utilisation de la mooncup, pour les filles.)
Et qu’aimeriez-vous que l’humanité fasse pour vous?
Qu'elle se démerde pour qu'une fois de temps en temps, je n'entende pas que des horreurs en allumant la radio le matin.
Oui, je suis pleine d'espoir.
Votre petit-déjeuner habituel?
Quand je petit-déjeune, en général, c'est thé et tartines. Confiture ou miel.
Aimez-vous écrire la nuit?
Ca dépend ce qu'on entend par écrire.
J'aime bien avoir de nuit des activités qui impliquent d'écrire. Maintenant, je pense pas qu'on puisse appeler ça "Ecrire"
La dernière fois que vous étiez ivre?
Le jour du dernier VRB. Y a des gens qui m'ont fait boire des trucs zarbis. Je me sentais pas particulièrement bourrée, juste un peu lasse. Mais j'ai quand même failli me casser la margoulette en descendant du trottoir.
A part ça, je suis très rarement ivre, j'aime pas perdre le contrôle.
Pensez-vous que de grandes œuvres comme “Hamlet” ou “Don Quichotte” sont encore à venir?
Oui. Y a pas de raisons de penser qu'il n'y aura plus de génies littéraires. (Bon et puis moi, Don Quichotte, ça m'a un peu emmerdée, pour être honnête. Mais j'étais pas très vieille quand je m'y suis frottée, faudra que je réessaye).
Le plus gros mensonge de votre vie?
Je crois que je l'ai déjà dit ici, j'essaye de ne pas dire de vraiment gros mensonges. Je me sens trop coupable après.
Alors après, dans les moyens et petits mensonges, je sais pas quel était le pire.
Que transportez-vous dans vos poches?
Etonnamment, juste un mouchoir.
Mais c'est parce que j'ai un pantalon propre et que j'ai pas encore eu le temps de fourrer dedans: des sous, des tickets de caisse, des épingles à cheveux ou élastiques, un ptit crayon, une carte bleue, etc...
Un désir en particulier?
Oui. C'est pas ce qui manque, en ce moment, le(s) désir(s).
Mais je détaillerai pas ici :)
Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours?
Rho putain oui. Bitcher avec Gustave pendant un barbecue (ou à n'importe quelle autre occasion, en fait) serait certainement un grand moment d'accomplissement pour la morue qui sommeille en moi (jamais que d'un oeil).
Paysage préféré?
La mer. N'importe où, mais peut-être plus spécialement avec des rochers noirs plutôt que du sable, et par temps gris et un peu mélancolique.
Période de la journée que nous n’aimez pas?
Ca dépend des journées :)
Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir (mieux vaut prévoir la chose pour le cas où rien de bon ne viendrait à l’esprit le moment venu)?
Ben. Dans l'absolu, je préférerais mourir dans mon sommeil. Et en parallèle, j'espère ne pas finir bouffée par mes chats parce que je vis seule et que personne ne m'aura trouvée dans les jours suivant ma mort.
Donc on va dire que le dernier mot, ce serait bien que ce soit "nuit."
Comme dans "bonne nuit" que je dirais à quelqu'un, tu vois?
Un boulot que vous n’auriez jamais pu faire?
Ouh y en plein. Déjà le mien j'arrive pas souvent à le faire comme il faut, alors t'imagines...
Livreur de machine à laver, par exemple, j'aurais pas pu.
Marchand de sable, non plus. (me serais endormie avant les ptits zenfants).
Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras?
Pirates get the gold, gentlemen get the girl, heroes get both.
ou alors, euh
attends je vais regarder dans les pages roses du dico.
C'est marrant, en fait, les pages roses, j'avais jamais vraiment regardé.
Bon euh. Je suis pas inspirée, je suis pas trop du genre à me tatouer une citation sur le bras, ni ailleurs, de toute façon
Sans doute un truc à la con en latin ou tiré de Shakespeare. On est snob ou on l'est pas
Quand il se met à pleuvoir, vous continuez de marcher au risque d’être trempé, ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous?
Je continue.
J'ai toujours trouvé que j'avais l'air super sexy en caniche mouillé.
Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter?
Le XVIII ème, je pense.
Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma?
Nan.
Et je me crispe toujours quand je vois arriver des gens qui s'apprêtent à le faire. J'ai des mauvaises expériences avec le pop-corn tombé à terre et dans les fauteuils, celui que balancent les gamins, celui qui craque sous la dent, celui qui crise sous la main quand on la plonge dans le carton, et celui du carton qu'on triture une fois le pop-corn fini.
Décrivez l’endroit où vous écrivez.
Je suis assise à mon bureau, dans ma chambre. Bureau relativement en ordre, si on considère ce qu'il peut être, mais aussi relativement encombré, parce que j'ai plus beaucoup de place pour mettre mes trucs. Faut que je réorganise le coin "bureau".
Sinon, ma chambre, ben.. deux armoires, des planches et des bibliothèques couvertes de bouquins, un lit une place qui manque régulièrement de s'effondrer, un fauteuil couvert de fringues à repasser. Rien que de très normal, quoi.
Et pour la déco: un grand panneau de tissu à rayures qui planque la peinture qui s'écaille, un miroir, une carte de mon île au V******* en trois panneaux, un encadrement d'un petit morceau de tissage indien. Les affiches de deux expos (La Lucrèce de Véronèse est en pénitence, faut que je lui re-trouve une place), et quelques cartes postales et flyers de spectacles. Et un petit pastel de moi-que-j'ai-fait, pas terrible, mais j'y suis attachée. Ca fait du monde.
08 mai 2009
D'un malentendu
"Tu es hautaine, un peu."
"Tu es rayonnante."
"Tu es froide et objective."
"Tu es plus sage que moi."
"Tu es moins sage que moi."
"Tu es souvent extraordinaire."
"T'es folle !"
"Tu es tout le temps en train de ronchonner."
"T'es une belle dame."
Parfois, j'ai l'impression qu'il y a erreur sur la personne.
05 mai 2009
D'un vieux con.
Je sors du métro, à la bourre pour mon rendez-vous chez le dentiste, je monte les escaliers quatre à quatre, je dépasse un homme un peu âgé, vite vite, en retard, en retard..
.. quand j'entends derrière moi une voix qui marmonne, assez distinctement pour que je l'entende quand même: "Ah les filles, elles nous emmerdent..."
Alors, parce que j'étais en retard, et parce que je dois le respect à mes aînés, fussent-ils de vieux cons, et parce que je suis terriblement bien élevée avec les malotrus ordinaires, je ne me suis pas retournée pour lui dire "Oui, monsieur, vous avez raison, les filles, elles vous emmerdent.".
Mais c'est pas l'envie qui m'a manqué.
03 mai 2009
D'un matin
Ca surprendra sans doute une partie des gens qui me connaissent bien, mais j'aime bien le petit matin. Evidemment, la plupart des ptits matins, je les passe à dormir. Mais quand les jours rallongent, y a une certaine euphorie à être debout, ou éveillée, très tôt. A écouter les rues s'animer vers 5h, immobile dans mon lit, quand je suis à Paris. Ou à regarder les lumières d'été sur le jardin de mes parents.
D'ailleurs... se réveiller très tôt l'été et profiter de la fraicheur, sortir en chemise de nuit dans le jardin, mettre les pieds dans l'herbe fraîche,... c'est exactement le petit plaisir qui se présente à mon esprit quand j'évoque ce truc des petits matins.
Ce matin, et dans des circonstances pourtant bien différentes, je me suis assise sur un trottoir avec un garçon et une fille, à peu près au moment où le jour se levait. Et puis on a marché un petit moment dans les rues. Les pieds en charpie, un peu. Les yeux gonflés, un peu. Un peu frissonnants, un peu déshydratés, un peu affamés.
C'était chouette.




