Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

05 septembre 2005

Du Ph/Fantasme

    Comme punition pour avoir foutu le bazar dans ses commentaires, MarthinLothar m'a filé des devoirs: un texte sur le mot fantasme (ouais paske le bazar foutu concernait justement l'orthographe du mot, zavez qu'a aller voir . )

    Fantasme, ou Phantasme, du grec phantasma, fantôme, passé par le latin, phantasma, atis. Attesté chez Pline au sens de fantôme, spectre, être imaginaire.
  Ce qui est marrant, c'est qu'en latin, le mot apparait dans son sens actuel chez Saint Augustin. Lequel, avant d'écrire la Cité de Dieu et autres Confessions, était quand même un sacré paillard, qui devait plus en avoir tant que ça, des fantasmes non réalisés. Tout ça pour vous prouver que j'ai un Gaffiot, et aussi des dictionnaires étymologiques, et que je m'en sers.

    Comme je le disais dans un commentaire chez Le Loup, le mot a deux orthographes, ce qui est probablement dû (mais j'ai la flemme de vérifier) à des incertitudes orthographiques à l'époque où le mot est passé en latin populaire. Mais quand il y a des hésitations, comme ça, sur un mot, que le doute soit entériné ou pas par cette bande d'hurluberlus qui siègent à l'Académie Française,  c'est toujours marrant de se demander ce qui fait pencher la balance en faveur de l'une ou l'autre orthographe.
    C'est comme pour "Au temps pour moi", et "Autant pour moi"... Evidemment, moi, je penche pour la première, on est intello snob ou on ne l'est pas. Plus d'informations sur cette question, ici.

  Ouais donc tout ça pour dire que fantasme ou phantasme, il faut choisir. Par exemple, mon logiciel de traitement de texte, là, il ne reconnait pas "phantasme" comme correct. Remarquez, on s'en tape, pour ce que je l'écoute, de toute facon...
    La décision, à moins d'être orientée par une grille de mots-croisés (ca doit etre un plaisir, ces mots à géométrie variable, pour les cruciverbistes...) est sûrement influencée par plein de choses. Sans doute aussi par l'idée qu'on se fait de ce qu'est un fantasme. Evidemment, comme c'est un mot qui touche à l'inconscient, au non-dit, et tout le blabla, il est encore plus sujet aux délires.

    En général j'écris "Fantasme" avec un f, sans doute parce que c'est l'orthographe la plus courante, ou la première que j'ai rencontrée, j'en sais rien. Peut-être que si j'avais des fantasmes plus tordus, j'utiliserais l'orthographe à Ph. Ca a beau être la graphie d'origine, le "h" donne une impression, je sais pas.. plus contournée, j'imagine.

    " le phantasma s'imposa, dans le parler de l'Empire, sous la forme de fantauma, issu du grec ionien phantagma et du grec massaliote phantôma. Ce fantauma méridional se retrouvera, dès le XIIe siècle, dans le français fantosme, avec le sens de « vision d'une personne de l'autre monde » ou de « fantôme », puis d'« illusion » et de « rêverie ». Dans les langues romanes, l'italien et l'espagnol fantasma gardèrent très clairement ce double sens d'abord de spectre puis d'image mentale, tandis qu'en français les deux termes médiévaux fantosme et fantasie se maintinrent longtemps pour désigner, le premier, une vision extraordinaire, le second, le pouvoir d'imaginer." (source)

  Fantasme, même origine que fantôme, donc.. Dans certaines langues, d'ailleurs le sens de fantôme à été conservé. En anglais, c'est même encore plus compliqué, parce que selon l'orthographe, le sens change (notamment en psychanalyse, une histoire de degré de conscience, à ce que j'ai compris...).
    Et puis, y a Hamlet qui a trouvé la solution: il dissocie. Le Fantosme c'est le père adoré, et le Fantasme (en l'occurence un Oedipe bien tassé), il est du côté de la mère, et du meurtre de l'oncle, tout ca.
    Ouahahaha comme si on savait pas que détroner et tuer l'oncle-roi, c'est une grosse invention du moyen-âge pour camoufler et assouvir la tentation du meurtre du père.

    Moi "Phantasme" ca me fait penser à "Phasme". Apparemment, j'ai pas tort, puisque j'ai trouvé sur internet l'étymologie suivante: "Le nom "phasme" provient du grec phasma signifiant "apparition" ou "fantôme", caractérisant leur capacité à se confondre avec leur milieu (mimétisme par homotypie et par homochromie)". Pardi, le Phasme et le Phantasme, c'est la même bête. La preuve:

    Les phantasmes vivent principalement dans les régions chaudes et humides, se nourrissent uniquement de la personnalité dans lequels ils vivent et se déplacent principalement la nuit. Ce sont des animaux à exosquelette ( "la boîte crânienne")
    Pratiquement tous entrent en catalepsie s’ils sont dérangés, cet état de mort apparente peu durer plusieurs heures chez certaines espèces de phantasme.
    Chez les phantasmes, le dimorphisme sexuel est parfois si grand ( différence de taille ou de couleur et même d’aspect) que chez certaines espèces le mâle et la femelle ont longtemps été considérés comme deux espèces différentes.

    Bon, je crois que j'ai atteint la limite autorisée pour les conneries. je m'excuse auprès de l'auteur du site sur les phasmes pour avoir déformé ses textes, allez y faire un tour, c'est très complet, j'ai trouvé ca intéressant.

Posté par Mlle Moi à 19:10 - Culture - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 septembre 2005

Des mots qui, des fois, vous sautent dessus à l'improviste...

    Tu codas l'inertie d'un roc,
    la soif creusant lacustre glaise, tronc furieux,
    la constance du sort ligoté;

    nul cri.
    Sables où craintif, un astre cloue hors l'intact lac:
    souvenir

Georges Perec, La Clôture


En rangeant, je viens de retomber dans mon mémoire de Lettres, et du coup, évidemment, dans Perec. Je l'ai toujours dit, c'est dangereux, de ranger.

Posté par Mlle Moi à 21:40 - Culture - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 août 2005

De l'idole des jeunes (enfin, certains jeunes, ca dépend lesquels)

    Ok, j'ai enfin vu Charlie et la Chocolaterie. J'aime Tim Burton, j'adore Johnny Depp, et j'idolâtre Roald Dahl ..

  Mais quand même, ça m'a fait bizarre. Je veux dire, ca m'a plu, mais je sais pas si j'ai aimé. Bizarre, je vous dis. La cruauté de Roald Dahl multipliée par les obsessions particulières de Tim Burton, ca donne quand même un truc très très grincant. Chais pas si j'aurais emmené mes gosses le voir, personnellement. Enfin bon, je vous fais pas la critique, y a déjà beaucoup de choses qui ont été dites un peu partout (euh si je dis quand même un truc, Johnny Depp, c'est quand même quelqu'un :) )

    Bon, alors voilà, moi, je vais causer de Roald Dahl. Roald Dahl, c'est l'une de mes premières idoles (juste après Boumbo et Princesse Sarah, chronologiquement..). Depuis l'Enorme Crocodile (qui est resté chez mes parents, paske ca fait pas sérieux dans une bibliothèque de grande (bouuuuhouuu), au recueil de nouvelles Bizzarre, Bizzarre, il ne m'a jamais quittée. J'ai pas tout lu, loin de là, mais quand même. Le BGG, Matilda, Sacrées Sorcières, James et la grosse pêche, Charlie et la Chocolaterie, Charlie et le grand ascenseur de verre, Les deux gredins, Dani champion du monde, et surtout, l'un de mes préférés, La girafe, Pelly et Moi.

     Tout ca accompagné si possible des dessins mythiques de Quentin Blake, qui sont indissociables (en tout cas pour moi, et je crois pour beaucoup de gens) des textes de Dahl.
      Bon enfin tout ça pour dire que mon histoire d'amour avec Roald Dahl, c'est l'une des plus anciennes dans ma vie de lectrice, et c'est pas prêt de finir (y a des fois, j'aimerais avoir des enfants juste pour le plaisir de leur faire lire Roald Dahl.. desfois, seulement, hein :) ). Mais plus j'avance, plus je me rend compte d'une chose... Ce qu'il écrit, c'est super drôle, mais nom d'un chien, c'est terrible (au sens premier) ! C'est d'ailleurs pour ca que c'est génial et que ca passe aussi bien: il prend pas les gamins pour des crétins, aucune guimauve, et pas d'apitoiement non plus, sans que les mômes soient posés en super-héros, non plus. Ce qui n'est pas évident...

    Parce que je sais pas si vous voyez ce qui leur arrive, à ses gamins.. TOUS ces gamins... ils sont orphelins, maltraités, bouffés par des crocodiles ou des méchants géants (ou des petits vieux ubuesques), transformés en souris, et je cause même pas de la Chocolaterie, qui est un vrai festival sadique... Ok, ok, y a de l'espoir, un bon gros géant qui souffle des rêves avec une trompette dorée, une gentille et jolie institutrice compréhensive (ex enfant-martyre, elle aussi), des grands parents futés et bienveillants... Et le méchant crocodile s'en prend plein la gueule. Mais ca, c'est parce que quand même, il écrit des bouquins pour enfants. Si vous regardez les nouvelles pour adultes, il a un humour absolument cynique et glaçant, ce gars. J'ai pas lu les autobiographies, mais j'aimerais bien le faire. Je suis pas vraiment adepte de la lecture d'un texte à travers la biographie de son auteur. Mais là, quand même, je m'interroge...

    Parce que le clown triste, là, Willy Wonka, j'ai beau savoir que Tim Burton l'a chargé de tout plein de trucs à lui, et Depp sans doute aussi, il m'interpelle quand même sacrément... faudrait que je relise la Chocolaterie, parce que ca date, et du coup, j'ai du mal à faire la différence entre la partie roaldienne et le reste...

    Je suis troublée, troublée...

edit:
rhaaaaaaa mais c pas vrai,c a fait trois fois que je le corrige ce truc, je tape vraiment comme un veau. Désolée, les gens...

huhu à part ca je viens de découvrir les joies du rss, comment c'est beau la technologie...

Posté par Mlle Moi à 21:33 - Culture - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 août 2005

De l'architecture contemporaine.

    Mon vénéré père a coutume de dire qu'on devrait forcer les architectes à vivre quelques temps dans chacun des bâtiments qu'ils ont conçus. Vivre, je sais pas, mais utiliser, certainement.

    Régulièrement dans les pages de ce blog, j'évoque la BNF. La Bibliothèque Nationale de France. Plus précisément, le site François Mitterand (parce qu'il y en a d'autres...). Mais si vous savez, ce truc dont on a fait tout un tintouin il y a quelques années. Ce gigantesque complexe, avec ses quatre tours, avec une pseudo-forme de bouquins ouverts... Cette merveille du monde moderne et de la culture réunis... (si vous voulez une présentation plus précise, allez voir )

    Côté culture, c'est assez réussi, on peut pas dire. J'ai bien un certain nombre d'objections sur leur politique de rétention de la connaissance, mais enfin bon, j'ai pas à me plaindre, je fais partie des zheureux privilégiés à avoir accès au magasin.

    Bon, mais alors côté "monde moderne", je m'excuse, y a un os. Parce que c'est très zouli, très concept, et tout et tout... Mais c'est pas toujours très FONCTIONNEL.

    Prenez par exemple, leur zoulie esplanade, là. 60 000 m2 de zouli bois, et tout. Très class'. Mais quand il pleut, TRES glissante. Il y a bien des bandes anti-dérapantes, MAIS pas sur toutes les planches. Elles forment bien un chemin, MAIS ca rallonge le trajet de moitié (et quand il pleut, généralement, on a pas très envie de suivre le zouli labyrinthe pour arriver à bon port...).

    D'autant que bon, l'ensemble du complexe est prévu de telle façon que le trajet réel pour parvenir à l'une des entrées est facilement 4 fois plus long que celui à vol d'oiseau, vu que (et c'est pas de chance), l'entrée est nichée dans l'angle de la tour. (Toi aussi, ami lecteur, suis la parcours de la courageuse Mademoiselle Moi, en pointillé rouge sur le dessin...désolée, c'est un plan du haut de jardin, pas trouvé de plan de l'esplanade...).

planbnf

    Donc, déjà, entre arriver trempé comme une soupe et arriver avec une cheville cassée, faut choisir.

    Ensuite, une fois l'entrée atteinte, deuxième épreuve: le TRAVELATOR (en vert sur le dessin). Le cousin de TERMINATOR, vui vui vui, vous l'avez bien reconnu. C'est juste une rampe d'accès en pente. Parce que vous le savez peut-être (ou pas), la partie "bibliothèque" de la BNF est enterrée. La lumière se fait grace à un genre de grand Patio, d'une quinzaine de mètre de profondeur environ.
    Donc, le premier étage, le "Haut-de-Jardin", par lequel on accède à tout le reste, est en contrebas par rapport à l'esplanade. Vous suivez ?

    Donc notre petit étudiant, qui veut aller se culturer un coup, il doit emprunter le TRAVELATOR, qu'ils auraient mieux fait de nommer le TRAVEL-T'AS TORT (et en l'occurrence, il n'est pas du tout exclu que le tort tue bel et bien.) Déjà en temps normal, c'est assez casse-gueule, parce que l'angle est assez fort, donc à chaque pas vous avez l'impression d'être un éléphant. Et en plus, selon la nature de vos semelles, vous pouvez être un éléphant qui fait "squinch squinch", vu que le sol est recouvert d'un immonde truc caoutchouteux. Ils auraient pu mettre un tapis roulant, comme à la montée, mais non. Enfin bon, c'est pas grave, c'est désagréable, mais pas dangereux. SAUF...

    Sauf quand il pleut. Eeeeh oui, quand vous arrivez à cette étape du parcours, normalement vous avez déjà failli vous péter la margoulette au moins trois fois, et vous ressemblez à une serpillière mal essorée. Et là, on vous indique gentiment "Attention, par temps de pluie, le Travelator est TRES glissant. On vous conjure de faire gaffe". Les braves petits. Non, mais c'est vrai, c'est sympa de prévenir. Si j'étais vicieuse, je me casserai la gueule exeuhprès pour leur intenter un procès, non mais..

    Bon, donc, avec un peu de chance, vous arrivez en bas. Si vous méritez l'étiquette "chercheur" (ou si votre directeur de recherche a grogné suffisamment fort pour vous en faire bénéficier à tort, comme c'est mon cas), vous avez accès au Rez-de Jardin. Le lieu des délices, celui où on a (enfin) accès aux bouquins pour de vrai. S'ensuit une descente digne d'un silo nucléaire (qui serait enterré..). Douze mille bornes où on passe sa carte, quinze kilomètres d'escalators, et vingt minutes de marche à pied plus tard, vous vous installez à votre table. Là c'est vraiment pas mal, les architectes d'intérieur, eux, ils connaissent leur boulot. Si on est en hiver, pas de problème.

    Mais il arrive, parfois, dans une vie, que ce soit l'été. Et là, c'est la plaie. Pourquoi? Parce que.

    La BNF, c'est un grand rectangle, et la lumière, à l'intérieur, provient des grandes baies vitrées donnant sur le jardin (inaccessible au public, évidemment). Les salles de lecture sont disposées le long de chacune des deux grands allées qui longent les baies vitrées.

    De deux choses l'une, l'autre c'est le soleil. Prevert ne croyait pas si bien dire. Soit vous êtes du côté à l'ombre, soit du côté au soleil. Dans le premier cas, vous vous pelez le cul, paske la clim' est réglé de façon uniforme, et visiblement étalonnée sur le côté au soleil. Je vous raconte pas comment j'avais l'air con à me balader avec un pull autour de la taille, en juillet, quand il faisait 55°C, dans le métro.

    Dans l'autre cas, vous n'avez pas trop chaud, non, ça, ça va. En revanche, il vous est impossible d'utiliser votre ordinateur, et même lire un livre, ça relève du challenge, quand il fait vraiment beau, surtout s'il est assez neuf et que les pages sont bien blanches (mais là, je suis de mauvaise foi, parce que moi, je ne travaille que sur des bouquins jaunis ayant réchappé de l'incendie de la grande bibliothèque d'Alexandrie*.). Parce que ca brille. Remarquez, à pianoter sans rien y voir, hein, je perfectionne mon imitation de Ray Charles. Il me manque que le sourire béat.

    Là, je vous entends déjà, chers lecteurs. "Ouhlala, mais elle est jamais contente, celle-là, elle veut pas de pluie, elle veut pas de soleil,  gnagnanga"

    Et ben non, elle est jamais contente. Surtout qu'aujourd'hui, on a eu droit aux deux, because les giboulées (comme dans "j'i-les-boules") d'août (logique), et que, par chance, j'étais placée du côté soleil (c'est pas moi qui choisis, hein, c'est l'ordinateur).

    Ahah. La bonne blague.





* Je tiens à préciser (c'est juste au cas où un manque de second degré se ferait sentir quelque part dans l'assistance) que je suis au courant qu'à l'époque d'Alexandrie, les bouquins en tant que tels n'existaient pas. Merci de votre attention.

-----------------------
Les mots sur la musique:

"Be it downtown or way up in the air,
When your heart's pounding,
You know that I'm aware.

You make it easy to watch the world with love,
You make it easy to let the past be done,
You make it easy."

You make it easy, Air

Posté par Mlle Moi à 22:55 - Culture - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 août 2005

Du pays vert

    Alors voilà, maintenant, que je suis rentrée, hein, faut bien que je vous cause un peu de ce que j'ai fait et vu cette semaine, histoire de dégouter un peu ceux qui restaient, vous faire partager les merveilles de la verte Irlande.

  Je vais commencer par vous envoyer virtuellement la carte postale que je voulais vous envoyer de là-bas. Je l'ai pas fait, paske j'aurais du l'envoyer à ma moman, pour qu'elle puisse la mettre en ligne, l'aurait fallu lui filer mon mot de passe sur la carte, ce qui n'aurait pas été très malin, y aurait fallu le faire avant de partir, mais j'ai eu l'idée qu'une fois en Irlande, too baaaaaad... Pis de toute facon, vu la rapidité de la poste irlandaise, elle serait pas arrivée avant moi.. Et pis le double avantage, c'est que:

  1. Je peux écrire tout un roman, ca tiendra sur la carte postale virtuelle
  2. Vous n'aurez pas besoin de vous tuer les yeux à déchiffrer mes pattes de mouches (et encore c'est pas gentil pour les mouches), d'autant que les designer de cartes irlandaises ont aucun sens pratique. Ils éparpillent différents trucs tout le long des bords de la carte, et au milieu (du côté où traditionnellement, on écrit, me prenez pas pour une débile), y a un gros dessin, du coup, ca fait pas tout pas beau quand on essaye de faire rentrer l'ensemble de sa prose subversive et poétique, comme moi (toutes mes excuses aux destinataires de cartes postales pour les platitudes qu'elles transmettaient, à propos :) )

So, here it is...

irlande

euh.. Cette carte fait partie d'une série intitulée "Ireland, people & places", elle a été prise par Felix Zaska, et assez étrangement, bien qu'elle m'ait coûté 40 ct, elle appartient à John Hinde Ltd. Don't sue.

    Etant donné l'incommensurable qualité de mon scanner, et le choix assez peu avisé d'une carte avec un ciel rougeoyant, il va falloir me croire: l'Irlande, c'est pas une légende, c'est vert (entendons nous bien, les lignes vertes verticales, sont dues au scanner, pas à l'Irlande). Mis à part la mer, qui elle, est bleue (non sans rire), et les maisons qui sont multicolores (y compris vert, donc), la couleur de l'espoir et de la jalousie est PARTOUT. Avec des centaines de nuances. Même que certaines, je me serais pas doutée qu'elles existaient. Mettez ça en balance avec Paris, Valence, ou tout autre lieu où j'ai pu poser les pieds ces derniers mois (sauf peut-etre les Buttes Chaumont, et encore..dans le genre naturel, on fait mieux), et vous aurez une idée de la sensation de respiration que ca peut procurer. A propos, je tiens à faire une remarque importante: quand on débarque à Cherbourg, on sent instantanément l'odeur de poisson plus ou moins frais qui y règne, alors qu'en Irlande, non. Pourtant, c'est censé être la même mer (ouais enfin, c'est jamais la même, et panta rei, on le saura, depuis l'autre gugus, mais n'empêche).
  Donc du vert, des verts. Et par là-dessus, une sacrée lumière, mais bon, c'est pas étonnant, on était au bord de la mer, et pis c'est quand même moins pollué, donc la lumière est moins filtrée, blah blah woof woof.
    Une semaine de fraicheur visuelle et climatique également. Que c'est agréable. Bon évidemment, le climat irlandais, c'est l'incarnation (si j'ose dire) de la Loi de l'Emmerdement Maximal. J'enlève mon pull, l'unique nuage du ciel tout entier vient se coller devant le soleil. Je le remets, il s'éloigne. Idem avec les lunettes de soleil. Bon enfin c'est pas grave, parce que même quand il y avait du soleil on a jamais crevé de chaud. Pour vous dire, là, chez moi, il fait 27°.. ce qui est très convenable, quand on sait que je suis sous les toits, et que ca peut monter facilement à 37°. Et ben j'étouffe littéralement. Humpf. Je veux retourner en Irlandeuuuuhh.

    Alooors que je vous explique ousqu'on était.... (zavez interêt à cliquer sur l'image, pour mieux voir..)

leinstermap

  On est arrivés en Ferry à Rosslare (dans la pointe à l'extrême sud-est), et pis après, on a pris le car jusqu'à Waterford, qui était en fait la grande ville la plus proche de notre auberge de jeunesse.. celle où on devait aller tous les jours pour pouvoir prendre d'autres cars, vers d'autres villes. Puis, à partir de Waterford, 25 minutes de car jusqu'à Tramore. Tramore, c'est au bord de la mer, au sud de Waterford, entre Dunmore East et Burmahan. Vous y êtes ? Eh ben voilà, Tramore, c'est la grande station balnéaire du coin. Un plage de 5 kilomètre de long, une fête foraine permanente, plein de fish and chips. Le Grouick bon enfant par excellence. C'est pas particulièrement joli, mais c'est sympa. Il doit y avoir au moins une centaine de Guest Houses et B&B, quelques de pubs de moins, et le reste c'est des lotissements :). Les gens sont vraiment sympas avec les touristes (normal, ils en vivent, hein..), c'est cool.
    Bon, mais les choses vraiment intéressantes commencent à Waterford. Waterford, c'est la première base de peuplement viking en Irlande (A l'origine, c'était proabelement quelque chose comme "Waterfjord", à cause du croisement de deux rivières, qui formaient un genre de port très sur à l'intérieur des terres). Au départ c'était juste une étape où ils se ravitaillaient et à partir de laquelle ils organisaient des raids. Puis c'est devenu une zone de peuplement permanent. Bon évidemment, après les anglo-normands se sont pointés et les emmerdes ont commencé. Le musée de Waterford est vraiment très complet sur toutes les intrigues géo-politiques locales qui se sont noués depuis le 10° siècle. Je vous refais pas tout le topo, mais si vous êtes intéressés, allez faire un tour par ici, ca vous en donnera une assez bonne idée. Sur la première page de ce site, est évoquée la Reginald Tower. Son nom vient de Regnall, qui serait le viking ayant orchestré l'installation en Irlande. En fait, cette tour défensive est construite sur l'emplacement d'une tour de surveillance viking en bois. Elle date du 12° siècle (les Anglo-Normands, donc..), et c'est l'un des vestiges de ce type les mieux conservés en Irlande. Elle fait quoi... ptet 7-8 mètres de diamètre... sur 4 étages, dont deux d'origine.
    Et là, super bonne surprise. Pour un euro chacun, on a eu une visite juste pour nous deux, de 45 minutes (plus projection de film et visite perso, après...) (j'aurais jamais cru qu'on pouvait raconter autant de trucs sur un petit batiment comme ca), pas-sion-nant. Vraiment. J'ai appris un p***** de nombre de trucs que je connaissais pas. En particulier sur les techniques de construction d'un monument défensif. Pourtant j'en avais déjà vu, des morceaux de remparts, hein. Et ben, là, l'illumination. Le gars était super sympa, (déjà nous faire une visite alors qu'on était que deux, et qu'on aurait pu se contenter de lire les panneaux, pour ce prix), et il avait beaucoup d'humour. Bref, le genre de visite dont Mademoiselle Moi ressort béate.
    Bon, à part ça, Waterford est également (mondialement, paraît-il) connue pour sa cristallerie. Bon, moi, le cristal, j'y connais pas grand chose, et la plupart du temps, je trouve pas ca super beau. Mais là, y avait des créations modernes qui m'ont presque donné envie de devenir une parfaite maîtresse de maison richissime (enfin de me trouver un riche mari, paske bon, là, je suis mal barrée pour devenir riche par mes propres moyens..). On est passé dans les différentes zones de la cristallerie. Le soufflage c'est déjà assez impressionnant, mais bon, j'avais déjà vu du soufflage de verre, ca ressemble (en tout cas, du point de vue du néophyte..). Mais alors le gravage... les graveurs font tout à la main, sur leur machine qui tourne, avec de l'eau projetée en permanence sur l'ensemble. Ils ont pas de guide dessiné sur le cristal ou programmé dans la machine. C'est tout au jugé. Y compris pour les histoires de pression, parce que bon, faut quand meme pas passer à travers le cristal... Bon, évidemment, ils ont de l'expérience, c'est comme tout, c'est en cristallant qu'on devient cristalleron. N'empêche, quand on voit la finesse de certains ouvrages, ca impressionne.
    Tout ça, combiné au fait que Waterford, c'est plutôt sympa comme ville et qu'on s'y est un peu promenés, quand même, ca nous a déja occupés un peu.
   
    Ensuite y a Kilkenny. Je suis tombée amoureuse de cette ville. Les maisons sont toutes colorées (bon ailleurs aussi, mais là c'est particulièrement zouli), avec un vieux centre très intéréssant, plein de bâtiments et de monuments qui ont des histoires passionnantes (genre l'auberge la plus ancienne de la ville, ayant appartenue à la "sorcière" locale, dont les 4 maris avaient disparus mystérieusement :) ). C'est super dynamique, culturellement, apparemment y a plein de concerts, d'événements de toutes sortes. En arrivant en ville, on a commencé par la cathédrale St-Canice, que j'ai beaucoup aimée. Une belle charpente en bois, qui tranche sur un ensemble assez austère et majestueux. Plein de plaques et de tombeaux au sol (amis épigraphistes, vous y trouverez votre bonheur). En plus, y avait une pianiste qui répétait, visiblement pour un concert, et ca donnait une ambiance très particulière à la visite.   
  Ensuite on est redescendus, on a fait un détour par toutes les églises que j'avais repérées sur le plan (mon povre yann, il en avait ras-le-pompon, des églises...). La Black Abbey était pas mal aussi de l'extérieur, mais moins de charme que la cathédrale. Bref. On passe au chateau pour réserver pour une visite un peu plus tard, et on fonce à l'office du tourisme pour attraper la visite guidée de la ville. Bon, pas de chance, ca se passait pas comme indiqué dans le Routard. Mais la madame a été assez sympa pour nous montrer toutes les choses intéressantes à voir sur un plan. Du coup on a fait le parcours tout seuls comme des grands, dans tout les sens. Après, comme on était bien morts, on a été se poser dans le parc du chateau. Et puis visite, là encore très intéressante, avec une petite jeune fille fort sympathique, qui ne se contentait pas de réciter son speech, mais qui nous faisait part de ses opinions personnelles sur tel ou tel point litigieux de l'histoire locale. J'aime bien les visites stimulantes, comme ça.
  Bon sinon Cork, petite déception. C'est la capitale européenne de la culture en 2005, mais bon.. je sais pas, j'ai pas été emballée. Si, un musée du beurre qui était rigolo, et qui donnait finalement un assez bon aperçu de la vie économique du coin dans les 4-5 derniers siècles (en tout cas de la partie liée au commerce du beurre..). Mais bon, sinon, pas de quoi casser trois pattes à un corbeau (pask'en Irlande, y a plus de corbeaux que de canards..). Grande ville, pas énormément de charme. Et pas moyen de visiter les églises. Donc on était un peu dégoutés d'avoir fait 5H30 de bus (aller-retour) pour ça. On aurait mieux fait d'aller à Wexford, mais on s'en est rendu compte trop tard.
    Les interstices entre toutes ces visites ont consisté en ballades, attente de car et mangeage de sandwich sur des bancs :)
    Ah si, à noter quand même, une aprèm, on a fait une grande ballade dans les environs de Tramore, histoire de voir quand même autre chose que des paysages urbains, même sympas. Le long de la côte, les rochers, la mer, l'herbe, les collines. Plein d'air frais dans les poumons... Quelques troupeaux de vaches, deux ou trois chevaux. Pas de mouton, heureusement.

---------------------------
Les mots sur la musique:

"Où tu veux je t'emmène, Tu t'assois, je conduis, Je fais ma course au ciel" Taxi Bamako, Amadou et Mariam

Posté par Mlle Moi à 22:53 - Culture - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 août 2005

Du festival d'Avignon (2)

    Bon, je me mets un coup de pied aux fesses, sinon ce sera jamais fait. D'ailleurs ça vous intéresse ptet pas, mais bon.. je vais quand même pas laisser un "Du festival d'Avignon (1)" comme ça, esseulé. Ca servira pas à vous donner des idées pour cette année, puisque le festival est terminé, mais ce sera toujours ça à prendre pour l'an prochain. Souvent les compagnies reviennent, parfois avec les mêmes spectacles, parfois avec d'autres.

  Alors voila. Cette année, nous n'avons vu que deux spectacles de Commedia dell' arte. C'est pas faute d'avoir essayé d'en voir plus. Mais bon on a pas eu de chance. Soit on tombait le jour de relâche parce qu'on n'avait pas vérifié le programme, soit c'était complet depuis des siècles. Un conseil, pour les novices, le dimanche, réservez impérativement. Les avignonais sont de sortie, et ils comptent bien profiter du we pour voir quelques trucs. Pour certains spectacles, c'est limite l'empoignade.
    Donc, je disais: la commedia dell arte. Voilà un genre avec lequel on n'a encore jamais été déçues. L'un des tous premiers spectacle de ce type qu'on avait vu, il y a quatre ans, c'était une adaptation de Cyrano de Bergerac. Splendide. La compagnie en question n'était pas là cette année, mais on les as re-vus l'an dernier (ils adaptaient Hamlet) et ca vaut le détour. Donc l'an prochain, si vous voyez une affiche de la Compagnia dell' Improvviso, précipitez-vous. Cette année, on a vu une adaptation d'Ubu roi, et un spectacle titré Cendrillon s'en va-t-en guerre, et les deux m'ont enchantée. Difficile d'en rendre compte avec des mots, si vous ne connaissez pas du tout. Traditionnellement, ça fonctionne sur des principes très codés, des masques typés que le public reconnait d'une pièce sur l'autre. Les comédiens ont un canevas, et improvisent assez librement dessus. Les différents spectacles qu'on a vus partent souvent d'une histoire connue. Soit ils en font une adaptation assez fidèle, dans les interstices de laquelle viennent se glisser des moments farcesques improvisés; soit ils brodent à l'envi pour en faire quelque chose d'assez différent, souvent réactualisé (et généralement super bien vu), et toujours hilarant. C'est le cas du Cendrillon de cette année, ou du Roméo et Djamila d'il y a quelques années. Il y a toujours beaucoup d'interaction avec le public. Un conseil, évitez le premier rang et les places trop accessibles si vous voulez pas vous retrouver à faire des trucs bizzarres (genre qu'on vous pique une chaussure, qu'on vous embauche comme cheval, ou autres ..) Si ca ne vous fait pas peur, lancez-vous, vous procurerez au moins un fou-rire au reste du public :).
  A Avignon, un lieu privilégié existe, dédié à la commedia dell'arte: La cour du Barouf. Ils ont toujours des spectacles géniaux. Non franchement, à chaque fois, nous, on se demande pourquoi on s'embête (enfin, moi, de moins en moins, notez) avec des choix d'intellos, alors que ce genre de prestations nous procure une heure et quelque de bonheur intense, super raffraichissant, mieux que toutes les boissons-pas-bonnes-et-pleines-de-colorants-et-de-vitamine-Q, même quand elles sont light.
    Une compagnie qui fait des choses qui se rapprochent un peu de ça, c'est le Théatre du Kronope. L'an dernier, il jouaient Knock, de Jules Romains.Cette année, c'était le Bossu. Pour les masques et l'humour, c'est vraiment le même genre. Mais ils y ajoutent un énorme travail sur la conception du décor, et les jeux de lumière, c'est parfois un peu inquiétant, mais vraiment chouette. C'est une compagnie avignonaise.

    Aloooors qu'est ce qu'on a ensuite. Ah voui. Deux spectacles que je mets ensemble, même s'ils n'ont pas grand chose à voir, parce que ce sont deux textes courts adaptés au théâtre. Le premier, c'est l'Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler (adapté de Luis Sepulveda). Une seule comédienne, sur une scène quasi vide. Elle mime, elle raconte. Elle vole,  elle ronronne. C'est tout doux, pleins de petites trouvailles, sans esbrouffe. Une zoulie histoire. L'autre, c'est Novecento: pianiste (adapté de Barrico). Ce texte là, visiblement, il inspire, pasque 4 compagnies le jouaient, cette année. Nous, on a vu celui de la compagnie Le voyageur Debout. On avait adoré leur spectacle de l'an dernier (Les petites insomnies de Philomène), et on n'a pas été déçues. Je connaissais pas le texte, mais c'est splendide. Là encore, une seule comédienne, et juste une caisse pour décor. Pas vraiment les mots pour rendre les impressions. Une voix bien timbrée, des différences d'élocutions pour les différents personnages. Quelque chose de vraiment sensible. Ca aussi, j'ai adoré. D'ailleurs, en rentrant chez moi, le soir, dans mon bain, j'ai lu un autre texte de Barrico, Soie. Là je me suis dit que je suis une âne, paske ma maman ca fait des siècles qu'elle me dit "tu devrais lire Barrico", et je l'avais pas fait. Mieux vaut tard que jamais, mais quand même. Si ca vous passe sous les yeux, c'est tout court (le temps d'un bain ... :D ), et c'est magnifique.

    Bon ca fait suffisamment long, pour ce post. Il me reste encore quatre spectacles à vous raconter. Si ca vient pas assez vite, réclamez :)

--------------------------------
Les mots sur la musique:
"Un pas une pierre/Un chemin qui chemine/  Un reste de racine/C’est un peu solitaire/  C’est un éclat de verre/C’est la vie le soleil/  C’est la mort le sommeil/C’est un piège entr’ouvert" Les eaux de Mars, Atlantique

Posté par Mlle Moi à 20:53 - Culture - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 août 2005

De la lecture

    Uhuh... ma coupine Annelot m'a offert mon cado d'anniv aujourd'hui.. la pauvre, ca fait deux mois et des brouettes qu'on s'est pas vues, et ca fait à peu près autant qu'elle se le traine, a chaque rendez-vous raté. Et ca pèse.
  Pasque c'est une brique, comme je les aime. Une avec plein de pages dedans, et plein de mots sur les pages. Ca tombe bien, paske je manquais désespérement de quoi lire, depuis mon retour à Saint-Ouen. J'en étais à envisager de relire les Marion Zimmer Bradley portant sur le cycle du Graal. Vous savez, les Dames du Lac, tout ca. C'est dire ousque j'en suis du manque de trucs à lire. Mais comme je l'ai peut-être déjà dit (ou pas), j'ai une grande propension à lire et relire des trucs daubesques, pour le plaisir. Enfin de toute façon, avant MZB, y avait encore dans ma bibliothèque un Allende que j'avais pas relu depuis un moment. Sursis. Mes neurones l'ont échappée belle.

    Alors voilà, un gros bouquin de plus d'un millier de pages. Ca s'appelle La découverte du ciel, et c'est de Harry Mulisch. Elle a eu une bonne idée, parce que la littérature néerlandaise, à ma grande honte, je connais pas du tout. Pourtant, selon elle, il est considéré comme un des grands écrivains contemporains. Remarquez, je suis pas la seule à avoir des grosses lacunes, paske apparemment, quand elle l'a acheté, elle a cherché pendant des heures, avant de finir par le trouver ... au rayon scandinavie :D. C'est vrai que c'est au nord, remarquez, les Pays-Bas :)

  Ca me rappelle la fois où je cherchais des pièces de Terence. J'ai demandé à un monsieur en gilet vert, il a commencé à chercher dans le rayon anglo-saxon, en prononçant Terence à l'américaine. Nan nan, moi c'est Publius Terentius Afer que je cherche. Celui de l'Heautontimorumenos...
     Et encore, lui il était excusable, il existe certainement des écrivains américains nommés Terence. Le mieux c'est le jour où ma prof de latin d'hypokhâgne cherchait un Tite-Live, et que la libraire (c'était pas à la fnuc, ce coup-là, je crois), répète d'un air "chuis dans le coup", en tapotant sur son clavier "Alors. Taite-Laive..." :D
    Bon c'est pas beau de se moquer. Et si on m'avait causé d'Harry Mulisch avant ça, j'en aurais ptet fait un américain d'origine viennoise, donc ma gueule. Quelqu'un connait, au fait ? Au hasard, Tippie ? (T'es la seule néerlandophone à passer dans le coin, désolée hinhin :) ).  Ou d'autres ? Les avis m'intéressent...

    Alors voilà, maintenant, mon dilemme est le suivant. Est-ce que je me jette dessus maintenant, et dans ce cas-là, entre les petits-déj, les trajets en métro et surtout les moitiés de nuit-blanches (on appelle ca les nuit grises? ), je l'aurai probablement fini jeudi soir ou vendredi, et j'y gagnerai un état de fraicheur plus que problématique? Ou est-ce que je suis super sage, et je me le garde pour le voyage-aller en Irlande, id est les 4 heures de train et les 18h de ferry? Je suis rarement très sage, quand il s'agit de lire.
  On a régulièrement la même discussion avec Amarante. Elle préfère savourer, économiser. J'en suis incapable. Je suis boulimique. Et comme de toute facon, j'ai besoin de lire au moins deux fois la plupart des livres pour qu'il m'en reste un souvenir précis, quelques mois plus tard, j'ai le plaisir de me jeter plusieurs fois dessus, de la même façon.
    Je fonctionne pas tellement aux grands mouvements passionnels dans la vie. Ca me fatigue. Mais avec les bouquins, j'ai aucune retenue. C'est de l'avidité primaire. C'est complètement régressif. Comme un môme avec le sein de sa mère. Comme le clebs qui a peur qu'on lui enlève sa gamelle. Remarquez, ma mère n'est pas un livre (de toute facon, j'ai été nourrie au biberon :) ). Et on m'a jamais enlevé un bouquin des mains (rhaaaaaaa la torture), sauf peut-être justement, au moment des repas.

    C'est grave, docteur? Bon, je crois que je vais aller au dodo avec La maison aux esprits, et je vais essayer de garder le Mulish pour l'Irlande. On verra bien si je craque.

-----------------
Les mots sur la musique:
"Une bibliothèque
c'est lourd à porter
sur le dos j'entends
car dans la tête
les artifices fleurissent
poussent à l'allure
du chiendent
c'est comme ça
qu'on glisse
sur une effluve
de printemps"

Bibliothèque II, Têtes Raides

Posté par Mlle Moi à 01:03 - Culture - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 août 2005

De Tim Burton

    Et ben non, je ne viens pas vous faire une critique de Charlie et la Chocolaterie, je l'ai toujours pas vu.
  Non, non, je viens seulement exprimer mes vives protestations à propos d'un truc que je viens de lire dans un numéro de Sortir-Obs:

    "Tim Burton fabrique des obsessions étonnantes. Sa vision de "Batman" fut jugée géniale par certains, agaçante par d'autres: la vérité, c'est qu'il voulait transformer le Vengeur ailé en créature de Baudelaire, et que Batman ne s'y prêtait pas tellement. Il y a du romantique allemand chez Tim Burton: il s'imagine, la nuit, campé sur un rocher, la main sur la hanche et la cape au vent, face à la Lune et au Rhin"

  Bon, moi j'ai jamais lu les comics de Batman, et faut bien admettre que faisant partie d'un des deux groupes de gens sus-cités, je suis pas objective. Mais dire que Batman ne se prêtait pas à la vision que Tim Burton en a, faut pas exagérer. Nom d'un chien, mais Batman, c'est le héros romantique (au sens non-galvaudé du terme) par excellence. C'est le plus humain de tous, il est empli de lui même, il est nostalgique. Il se retrouve tout seul face à une civilisation qui échappe à l'humanité et à l'humanisme, et il la voit à a travers le filtre de l'imagination.
    Je suis pas très sensible au romantisme, en général. D'ailleurs dans Batman, et chez Tim Burton globalement, le romantisme le cède toujours en partie au gothique (au sens littéraire, là encore...). Ce côté complètement décadent et fin de siècle, c'est assez terrible. C'est là, peut-être, que Baudelaire est un peu en vue.
    Y a qu'à voir. Le dernier Batman, il était pas mal, pour un film d'action. Mais bon, sans cette touche gothique, il reste que le romantisme. Et ca se rapproche davantage de Chateaubriand, les cheveux dans le vent (enfin en l'occurence, c'est plutôt les zoreilles de chauve-souris que les cheveux. De toute facon, si la souris est chauve, pour les cheveux c'est vite vu.) que du romantisme allemand.

               chateaubriand2                                                             

       


François-René, vicomte de Chateaubriand, méditant sur les
  ruines de Rome devant une vue du Colisée
, par Anne-Louis
Girodet De Roussy-Trioson.

 

 

.

batmanromantique1






Batman méditant sur la ruine de Gotham :p





.

    Sans compter les phrases grandiloquentes et attendues, genre le "You'll never have to" (de tête) de la fin. Vous me direz, ca va avec le genre. OK, mais Tim Burton, il en a pas eu besoin, ptet tout simplement parce que ses "Batman" ne se contentent pas d'être des illustrations de tel ou tel genre.
  On peut aimer ou pas. Mais qu'on vienne pas dire que Batman ne se prêtait "pas tellement" à ce genre de vision. J'en vois pas d'autre qui s'y prêterait mieux, et je ne vois pas qui, pour l'instant a fait mieux dans son interprêtation de Batman. Mais, encore une fois, j'ai pas lu les comics, et j'ai peut-être une vue totalement biaisée par Tim Burton, justement.
    N'empêche.

Posté par Mlle Moi à 12:07 - Culture - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 juillet 2005

De la réjouissance des yeux (à venir)

    Ouuuuh didonc-didonc, j'ai sous les zyeux le programme du Louvre pour 2005-2006...Rien que pour les expos, y a déjà de quoi me faire trépigner sur ma chaise...

    -Deux expos liéés aux élèves de David, dont l'une sur des dessins préparatoires;
    -une expo sur les arts graphiques sous Louis XVI
  -une qui s'intitule "Bijoux de l'Italie antique" (là je sens que je vais recevoir la visite des coupines :D heureusement, ca s'étale du 21 octobre jusqu'au 16 janvier)
    -une rétrospective consacrée à Ingres (plus une autre, au musée Delacroix, intitulée "Entre Ingres et Delacroix")
    -Une expo d'objets d'arts islamiques intitulée "de Cordoue à Samarcande" (rhhoooooooo)
    -une qui s'appelle "Le Paradis de Tintoret", et qui a l'air consacrée aux différentes oeuvres présentées aux "deux concours organisés par la Seigneurie de Venise, vers 1580 et 1588, pour remplacer la grande fresque de la salle du Grand Conseil dans le palais des Doges endommagée par un incendie", et pour laquelle ils annoncent des esquisses et des dessins de "tous les peintres majeurs travaillant à vense à cette époque", Zuccaro, Tintoret, Véronese, Bassano, Palma le Jeune (plus une présentation de dessins vénitiens de la deuxième moitié du XVI° )
    -Et une expo sur Hubert Robert, que j'irai probablement voir, paske j'avais bien aimé l'expo de ses dessins à Valence, il y a quelques années.

  Bon y en a d'autres, mais ça c'est celles qui me font carrément remuer le bout du nez (et le reste avec...). J'attends avec impatience la liste des ateliers du Louvre pour le premier semestre. L'an dernier, je l'ai réalisé trop tard, mais y en avait plein qui semblaient passionnants. J'espère que l'initiation au cunéiforme existera encore cette année.

    Chdoing Chdoing. Mademoiselle Moi a tendance à se transformer en Tigrou quand elle entrevoit ce genre de perspectives. Et elle ne s'est même pas encore occupée du théâtre ou des cours au Collège de France, ou... ieurk... faut que je me calme, sinon mon pauvre cerveau inutilisé depuis trop longtemps va disjoncter. Surcharge de stimulation intellectuelle (et encore, c'est juste potentiel, là...)
   
    Et pis tout ca, ce sera quand je l'aurai mérité, et que j'aurai bien travaillé :(

-------------------------
Les mots sur la musique: "Demain c'est la terre promise/ Demain c'est là le paradis/ Demain en demain s'éternise/ Demain fuit qui le poursuit/Demain c'est la terre promise/ Demain c'est là le paradis/ Demain en demain s'éternise/ Demain décourage aujourd'hui" Demain, Demain, Fabulous Trobadors

Posté par Mlle Moi à 21:22 - Culture - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 juillet 2005

Du festival d'Avignon (1)

    Alors voilà, je suis de retour chez moi. J'ai retrouvé avec délices le métro moite et surpeuplé, les quatre étages de mon immeubles, mon frigo vide, les djeuns enthousiastes (pour ne pas dire bruyants :) ) du trottoir en face, ma connexion haut-débit-qui-marche. Bref, chuis rentrée à ma maison.

    Et là j'avais promis de raconter Avignon. Sauf qu'évidemment, c'est pas si évident. D'abord pask'avec Amarante, on a vu une bonne douzaine de pièces. C'est jamais évident de raconter un spectacle (enfin moi je trouve jamais ça facile, en tout cas), alors douze, vous voyez le tableau. Alors ça viendra en vrac, ce ne sera certainement pas exhaustif, et ça remplacera pas l'expérience. Voilà, vous êtes prévenus.

    D'abord je me rends compte que j'ai du oublier de préciser un truc important. Le festival d'Avignon qu'on a fait, c'est le Off, bien sur. Pas le In. On a beau être d'affreuses snobs, 1) on est pas riches, et 2) le concept pour le concept, ça nous rase. Surtout que d'après les critiques que j'ai lues, cette année, ils faisaient très fort, au In.
    Donc, pas de ce pain là pour nous. Nous ce qu'on aime, ce sont les spectacles qui nous font rire aux larmes, ceux dont le texte et les acteurs nous parlent. Zoulies histoires ou histoires terribles, mais faut que ça nous parle.
    Un seul spectacle nous a un peu décues: une pièce qui s'appelait "Roxane de Bergerac", un genre de revisitation de la pièce de Rostand, qui en intercalait les passages-clés, dans un monologue de Roxane 15 ans plus tard. Les morceaux de Rostand étaient bien joués, mais alors le reste (écrit par la dame qui jouait Roxane, elle même), c'était pas terrible. D'abord c'était des mauvais vers, très limite sur le plan de la syntaxe, avec parfois des contresens sur l'histoire. Ensuite c'était dit avec des grands trémolos dans la voix, et une césure à la fin de chaque alexandrin, complètement artificiel. Quand on arrive à la fin de la phrase, on a oublié le début. C'est le tout premier spectacle qu'on a vu en arrivant, heureusement, on s'est rattrapées ensuite.
    Dans l'ensemble le reste nous a plu. Bon, l'un des spectacles, intitulé "Shakespeare le défi" était assez.. comment dire... déstabilisant et un peu bourrin (la poupée gonflable qui explose après avoir joué dans Titus Andonicus, par exemple). Mais drôle. Chuis pas sûre qu'Amarante ait énormément aimé, faudra qu'elle vienne dire elle-même ce qu'elle en pense, mais moi j'ai pris un certain nombre de fous-rires. Tout en étant intérieurement un peu horrifiée quand même. Pauvre William :D. Le clou du spectacle à quand même été le moment où les lumières se sont éteintes et où ils ont aspergé la salle au tuyau d'arrosage. J'ai pris le jet en plein dans la gueule, un vrai plaisir :). Tout ca sous prétexte que la salle avait pas assez la trouille quand on lui montrait les horreurs de certaines pièces. C'est leur faute aussi, z'auraient pu choisir certains passages de Titus Andronicus, ou bien l'aveuglement de Gloucester dans le Roi Lear. Z'ont été trop soft.
    On a vu un seul "vrai" Shakespeare, La Tempête. Vraiment pas mal, mis à part que Prospero bafouillait de temps à autre, ce qui cassait un peu la majesté du personnage. Mais sinon, une mise en scène vraiment intéressante, de bons comédiens et puis une conception de décor maligne.. paske c'est pas évident de jouer cette pièce et les élements magiques qui s'y trouvent sans avoir l'air plouc ou carton-pâte. Et pis cette pièce, c'est tout une histoire. Ni Amarante ni moi on ne l'avait jamais vue sur scène. L'an dernier on a failli la voir ( à Avignon, justement, le dernier soir de notre séjour), en anglais. Mais on a crevé un pneu (encore un truc qu'il faudra que je vous raconte, à l'occasion), et on a pas pu y aller. En revanche, on avait vue en hypokhâgne, la version de la BBC. Kitchissime comme toutes les adaptations BBC de Shakespeare dans les années 80. Avec un Ariel entièrement peint en doré, quasi nu,et franchement effeminé. Je vous assure que son "D'you loooove me Maaaaaaaaaster" retentit encore régulièrement, pas loin de cinq ans plus tard, dans les conversations de certaines vieilles filles :)
    Bref j'étais bien contente de la voir enfin sur scène. Enfin j'aurais préféré la voir en anglais, mais faut s'asseoir sur son snobisme, et ne pas bouder son plaisir :)

    Voilà, ... la suite au prochain épisode (faut encore que je parle de la Commedia dell'arte, d'adaptations de très beaux textes courts, de spectacles musicaux, et de Demodocos. Gros programme :D )
------------------
Les mots sur la musique: "J'ai pensé Il faudrait/Traîner quelque temps chez Gibert" Veruca Salt et Fanck Black, Vincent Delerm. (deux remarques sur cette citation: j'ai plus rien à lire, et j'ai toujours pas vu Charlie et la Chocolaterie. Damn.)

Posté par Mlle Moi à 21:23 - Culture - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



« Page précédente  1  2  3  4   Page suivante »