07 juillet 2005
De la nocturne du Louvre (entre autres)
Contrastes des portraits (surtout les plus anciens..), assez naifs, et des scènes mythologiques et allégories, fourmillant de détails minuscules. Comme au début de l'année, à l'expo "Véronèse profane", je suis sidérée par l'énonomie de moyens de ces dessins, y compris ceux qui recréent un véritable monde sur un espace de 15x10 cm... Le travail en rehauts, l'utilisation du lavis, tout à fait minimalistes, et qui témoignent d'un "oeil" surdoué (enfin pas chez tous les dessinateurs présentés, quand même). Et puis ces dessins sur papiers bleus, avec juste des lavis bruns et des rehauts à la craie blanche, une atmosphère très particulière qu'on retrouve au fil des périodes, malgré les différences stylistiques. Même les études ont une efficacité qui me tue...
Après ça, évidemment, Mademoiselle Moi est un peu décue de son propre dessin d'une des scuptures romaines. Et proclame haut et fort que dessiner des monsieurs tout nus, c'est vachement plus facile que des madames en toges. Rien de graveleux hein... Juste plus de structure musculaire apparente, moins d'arrondis trompeurs, et surtout, MOINS DE PLIS...
Nom d'un chien, le drapé, c'est hor-rible quand on est pas patient (et qu'on a tellement faim qu'on est obligé d'abandonner le dessin en cours de route pour rentrer se faire une raclette :D )
A part ça, j'aime toujours autant l'atmosphère des nocturnes. C'est quand même vachement plus drôle quand c'est pas surpeuplé, et qu'il y a des gens assis par terre dans tous les coins pour dessiner. Chais pas... bizarrement, c'est à la fois plus confidentiel, et très animé. Mais pas la même animation pesante qu'en journée. Pas de troupeaux de japonais fonçant au pas de course derrière leur guide à parapluie (itinéraire Vénus de Milo-Victoire de Samothrace- Joconde), ni de hordes de gamins. Remarquez que j'ai rien, ni contre les japonais, ni contre les mômes. Mais faut admettre que passer deux heures au Louvre au département égypto (ou sur le chemin précédemment évoqué, dans le cas des japonais), ca relève rapidement du parcours du combattant. Tout ca pour dire que je préfère la nocturne, quand on est pas obligé de faire la queue pour voir les oeuvres ou objets qu'on est venu voir.
En fait, j'ai découvert en cours d'année qu'il y a un nombre phénoménal de trucs passionnants à faire au Louvre. Plein d'ateliers (de l'écriture cunéiforme à la technique de la fresque), de conférences, et tout et tout... Faudrait que je me fasse un programme d'ateliers pour l'an prochain...(pleins de trucs inutiles pour agrandir ma collec', pensez donc, j'en salive d'avance... :D)
Voilà, sinon, pour le reste de ma journée, ai vu Jim (ex-chéri, ex-québécois et futur toulousain, à ce que j'ai cru comprendre... cool, on pourra ptet se voir plus souvent que ces dernières années...), dans le 10° arrondissement. Le dixième, je connaissais pas, et les coins où on a été, c'était un peu triste (d'autant plus triste qu'on avait tous les deux mal aux pieds because chaussures inconfortables). Enfin on a quand même fait les touristes ameliepoulainesques sur le canal Saint-Martin, et aidé un vieux chinois qui voulait introduire ses pièces dans une cabine téléphonique à carte (oui paske Jim, il est chinois, d'origine, ce qui est quand même vachement pratique dans ce genre de situation, même s'il comprenait pas la moitié de ce que l'autre racontait...). J'ai joué les gentilles parisiennes bien informées (paske Jim, il est chinois ET débrouillard, mais il connait pas les cabines françaises ahah), et on a été lui acheter une carte de téléphone, et après je lui ai fait le numéro (voulait appeler l'Italie... le cosmopolitisme, ca pose des problèmes limite insurmontables, desfois.). Je profite de mes cinq minutes d'audience sur la blogosphère pour m'excuser encore auprès de la madame du tabac qu'on a presque réussi à faire tourner chèvre (promis, la prochaine fois, on se surpassera :D )
Un peu travaillé, quand même, mais pas très longtemps, donc bof bof pour today.. enfin demain, back to the library.
Sur ce, bonne nuit les gens, je vais me coucher... (pour changer)
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Les mots sur la musique: "Thierry le chasseur a eu une grosse hallu puisqu'il est con...
...vaincu d'avoir vu
Une belette coller un pain à un tout petit lapin, il est con...
...trarié d'avoir pas pu
Sortir son fusil pour s' payer une grosse boucherie puisqu'il est con...
...voqué au commando
Spécial de son parti pour aller j'ter des oeufs pourris sur les con...
...gressistes écolos !"
Thierry et Poupine, Les Wriggles
(les mots sur la musique d'aujourd'hui n'ont strictement rien à voir. C'est juste que cette chanson est un chef d'oeuvre immortel en puissance)
12 juin 2005
Du grand Will
Je voulais profiter de cet espace pour faire une déclaration d'amûr. Alors, voilà.
Will, je t'aiiimeeuh.
Je m'adresse là à l'un des anglais les plus illustres au monde. Si ce
n'est LE plus illustre. En tout cas celui qui à mes yeux, mériterait de
l'être. J'espère que vous aurez compris qu'il ne s'agit pas du prince
William (dont je viens d'apprendre qu'il avait réussi sa maîtrise de
géo avec mention bien, le brave petit...).
Non non, celui qui fait
battre mon coeur (ce qui, incidemment envoie une dose massive et
bienvenue de sang à mon cerveau légèrement asphysxié en ce moment...),
c'est William Shakespeare. Celui-là même à qui je rends hommage dans le
titre de mon petit blog de rien du tout. Il s'en fiche, me direz-vous,
mais eh, on fait ce qu'on peut avec les moyens du bord.
Ai été voir Julius Caesar, hier, au théatre de Chaillot. C'était vraiment pas mal. Mise en scène réussie dans l'ensemble, acteurs excellents. Pour une pitite critique de la mise en scène de votre serviteuse, faites donc un tour sur le forum de mon site, juste ici.
Bon, évidemment ce n'est pas une des meilleures pièces de
Shakespeare. Elle est assez inégale. Les trois premiers actes sont très
beaux, contiennent des morceaux de bravoure, rhétoriques et
esthétiques. Une vraie et nécessaire réflexion sur la notion de patrie,
celle d'ambition, sur les dangers du pouvoir non partagé, etc...
Je me souviens que pendant la harangue d'Antoine devant le peuple ("For Brutus is an honorable man"),
je me suis dit que si on devait donner 33 coups de couteaux à tous les
ambitieux du monde politique actuel, le monde ressemblerait au rayon
passoire du BHV le plus proche.
Et puis bon, la seconde partie est moins forte. Elle ne s'occupe que de la résolution du conflit macroscopique crée par les conjurés, et donc de la vengeance de la mort de César par le destin (à défauts d'une réelle évocation des dieux). Mais surtout, cette deuxième partie, elle manque de mots. Elle manque de chair. J'ai eu plus l'impression d'entendre une traduction des textes latins traitant de la bataille de Philippes que les mots de Shakespeare. Nom d'un chien, il le dit lui-même, par la bouche de Brutus:
"Good words are better than bad strokes"
Je crois que ca m'embête un peu d'avouer que toute une partie d'une
pièce de Shakespeare peut être un peu faible. Je veux dire, si on prend
cette voie, où va le monde ? :D
En même temps, je sais comment les
défauts d'une pièce comme celle-là sont résolus dans des pièces plus
tardives, qui reprennent, avec plus de densité, plus de forces, moins
de dispersement, ce qui pêche dans celle-ci.
Et puis, quand même... je me demande si je ne suis pas un peu ( un tout petit peu) satisfaite de me dire que je ne suis pas la seule à avoir du mal à finir ce que j'ai commencé, à tirer à la ligne, à sacrifier des choses de la fin, parce que ce qui m'intéressait le plus, c'était la mise en place du projet, la découverte. J'imagine le grand Will (qui était encore assez petit à l'époque), assis devant sa table, la tête entre les mains, à se dire "comment je vais bien pouvoir boucler ça?"...
The rest should be silence. Et il apprendra à maîtriser ce que les séries-ologues de nos jours appellent le cliffhanger.
Ce silence final dans lequel ses mots trouvent si bien leur écho.



