Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

07 février 2010

   L'autre soir, de retour de mes deux jours de cours dans une autre ville, je suis arrivée devant ma porte vers 22h30, lourdement chargée comme d'habitude, assez crevée, comme d'habitude. Je compose le digicode... et la porte refuse de s'ouvrir. J'ai du merder, je le refais. Toujours rien. Une fois, deux fois, trois fois, dix fois. Faut se rendre à l'évidence, cette porte n'a aucune envie de me laisser passer.
   J'y crois pas, ils ont changé le code pendant le laps de temps où je suis partie! Je m'absente même pas 48 heures, et on chamboule tout dans mon dos! Je n'ai pas reçu de nouveau code, ça, j'en suis certaine. Si ça se trouve, il m'attend tranquillement dans la boite aux lettres, de l'autre côté de la porte.

  Pas la peine d'essayer de parlementer avec la porte, il n'y a même pas de serrure de secours, en cas de panne du bidule électronique. C'est pas tout ça, mais je suis cannée, j'ai mal au dos, et faim, bordel, je veux rentrer dans ma mézon. J'appelle mon proprio, tombe sur son répondeur qui dit "A partir de maintenant, il faut m'appeler sur un autre numéro, que voici...". Evidemment, j'ai pas de quoi noter sous la main, je raccroche, je farfouille, je trouve pas de stylo, je farfouille, le contenu de la poche avant de mon sac à dos se casse la gueule, mais putain y a pas de stylo dans ce bourdel??!!
   Je finis par mettre la main, en aveugle, sur un stabilo. Je prie pour que ce soit le rose et pas le jaune (oui parce qu'il fait nuit, je rappelle). Je me met en quête d'un papier, je trouve plus facilement, j'arrache un bout de feuille de mon calepin, et en route, je rappelle le proprio. Je note le nouveau numéro, je fais le nouveau numéro... Et je tombe sur le répondeur, qui me dit en substance que mon proprio gentil et choupinou mais un rien pas très disponible, quand même, il est pas joignable avant le 12 février, et envoyez lui donc un mail si c'est urgent.

  Mmmh. On the verge of a nervous breakdown, j'appelle mon papa, et lui demande de chercher sur internet le nom d'un quelconque quelqu'un qui habiterait dans l'immeuble pour que je puisse demander le numéro. Il raccroche, et je vais je me réfugier chez mon épicier algérien, qui est en train de papoter avec plein de coupains. Evidemment, je joue un peu les statues de la désolation, je me fais plaindre, c'est dé-li-cieux. Mais bon, j'ai quand même le dos tout niqué. Et pis mon papa me rappelle, me propose tout un chapelet de noms, je lui réponds un peu sèchement (désolée Papa-de-moi!) que de toute façon, je connais pas les noms de gens, donne moi juste un numéro, ça m'éneeeeeeerve d'être à la poorte. Je note, je raccroche. Et l'épicier me dit que si je veux, il connait quelqu'un dans l'immeuble, et qu'il peut l'appeler pour moi. Heureusement que quand les filles sont en détresses, elles peuvent se tourner vers leur papa et leur épicier ! (Imaginez si j'avais un papa épicier, le pied !).
   Bon alors voilà, j'ai fini par arriver à rentrer chez moi. Le code ne m'attendait pas dans la boite aux lettres. Si ça se trouve, il est dans celle de mon proprio, qui court la prétentaine à perpette-les-zalouettes.

   Je me demande un peu ce qui se serait passé s'il avait été trois heures du matin, que l'épicier ait été fermé, tout le monde au dodo, qu'il n'y ait plus eu de métro ni de bus pour aller me réfugier chez quiconque..

   Grmmbblll.

Posté par Mlle Moi à 10:37 - Commentaires [13] - Permalien [#]
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Commentaires

  • ça ferait une belle VDM, tiens.

    J'espère qu'en compensation, tu profites bien de ton lit douillet aujourd'hui!

    Posté par Crooke, 07 février 2010 à 10:43
  • En même temps si le papa et l'épicier sont deux personnes différentes, ça fait deux ressources au lieu d'une...

    Posté par Thomas, 07 février 2010 à 11:40
  • J'allais dire comme Thomas.
    + Tu sais j'habite à portée de à pied et j'ai un vague canapé (certes généralement très encombré mais le bazar ça se pousse).

    (bon en même temps au vu du billet j'ignore si tu accepterais l'aide d'une fille et même pas libraire )

    Posté par gilda, 07 février 2010 à 12:41
  • et pas même d'interphone pour sonner chez un voisin ? Ce n'est pas tout à fait au point tout ça !!!

    Posté par saperli, 07 février 2010 à 14:06
  • Parmi les drames qui accablent le mâle moderne, l'insuffisance chronique de demoiselles en détresse à trois heures du matin tient certes la pôle position. Tous les papas et les épiciers du monde rejoignent donc illico, sur ma liste rouge personnelle, les dom Juan rafle-tout, l'inventeur du numéro masqué, la maman poseuse de questions, et tous les possesseurs de canapé de sexe féminin.

    Posté par delest, 07 février 2010 à 18:43
  • Crooke: ben pas tellement, en fait..

    Thomas: ou alors il serait encore deux fois plus efficace?

    Gilda: Je note pour la prochaine fois

    Saperli: non, pas d'interphone, pas de clé. Pas de petit cailloux à jeter sur les fenêtres non plus...

    Delest: Envoie ton numéro, je t'appellerai la prochaine fois (avant d'aller dormir chez Gilda)

    Posté par Mlle Moi, 07 février 2010 à 21:15
  • Plus ça va et plus les habitations sont sécurisées : mon propre bloc d'habitation est un bunker, et il faut deux clefs et un digicode pour entrer chez moi. Rester bloqué à l'une de ces étapes est une réelle crainte, d'autant plus que je ne m'entends pas spécialement bien avec mon épicier du coin.
    M'enfin, hier je suis rentré, et c'est déjà ça.

    Posté par STV., 08 février 2010 à 09:43
  • Figure toi qu'en l'absence de mon Amoureux, j'ai vécu pendant 15 jours dans l'angoisse d'oublier mes clés dont cette, électronique, qui ouvre la porte de l'immeuble.

    Totale compassion, donc. Et vive l'épicier et ton papa !

    Posté par Anne, 08 février 2010 à 10:17
  • Ca donne envie de s'installer dans une yourte, tiens !

    Posté par Gothic inside, 09 février 2010 à 15:09
  • ... au fait, dans ce genre de cas, tu as notre téléphone , même si nous habitons un peu loin, il y aurait toujours moyen de se débrouiller pour te récupérer avant que tu ne sois dévorée par les loups ...

    Posté par Gothic inside, 09 février 2010 à 18:25
  • Liberté ou sécurité ?

    http://www.flickr.com/photos/roseruf/2369255232/

    Posté par Bob B., 10 février 2010 à 11:25
  • delest : des canapés de sexe féminin ? Tu peux pas te fournir chez *kéa comme tout le monde !?

    Posté par Gamacé, 11 février 2010 à 00:34
  • @ Gothic : Les loups ne dévorent pas les Mlle Elle, même en perdition, ils sont bien élevés eux. Tu devrais pourtant le savoir grogneugreu hein !
    @ Mlle Toi : Pareil que Gothic : Un coup de fil à 3 heures du mat (faut sonner longtemps hein !) et hop, je saute sur mon destrier à essence et en route le zéro. Ah mais ! (PS : Appelle plutôt Gothic avant quand même...)

    Posté par Martin-Lothar, 12 février 2010 à 19:57

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