Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

14 mai 2008

D'une -légère- appréhension

    Bon.
    Dans une heure, j'appelle l'autre bout de la planète pour savoir si, oui ou non, je repars cet été.
    Flip, flip, flip.

    Et après, je saute partout. Ou je chiale. Ou je flippe encore, c'est une option.

    Beuh.


Edit à minuit et demi
: Bon. C'est pas encore tout à fait sur, mais apparemment, j'ai plus de raisons de sauter partout que de chialer!

Yeeeeeeeeeeehaaaaaaaaaaaa!

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15 février 2008

D'un écho.

    Il y a un tout petit peu moins d'un an, la veille de mon départ pour presque-les-antipodes, c'est lui que j'ai eu au téléphone en dernier. J'étais super enrhumée, nez qui coule, pauses-mouchoirs intempestives toutes les quinze secondes, j'avais une voix de corbeau, et comme une chanson de Perret dans la tête. Il s'est grave foutu de ma gueule tout le long. Je crois bien que c'était une des premières fois, si ce n'est la première, qu'on s'appellait.

"Prenez ma nouvelle adresse, je vis dans le vent sucré des îles nacrées..."

    Ce soir, à la veille de son départ pour les antipodes, je l'ai eu au bout du fil, juste avant qu'il aille se coucher. On était tous les deux enrhumés. Et, moi, en tout cas, j'avais les yeux et le nez qui piquaient un peu, et comme une chanson de Manset dans la tête. Aucun des deux ne s'est vraiment foutu de la gueule de l'autre. Même si on a admis qu'on avait l'air un peu ridicules, à s'écouter respirer en silence :)

"Il voyage en solitaire..."

    Je suis vraiment contente pour lui, et je ne crois pas que son départ soit vraiment une raison de m'attrister outre-mesure.

    Mais quand même, il va me manquer, mon atypique.

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02 septembre 2007

Des réactions en chaîne...

    Hier après-midi, je me suis remise à bosser sur mes enregistrements...

    Hier soir, j'ai arpenté mon chez-moi en sautillant au son du Stringband de N****

  Ce matin, je me suis levée avec une envie de kava. C'est la première fois que ca m'arrive. Non seulement d'avoir envie de boire du kava le matin (quelle idée..), mais même d'avoir envie de kava tout court. Après tout, bien que les effets soient agréables, ca pue et ca a un goût terreux.

    J'attends avec impatience que des mots de bislama ou de sungwa dia viennent se glisser dans ma bouche et brouiller un peu plus mon élocution déjà légèrement laborieuse.
    J'attends avec inquiétude que me prenne l'envie d'aller me balader pieds nus et en robe mission dans le métro.

    Je crois bien que j'irai m'acheter une noix de coco en passant dans le quartier chinois mardi, tiens...


(Argh, ca y est, je viens de me rappeller ce que j'ai perdu d'important quand mon disque dur externe s'est écrasé au sol il y a une semaine. Toutes les vidéos que j'avais faites là-bas. Je suis une triple buse doublée d'une sombre idiote.)

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20 juin 2007

Du martin-pêcheur et du crabe de cocotier

    Histoire du martin-pêcheur et du crabe de Cocotier

(traduction approximative et faite un peu à l'arrache, paske desfois, les tournures narratives du Sung*wadia, c'est un peu lourdingue (version audio originale))

    Il était une fois un martin-pêcheur, perché en haut d'un arbre, au petit matin. Il aperçut, sur le sol, un crabe de cocotier, marchant en arrière. Il le regarda pendant un moment, puis lui dit:
-"Les hommes et toutes les créatures du monde marchent vers l'avant, dans la direction où est tournée leur tête. Toi, tu marches de travers, et très lentement, qui plus est."
    Et de se foutre joyeusement de sa gueule.

-"Toi, tu marches comme ça (j'imagine qu'il doit mimer, là ), tu ne peux pas aller vite."
Le crabe, levant la tête vers lui, lui dit
-"Tu penses que je ne sais pas marcher vite? Si nous faisions la course, je te vaincrais".
-" Non, tu ne gagnerais pas."
-"Ok, choisissons une date, faisons l'essai, on verra bien qui gagnera."

  Ils décident donc d'un jour, et le martin-pêcheur rentre chez lui, va pêcher son dîner, tout ca tout ca. Pendant ce temps, le crabe de cocotier n'alla pas se coucher, bien au contraire. Il travailla. Il alla voir quelques crabes de cocotier de ses amis, et leur dit "Ce matin, le martin-pêcheur s'est fichu de notre carapace, et tous ensemble, on va lui mettre sa pâtée." Chacun d'entre nous ira se poster à l'une des pointes de la côte. Le premier à celle-ci, le second un peu plus loin, etc....
Le jour de la course, nous nous mesurerons tous ensemble au martin-pêcheur, qui sera, lui, tout seul dans la course."

  Le jour fixé pour la course arriva. Quand le martin-pêcheur descendit de son arbre, il vit le crabe de cocotier sur la plage, au même endroit, ce qui le surprit beaucoup. "Eh, crabe, grouille toi, je t'attends depuis un moment ! Dès que tu es prêt, on peut commencer la course.". L'autre lui dit "D'accord." Ils comptèrent jusqu'à trois, et le martin-pêcheur s'envola. Le crabe de cocotier se dandina de travers jusqu'à son trou, où il s'arrêta et se relaxa avec un petit cocktail à la noix de coco.

    Le martin-pêcheur, vola, vola, jusqu'à atteindre la première pointe. Il cria "Crabe?!". Et le crabe lui répondit "Wou!" (ouais, les personnages des histoires, ils sont tout le temps en train de crier "Wou! Ouu! Ae!". En fait, c'est le genre de réponse qu'on attend quand on appelle quelqu'un, et pas seulement dans les histoires).
    Le piaf continua donc de voler (vu qu'il n'avait pas réussi à distancer son adversaire), jusqu'à la pointe suivante, et appela à nouveau le crabe, qui répondit "Wou!". Il commençait à être vraiment surpris. "Ow! Le crabe disait vrai, il est capable de se bouger la carapace". Et il continua de voler, voler de toutes ses ailes jusqu'à la pointe suivante. Une fois qu'il l'eut atteinte, il appella à nouveau "Eh, crabe!". Et le crabe répondit "Ow!".
    Et ils continuèrent ainsi, longtemps, très longtemps. Jusqu'à ce que le martin-pêcheur se sente faiblir, et commence à perdre de l'altitude, jusqu'à tomber sur la plage, raide mort.
    Et tous les petits crabes de cocotier s'en vinrent, et le boulottèrent gaiement.


  Et ca, c'est la morale de l'histoire. Fais pas la course avec des crabes, c'est rien que des sournois, et tu finiras dans leur estomac.

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15 juin 2007

    Y a les cicatrices sur les jambes, mais c'est pas grave, tu te mets jamais en jupe.

    Y a les aiguilles dans les doigts au contact du froid, mais c'est pas grave, les terminaisons nerveuses, ça se reconstitue.

    Y a les bananes qui ont pas de goût, mais c'est pas grave, de toute façon, ça fait grossir.

    Y a des moments de solitude, mais c'est pas grave, y a le métro.

    Y a le gris de Paris, mais c'est pas grave, y a le Parc Monceau.

    Y a des voix qui te manquent, mais c'est pas grave, tu les as enregistrées.
   
    Y a des gens qui sont loin, mais c'est pas grave, tu les reverras dans un an.

    Y a des attentes décues, mais c'est pas grave, tu as dit que tu t'en foutais.




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14 juin 2007

De ma brume neuronale

    Je crois bien que j'ai laissé ma tête dans une île paumée du Pacifique... ou alors c'est que je suis teeeeeeellement contente d'être rentrée que je vis sur un nuage (un peu grisâtre, pollution parisienne oblige) depuis trois semaines. Quoi qu'il en soit, j'ai, récemment, et pêle-mêle, oublié un cable à rendre au CNRS chez mes parents, confondu des tickets de consigne en obligeant ainsi ma mère à rester dormir une nuit à Paris et à se lever à 5h du matin pour aller prendre un train à point d'heure, oublié de mettre au frais mon vaccin contre l'hépatite B, perdu (mais retrouvé) ma carte bancaire, confondu les jours de la semaine et refusé un repas entre copines alors que j'étais libre, oublié de répondre à des mails, et raté divers rendez-vous pour cause de

  • retard
  • mauvaise compréhension
  • oubli du numéro de téléphone de la personne concernée, ce qui aurait été pratique au moment où je ne trouvais pas la porte d'entrée de son immeuble (ni son immeuble, d'ailleurs, quand on y pense bien)
  • oubli des coordonnées et codes d'entrée de l'immeuble d'une autre personne (je dispatche, je dispatche)

    Je suis déjà très tête en l'air de nature, mais là, je crois que je vais battre un record, surtout que la cadence s'accélère.

    Evidemment, y en aura un pour me demander si j'ai un problème? ou si je suis fatiguée?

    Ben même pas. Ca va plutôt bien, je dors bien, je travaille bien, j'aime tout le monde, tout le monde m'aime (oui, les chevilles, ca va aussi, merci), les ptits problèmes de santé liés à mon voyage sont finis ou se résorbent. Juste, j'ai un tout petit peu envie de me mettre des baffes en continu.
    D'habitude dans ces cas-là, je prends mon inconscient entre quatre z'yeux et je lui fais la morale. Mais ce coup-ci, allez savoir pourquoi, ca n'a pas marché.

    Maintenant que je lui ai bien foutu la honte en public, il va ptet se calmer.
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Les mots sur la musique

"Mi lovim yu tumas Naoneeeee, mi lovim yu tumas
I no gat wan paradaes i olsem yuuuu
evri samting blong yu i stap long maen blong miiiii"

Sweet Paradise, Agosi Stringband

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04 juin 2007

Du décor (2)

    On continue...

    Donc, avec toute cette flotte, évidemment, la végétation est du genre vigoureuse.

Bush4  Bush5


  Un jour, on revenait du village voisin en suivant la route (ouais, y en a qu'une), et on longe, entre deux plantations de cocos, un endroit où le bush atteint à peu près deux metres, deux metres cinquante de haut. Une des filles qui m'accompagnaient lâche incidement: "là, l'an dernier, y avait un terrain de foot". De la même façon, ca ne les dérange absolument, à toutes les occasions, d'arracher par brassées les fleurs et les plantes du village pour décorer l'église, l'école, ou eux même, pour les cérémonies. La première fois, j'étais horrifiée, je me disais qu'ils allaient défigurer leur village. Que dalle, quinze jours plus tard, tout avait repoussé, évidemment :)
    C'est vert, rouge, jaune, feuillu, herbu, fleuri, tout ce qu'on veut...


tanis

    Et accessoirement, c'est en général pas désagréable à regarder :D

    tanis2

    En gros, les feuilles leur servent de fringues de cérémonie ou de déguisement, de toit pour les maisons, d'assiettes (quand ils n'en utilisent pas de vraies), de maniques, de nappes, de parapluies, de cordes, de matières premières pour les paniers, les nattes, les éventails, de médicaments, d'appats empoisonnés pour pêcher, de cures-dents ou de cure-ongles, et j'en oublie certainement..

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29 mai 2007

    Des photos... ok, on va commencer par l'évident... Planter le décor...

  Alors, sur l'île de M..., qui recoit le plus de précipitations annuelles du pays, il y a de l'eau. Beaucoup d'eau. Douce, salée, sucrée, claire, boueuse, tout ce qu'on veut... Et je vous parle pas des rivières nées dans les derniers jours de mon séjour là-bas.

9 3  5 4  6

   
  Il ne pleut pas tout le temps, loin de là. Mais quand tu entends la pluie descendre sur le bush, tu sais qu'il te reste environ 7 secondes et des bananes (beaucoup de bananes, aussi, là-bas) pour te mettre à courir vers l'abri le plus proche, avant que le ciel ne te tombe sur la tête. Les photos ci-dessus ont été prises dans des périodes plutôt pas trop humides (paske grimper dans le bush jusqu'aux chutes après une grosse pluie, laisse tomber)... je vous laisse imaginer la gueule des chutes après deux jours de flotte en continu.
  Le truc marrant, c'est par exemple quand on a envie d'aller aux toilettes la nuit alors qu'il pleut, et qu'on a preté son parapluie au chef pask'il habite à une demi-heure du village. Et qu'après avoir traversé en aveugle une partie du village, abritée sous une serviette éponge, les jambes de pantalon de pyj remontées sur les mollets et les pieds glissants dans les tongs humides, on doit limite se battre avec le chien et les trois poules qui se sont réfugiés dans les chiottes.
    Ca va me manquer, non, sérieusement.

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27 mai 2007

Non, rien.

Alors, c'était bien?

Ben... oui.

T'es contente d'être rentrée?

Ben... oui. Mais je serais bien restée, aussi.

Raconte!

Ben... oui, mais par où je commence ?

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21 février 2007

Dans le désordre

    Trois mois sans fromage

    Trois mois sans viande rouge

    Trois mois sans métro

    Trois mois sans parisiens
   
    Trois mois sans grisaille

    Trois mois sans bouquins

    Trois mois sans talons hauts, sans maquillage, sans boucles d'oreilles

    Trois mois sans ordinateur

    Trois mois sans internet

    Trois mois sans téléphone

  Trois mois sans eux, sans elles, sans vous (mais pas sans moi, je n'ai malheureusement pas réussi à me défaire de ce ptit bout là ...)


    Avec un peu de chance, toutes ces soustractions finiront bien par donner quelque chose de positif...


    A bientôt, les gens!
   
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Les mots sur la musique:


"Ce hall de gare pavoisé de rouges à lèvres et de hasards
Où bat le cœur des banlieusards plein de sanglots et de baisers
N'aura jamais su me griser
Ce hall de gare pavoisé de solitudes plein tarif
Et de marques d'apéritifs et de bonheurs synthétisés
Je m'en suis désapprivoisé

{Refrain:}
Prenez ma nouvelle adresse
Je vis dans le vent sucré des îles nacrées
Et à ma nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de mes souvenirs

Et ce boulot qui m'usait tant, qui me laissait tant épuisé
Devant ma machine à fraiser que j'en suait l'eau et le sang
N'aura jamais su me griser
Et de ce patron si charmant et du banquet de fin d'année
Et de médailles arrosées, et de mes copains militants
Je m'en suis désapprivoisé

{au Refrain}

Les fins de mois les repas bâclés devant le match à la télé
Les infos chloroformisées et les pubs de mousse à raser
N'auront jamais su me griser
De cet air de robot content, de cette course avec le temps
De ces amours en pointillés qui mourraient avant d'être nées
Je m'en suis désapprivoisé

{au Refrain}

Oui mes amis j'ai largué tout pour l'archipel des Tuamotu
Où quel que soit le cours du franc on offre son poisson vivant
Pour une poignée de riz blanc
Mon copain Jacques a mis les bouts toutes voiles dehors et vent debout
Il chante dans les Alizés quelques chansons dont le succès
N'aura jamais su le griser

Prenez sa nouvelle adresse
Il vit dans le vent sucré des îles nacrées
Et à sa nouvelle adresse
Une fille s'amuse à rire de ses souvenirs"

Pierre Perret, Ma nouvelle adresse

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