24 avril 2008
D'une féministerie
Vraiment, je ne suis pas une féministe fanatique, ni rien, hein.
Mais desfois, je lis des trucs qui m'agacent un tout petit peu sur les bords. Genre cette interview de Jean-Louis Murat:
Un peu plus tôt, il disait aussi:
Ouais ouais ouais.
OK, je suis pas agacée que sur les bords.
10 avril 2008
Des thèmes qui semblent récurrents, parfois...
En début d'après-midi, face à face:
-J'ai pas rappelé tout de suite. Et pourtant j'avais pris la décision. Moi qui suis la réincarnation de l'âne de Buridan... cette décision là, elle est passée toute seule. Mais j'ai pas rappelé tout de suite, c'est bizarre.
- Est-ce qu'il y a urgence?
- Non. (silence) Non, non, il n'y a pas urgence. Je préfèrerais juste ne pas attendre d'être acculée. Trop fatigant. Mais il n'y avait pas d'urgence, c'est pour ça, j'ai pris le temps, ça ne m'a pas angoissée. Puisque j'avais pris la décision.
En milieu d'après-midi, sur Gtalk.
Moi: pfft
j'ai vraiment pas envie de ressortir pour aller faire les courses
Elle: ben...
c urgent?
Moi: ben
tout est relatif
Elle: cad?
Moi: ca dépend quand se situe la prochaine fois que je compte manger :D
Elle: t'as plus rien du tout du tout?
Moi dans mon frigo, trois tomates et un tout ptit bout de concombre.
Et sinon, euh.
Si, des pâtes :)
Elle: mh...
ben t'as encore un peu de tps pr te motiver
Moi :D
ouais
Ce soir, dans le film:
Lui: -Je peux vous parler?
Elle: -Me parler? Ah non, j'ai pas le temps..
Lui: -C'est urgent.
Elle:-Ah bon, qu'est ce qui se passe?
Lui: -Venez, on va s'asseoir au fond de la salle. (Au serveur) 'Pouvez nous donner deux cafés s'il vous plait?
Elle:- Avec les cacahouètes...
(Et puis une déclaration.)

Et des bulles, paske merdre, à la fin.
09 novembre 2007
Les cas sages ou pas sages (ça passe ou ça casse). Ma' sage, ta sage, mets sages.
Très sage.
Et puis le bras sage.
Et puis le verre sage, les pairs sages.
Et puis l'heureux (pas sage), le chaud sage, le corps sage, le lit sage, le vit sage, les reins sages..
Et puis le glas sage, le froid sage,
La question de savoir si je suis sage ou pas reste posée.
22 septembre 2007
D'un grand bavard
Dans la cuisine. Il
voudrait que je lui parle, que je réponde à cette question laissée en
suspens, tout à l'heure. Je n'y arrive pas, je bute, je biaise, je
contourne, en sachant bien, au fond, qu'il faudra y venir. Et pas
seulement parce qu'il le demande. Je le voudrais bien, je ne sais juste
pas trop par quel côté m'y prendre.
Je laisse
retomber le silence, et il ne le ramasse pas. Un coup d'oeil en coin.
Il attend toujours. Mon regard part se promener, et tombe sur les
étiquettes aimantées éparpillées sur son frigo. Il y a moyen de
composer des trucs marrants avec, mais de mon point de vue, le lexique
est un peu limité. Je n'ai pas le temps de rattraper mon idée, elle a
déjà fusé.
"Il faut vraiment que je t'offre des mots en plus!"
Mon inconscient a une grande gueule.
----------------
Les mots sur la musique:
Démolissons les mots, Sansévérino.
03 septembre 2006
Oué, oué, j'arrive, y a pas le feu
Suite aux récriminations de mes nombreux fans, je pointe le bout de mon nez ici..
... pour dire qu'en fait j'ai pas grand chose à dire...
Je suis rentrée de vacances, je ne suis pas morte, pas coincée sous un truc lourd, pas particulièrement déprimée ou occupée à pleurer sous ma couette, pas en train de bosser 24h/24.. non, non, rien de tout ca.. juste la routine.. rentrée chez moi, avec la visite d'Amarante, courses, achat au marché Saint-Pierre de 9m carrés de tissu pour planquer la misère de mon mur (j'en avais marre de bouffer la peinture qui s'écaille au dessus de mes oreillers), relu des bouts de mémoire d'une copine, regardé la saison 5 d'Alias.
Plus rien à lire depuis deux jours.
Vu mon directeur de recherche qui m'a proposé de faire la dernière relecture du prochain numéro d'une revue de linguistique (pas de pub sur ce blog), ai dit oui (boulot un peu chiant, mais ca forme la jeunesse, c'est comme les voyages).
Pris le métro et me suis rendu compte que s'il y avait un truc qui ne m'avait pas manqué DU TOUT, c'était bien les gens. Et le bruit. Et les gens.
Tout ca, quoi.
Il fait un peu gris, ici, ca me change de la verdure verdoyante du jardin de ma maman (si, si, vous vous souvenez, les lianes, le bois mort, les saloperies qui tiennent plus de l'Hydre de Lerne que de la plante d'appartement civilisée..), et le changement n'est pas vraiment en mieux.. je me demande un peu comment je vais supporter Paris en revenant de Vanuatu..
Du coup, pour me consoler et m'en mettre un peu plein les mirettes, je regarde le blog de You, fraichement revenu du Ladakh (par ici, messieurs-dames), de Maoya, de retour d'Amérique du Sud (zou, en avant, c'est par là), et de Still, qui met en ce moment en scène des zoulies bestioles (en cage, malheureusement). Aujourd'hui, c'est un loup, spéciale dédicace pour Martin, et les jours derniers, y avait des lémuriens (pour Indri). Voilà. Vous devriez faire comme moi, d'ailleurs, tous, et aller regarder.
Heureusement qu'ils sont là, je vais avoir besoin de munitions visuelles jusqu'à mon départ (enfin je ferai ptet aussi une escapade dans le sud, histoire de voir plein de monde que j'aime avant de partir. Quand même.).
(hu, même quand j'ai rien à dire, j'en fais des tartines, c'est grave)
07 août 2006
Du test félin
J'aime beaucoup les
chats. Plus que les chiens. J'aime les regarder, les caliner, les
embeter, jouer avec (dans les deux sens du terme...). Une bestiole qui
pionce 20h sur 24, qui se lave toute seule, qui peut rentrer ses
griffes, à qui il suffit en général d'ouvrir la porte pour qu'elle
aille se promener toute seule (enfin en théorie, parce que j'en connais
qui..), qui n'est pas toujours là à baver en attendant un signe
d'amour, une bestiole comme ca, c'est exactement ce qu'il me faut. Un
animal juste indépendant et individualiste comme il faut, oscillant
entre un dédain royal (parfois à la limite de l'autisme) et des
périodes de socialisation caline, avec ronronnements indécents et oh
oui, gratouille moi le ventre et le dessous-du-menton.
J'ai les mains marquées par des vieilles cicatrices blanches, et depuis
quelques jours, les bras sillonnés de petites griffures rouges (les
chatons qui grimpent partout, vous escaladent, se cassent la gueule
dans leur sommeil parce que merde, vous etes definitivement trop
verticale pour eux, et se raccrochent où ils peuvent, comme ils
peuvent.
Même leurs conneries (surtout leurs
conneries, en fait :D) me font marrer. Les patauds, les futés, les
caractériels, les bonnes pâtes.
Comme mon
appartement de 25 m carrés au quatrième ne se prête pas trop à
l'adoption d'un chat, je me console chez les autres. Chez ma soeur par
exemple, qui avait déjà deux chats, et chez qui s'est pointé il y a quelques jours un adorable
chaton, visiblement bien décidé à s'installer. Et comme mon ptit frère
et moi, on reste dans cette maison deux jours après le départ de tout
le monde, j'ai tout le loisir d'en profiter.
N'empêche. Depuis 24 heures, entre le gros chat qui ne manque pas une occasion de
s'infiltrer dans la maison (d'où il est banni pour cause de propension
à marquer abusivement son territoire), et de pisser quelque part sur
son passage quand on le refout dehors, et la petite chatonne qui
- nous refile ses puces
- miaule toute seule en permanence
- nous ronronne dans les oreilles pendant qu'on regarde un dvd
- nous prend comme élément d'un quelconque parcours du combattant au même titre que les chaises de jardins, les arbres, les tables, et le canapé (hier j'étais au téléphone, elle a escaladé ma chaise par derrière et commencé à me grimper dans le dos, je vous raconte pas le cri que j'ai poussé dans les oreilles de ma pauvre maman)
- cherche systématiquement à marcher sur le clavier où l'on tape
- veut visiter la poubelle, le lave-vaisselle, les paniers à linge, le recoin sous l'escalier, les trous dans le parquet sous les éléments de cuisine
je crois que je suis testée, comme future proprietaire de chat(s). Mais ca va, pour l'instant, je survis :)
Bon, c'est pas tout ca, je vais aller acheter de l'antipuces, quand meme.
02 juin 2006
De celles qui..
Celles qui n'en parlent pas.
Celles qui sont pliées en deux par la douleur, mais "ma mère, c'est pareil, on n'y peut rien".
Celles qui comptent à chaque fois combien de mois les séparent de la ménopause.
Celles pour qui le mot "Niagara" prend à dates régulières une autre dimension.
Celles que certaines religions considèrent comme impures une semaine sur quatre.
Celles qui se tâchent et se désignent, aux yeux du monde, comme n'ayant pas su planquer le grand secret, la grande honte.
Celles
qui se demandent pourquoi le sang de la virginité est culturellement
valorisé comme un trophée dans l'histoire occidentale, alors que celui
des règles est honni.
Celles à qui on demande à chaque saute d'humeur si elles sont "dans leurs mauvais jours".
Celles qui utilisent des euphémismes, et démontrent au passage la considérable richesse de la langue française.
Celles qui le disent franchement: J'ai mes règles.
Celles
qui pensaient, quand elles étaient petites, que l'utérus pleurait, à sa
manière, de n'accueillir aucun bébé pour le mois courant.
Celles à
qui un pote à laché un jour, en passant, qu'il était contre la pilule,
non par idéologie, mais parce qu'il n'aimait pas ces trucs qui
bidouillait dans les hormones, et qui ont dû se retenir de ne pas le
mordre.
Celles qui ont un coup de blues deux jours avant.
Celles qui se transforment en tornades blanches.
Celles qui maigrissent tellement que le sang ne coule plus.
Celles qui guettent et s'inquiètent au bout de 3h de retard.
Celles qui ne supportent pas l'odeur, sauf qu'en fait, elles sont bien obligées de la supporter, vu que c'est la leur.
Celles
qui refusent de se doucher avec leur copain pendant cette période,
pask'il y a des trucs auxquels même l'intimité ne donne pas droit.
Celles que leur gynéco ne prévient pas, à propos de la nouvelle contraception qui inhibent la menstruation.
Celles
qui se voient répondre, quand elles le mentionnent à la consultation
suivante: "Ben oui, je vous l'avais dit", comme si elles avaient pu ne
pas entendre ou oublier ce genre de détail à propos d'un événement qui
tourneboule leur corps tous les mois.
Celles qui se demandent si, une fois que ca s'arrête, ca va pouvoir repartir un jour, s'il n'y aura pas d'ennuis.
Celles
que ca angoisse, même quand tout est normal, et que toutes les
protections hyper-ultra-supra efficaces qui "guident le liquide vers l'intérieur", les tampons qui "s'ouvrent en corolle" ne parviendront pas à apaiser,
parce que ca vient de l'intérieur et qu'une solution externe n'y peut
rien.
Celles
qui pensent que les pubs télé aseptisées pour serviettes hygiéniques,
avec leurs liquides bleus translucides qui ressemblent à de l'Ajax
vitre, visent uniquement à épargner les mecs, vu que le public-cible,
les femmes, connaissent bien le spectacle.
Celles qui en causent, en appelant un chat un chat.
30 mai 2006
De mes larmes
Etant donné le succès
rencontré auprès de mes lectrices dans les commentaires d'une
précédente note, je me suis dit que j'allais développer le sujet.
Alors voilà. Je pleure. Pas
là-tout-de-suite-maintenant-incontinent, non non. Mais souvent, quand
même. Non que je sois une dépressive chronique, enfin si, peut-être,
j'en sais rien (mais je crois pas, quand même.)
Mais quand même, je pleure souvent. Les petits coups de blues (et a
fortiori les gros) s'exteriorisent très facilement chez moi. Parfois même, quand je suis très fatiguée, et que je suis
juste pas très bien, sans trop savoir pourquoi, ce ne sont pas des
sanglots. Juste des larmes qui coulent, pendant que je fais autre
chose, que je parle, que je chante, que je me tais. La contrepartie de
ca, c'est que les coups de blues, ils durent pas trop, ils s'en vont comme ils sont arrivés.
Quand j'habitais chez mes parents, et que mon chat était dans la
pièce à un moment où je fondais en larmes (ce qui à une période m'est
arrivé beaucoup, vu que j'ai passé une bonne partie de l'année de mes
quinze ans à chialer dans ma chambre avec mon chat), elle s'approchait
de moi en faisant des mrouuuu meow ronronnants qui ressemblaient à des
encouragements, ou des paroles de consolations. Et puis, d'un coup,
elle me mordait. En général le nez. L'odeur des larmes, sans doute, je
sais pas. Mais ce que je sais, c'est qu'en général, ca provoquait un
redoublement de larmes (la douleur) doublées d'irrésistibles
pouffements (le ridicule de la situation). Ma maman et mon frère sont
aussi très doués pour me faire rigoler quand je pleure (mais eux, ils
ont pas besoin de me mordre, en général. Sinon, je crois que je
pleurerais moins souvent.). Ca provoque toujours des états tout
bizarres. Genre vous essayez de vous poser en statue de la désolation
(ou pas, ca dépend du type de crise de larmes), et y a un gros malin
qui vous oblige à ricaner en même temps. Et la tête que ca me fait, je
vous raconte pas. Enfin si, en fait, je vous raconte, y a pas de raison de vous priver de ce grand bonheur.
Le nez, les pommettes et les yeux
rouges (et gonflés, les yeux) (ouais paske je suis pas du genre à pleurer élégamment et à
essuyer vaguement une petite larmichette au coin de l'oeil, chez moi,
c'est plutôt le niagara) le front plissés, les coins de la bouche qui
remontent implacablement, et qui tremblent tellement vous essayer de
les en empêcher.
Et puis y a les bruits,
"bouhouhsnif pffffftttt snif pffttttt PRFTTTTTTT (mouchage) pffffft
ouahahahahah t'es chiant(e) laisse moi pleurer, bordel".
Ca doit être pour ca que mes parents et mon frangin sont mon
public préféré, quand j'ai besoin d'un vis à vis. Ou d'une ouïe à ouïe,
puisque depuis quelques années, tout ca se passe principalement au
téléphone. Le nombre d'heures que j'ai dû passer en cumulé à pleurer,
avec mon papa, ma maman, ou mon frère (ou mon chat), silencieux, à l'autre
bout du fil. L'interêt principal étant que je me reprends plus vite
quand je me rends compte que je fais chier quelqu'un que quand je
pleure toute seule chez moi :D (enfin non, c'est pas vrai, y a pas que
ca..).
Toujours est-il que je ne pleure pas avec
n'importe qui. Y a des gens à qui ca fait peur. Qui pensent qu'une
éruption lacrymale est le symptome d'un effondrement. Y a aussi ceux
pour qui pleurer, c'est se montrer faible (le truc malséant entre
tous). Donc non, pas avec tout le monde. Pas devant n'importe qui. Du
coup, certains ont l'impression que je pleure tout le
temps. Ce qui n'est ni tout à fait vrai, ni tout fait faux. Par
exemple, quand je vais chez ma soeur, on finit toujours par parler de
famille, et immanquablement, je chiale. Souvent pour des histoires qui
ne me concernent pas directement, en plus. Pareil quand, plus petite,
je parlais avec ma maman de son histoire à elle.
Parce que la vraie malédiction, en fait, c'est que je pleure AUSSI
quand je ne suis pas la principale concernée. Je sais pas si c'est ca,
l'empathie, mais alors chez moi, c'est caractérisé. Si j'ai
l'impression que l'autre souffre, ou que je souffrirais dans sa position
(et donc, par exemple s'il est privé de quelque chose dont j'ai
conscience de profiter (comme par exemple d'une histoire familiale
tranquille et heureuse, pour caricaturer)), j'ouvre les vannes. Et
évidemment, je supporte très difficilement les larmes des autres. Enfin
si, je les supporte très bien, juste, je chiale aussi. Elles ne me
dérangeant pas, elles ne me font pas peur, ne me dégoutent pas, ne
m'empêchent pas d'écouter. Juste, je suis obligée de me mettre au
diapason. C'est parfois assez gênant, mais bon, j'y peux rien.
Même au ciné, d'ailleurs. Avant, je me démerdais pour rester
stoique au ciné, et je chialais des mois plus tard, devant la télé, en
regardant les mêmes films. Depuis quelques années, j'ai décidé que, vu
le prix des places, j'allais arrêter de bouder mon plaisir, et donc, je
pleure comme une madeleine à la première occasion. Quand je suis allée voir Million Dollar Baby,
avec une amie qui est la retenue même, j'ai pleuré en continu pendant
toute la deuxième moitié du film. Je crois bien que je lui ai fait peur
:D.
Ca m'est même arrivé d'aller au ciné dans
l'intention expresse de pleurer (La chambre du fils, que j'ai vu avec
Amarante, un jour où aucune d'entre nous n'avait le moral). Après tout,
je ne me prive pas de rigoler, y a pas de raison que je me prive de
pleurer. Pour moi, ca relève de la même relation à la fiction.
C'est la même chose qui me fait rigoler, commenter à haute
voix, ou pleurer devant un bouquin, d'ailleurs. Je suis vraiment un
très bon public. D'ailleurs, y a des bouquins, j'ai beau les connaître
par coeur, je pleure de la même façon, aux mêmes endroits, en les
lisant, depuis des années. La mort de Beth dans les 4 filles du docteur
March, tout le passage entre l'accident de Scarlett et la mort de Melly
dans Autant en emporte le vent (ouais, je sais, j'ai grave des gouts de
midinettes, mais pas que, heureusement :D). La douleur de Duras est un
bouquin qui me fait chialer quasiment de bout en bout. Et à ce titre
entre autres, il fait partie des livres que j'ai tendance à qualifier
d'essentiels.
Et puis si vous rajoutez à ca les yeux qui pleurent because le rhume des foins, ou la lumière trop forte en été, et les larmes dues aux fous-rires (assez fréquents aussi), vous réaliserez que j'ai les yeux humides les trois-quarts du temps (à ce propos, faudrait vraiment que je passe au maquillage waterproof).
-----------
Bon, à part ca, les critiques que j'ai mises en lignes hier sur le Salon de Mme Verdurin portent sur des mises en scène de Père (August Strindberg), Nora ou la maison de poupées (Ibsen), Jules César (Shakespeare) (faut que je rajouter la critique d'Amarante sur les Vainqueurs, d'Olivier Py)
ainsi que sur les adaptations cinéma suivantes: Le songe d'une nuit d'été (Michael Hoffmann), Orgueil et Préjugés (2005), Charlie et la Chocolaterie (Tim Burton), Beaucoup de bruit pour rien (Kenneth Brannagh), Coup de foudre à Bollywood
Je sais pas encore si je mettrai en ligne des critiques de cinéma n'étant pas des adaptations d'oeuvres littéraires (Broken Flowers, De battre mon coeur s'est arreté, Edward aux mains d'argent, Garden State, Hero, Irreversible, La liste de Shindler, Le cerf-volant bleu, Les noces funèbres, Les poupées russes, Million Dollar Baby, Princesse Mononoké, Nausicaa ou la vallée du vent, Ray, Sin City, To be or not to be, Va, vis et deviens, et deux trois trucs de comparaisons entre des auteurs.). Après tout, je me dis que ca peut avoir sa place sur Le Salon. Vais voir.
08 mai 2006
De mes mains.
Mes mains, elles sont un
peu comme moi. Un peu courtes, dodues, assez souples et douées pour
certaines choses, irrémédiablement empotées pour d'autres. Sur un
piano, elles jouent tranquillement une octave, et plus en tirant un
peu, presque 22 centimètres en extension maximale, du bout du pouce au bout du petit doigt. A l'adolescence,
après avoir fait du piano pendant quelques années, puis de
l'équitation, j'avais les mains très musclées. Maintenant, elles sont
franchement molles, je ne peux plus écraser la main de mon père ou de
mon frère en la serrant.
Mais elles sont encore
capables de faire des trucs utiles, mes mains, attention. Chacune
d'elles peut très bien tenir un bouquin et en tourner les pages pendant
que l'autre fait autre chose, tient une fourchette ou des baguettes, ou
s'aggripe à la barre du métro, par exemple. Ou bien courir sur les
touches de mon clavier (mon frère trouve que je tape comme une brute,
d'ailleurs... ptet une réminiscence du piano, ou d'un ancien clavier
d'ordi trop dur, qui sait.)
Depuis des siècles, elles
connaissent des jeux idiots. Ceux avec une ficelle ou un élastique, ou
une pièce de monnaie. Ceux qui exercent leur souplesse: passer de la
position 1 -index et majeurs joints d'un côté, annulaire et auriculaire
de l'autre- à la position 2 -majeur et annulaire joints, les autres
doigts écartés au maximum- , puis à la position 3 -index, majeur et
annulaire joints, auriculaire écarté-, et continuer ad libitum,
dans n'importe quel ordre. Ou bien plier le pouce dans le dos de la
main. Ou d'autres encore (j'en ai encore appris un, l'autre jour, de
truc idiot à faire avec ses doigts. Merci à mon tonton Dominique :D En
échange, j'ai appris à ses petites filles un jeu (de scout,
subodorai-je) où on tape en rythme sur la table le plus fort possible,
suis sûre qu'il va en entendre des échantillons pendant longtemps :D.)
Elles se tiennent rarement tranquilles, mes mains. Elles
pianotent des trucs qui, mis en musique, ne donneraient absolument
rien, elles gribouillent, elles craquent leurs articulations, elles
croisent leurs doigts, les décroisent et les recroisent autrement.
Elles tripotent mes cheveux, mon visage, mes ongles, le contenu de ma
trousse, les pages d'un bouquin, ce qui traine au fond de mes poches,
tout ce qui leur passe sous les doigts, en somme. Elles claquent des
doigts, tambourinent sur la table, s'agitent en rythme dès que passe
une musique qui s'y prête. Elles tressent, chatouillent, massent,
calinent. Frappent aussi parfois, mais c'est assez rare (enfin si on
compte pas mon frère dans les statistiques :D)
Elles
sont pas très coquettes, mes mains. Elles portent rarement de bracelets
ou de bagues (sauf depuis quelques jours, puisque j'ai craqué devant
celles fabriquées par ma cousine). Elles sont marquées de fines
cicatrices blanches, vestiges de batailles endiablées avec mes chats,
il y a longtemps. Elles ont souvent les ongles courts, impitoyablement
rongés lors des séances d'emmerdement intense (il m'arrive de rentrer
dans un cours les ongles longs, et d'en sortir les ongles courts deux
heures plus tard). Ces derniers temps, j'ai essayé de les laisser
pousser un peu, ces foutus ongles, pour voir, mais l'art de la
manucure, c'est un truc qui m'est profondément étranger. Leur
implantation les fait partir en s'élargissant trop, ils cassent, se
fissurent au moindre accrochage (et malheureusement, vu que je suis pas
douée, ils sont nombreux). Et puis, quand j'écris trop longtemps à la
main, j'ai le bout de l'index et du majeur droits qui s'applatit.
Carrés au bout, ils deviennent mes doigts. C'est n'importe quoi :)
Je les voudrais plus longues, plus élégantes, plus douées, plus
plus. Mais je dois bien admettre que, telles qu'elles sont, elles sont
plutôt en harmonie avec le reste de ma petite personne.
08 avril 2006
Des téléphones portables
Allez, aujourd'hui, une
révélation fracassante (pour, au moins, allez, deux ou trois personnes
:) ) qui va vous effrayer.
Je n'ai pas de téléphone portable.
Quand je dis ca, je me sens parfois comme Mafalda annoncant à
ses petits camarades qu'elle n'a pas la télé (j'ai pas la télé non
plus, au fait :) ). Je suis un dinosaure sous-équipé, je ne suis pas en
phase avec le monde moderne (mouahahahaha hum pardon), je suis
asociale, je sais.
Je ne joue pas tout à
fait à "S'il n'en reste qu'un, je serai celui-là", mais disons que je
repousse (avec succès pour l'instant) au maximum le moment fatidique.
Je résiste, encore et toujours, depuis environ 8 ans, à l'envahisseur.
Du coup, je m'interroge. Je me pose des questions
ethnologico-sociologico-psychologico-bref vous avez comprico-iques.
Par exemple, je ne vois pas bien l'interêt de filer son numéro de
portable à sa locataire pour qu'elle puisse vous joindre n'importe
quand en journée (par exemple pour vous demander une quittance de loyer
que vous auriez du lui filer y a des lustres, mais là n'est pas la
question), et de ne pas l'emporter au travail. Paske le portable
uniquement à la maison, moi je veux bien, mais à part pour répondre
quand on est dans sa douche et qu'on peut pas traverser la baraque tout
nu pour aller répondre au téléphone filaire qui est de l'autre côté, je
vois pas l'interêt. Et même, pour que ca, ca marche, il faudrait
prévenir toutes ses connaissances avant d'entrer dans sa douche,
histoires qu'elles appellent au bon numéro. Ce qui forcerait les gens
un tant soit peu populaires à planifier leur ablutions des semaines à
l'avance.
Bon, l'avantage, par contre, c'est qu'avec
toutes les innovations qu'il y a maintenant, une fois que vous avez
bien fini de prévenir tous vos potes que vous allez vous lavez et que
donc, ils doivent vous appeller sur votre portable, vous pouvez activez
directement la fonction douche sur ledit portable, (combinée
éventuellement avec la diffusion d'une musique d'ambiance et la
préparation du café, fonctions optionnelles, mais vachement "in"). Avec
un peu de chance (ou un peu de sous en plus), votre portable fait aussi
déo, rasoir, 42 en 1, toute la domotique contenue dans un volume
inférieur à votre paquet de clope (il fait briquet, aussi, le
portable?), avec une pénétration dans l'air toujours accrue, c'est trop
fun.
J'ai l'air un peu réticente comme ca, hein?
Mais en fait non. Je suis juste absolument fascinée par le nombre de
fonctions sociales que peut avoir un portable.
- Ca leste les poches
- C'est un objet de mode
- Ca te donne l'air d'avoir des amis à chaque fois qu'il sonne, et toute la terre peut savoir que tu entretiens avec eux des relations riches et puissantes ("Ouais allo t'es dans la cantine, là? Je suis dans la file, moi. Y a quoi, à bouffer?")
- Ca te donne une contenance quand tu t'emmerdes/ tu es dans le métro/ tu as tendance à te ronger les ongles et il te faut un truc pour t'occuper les mains/tu n'as pas touché à ta télé, ton ordi, ta console, ton four micro-ondes depuis plusieurs heures et tu as besoin d'un succédané.
- Ca te donne un truc de plus à te faire chourrer par les pickpockets dans le métro.
- Ca te donne un prétexte pour être toujours à la bourre, ne pas fixer de rendez-vous précis ("on se retrouve dans le 13°, ok?"), ne rien prévoir plus de trente minutes à l'avance.
Je vous arrête tout de suite, je vous sent prêts à me sauter à
la gorge. Tout le monde n'est pas concerné par toutes les remarques que
je viens de faire. C'est juste un condensé de trucs énervants.
D'ailleurs, j'ai rien contre le concept de pouvoir téléphoner de
n'importe où (ouais, à l'origine, c'est pour ca que ca été crée, on
l'oublie un peu, parfois). C'est vrai que c'est plutôt pratique, et
tout et tout. Mais franchement, y a un nombre de trucs merdiques et
d'inconvénients qui vont avec, selon les gens!
Et moi, je me connais, je serais certainement une des pires :D
Or...
J'ai pas envie d'être la cible de publicités crétines (enfin, plus que je ne le suis déjà)
J'ai pas envie de me transformer en chose bipbipante accro à ses
sms (c'est pas le cas de tout le monde, mais quand on me voie face à
mon écran d'ordinateur, on comprend le danger).
J'ai pas envie de prendre l'habitude de commencer mes discussions par "Allo ouais t'es où?"
J'ai pas envie de me mettre à écrire partout en kikoo paske c'est fun
J'ai pas envie que la terre entière soit au courant de ce que j'ai à dire.
J'ai pas envie de devenir dépendante d'un bidule au point de ne
plus être capable de gérer mes relations sociales à l'avance.
J'ai pas envie d'être disponible tout le temps, joignable tout
le temps, et j'ai pas envie d'avoir à presser un bouton pour me mettre
en indisponibilité du monde.
A ce propos, ca me fait super bizarre quand je croise des mômes
de 9-10 ans avec un portable dans les mains. Jusqu'à ce que j'entende
l'explication des mères, pask'à ce point-là, ca me fait plus bizarre,
je suis juste écroulée de rire. "Ca me rassure, je sais où il est".
Non. Le principe du portable, c'est que ton gamin, quand tu
l'appelles, justement, il peut être N'IMPORTE OU, en train de faire
N'IMPORTE QUOI :D
Cela dit,
je sais bien que je ne pourrais plus résister très longtemps, et faut
bien admettre, pour être honnête, que je profite de temps en temps des
amis ayant un portable (généralement à cause d'une incapacité à
organiser des rendez-vous et à les respecter, d'ailleurs), ou de celui
de mon frère, etc.
Bon voilà,
c'était le quart d'heure réac de Mademoiselle Moi, j'aurais ptet mieux
fait de continuer à ne pas bloguer :D







