20 octobre 2009
D'une étudiante
18h. Fin de la journée, fin de mon dernier cours. Je suis un peu en rogne contre moi-même en rangeant mes affaires, tandis que les étudiants sortent peu à peu de la salle. J'ai mal calibré mon cours, et je me suis retrouvée au bout de ce que j'avais préparé une bonne demie-heure avant la fin. Obligée d'improviser. Je m'en suis pas trop mal sortie, au demeurant, mais, bon, ça m'agace.
Une étudiante s'approche de moi, et commence à m'expliquer qu'elle vient de recevoir les papiers de son inscription pédagogique, et que pour de sombres raisons administratives, il y a des cours qu'elle n'est plus obligée de suivre. Dont le mien.
A l'intérieur dedans, je maugrée "Et merde, une étudiante de moins à partir de la semaine prochaine". Tout en me préparant à lui assurer que non, non, évidemment, pas de souci, et c'est gentil de m'avoir prévenue, toussa.
"... et donc je voulais vous demander: Je peux venir quand même? J'ai que ce cours là dans la journée, mais j'habite en ville, je peux venir exprès."
Léger blanc. J'infléchis le cours de ma pensée, de ma réponse, évidemment, pas de souci, bien sûr que vous pouvez venir, il faudra juste me le redire au moment de l'examen, toussa.
Et à l'intérieur "Oui! Oui! Viens quand même! Amène tes copains, tes voisins, ta grand-mère, qui tu veux!"
Une espère de gratitude insensée, pendant quelques secondes, pour la fille qui vient de te faire un petit calin à l'égo, au moment où tu te trouvais un peu médiocre.
23 avril 2009
De mon avenir à court terme
Ces jours-ci, je fais des dossiers de candidature pour l'an prochain. J'ai failli périr cent fois sous des strates et des strates de papiers administratifs. La pile des CV, la pile des photocopies de contrats, la pile des attestations d'inscription, la pile des photocopies de carte d'identité-avec-photo-recto-verso (nan ils demandent pas de photos de mon dos, juste de celui de la carte d'identité), les piles d'enveloppes, petites grandes affranchies à mon adresse.
Ah oui. Je peux te dire que "Mlle Nanou Moi, X, rue de Chez moi, à Saint-trucmuche", je l'ai écrit ptet 150 fois, genre trois fois par dossier, sur les enveloppes à mon adresse, sur les enveloppes d'envoi pour l'expéditeur. A la fin, je te jure, je faisais des fautes sur mon propre nom. Je ne sais plus comment je m'appelle. Pareil pour les dates à remplir mécaniquement. Entre celle de ma naissance, celle de soutenance de mon master2, celle de mon inscription en thèse, celles de début et de fin de mon contrat d'allocataire, celle à laquelle je pense soutenir, celle d'aujourd'hui-et-je-signe (en plus celle-là, elle change tous les jours), les jours, les mois et les années commencent à valser sérieusement.
Pour l'instant, je postule dans 20 universités, et dans deux sections pour nombre d'entre elle. Je dois en être à environ 35 dossiers (dont à peine une grosse dizaine déjà envoyés). Ma nouvelle maison, c'est la Poste, et ma nouvelle meilleure amie, la machine à peser et affranchir (oui, elle est un peu intéressée, faut la payer pour qu'elle accepte de passer du temps avec moi). Ca me fait ma promenade quotidienne, c'est génial.
Rajoute à ça les angoisses à l'idée de ne pas savoir avant septembre si j'ai un poste et ousque, de devoir déménager avant d'avoir soutenu, voire avant d'avoir rendu ma thèse. L'idée que j'ai bien envie d'aller dans une fac de province (histoire de retarder un peu mon entrée dans le vrai monde de la recherche parisienne? je me doute qu'il doit y avoir de ça, tout au fond), mais pas du tout envie de déménager.
Bon mais à part ça, ça va plutôt bien, en fait. Soleil, coupines, chouettes bouquins (cf en haut dans la colonne de droite), un peu de salsa.
-------------------
27 octobre 2008
D'un foutage de gueule
Hop, ca faisait longtemps que j'avais pas ronchonné un peu contre la fac. Et puis là, bon, c'est une petite colère récurrente et saisonnière. Je suis allée déposer mon dossier de réinscription cet après-midi. Pour une fois, il n'y a pas eu de problème, et j'ai reçu dans la foulée le bulletin de paiement. Je dois donc rapidement renvoyer un chèque de 360 euros.
Bon 360 euros, donc une trentaine de frais de bibliothèque, une quinzaine pour la médecine préventive, ça fait un peu cher, mais c'est partout pareil, les frais d'inscription augmentent en troisième cycle. Admettons que ce soit, comme mon papa me l'a fait remarquer, le prix à payer pour le droit de préparer ma thèse à la Sor-pas-bonne, et le droit de la soutenir. Passons sur le fait que ça relève d'un droit de péage tout aussi anachronique que l'ensemble de l'organisation proprement féodale des universités françaises.
Là où ça me fait un tout petit peu mal au cul, et je suis vulgaire si je veux, c'est qu'en contrepartie de ces 360 euros, mon université ne me fournit ni endroit pour travailler (bureau de thésards, même une bête salle de classe pas chauffée, non rien), ni matériel (ordi? photocopieuse? crayon à papier?), ni SEMINAIRES (je parle même pas d'un séminaire adapté à ma formation ou à mon domaine de recherche, non non, juste un séminaire où je pourrais apprendre des choses, n'importe lesquelles, et qui seraient réservés aux doctorants). J'ai donc le choix entre suivre les cours de master, ceux que j'ai déjà suivis pendant deux ou trois ans (avec relativement peu de variation entre les deux ou trois années, d'ailleurs. C'est bien quand on n'a pas trop suivi la première année, mais ça finit par lasser un peu.), ou bien suivre des séminaires dans d'autres structures (et, normalement, payer les inscriptions complémentaires dans chacune de ces structures).
Et, en prime, je me fais foutre dehors pendant les petites vacances quand je viens bosser en bibliothèque d'UFR, sous prétexte que les étudiants n'ont rien à faire dans une université hors des périodes de cours (ben tiens.)
Je paye, en gros, pour pouvoir mettre sur mon CV que j'ai soutenu ma thèse dans une université trèèèèèèèèèès prestigieuse et très vieille avec du marbre partout dedans. J'ai un peu l'impression qu'on me prend pour une conne, et j'en ai franchement ras-la-casquette.
Et je merdre le prestige parfaitement usurpé de cette fac qui n'a pour priorité ni les étudiants, ni l'enseignement, ni la recherche. Admettez qu'il reste plus grand chose, quand même.
01 avril 2008
D'une désillusion
T’es partie à l’autre bout du monde, t’en es revenue avec l’idée, renforcée par l’expérience, que tu es quelqu’un d’adaptable. En ayant profité de chaque jour passé dans ces villages avec des maisons en bambous et presque rien dedans, en ayant aimé des gens de cette culture différente, en ayant mangé, dansé, rigolé, pleuré, flirté avec eux. En ayant eu le sentiment que les choses n’étaient pas compliquées à appréhender, à comprendre. Que tu n’avais pas de mal à passer d’un monde à l’autre.
Quelques mois plus tard, tu as fait une autre traversée. D’un côté à l’autre du bureau, d’un côté à l’autre du vouvoiement, d’un côté à l’autre de la transmission. Sans pour autant changer de monde, vraiment. Enfin c’est ce que tu croyais.
Tu avais un peu craint, beaucoup projeté, t’étais posé plein de question sur la qualité de ce que tu allais raconter.
C’était pas la peine, vraiment.
A la place, t’aurais mieux fait de commencer à te rentrer dans la tête qu’un étudiant ne mérite pas que tu passes des heures à préparer un cours intéressant pour lui. Ni qu’on se repose, une fois tous les 50 ans, la question du contenu des vénérables cours qu’on leur fournit si gracieusement. T'aurais mieux fait d'apprendre à prendre les gens, les jeunes, en particulier, pour des cons.
T’en serais pas à te désespérer dans ton coin, en regrettant, à chaque déconvenue, à chaque descente vers la médiocrité, l’objet de ta précédente déception, qui se trouve comme par magie un peu redoré, devant la nouvelle catastrophe.
Ma vieille, t’es apparemment pas si adaptable que ça. Et franchement, c’est aussi bien.
Bienvenue dans la culture de la Sor-pas-bonne. Reviens quand t’auras 15 ans d’expérience d’ethnologue de terrain dans tes bagages, t’es qu’une amatrice.
23 février 2008
"Vous allez voir, on a très peu de temps, ca passe très vite".
Je suis pas certaine que ca puisse passer assez vite, en ce qui
me concerne. La vache. Tout le semestre à faire classer des f*rm*s
v*rb*l*s en fonction de leur v*l**r s*m*nt*q** (toi aussi, apprends en t'amusant, et retrouve les voyelles que j'ai fait sauter parce que Google n'est pas mon ami!),
ça va décoiffer. Déjà, j'étais pas enchantée par ce que je pensais
devoir faire dans ce TD de *************. Mais maintenant que j'ai eu
l'occasion d'en discuter clairement avec les autorités compétentes, je
serais contente de faire ce que je pensais devoir faire pendant tout le
semestre, au lieu de devoir faire ce à quoi je ne pensais consacrer que
le temps qu'on devrait lui consacrer quand on fait les choses qu'on
devrait - dans l'absolu- faire, pas celles que je vais devoir
faire. Vous me suivez? ("Bien sûr. Où voulez-vous que j'aille?" (wink à
Gamacé :) ))
Je me suis retenue de
demander quand est-ce qu'on leur faisait faire des trucs intéressants,
à ces pauvres étudiants qui n'ont rien fait de mal. Faut croire qu'ils
l'ont pas mérité, encore; on verra ça quand ils seront grands. (Ptet
que moi aussi, j'aurais droit de faire que des trucs intéressants en
cours, quand je serai grande?).
Non mais en fait,
c'était juste histoire de me plaindre, paske je l'avais pas beaucoup
fait (du moins pas ici..), ces jours-ci. En vrai, dans l'ensemble, je
ne suis pas mécontente de la façon dont ça se passe, des groupes ou des
cours dont j'ai hérité. Et puis bon, j'ai pas grand chose d'autres à
raconter en ce moment. Ca va toujours plutôt bien. Je suis un peu
redescendue de mon nuage, mais c'est surtout que je suis un peu
fatiguée, ça m'empêche de sautiller partout :)
------
Les mots sur la musique:
"You've got to accentuate the positive
Eliminate the negative
And latch on to the affirmative
Don't mess with Mister In-Between"
Andrews Sisters, "Ac-cent-tchu-ate the positive"
28 septembre 2007
De ma rentrée
J'aime bien l'ambiance de
la fac en été. Les couloirs déserts, les talons qui résonnent, les
glissades sur le marbre sans risque de se prendre un groupe d'étudiants
venus en sens inverse. La joie de parcourir trois étages avant de trouver des chiottes en service. J'éprouverais presque une satisfaction de propriétaire faisant le tour de son domaine.
J'aime bien m'y promener en juillet et en septembre (non, pas en
aout, faut pas charrier non plus :) ), l'atmosphère très particulière
me ferait presque oublier que j'y vais en général pour assiéger tel ou
tel service administratif, et pour me faire remballer par l'une ou
l'autre des aimables secrétaires qui y sévissent.
Du coup, évidemment, j'ai bien senti que le vent avait changé de
direction hier en y retournant. 15 jours seulement depuis mon dernier
rendez-vous, mais..
"Misère, les
étudiants sont de retour". Se bousculant dans les couloirs, assis dans
les escaliers. Agglutinés devant les salles d'inscriptions,les notes
des rattrapages ou les panneaux annonçant les cours obligatoires dans
les différentes sections (sur lesquels, d'ailleurs, j'ai chopé, au
passage, mon nom. Ai frôlé la crise cardiaque, et pourtant, j'étais au
courant :D)
Je ronchonne, mais en fait, cette
ambiance de rentrée, là, je l'aime bien aussi. Tout le monde est un peu
paumé, on lie facilement connaissance. En meme temps que moi, sont
entrés dans la fac trois djeuns, deux p'tits beurs et un grand black,
les deux premiers apparemment venus accompagner le troisième. Derrière
moi, j'en entends un demander "Tu crois que tu vas te sentir bien?
ptain je me sens pas chez moi, ici".
Je me suis
retournée le sourire aux lèvres et j'ai failli leur dire que moi non
plus, pas tellement, depuis trois ans que je suis là.
Avant de réaliser que ce n'était plus aussi simple, malgré ce que je dis toujours.
Je reste agacée, évidemment, par beaucoup de choses que
représente et symbolise cette fac, par le marbre et les ors; les
minettes en jupe plissées et les mecs en chemise et pull lacoste
contrabalancés par une coupe savamment en bataille; les profs imbus de
leurs CV (pas tous attention, j'en ai aussi rencontrés à qui je fais
des bisous sur leurs répondeurs) et les étudiants, de leurs certitudes;
l'ambiance péteuse et bien pensante de certaines sections, les
structures confites dans leur fonctionnement féodal, la pachydermique
administration.
Je continuerai à me débrouiller pour
ne pas y passer plus que le temps strictement nécéssaire à mes
obligations, pour les quelques années qu'il me reste là-bas.
Mais je me suis fait avoir. A certains moments, comme ça, l'été,
la rentrée, ou les matins d'hivers, à 8h, avant que toutes les lumières
ne soient allumées, je me surprend en pleine crise de tendresse, pour
les lieux et les gens.
24 avril 2006
D'un léger agacement
Vous avez peut-être entendu, ce matin, les journalistes de France Info annoncer avec tambours et trompettes que la Sorbonne avait rouvert, et que les étudiants étaient rentrés tranquillement en cours, malgré l'occupation de la fac début mars. Comme si les étudiants de Paris IV étaient les pires des rebelles. Mouarf.
Y a quand même un truc que
je voudrais souligner. L'occupation, elle a duré trois jours. Et la fac
avait été fermée par le rectorat AVANT qu'il ne se passe quoi que ce
soit. La veille de la fermeture de la fac, personnellement, je n'ai
entendu aucun discours pro-blocage, aucun mot d'ordre de grève
d'envergure, rien. Et le lendemain, pouf, fac fermée.
Il n'y a quand même pas besoin d'être grand psychologue pour
savoir que la meilleure facon de donner envie à des gens (et a fortiori
quand il s'agit d'étudiants) de prendre d'assaut un lieu, c'est d'en
faire une forteresse et d'en interdire l'accès. Vous excuserez la
métaphore phonétique (on a les références qu'on peut), mais les
consonnes qui font le plus de bruit, c'est les occlusives (celles qui
impliquent un blocage complet du passage de l'air dans l'appareil
phonatoire, et un relâchement violent ensuite, genre p/t/k/b/d/g en
francais.), pas les fricatives (celles qui maintiennent un passage de
l'air, quoique réduit, comme f, v, s, ch). Empêche un truc de passer,
si vraiment il le veut, il y arrivera, et ca fera beaucoup plus de
bordel que ce que ca aurait fait si tu n'avais pas collé des obstacles.
Admettons même qu'il ait été nécessaire de fermer la Sorbonne
après l'occupation, je ne vois pas pourquoi il était obligatoire de la
maintenir fermée alors que les manifestations ont très vite quitté le
5° arrondissement (dès que la population du quartier a été doublée par
l'afflux de CRS, et que la place de la Sorbonne a été utilisée comme
garage des cars, et des voitures de police).
Je suis
déjà contre les blocages de facs quand ils sont menés par des
étudiants, (pask'il faut voir le type de démocratie qui se pratique
dans les AG étudiantes), mais quand c'est le Rectorat et la Préfecture
de police qui décident de faire mousser le truc, en grossissant les
dégats à l'intérieur de la Sorbonne (entre 500 000 et 1 millions
d'euros de dégats, mais bien sûr...), ca me reste un peu en travers de
la gorge. Parce qu'eux, ils n'ont rien à perdre dans l'histoire.
Genre "La Sorbonne est un symbole de mai 68, il faut empêcher à
tout prix que ca recommence, et si on peut s'en servir pour se faire
mousser un peu, n'hésitons pas." (Comme si les enjeux de 68 avait quoi
que ce soit à voir avec les histoires actuelles...)
Bref. Donc ce matin (en fait non, deux jours après le début des
vacances), la Sorbonne a rouvert ses portes. Pas de problème pour y
entrer à 15h.
Par contre, on a bien cru qu'on
n'allait pas pouvoir sortir. Après la fin de notre cours, on a pris un
café. La sortie la plus proche étant fermée (ca arrive parfois), nous
nous sommes dirigés vers la cour d'honneur, où nous avons trouvé les
portes closes itou. Et en fait, toutes les sorties étaient fermées. Ils
voulaient pas nous laisser sortir!
J'ai proposé qu'on
balance un ou deux ordinateurs par la fenêtre, pour que des CRS soient
envoyés pour nous faire sortir (eh, on demandait pas mieux nous :D)
Enfin ils ont fini par rouvrir un battant de la porte
principale, et on est passés au compte goutte, sans trop comprendre
pourquoi on avait été retiendus. En sortant, on a croisé une trentaine
de CRS, dont certains harnachés comme des mulets (ils devaient crever
de chaud, les pôvres) sur la place de la Sorbonne. Quand je suis
arrivée chez moi, madame la radio (heureusement qu'elle est là, celle
là, elle est mieux renseignée que nous, qui étions à l'intérieur) a dit
que les étudiants pro-blocages étaient dans la cour, et les CRS étaient
en train de les mettre dehors. Donc visiblement, y a eu un échange, les
gens qui voulaient sortir l'ont fait, et ceux qui voulaient rentrer (et
bloquer), l'ont fait aussi. C'était bien la peine de nous faire chier.
(Enfin les étudiants qui viennent jeter de l'huile sur le feu font
chier aussi, je dis pas)
30 mars 2006
Des joies oratoires
Certains d'entre vous
savent quelle superbe oratrice je fais. Je parle à la vitesse d'un TGV,
je bouffe mes syllabes, je bégaye, je perds mes mots, j'ai un cheveu
sur la langue, etc.. Et tout cela, même quand je ne suis pas stressée!
Et bien demain, toute une classe (enfin ceux qui auront été
prévenus que les cours reprennent à La-Sorbonne-En-Exil et qui se
sentiront obligés de venir), va subir un exposé de Mademoiselle Moi. Et
là, j'ai fait un test, je viens de causer toute seule pendant une
heure. Et j'ai pas inclus les explications de détails (non prévues au
départ et que mon directeur m'a demandé de rajouter au dernier moment),
juste les généralités. Donc, en gros, vu qu'on parle toujours plus
lentement devant un public que tout seul, ca va durer 1h15, kek chose
comme ca (les autres exposés durent habituellement une demi-heure à
tout casser). Ca va pas etre un exposé, ca va etre une conférence :)
En plus, c'est basé sur mon mémoire de l'an dernier qui a
enthousiasmé mon directeur (lequel m'a donc tannée à propos dudit
exposé), mais qui va probablement raser mes petits camarades linguistes
et syntacticiens, dans la mesure où
- 1) c'est plutôt de la phonétique/phonologie que je vais causer
- 2) personne ne bosse sur la famille austronésienne à part Indri, qui connait déjà partiellement ce que je vais raconter
- 3) de toute facon, je vais pas causer de linguistique, mais plutôt d'épistémologie
Même moi, ca me gave, ce que je raconte. Alors les autres. Nan, sérieux, y a de quoi foutre 40 personnes de plus en grève :)
Pfft en plus je vais devoir me lever tôt pour aller faire des photocopies de mon exemplier de 4 pages, payées de ma propre poche. La vie est injuste.
Mais je suis quand même pas de trop mauvaise humeur, notamment paske Sissyneck m'a promis d'amener une empenada quand elle viendra me voir tout bientot, et aussi paske ma maman, elle a une baguette magique dans son oeil et dans son appareil photo, et dans son photoshop aussi, et elle arrive à me rendre presque jolie, même quand j'ai une tronche de déterrée :D
21 janvier 2006
Des gens qu'on croise sur les bancs de la Sorbonne, et que même, des fois, on s'en passerait volontiers, de les croiser.
L'avantage d'étudier à
Paris, et notamment dans une grande fac avec un zouli nom très célèbre,
et située de surcroît dans un quartier plein de hautes institutions
intellectuelles, c'est qu'on a l'occasion d'écouter et de rencontrer
des grands. On a des linguistes connus en cours, on en voit d'autres à
des conférences (et certaines coupines rajouteraient "et en plus y a
mon groupe de rock favori qui passe à Bercy, c'est tout près, c'est
génial." Enfin ca c'est moins mon genre, déjà).
L'inconvénient, c'est que ces gens-là, ces pontes, ces grands, tout
brillants et agréables à écouter qu'ils soient, ben souvent, ils sont
accompagnés d'un fan club. Par exemple, ce matin, il y avait dans la
salle, la femme de l'orateur (octogénaire, mais bon pied bon oeil,
l'orateur), et toute une bande de fans de 40 à 70 balais environs. Plus
quelques étudiants un peu paumés, qui viennent assister au séminaire
paske bon, c'est leur activité principale, aller en cours, vu qu'ils
sont inscrits à la fac.
Alors déjà, on note que ceux
qui foutent la merdre, c'est pas les djeuns. C'est les vieux. Ils
chahutent, ils se crient des trucs d'un bout à l'autre de la salle, ils
private-jokent à qui mieux-mieux. On sent que certains suivent le
maître à la trace (je les ai croisés derrière lui à d'autres
conférence), depuis des années. Mais bon, la plupart du temps, c'est
rigolo, et quand ils interrompent l'orateur, c'est pour dire des trucs
intéressants, donc on leur pardonne.
Sauf que
parmi les gens intelligents, se cachent quelques boulets. Enfin je dis
"se cachent"... le terme n'est pas approprié. Paske c'est plutôt le
genre à se cacher en criant "ouh ouh, je suis lààààààà!" et en agitant
la main avant même que celui qui cherche n'aie fini de compter. Bref,
des boulets. Le genre qui vient en cours comme à une réunion cultuelle
(sans r, hein..). Si j'étais méchante, j'aurais tendance à dire que
c'est pour faire de la lèche. Mais en fait, nan, pask'ils sont vraiment
en adoration, et a priori, ca ne relève pas d'un interêt quelconque.
Ca me fait toujours penser à ces scènes à l'église dans Ally McBeal,
où toutes les dames de l'assemblée font échos au pasteur pendant son
prêche à grands renforts de "Yeah!", "That's right", et "Amen". Bon,
ben mes groupies (ca se dit pour les hommes, aussi?), ils sont un peu
comme ca, tous. (la femme de l'orateur, par exemple, elle trouve que
les exemples de son maris sont les seuls qui valent d'être étudiés, et
elle finit en écho toutes ses phrases avec lui. On a l'impression
d'avoir le cours en stéréo-décalé, c'est un peu pénible. Mais bon, elle
dit quand même des trucs pertinents, donc bon... Non, non, vraiment,
parmi tous ces adorateurs, les boulets sont définitivement les pires.
Le prof qui dit "Le phénomène des X, c'est très intéressant,
aussi, parce que....". Et le boulet de répliquer à voix haute "Mais
Tout est Intéressant, Tout, est intéressant!" (avec des majuscules à
tous les mots, paske le boulet est un grand enthousiaste. Et de se
retourner vers sa voisine (moi) en quête d'un signe de connivence.
Inutile de vous dire que la voisine reste coite, le visage inexpressif,
le regard fixé sur le prof, et si possible, rabat sa tignasse du côté
droit pour faire écran entre elle et l'indésirable. Et pendant toute la
séance, il balance des platitudes, des trucs qui tombent
systématiquement à côté de ce que raconte l'idole, essaye de faire
l'humour, mais c'est raté. Nan, sérieux, la voisine aurait presque
pitié, si elle n'était PAS sa voisine.
Faut dire que
le boulet, il avait déjà pris un mauvais départ avec sa voisine. Ca
fait plusieurs semaines qu'elle le voit coller ses petites camarades de
classes moins fortunées (toujours les étudiantes d'une vingtaine
d'années, hein, ni les mecs, ni les groupies de 50 ans..). Et ce matin,
elle attendait ses petits camarades donc elle s'était mise au deuxième
rang, tout vide, afin qu'ils puissent tous se mettre ensemble à leur
arrivée. Et le boulet est arrivé. La salle est gigantesque, il y a
plein de place disponible partout, et il vient se coller à côté d'elle.
A la table sur laquelle elle a étalé ses affaires, sa chemise en
carton, et tout. Elle fait genre qu'elle l'ignore, mais bon, au bout de
15 secondes, elle craque, elle pousse ses affaires, vu qu'il s'est déjà
assis. Et là, elle sait que les trois heures du séminaires vont être
looooooooooooongues. Le challenge ultime étant de l'empêcher de lire
par dessus son épaule. Ce qui n'est en fait qu'une expression
idiomatique, pasqu'il avait presque le nez collé sur ma feuille (pas
celle où je prenais mes notes de cours, hein.. l'autre. Il est rare que
je me contente d'une activité pendant les cours. Là, j'écrivais une
critique, et ca l'intéressait beaucoup trop à mon goût.)
Heureusement, après, une
coupine arrive, alors elle a un prétexte pour se tourner de l'autre
côté et le décourager un peu. Visiblement, elle s'en sort pas trop mal,
paske la coupine, elle est assez admirative, elle connaît l'hurluberlu,
tiens. Mme Porte-de-Prison, that's me.
15 janvier 2006
De ma groumpf-attitude
Cette semaine est pour
beaucoup d'étudiants, et en particulier, moi, une semaine de partiels.
Jusqu'à il y a quelques jours, je ricanais quand des confrères faqueux
se plaignaient des examens terrifiants qui les menacaient: Boah, nous
tu sais, on a juste un petit truc en bulgare, et un puis une heure et
demie d'exam en semantique le lundi suivant, et le reste du temps (deux
semaines officielles de partiels à la Sorbonne, pendant lesquelles on
n'a pas cours, + une semaine de vacances. Mouarf), ca va etre boulot
intensif sur le mémoire.
Résultat, j'ai effectivement
eu un ptit truc ridicule en bulgare. Mais je me suis ensuite rappellée
que pour le partiel de sémantique, fallait réviser mes notes (ca, ca
va, tant que j'arrive à me relire...) et surtout relire le texte sur
lequel est basé le séminaire. Là tout de suite on rigole nettement
moins; je peux même pas vous donner un exemple rigolo, paske les plus
marrants, ils sont bourrés de signes logiques que ce pauvre canalblog
serait bien incapable de reproduire. Bon enfin ca fait plusieurs jours
que je m'énerve sur cette connerie, et CA ME GAVE.
Et en plus j'ai appris vendredi dernier que jeudi prochain (ca va vous
suivez?), j'ai une espece de partiel bouche-trou dans une autre matière
(celle de mon directeur, en fait) pour faire plaisir à l'administration
qui veut absolument que nos notes soient semestrialisées (oui, c'est un
vrai mot qui existe, ca, parfaitement.) Le prof qui a été prévenu au
dernier moment, fera donc passer 60 personnes à l'oral dans une
journée. Ce qui nous fait des oraux d'approximativement 10 minutes.
Mais bon, chuis consciencieuse, et donc je vais quand meme le bosser
toute la journée de mercredi et une bonne partie de jeudi (jusqu'à
l'heure où je passe, quoi). D'autant que ce truc insignifiant aura un
assez gros coefficient.
Bref, ma semaine de boulot
sur le mémoire, je peux gentiment m'asseoir dessus. De toute facon, je
sais pas pourquoi je m'énerve, vu que j'ai aussi appris (Vendredi
dernier fut une journée de grandes révélations) que le mémoire en
question, il va compter pour des cacahuètes dans le décompte
final. Bien la peine qu'on se fasse chier à produire quelque
chose de correct, tiens. Je me demande bien pourquoi tout le monde nous
rebat les oreilles avec ce qu'ils ont baptisé le "master recherche",
si les futurs chercheurs sont évalués sur leurs capacités à retenir
trois exemples par coeur et à les recracher poliment au jour dit (et
évidemment, à les oublier tout de suite après, paske les applicatifs en
kinyarwanda, c'est fun, mais ca n'aidera pas la majorité des gens à
trouver un boulot après, surtout sorti du contexte comme ca). Enfin
pour ce que j'en dis, moi...
J'aime pas la fac, voilà.
---------------
Les mots sur la musique:
"You've got to accentuate the positive
Eliminate the negative
Latch on to the affirmative
Don't mess with Mister In-Between"
Ac-cent-tchu-ate the positive, Andrews Sisters




