Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

05 septembre 2009

Variations.

   Hier matin, je suis sortie d'un immeuble du 3ème arrondissement, les yeux encore un peu humides, la tête pleine, et plutôt satisfaite de moi. Bonne matinée.
   Hier soir, je suis sortie d'un immeuble du 20ème arrondissement, les yeux encore franchement humides, la tête vide, et pas satisfaite du tout. Mauvaise soirée.

   
   Et puis j'ai couru dans les couloirs du métro pour choper la dernière rame, lu pour me remplir la cervelle d'une autre histoire que la mienne, atteint mon appartement, mangé des tartines de moutarde et du bon raisin, et je me suis couchée avec l'idée que finalement, tout ça s'équilibrait.

   Et j'ai plutôt bien dormi.

13 août 2009

De deux gâteaux

    Le jour de l'anniversaire de mon frère, il y a 22 ans (et très peu de bananes), aux Blaches. Une vieille ferme en Isère, appartenant aux P., amis de mes parents, et dont ces derniers retapent un bâtiment.
    La seule chose dont je me souvienne, moi, c'est les deux gâteaux d'anniversaire. Un au chocolat, et un au citron, tous ronds.

    Je m'apprêtais à écrire que ces gâteaux m'ont ravie (mniam mniam). Je me demande quand même si je me serais pas un peu insurgée (à l'intérieur au moins) sur la pertinence de DEUX gâteaux pour l'anniversaire des UN an de mon ptit frère.
    Mmmh.


01 juillet 2009

D'un parfum

  Le jour de ma fête d'anniversaire. J'ai trois ans. Je suis dans l'entrée de la maison, un petit garçon noir me tend mon cadeau tout de suite en arrivant. Un parfum, dont le nom est Maëlle.
  Ca m'a fait quelque chose, ce parfum, apparemment. Je me revois plus tard, peut-être le soir même, peut-être un autre jour, dans ma chambre. Un adulte m'aide à en mettre.

29 juin 2009

D'une robe bleue.

   Dans la cour, près de la voiture. Mon frère est peut-être dedans, mon père est debout derrière moi, je crois. Nous attendons ma mère. Elle sort de la maison, descend l'escalier.
   Plus tard, dans une salle remplie de gens. Je suis assise quelque part sur la droite, à côté d'une dame en robe bleue, A., peut-être? Je suis excitée comme une puce, "c'est ma maman, c'est ma maman."

 

   A vrai dire, c'est ma maman ET mon papa. Faut être deux, pour se marier.

28 juin 2009

D'un ptit chien.

   J'ai un jouet, un petit chien en peluche, avec une armature rigide et un mécanisme à l'intérieur. Quand on le remonte, il aboie, et, je crois, il avance. Je me vois jouer avec sur le carrelage de la cuisine.
   Et puis un autre jour, dans la cour, en haut de l'allée qui descend vers le portail. Je tourne le dos à la maison, et devant moi s'étend toute une zone recouverte de lierre et peut-être de mauvaises herbes. Au fond, il y a un mur, et derrière, en contrebas, la route. Je jette le jouet loin devant moi, il disparait dans le lierre.
   On le retrouvera longtemps après, il me semble, au moment de desherber, peut-être. Il me semble me souvenir que ma mère m'a demandé pourquoi je l'avais jeté là.

   Aucune idée.

25 juin 2009

D'un cerisier.

   Printemps 87. Je n'ai pas encore 4 ans. Je rejoins les adultes dans le jardin. Mes parents doivent être quelque part sur la gauche, mais je ne les visualise pas vraiment. Mon futur beau-frère C. est devant moi, ma soeur perchée dans le cerisier. Je lui demande comment elle est montée. Elle me répond "En volant, comme les avions". Je répond que c'est pas vrai, qu'elle n'a pas de petites roulettes comme les avions ("train d'atterissage" ne doit pas faire partie de mon vocabulaire, encore, à cette époque :) ). Elle me répond que si, qu'elle fait comme les avions, les roulettes sont rangées quand elle s'en sert pas au sol.

   Je me souviens avoir été vexée comme un pou, ce qui explique peut-être que ce souvenir soit un des plus clairs que je possède de cette période, et que ma soeur y soit si nette, alors que les gens sont souvent flous dans les autres. Mon premier souvenir d'avoir été en colère.

  J'ai fini par comprendre comment elle était montée dans l'arbre, en voyant C. l'aider à descendre.

  C'est aussi mon unique souvenir de lui.

24 juin 2009

D'un escargot

    Je ferais bien une ptite série de notes sur mes plus anciens souvenirs. C'est un truc qui me travaille un peu en ce moment, j'essaye de remonter le plus loin possible. J'en ai quelques uns que je peux dater assez précisément autour de mes quatre ans, un peu avant ou un peu après.

 

   Et d'autres, parfaitement indatables.

 

   Par exemple, ma maman me chantant chantonnant L'escargot Léo, dans la partie basse du salon de la maison de la rue de M.. Avant mes 5 ans, donc. Mais quand? Je viens de réécouter la chanson (), je me souvenais parfaitement du tout début, et absolument pas de tout le reste.Est-ce qu'elle chantait l'ensemble?

   A vrai dire, je ne visualise pas clairement ma mère, tout en l'entendant très bien. J'ai très peu de souvenirs anciens de mes parents.

19 mai 2009

D"un dilemme

C'est compliqué, ce truc là.

Soit je planque que ça ne va pas. Et alors je ne dis plus rien du tout. Ou bien on me reproche de ne pas m'ouvrir assez aux autres. Ou bien j'ai le sentiment d'être dans une dualité presque complètement cloisonnée, y compris avec les gens que j'aime.

Soit je dis. Et je cours le risque de trouver, en face, l'incompréhension. ("Mais je pige pas bien, tu es en bonne santé, tu fais des chouettes études, tu as une chouette famille... comment ça peut ne pas aller?") Ou de l'énervement. ("T'as tellement de chance d'avoir la vie que tu as, tu peux pas t'en contenter, par décence envers ceux qui ont moins que toi?"). Ou alors, c'est tellement inquiétant, angoissant, pour l'autre, que ce n'est pas soutenable.

Bon. Ce soir, c'était la version "arrête de plaindre, y a plus malheureux que toi". Enfin je crois que le message était celui-là. J'en sais trop rien, j'ai coupé court avant. Je me suis mise en colère, parce que ça tapait pile à l'endroit où ça fait mal.

Je le sais bien, qu'il y a plus malheureux que moi. Que j'ai de la chance de ne pas être handicapée, ou à trimer au fond d'une mine depuis que j'ai 4 ans. Que je suis privilégiée pour tout un tas de choses.
Et, va savoir pourquoi, ça ne me console pas trop, de savoir que c'est pire pour les autres. J'ai pas le sentiment de faire un concours, où seul le plus malheureux aurait le droit de dire qu'il l'est.
Et en même temps, c'est un argument que je m'oppose souvent à moi-même. Peut-être bien qu'ils ont raison, les gens qui disent qu'au fond, aller mal, c'est une décision, qu'on prend. Et je suis la première à penser qu'il y a au moins une part de fétichisation de la souffrance.

Mais dans l'ensemble, vraiment, j'aimerais bien ne plus me sentir vide, avoir l'impression d'être animée, de temps en temps par quelque chose qui vient de mes tripes. Arriver à faire vraiment confiance aux gens. Ne pas me sentir aussi souvent en inadéquation avec ce qui m'entoure. Avoir le sentiment que ce que je fais est intéressant, et que je l'ai fait comme il faut. Me sentir séduisante ET aimable ET aimée ET capable d'aimer, au même moment.

Il faudrait moins réfléchir, ne pas angoisser, ne pas déprimer, arrêter de s'écouter, et de se complaire dans la fange. Vivre juste et profiter des zoulies ptites choses de la vie.
Il faudrait décider d'être heureuse.

Ben moi, y a plein de jolies petites choses dans la vie que j'aime, qui me font rire, qui me font plaisir, qui suffisent à me mettre de bonne humeur.
Mais ça n'empêche pas que sur le fond, je ne suis pas très heureuse.
J'essaye de faire des trucs pour résoudre les problèmes, ce que je peux, en tentant de prendre les choses dans l'ordre.
Mais pour l'instant, je continue à n'être pas très heureuse.

La question, c'est de savoir si je peux le dire ou pas.
Et si je peux pas, est-ce que je dois laisser croire aux gens qu'ils aiment ce que je suis?

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Les mots sur la musique

I wish I knew how
It would feel to be free
I wish I could break
All the chains holdin' me
I wish I could say all the things
That I should say
Say 'em loud
Say 'em clear
For the whole wide world to hear

I wish I knew how it would feel to be free, Billy Taylor

08 mai 2009

D'un malentendu

"Tu es hautaine, un peu."
"Tu es rayonnante."
"Tu es froide et objective."
"Tu es plus sage que moi."
"Tu es moins sage que moi."
"Tu es souvent extraordinaire."
"T'es folle !"
"Tu es tout le temps en train de ronchonner."
"T'es une belle dame."

Parfois, j'ai l'impression qu'il y a erreur sur la personne.

26 avril 2009

D'une perte

   J'ai envie de gloser un peu sur un échange de commentaires qui a eu lieu chez Gamacé.
Elle y raconte la difficulté de "lâcher prise" après la perte d'un objet aimé. De comment c'est dur de se dire que c'est irrémédiable.
   Sa note, et le commentaire de Delest (ouais, allez voir directement, ça sera plus naturel que si je raconte tout), m'ont évoqué une anecdote liée à la perte d'un objet que j'aimais.
   Le soir du premier rendez-vous qui allait donner lieu à ma première vraie histoire après 6 ans de célibat (rien dans la tête, rien dans le coeur, messieurs-dames), j'ai perdu le châton de la bague que je portais au doigt. Au moment où les portes du RER se sont refermées, le garçon avec qui j'étais sur le point d'engager quelque chose (mais quoi?) d'un côté, et moi de l'autre, j'ai baissé les yeux sur ma main droite, et constaté que la pierre était tombée.
   J'ai été très triste, après avoir été très bien pendant toute la soirée. Mais je crois que ce moment de basculement dont parle Gamacé, le moment où on renonce pour de bon à l'objet perdu, est venu très vite. Je crois que j'ai pensé qu'au fond, s'il fallait en passer par la perte d'une bague aimée pour avoir le droit de recommencer à faire marcher un peu mon coeur, c'était un prix acceptable. Voire, peut-être, que c'était quelque chose dont il fallait être reconnaissante.
   Parfois, je me dis que c'est juste de la superstition, un truc pour me réconforter.
   Et puis je me souviens que je savais pertinemment que la pierre était branlante. Que j'ai décidé de porter cette bague précisément ce soir-là, alors que j'avais fait des efforts pour ne pas m'apprêter particulièrement (jean-débardeur noir, plus simple tu meurs.). Que cette bague, il n'y avait aucune chance de pouvoir la remplacer, puisque mes parents me l'avaient ramenée d'Inde.
   Et que pour commencer cette histoire, il fallait effectivement en passer par la case du renoncement, et accepter de commencer à laisser tomber cette chose à laquelle je tenais tellement: le sentiment que je suis mieux seule. Alors perdre la bague, à côté de ça, et même si j'y étais très attachée... peut-être que ça préfigurait le sacrifice que j'ai, ce soir là, décidé de faire.

Posté par Mlle Moi à 02:11 - Narcissisme et nombrilisme sont dans un bateau... - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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