Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

07 novembre 2006

De l'hibernation

    Ca ne m'était pas arrivé depuis quelques années. Pas vraiment, pas à ce point-là. Pas depuis le lycée, je crois. Ce truc qui te tombe dessus au-début de l'hiver, aux premiers froids, aux premiers matins de brouillard, aux premières grisailles. Ce poids mou, qui t'enveloppe et émousse un peu le contour des choses alentours.

    Ces dernières années, le froid et la baisse de luminosité avaient tendance à me déprimer. Là, non, pas vraiment. Je ne suis ni déprimée, ni vraiment bien. Je flotte un peu entre les deux, selon les moments. J'ai du mal à sortir de chez moi. Je fais des choses, et je n'en reste pas marquée. Il y a un moment, j'ai dû faire un effort pour me rappeller que les photos au parc Montsouris, c'était avant-hier, seulement. Je travaille un peu ou bien ou selon les moments, et je n'en retire que l'impression désorientantede n'avoir rien fichu, sans bien savoir pour autant où sont passées mes journées. J'ai dormi, peut-être? Pas tant que ça, pourtant. Je ne sais pas trop. J'ai parlé, mais je ne sais pas bien de quoi. J'ai chanté, je crois. Mais quoi?
   Je dis souvent que je suis "molle", c'est un des mots par lesquels je m'autocaractérise le plus. Mais là, je me donne l'impression d'être ... malléable. Déformable, étirable, compactable. Pesante et légère à la fois. Entre-deux. Au ralenti. Ou en filigrane de moi-même, à me regarder faire d'un peu loin. Ce n'est pas spécialement désagréable, au fond. J'ai bien de temps en temps un coin du moi (qui fais les choses) qui dit au moi (qui regarde) de sortir de sa torpeur et de se bouger les fesses, de participer à l'effort général, sans trop de résultat pour l'instant. J'espère que je ne vais pas continuer à patauger dans de la barbapapa pendant les trois mois qui viennent, quand même... J'ai beau avoir l'air à peu près normale de l'extérieur, je sens bien que je ne suis pas au mieux de mon efficacité, et la montagne de choses à faire d'ici là me fait un peu peur.

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Les mots sur la musique

"j’ai comme qui dirait la boule
un coup d’froid dans mon cool
un coup d’vent une houle
un coup d’gel dans mon pull-
    over

j’ai comme qui dirait du mal
dans ma tête une balle
de ping-pong anormale
un coup d’froid dans mes malles
    d’osier

j’ai comme qui dirait du blues
à en sucer mon pouce
à rêver d’eau de source
sur des tapis de mousse
    bleue

j’ai comme qui dirait un cil
dans ma crème dans mon île
flottante indélébile
coup d’ciseaux dans mon fil
    à plomb."

Coup de froid, Isabelle Mayereau

   
   

04 octobre 2006

    Chuis un peu au fond du gouffre, là. Et comme la danette au chocolat c'est mal, j'essaie de noyer mon chagrin dans les carottes rapées, et évidemment ca marche pas.
  Et en plus je me pèle le cul (allez, je vais encore avoir le droit à des requêtes rigolotes) depuis deux jours, c'est la loose.

14 septembre 2006

    Il pleut. Enfin.

    C'est un peu comme si la pression atmosphérique était retombée en même temps que mon stress de ce soir.

    Bizarre.

12 septembre 2006

De l'autre côté

    Passer de l'autre côté c'est:

-passer avec succès les épreuves de l'inscription en thèse, du contrat d'allocation de recherche et de celui de monitorat.
-être indépendante financièrement
-donner ses coordonnées pour être inscrite sur la liste du personnel de l'UFR
-se préparer à parler de ses "collègues" et non plus de ses "condisciples" (non que je n'ai jamais vraiment employé ce terme, à vrai dire..), et de "ses" étudiants (ceux qui vont lever la main pour avoir la parole, argh)
-mettre le pied dans le panier de crabes de la fac et du CNRS, en sachant que c'est délicat, mais sans trop savoir de quelles pinces se méfier
-changer de régime d'affiliation à la sécu
-envoyer ses fesses d'intello, habituées aux chaises de bureau, s'endurcir dans un environnement moins moelleux et voir du pays.
-avoir de plus en plus d'amis en couples, installés, pacsés, mariés.
-Acheter pour sa bibliothèque personnelle les lectures-cultes de son adolescence, pour ne plus avoir à les demander à sa maman.
-résister à l'envie de se rouler en boule sous la couette avec son Asimov, et faire les choses à faire (ca, ca dépend encore un peu des jours, hein, faut être honnête)

08 septembre 2006

De mes velleités en matière de décoration d'intérieur

    Je suis une grande bricoleuse du dimanche. Par "du dimanche", entendez "du premier dimanche tombant le 13 d'un mois, les années bissextiles".
  Enfin non, j'exagère... j'ai beau être née dans une famille d'intellos, j'ai assisté dès mon jeune âge à des travaux divers et variés liés à de non moins divers et variés emmenagements, déménagements et aménagements. Vous savez, décoller le papier peint à la vapeur (et en remettre, éventuellement), boucher les trous dans le platre, peindre les boiseries, poncer et teindre au brou de noix le vieux lit trouvé dans une brocante, réparer une étagère avec quatre allumettes, tout ca, quoi. En fait, plein d'autres trucs plus ardus, aussi, mais auxquels je ne participais pas,...
  Je suis pas encore au niveau de mon papa (je touche pas trop à l'éléctricité, sauf obligation, ni à la menuiserie), de ma maman (qui sait tout ce qu'il y a savoir sur les peintures, laques, enduits, et bien d'autres choses merveilleuses encore), ou de mon beau-frère (ma soeur m'a une fois expliqué tout ce que son homme était capable de réparer ou de fabriquer dans la baraque avec un vieux collant troué, j'en garde un souvenir ébloui), ou de ma copine-jumelle, qui a fait un stage chez un plombier.
    Mais n'empêche, je suis bien meilleure que mon proprio. Et donc, pour pallier aux inconséquences (enfin à l'une des inconséquences) de ce dernier quant à la réfection à neuf de mon appart (il y a deux ans, juste avant que j'emmenage), j'ai cette semaine pris le taureau par les cornes.
    Voui, parce que mon proprio, il est gentil, mais il est pas au courant qu'on ne passe pas n'importe quelle peinture, n'importe comment, directement sur un mur en platre. Sous peine de voir ladite peinture se gondoler, se fendre et s'écailler gaiement au bout d'un an et demi. Je dis "gaiement", parce que vu la vitesse du phénomène, on dirait vraiment que le mur est vivant, et qu'il est en train de muer. Allez savoir pourquoi, j'ai comme un doute sur la nature de la nouvelle peau, en dessous de l'ancienne. Et puis j'en ai marre de bouffer de la peinture.
  Voui, parce que, la peinture, elle a décidé de craquer juste au dessus de mon lit. Et comme, ces derniers temps, j'ai pas mal remué le matelas du dessus (je dors sur deux matelas, genre Princesse Petit Pois) vu que j'ai eu plein de gens chez moi depuis fin juin, à chaque fois, la peinture a morflé. Et maintenant, il suffit que je remue en bougeant un oreiller, et paf. Et j'en ai marre. En plus ca s'écrase, ca tache tout, c'est chiant.

    Donc, hop, au bout de six mois (réaction instantanée, vivacité sans pareille et légendaire de la demoiselle Moi en action), je suis allée l'autre jour avec Amarante au marché aux tissus de Montmartre, et j'ai fait l'emplette de 9m carrés d'un zouli tissu à rayures rouges, vertes, et ocres. Je vous passe les heures d'atermoiements et l'accouchement difficile du choix. C'est pas drôle.
    Donc, me voila, armée de mon morceau de tissu qui pèse quand même son poids de cacahuètes. Se posent alors les questions techniques. Du style, "comment vais-je faire pour fixer ce truc, et que ca ne me tombe pas sur la gueule quand la peinture s'écaillera au niveau de la fixation?". Je suis un peu flippée par les trucs susceptibles de me tomber sur le coin du nez quand je ne les surveille pas. Et j'aime bien dormir avec les deux yeux fermés, allez savoir pourquoi.
     J'ai envisagé des tasseaux de bois, mais il aurait fallu un tasseau de 2m de long, chiant à transporter, et puis soit il était apparent, mais moche, soit cousu dans le tissu, mais chiant à faire (j'aime pas coudre). Et puis fallait percer des trous super haut et je sais pas quelle est l'épaisseur de plâtre, paske c'est jamais très égal vers le plafond. Et en plus ma perceuse est pas très pratique pour faire des trous en hauteur, pask'elle est lourde (et que moi, je suis petite et pas très forte), et qu'elle est épaisse (et donc on peut pas faire des trous à moins de deux-trois centimètres du plafond, où alors ils sont pas droits et c'est pas bien).
    Donc, j'ai décidé de faire simple, et d'agrafer mon tissu. J'ai donc sorti pour la première fois mon agrafeuse de compétition (celle qui agrafe à plat contre le mur, et que laquelle t'as pas intérêt à coller tes doigts en dessous, je te dis que ca). Avec des agrafes de 14 milimètres de profondeur, je suis sûre que le tissu me tombera pas sur la tronche. Par contre, quand je l'enleverai, le mur va venir avec, mais comme je ne l'enlèverai que pour refaire la peinture, je ferai les rebouchages au passage, haut les coeurs.

    Un deuxième problème se posait toutefois. Le plafond, il est haut. Et moi, je l'ai dit, je suis petite. Même sur la plus haute marche de l'escabal, j'atteinds pas le plafond. Ou alors limite, limite, et vu comment il faut forcer comme une malade sur l'agrafeuse pour lui faire cracher son bout de métal, y aurait fallu que je sois Hulk. En fait, ben, je le suis pas.
    Donc, j'ai décidé de poser l'escabeau sur le lit (sans les matelas, hein), non sans appréhension.

  Je sais pas si je vous ai déjà présenté mon lit? non, je crois pas, enfin pas ici. Mon lit est une infâme merdouille que je trouvais jolie, et que j'ai achetée (relativement cher, pour ce que c'est) il y a quelques années, chez Fly (hop, pour une fois je fais de la- mauvaise- pub). Un truc japonisant, avec un genre de tatami posé sur un cadre, et des tiroirs coulissants dans le cadre. Bref. Le truc est de construction shitesque au possible, et c'est un miracle qu'il ait survécu à deux déménagements. Pour tout vous dire, je m'assure tous les deux jours que tout est en place et qu'un pied n'est pas en train de se carapater, avant de me coucher. Donc bon, le coup de l'escabeau direct sur le tatami (qui est quand meme soutenu par une planche rajoutée par mon papa, solide, elle), c'était un peu casse-gueule, et je le sentais moyen.
    Sur la demande de ma maman, j'ai attendu d'avoir quelqu'un à la maison avec moi, pour vérifier que je me pétais pas la margoulette.
     Je dois dire que j'étais pas fière, à faire le singe sur un échaffaudage instable avec une machine de la mort entre les mains et un truc de 9m carrés susceptible (et lourd) qui cherchait à se prendre dans nos pieds, à moi et à l'escabeau. Et le lit qui craquait à chaque mouvement. Et Indri qui a été obligée de monter elle aussi sur le lit pour soutenir le tissu, parce que j'arrivais pas à tout tenir de la main gauche et à aggrafer de la main droite. Et le lit qui craquait. Et l'escabeau qu'il fallait déplacer toutes les trois agrafes, parce que sinon j'avais pas assez de force dans le poignet pour agrafer.
    Et le lit qui craquait. (Et mon nez qui me grattait).

(j'entends déjà certains membres éminents de ma famille chantonner "Encore heureux, qu'il ait fait beau, qu'il ait fait beau, qu'il ait fait beau..." à la lecture de ce post.)

   Bon, évidemment, je ne vous le raconterais pas si ca avait été un échec lamentable (ou ptet que si, en fait :D). Je me suis bien rendu compte, a posteriori, que j'aurais dû repasser le tissu avant de l'accrocher, mais enfin, c'est bien peu comparé à ma joie de ne plus avoir à ingérer de poudre blanche tous les jours (c'est ptet pour ca que je suis malade, depuis deux jours? je dois être en manque..)

  Prochaine étape, la pose de crémaillères dans ma cuisine et au-dessus de mon bureau. Ca risque de valoir le coup d'oeil aussi. J'en frétille de joie par avance.

14 août 2006

Des repas en famille

    Les repas, chez moi (enfin chez mes parents, quoi, parce que chez moi, évidemment, je suis toute seule, c'est moins drôle), c'est parfois assez folklo. Déjà, il existe une propension familiale à balancer des conneries et à rebondir hystériquement dessus, de jeu de mot en jeu de mot, jusqu'à atteindre le fou-rire généralisé. Tout cela émaillé, évidemment, de citations et privates jokes renvoyant à à peu près tout et n'importe quoi, du dernier spectacle de Gad Elmaleh à Shakespeare, en passant par Lucky Luke et consorts, sans oublier le répertoire de blagues cons brevetées et cataloguées.
    Mais le truc vraiment caractéristique, c'est la tendance de deux des quatres membres (nommément, mon papa et moi) à se lever de table pour aller déterrer un dictionnaire poussiéreux, histoire de vérifier incontinent un truc absolument essentiel à la continuation d'une existence normale.
    Par exemple, ce matin, au ptit déj, j'interroge ledit papa sur un petit problème de thème latin posé il y a peu par Martin Lothar. Dans les 15 secondes, zou, Gaffiot (également connu sous le nom de Felix, ou de Gaf) atterrit sur la table (attablit?) et nous livre ses secrets:
    moi- Non, Papa, Virgile n'est pas considéré comme classique, il faut voir ce que dit Cicéron!
    mon papa - Bah, c'est des conneries de profs de khagne, ca.
    moi - Certes. D'ailleurs, j'aime pas Cicéron....
    ma maman -tu préfères Poincaré uhuh...
    moi (ignorant superbement) -... mais là n'est pas le problème. Bon alors il dit quoi Cicéron?
    mon papa- ouais bon, ok, "unus", ca peut marcher dans ce contexte là, mais vaudrait mieux le placer après.

  Dix minutes plus tard, à la suite d'une obscure conversation sur la parité homme-femme dans la langue française, Gaf est rejoint par Dauzat et Picoche (Bloch et Wartburg étant à mon grand regret indisponibles dans cette maison, il faudra d'ailleurs y remédier), les étymologistes de service (tiens d'ailleurs, on dit étymologue, ou étymologiste? étymologiste ca fait penser à entomologiste, jtrouve). Objectif: parvenir à décider de l'origine du mot "mari".

  En fait, c'est toujours à table que les questions existentielles se posent. Ce soir, à propos d'une affiche dans le métro vantant les mérites d'un cours d'anglais (Wall Street English, pour ne pas les nommer) qui proclamait royalement "TROIS MOTS ONT SUFFIT" (pour faire une faute de français,mais en même temps c'est des cours d'anglais, qu'ils donnent, pas des cours de français), nous nous sommes interrogés sur l'existence de verbes faisant -vraiment- leur participe passé en -it (ouais paske même "suffiter", ca devrait faire "suffité", en toute logique). Après trois minutes de brainstorming, on n'avait trouvé que les composés de dire, mais après, ma maman a demandé qui revoulait de la salade, alors on est passés à autre chose (la qualité des concombres du beau-père de ma soeur, pour ne rien vous cacher).
    Hier, à 7h 10, mon papa sort de sa chambre, la tête dans le seau et les cheveux néanmoins ébouriffés comme à l'accoutumée, pour s'entendre demander ce que racontait au juste la théorie quantique. Y a des matins, comme ca, je pète la forme, surtout quand, comme depuis une semaine, je n'arrive pas à dormir au delà de 7h30. Au crédit de l'auteur de mes jours, je dois dire qu'au débotté, comme ca, il s'en est plutôt bien sorti (enfin pour autant que je puisse en juger, évidemment).

    Tout ca pour vous prouver que, quand même, dans les familles d'intellos, on s'éclate grave lors des repas.

23 juillet 2006

De la nostalgie

    J'ai 23 ans, et je suis gravement atteinte de nostalgite chronique. C'est pas nouveau, remarquez, ca m'a pris très tot. Déjà, sur les photos de quand j'avais sept ans, assise sur la balancoire dans le jardin de mes grands-parents, les cheveux frisottés et les ballerines aux pieds, avec une petite fleur à la main, j'avais l'air de dépérir en pensant à un age d'or passé. (Et je vous parle pas de certaines photos de mon adolescence..).

    Bref. Je suis nostalgique. Grave. L'autre jour, je suis repassée en bus avec Crooke et Monsieur Camille devant mon ancien chez moi lyonnais, le parc de la Tête d'Or, le lycée où j'ai fait ma khâgne. Et ben paf. Toute chose (alors que bon, hein, voilà, il n'y avait pas de quoi en faire un fromage, non plus.)
   
  Et pis les odeurs de terre mouillée dans le jardin de mes parents, après l'arrosage, et les ptites notes rondes des crapauds (ouais, eux aussi, ils aiment bien l'arrosage).

    Et pis là, je lis le blog d'Angel et de sa copine-voisine Alix sur leurs minots, et je tombe sur ce post, présentant un pilier de ma petite enfance. Ca ne rate pas, je jubile et je me précipite pour montrer ma trouvaille à mon frère. Uhuh, les toucans.

    Et pis ce matin, à la piscine... J'ai pas foutu les pieds dans une piscine municipale depuis ouhlala, ouais, au moins tout ca (comme ca à vue de nez, je dirais 7 ou 8 ans, facilement). Je nage comme un pied (un pied tout seul, évidemment), et j'aime pas les gens, hein. Et ben rien à faire, ca m'a plu quand même. La grande pelouse, l'odeur de chlore, le pédiluve gelé, la petite buevette avec des trop bonnes frites, les maitres-nageurs toastés en slip rouge grouik. Même le coup de soleil sur le pif et les douze couches d'après-soleil, ca m'a fait plaisir. C'est dramatique.

    J'ose à peine imagine l'emmerdeuse radoteuse que je vais être quand j'aurais 70 balais.

(Hihi, mon frère vient d'aller farfouiller dans les vieux livres d'enfants pour me retrouver le bouquin dont je parlais à l'instant. Scusez-moi, les gens, je vous laisse, j'ai de la lecture :D)

18 juillet 2006

    Il y a un inconvénient majeur à la qualité de "grand" (d'adulte, j'entends, sauf que "adulte", je m'y reconnais pas encore des masses): il y a toujours un truc à faire.
    Il y a toujours quelqu'un qui veut que je fasse quelque chose. Je peux même pas leur en vouloir, vu que la première moitié de ces quelqu'uns et de ces choses ont été encouragés par mon comportement habituel (je suis gentille, j'aime aider les gens, tralala), et que l'autre moitié a pour objectif mon propre interêt. "Tu fais plein de trucs pour les autres, mais tu fais pas ce qu'il faudrait faire pour toi-même. Pense à toi."
    Le problème, c'est que, là, tout de suite, la seule chose que j'ai envie de faire dans mon propre interêt, c'est RIEN. Ce qui est débile, paske bon, faut être raisonnable, c'est pas le moment de déconner, c'est mon avenir qui se joue, tout ca.
    N'empêche. Mon avenir, j'aimerais bien le fourrer dans un sac, sous un truc bien lourd, et le coller au fond d'une armoire sombre qu'on n'ouvre jamais. Avec une porte qui grince, pour être avertie dès qu'un importun tente d'y fourrer le nez.
  Je suis dans une phase ou j'ai PAS DU TOUT envie de voir mon avenir, ni de lui faire plaisir, rien du tout. D'ailleurs j'ai envie de faire plaisir à personne. J'aimerais bien envoyer balader tout le monde (je fais pas de liste, y en a qui pourraient se reconnaitre :D), sans distinction. Prix de gros.Hop, au revoir tout le monde. Juste mon lit, mes bouquins et moi.
    Sauf que bon, je peux pas. Ils ont rien fait les gens (ou bien même ils ont essayé de m'aider). Et pis c'est pas le bon moment. C'est jamais le bon moment pour envoyer bouler les gens. C'est chiant. En plus, rien qu'à envisager le début de l'idée que peut-être je pourrais dire merdre à certaines personnes, je suis prise à la gorge par un sentiment rampant mais tenace de culpabilité. Je me noie dans mon surmoi.

    J'ai pas envie de faire ce qu'il y a à faire. J'avais juste envie de quinze jours à ne rien faire du tout. Mais malheureusement, les trucs-à-faire, ca disparait pas comme ca. On peut faire semblant de les ignorer pendant un moment, mais ils sont toujours là, à vous regarder avec des yeux de merlans frits (ou de caniche battus, selon les moments), à chaque fois que, par erreur, votre esprit s'aventure dans le mauvais recoin de la pensée et de la mémoire.
    Et après, c'est foutu. Je fais rien, donc j'angoisse. Plus j'angoisse, moins je suis capable de faire ce qu'il faut, et plus j'angoisse. J'ai l'habitude, c'est permanent, chez moi. Mais j'aurais bien aimé quinze jours sans angoisse. Avant de mettre le pied dans le monde des grands, et que ca ne s'arrête plus.

    Parce que tous les "Allez-courage-c'est bientôt fini- tu fais juste ca, et après t'es tranquille", on le sait bien que c'est une arnaque. Une grande et grosse arnaque collective (à laquelle je contribue moi même régulièrement quand je cherche à remonter le moral des autres). Les trucs-à-faire, ils disparaissent jamais. Ils se reproduisent, ils se multiplient, et puis ils tissent des liens pour qu'on ne puisse plus les désolidariser et les prendre un par un. Une sale engeance, ces trucs-à-faire, vraiment.

   
    Résultat, je suis déprimée, fachée ET angoissée. Tiercé gagnant.

21 juin 2006

De mes pieds (2)

    "Bouger c'est important". C'est le titre du mail crétin que j'ai recu de la RATP. Dans le contexte actuel, ca ne me fait pas rire.

    Le contexte actuel, c'est que pour la première fois de la saison (et ca devrait normalement durer jusqu'en septembre), mes talons ont éclaté comme des melons trop murs. Les deux. Tout ca parce que j'ai marché en cumulé 1h dans l'aprèm.
    "Change de pompes", ils me disent, les gens. Les pauvres, elles ont rien fait. Ce sont même la seule paire ne m'ayant jamais fait de coup fourré, ni d'ampoule, depuis un an que je les ai.
    Non, non, le problème, c'est ma peau. Encore et toujours elle. Celle qui est, sous mes pieds, aussi sèche que la terre d'un pays d'Afrique n'ayant pas vu la pluie depuis dix ans. Celle qui, comme cette dernière, se fissure, sous la chaleur dessechante. Celle qui m'avait déjà fait écrire ce billet sur le sujet, il y a moins d'un an.

    Et puis évidemment, deux jours avant la fête de la musique. Sinon, c'est pas drôle. Ce serait con que, pour une fois que j'ai fini toutes mes échéances, rendu mon mémoire et fini mes partiels, je puisse en profiter et me promener toute la soirée pour écouter des trucs sympas. Ah oui, ce serait con. A la place, je vais m'amuser à clopiner sur l'avant et les côtés de mes pieds dans le 6° arrondissement, en espérant que je me ferai pas trop bousculer...

    Et puis bon, j'avais prévu d'aller m'acheter une jupe ou deux, mais vu que les sandales (et en particulier celle à talons qu'il faudrait porter avec le type de jupe qui m'intéresse) semblent proscrites, je vais laisser tomber, on verra plus tard.


    Les ptits malins, ils me demandent comment je vais faire au Vanuatu.  Ben à vrai dire, je compte sur le climat tropical pour ne PAS me déssécher les pieds. Enfin je vais quand meme aller voir un podologue. Je sais, les soldats marchent sur leur estomac (ca, ca va, j'ai pas de problème, merci :D), mais les pieds, ca peut être utile aussi...

14 juin 2006

3 days to go

Les mots sur la musique (pas le temps de faire autre chose qu'un copier-coller)

Well they're building a gallows outside my cell I've got 25 minutes to go
And the whole town's waitin' just to hear me yell I've got 24 minutes to go
Well they gave me some beans for my last meal I've got 23 minutes to go
But nobody asked me how I feel I've got 22 minutes to go
Well I sent for the governor and the whole dern bunch with 21 minutes to go
And I sent for the mayor but he's out to lunch I've got 20 more minutes to go
Then the sheriff said boy I gonna watch you die got 19 minutes to go
So I laughed in his face and I spit in his eye got 18 minutes to go
Now hear comes the preacher for to save my soul with 13 minutes to go
And he's talking bout' burnin' but I'm so cold I've 12 more minutes to go
Now they're testin' the trap and it chills my spine 11 more minutes to go
And the trap and the rope aw they work just fine got 10 more minutes to go
Well I'm waitin' on the pardon that'll set me free with 9 more minutes to go
But this is for real so forget about me got 8 more minutes to go
With my feet on the trap and my head on the noose got 5 more minutes to go
Won't somebody come and cut me loose with 4 more minutes to go
I can see the mountains I can see the skies with 3 more minutes to go
And it's to dern pretty for a man that don't wanna die 2 more minutes to go
I can see the buzzards I can hear the crows 1 more minute to go
And now I'm swingin' and here I go-o-o-o-o-o-o-o-o-o!

25 minutes to go, Johnny Cash




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