Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

22 octobre 2007

Et s'il n'en reste qu'un...

    Y a un drame, que tout le monde vit à un moment donné, et dont personne ne parle jamais. Et moi, vu que je suis moi, et que j'ai peur de rien, et que j'aime bien faire un peu dans le misérabilisme de temps en temps, j'ai décidé de briser le tabou. Aujourd'hui, mes amis, on va parler du dernier yaourt aux fruits dans le frigo.
   
    D'abord, je prends mes précautions. Oui, j'ai dit dans mon accroche que c'est une tragédie à laquelle tout le monde se trouve confronté un jour. Je parle évidemment des gens qui comptent, c'est-à-dire, de ceux qui ont un apport normal en produits laitiers et qui mangent des yaourts. Les autres, ... ben c'est pas bien, vous devriez manger des yaourts. Si vous savez pas pourquoi, c'est pas grave, les yaourts le savent, eux.
  Bon cela dit, si vous consommez n'importe quel produit conditionné sous forme d'assortiments de goûts, y a des chances pour que le drame du dernier yaourt aux fruits vous parle quand même. Tout n'est pas perdu.

    J'ai comme l'impression que ma captatio benevolentiae m'a permis de semer tout le monde en route. C'était exactement le but. Continuons.

  Vous vous souvenez peut-être que dans ma note précedente, j'évoquais un frigo quasi-vide? Ben il est arrivé un moment où, fatalement, ce frigo s'est avéré vide-à-part-un-yaourt-aux-fruits. Fatalement. On n'y échappe pas. Surtout moi qui ne fais mes courses qu'une fois tous les 37 du mois, (sauf les années non-bissextiles, dans ce cas là, c'est tous les 43), et qui n'achète presque que des yaourts aux fruits dans ces cas-là. (Ooook, le misérabilisme, c'est fait *bruit de rature sur une liste*)

    Ca tombait bien qu'il reste encore un yaourt dans le frigo, parce que justement, j'avais envie d'un yaourt, après mon endive. L'amertume me restait dans la bouche, et j'avais envie d'un petit goût sucré. "Qu'à cela ne tienne, vidons le frigo dans une monumentale crise de boulimie", me suis-je dit à moi-même dans mon for intérieur. Ouverture du frigo, attrapage du yaourt, fermage du frigo, attrapage de cuillère, ouverture du yaourt, trempage de cuillère, élévation de cuillère à la bouche...
    Et là, je me suis dit:  "c'est con qu'on puisse pas refermer les yaourts comme on referme les frigos."

  Le dernier yaourt, le yaourt providentiel d'après l'endive, c'était, tenez-vous bien, un yaourt à l'ananas. Et voilà, c'est toujours comme ça. En commençant, je me dis qu'il faudra penser à laisser un de mes goûts préférés comme dernier-yaourt-de-la-providence. Pruneau, cerise, pêche, abricot, même poire, à la limite, n'importe quoi plutôt qu'ananas..Inconsciemment, je finis toujours par tourner autour du goût que j'aime pas, quitte à démember complètement le pack de yaourts s'il se trouve au milieu.

    Et au moment où j'ai besoin de consolation (c'est à dire typiquement, quand mon frigo est vide et que je viens de faire les fonds de placard pour manger un truc pas terrible (Ca c'est le cas général, en l'occurence, l'endive participait de la consolation plutôt que de la cause de la tristesse): PAF. Un yaourt à l'ananas dans ta face.

    Je vous le dis, un jour, je m'en remettrai pas.

Posté par Mlle Moi à 20:23 - Troubles de l'alimentation mademoisellemienne - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 octobre 2007

Des endives

    Il y a quelques années, j'ai eu dans ma vie une périodes "endives". Je trouvais que je mangeais trop de chocolat, et il me semblait évident que, malgré le caractère anti-dépresseur de celui-ci, prendre dix kilos n'était pas la meilleure façon de me remonter le moral
    J'ai donc amorcé un intéressant régime: toute envie pressante de chocolat me menait directement, et sans tentative de résistance aucune, non pas au placard-à-chocolat, mais au bac à légumes du frigo. Je ne sais pas pourquoi, c'est les endives que j'avais choisies comme substitut.
  Evidemment, très rapidement, je n'ai plus du tout eu envie de chocolat; j'avais directement et pavloviennement besoin d'endives. Ma consommation s'est stabilisée aux alentours de 5 kilos d'endives par semaine, pendant quelques semaines (je ne sais plus exactement combien de temps ça a duré.). 5 kilos d'endives crues, telles quelles, pas en salade, rien du tout. Juste nettoyées et, éventuellement, privées du petit cône amer à la base. Mais pas toujours. Ca dépendait de l'humeur.

  Il y a une semaine, j'ai acheté des endives, dans l'idée de les faire en salade, à une occasion ou une autre. Et puis la semaine a passé, et j'ai vidé le frigo autour des endives, en les évitant. J'ai réussi à les oublier (alors que bon, dans un frigo presque vide et relativement petit, 830 grammes de grosses endives dodues, ca se remarque..).

    Me suis souvenue de leur existence hier soir, et j'ai commencé la descente. Exit l'idée de la salade. Je les ai mangées une par une, sans rien pour faire passer. Je viens de finir la dernière.
    Ces périodes endivesques reviennent de temps en temps. Un goût cyclique pour l'amertume, je pense.

    Damnit. Il va falloir que je retourne faire des courses demain.

Posté par Mlle Moi à 22:44 - Troubles de l'alimentation mademoisellemienne - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 mars 2006

Des risques de la gastronomie

    Hier, j'ai vécu une expérience mystique. Un de ces rites initiatiques qui vous fait penser que quelqu'un, une entité supérieure, quelque part, a décidé que votre vie méritait d'être sauvée, et que vous méritiez de passer avec succès cette épreuve . Reste encore à trouver ce qu'il attend de moi, le quelqu'un en question, paske je le dis tout net, moralement, je ne crois pas être prête à sauver le monde, encore.

    Bref, tout ca pour dire qu'hier fut le jour d'une expérience grandiose. Que je vous raconte...

  Nous avons l'habitude, avec mes copains parisiens, Indri, Jian et Vince (nouvellement nicknamé Generative Dorine), d'organiser des ripailles tous ensemble, bien souvent le week-end. Nous avons ainsi déjà fait des après-midi crêpes et galettes des rois, des soirées indonésiennes, japonaises, des raviolis chinois, raclettes, fondues savoyardes en tout genre. Et sur mon insistance, hier, nous avons fait une fondue chinoise. Je gardais en effet un souvenir très sympa de celle que j'avais mangé il y avait quelques mois dans un resto chinois, avec un pote de mon frère. Et donc je me disais qu'avec une amie chinoise dans notre groupe, ce serait idiot de ne pas en profiter. Jian n'ayant pas trouvé les épices adéquates dans le quartier chinois, elle les a fait envoyer par sa mère, de chez elle, ce qui a repoussé un peu notre soirée-fondue chinoise.
    Bref, hier, l'heure avait sonné. On s'était partagés les ingrédients à acheter, Indri et moi on a été trainer dans le 13° pour trouver juste les bonnes nouilles chinoises aux oeufs qu'il fallait, tout allait parfaitement.
    Pour ceux qui ne connaissent pas, je fais une pause explicative: la fondue chinoise, ca consiste à faire tremper plein de trucs divers et variés (hier: lamelles d'agneau, feuilles de salade, champignons, surimi, tranches de pommes de terres, nouilles chinoises) dans un, ou plus généralement, deux bouillons (l'un épicé, l'autre pas). On met les choses dans un certain ordre, pasque certaines ont besoin de tremper plus longtemps que d'autres. Il parait qu'en Chine, ils boivent ca avec de la bière, mais Jian ne nous avait pas prévenus, donc on avait pas pensé à la bière (enfin j'avais 50 cl de bière chinoise dans mon frigo, mais ca suffisait pas pour 4, donc on a laissé tomber).
    Donc voilà, on prépare tout, on épluche, on coupe, on tranche, on laisse la chef touiller la tambouille. Et on s'attable.

    AAAAhh le truc de brute !!!

  Petite précision: je ne crois pas avoir la réputation d'être une mauviette quand on touche au sujet de la bouffe. Il n'y a quasiment rien que je n'aime vraiment pas, et je suis capable d'avaler un certain nombre de trucs jugés immangeables par d'autres. En particulier tout ce qui est acide (le vinaigre, par exemple, j'adoore le vinaigre, tout seul comme ca :D) ou épicé, j'adore. La harissa, le wasabi, le gingembre mariné, l'huile pimentée qu'on colle sur les pizzas, tout ca..
    Mais là, j'ai trouvé mon maître.

  Après avoir gouté son bouillon pour la première fois, Jian, l'ayant jugé très fort (mais en général, elle aime pas trop ce qui est fort, justement, alors je me suis pas fait trop de souci), l'a coupé avec un peu d'eau, et a rajouté une grosse cuillère de miel dedans. Vince a gouté avec le bout d'une baguette (une mini-goutte, quoi), il est devenu tout rouge. Donc, évidemment, j'ai voulu faire ma warrioresse, et j'ai gouté aussi. Ai commencé à dire "Boah vous charriez c'est pas fort du t.... aaaaaaaah un verre d'eau viiiiiiiteeeeeeeeeeeuhhhhhh!"
    Au début on ne sent rien du tout. Et puis 4 secondes et demie après, on appelle les pompiers.
   
  "Pas de problème", on se dit, "on va s'habituer" (faut dire qu'on se tapait déjà depuis 10 minutes un assortiment de cacahuètes épicées qui nous avaient mis en bouche ..). Enfin j'ai quand même été changer mon sous-pull et mon gros pull pour un grand tee-shirt. Et j'en ai refilé aux filles aussi. Ca faisait un peu soirée pyjama (encore une remarque de mec, entre parenthèses)

    Et ben on s'habitue pas. Ce qui fait que nous (enfin sauf Jian, évidemment, qui a l'habitude) avons tourné a environ trois verres d'eau par bouchées.. Au début, l'agneau nous avait semblé insurmontable. Mais quand on a vu arriver le surimi et la salade (des vraies éponges), on a pleuré pour avoir encore de l'agneau à la place. Quant aux champignons, qu'on avait mis tout au début, et qu'on a mangés tout à la fin, il n'y a même pas de mots.

    En plus c'était bon, vraiment. Mais alors, les lèvres et tout leur contour en feu, la bouche désintegrée, et l'oesophage troué par endroits. En fait, ce qui a un peu tout gaché, c'est qu'on s'y attendait pas, donc on a bu beaucoup de flotte au début, et du coup à la fin, on avait plus faim. Or c'est justement le moment où Jian a consenti à rajouter de l'eau dans le bouillon, et où c'est devenu tout a fait mangeable (enfin en comparaison, hein, paske ca reste fort, quand même). Donc j'ai pas bien profité de la fin du festin. En même temps, je m'en fiche, paske comme ca se passait chez moi, c'est moi qui ai les restes, et donc ce soir, je remets ca :D

    En tout cas, le fait est qu'avant de commencer, on toussait et reniflait tous, grippe parisienne oblige, et qu'au bout de 5 minutes, on avait tous le nez parfaitement débouché. Par contre, rien que renifler la vapeur du bouillon, ca suffisait à nous faire tousser.
(dialogue en substance)

Vince: c'est vachement bien, ca va tout désinfecter sur son passage, ca doit être un excellent antiseptique!
Moi: Ouais, c'est sur, quand on a plus de gorge, il y a plus d'infection non plus. C'est radical, comme guérison.
Indri: Ptain, même **** (looongue histoire) ne m'a jamais fait autant pleurer.
Vince: Pas de souffrance physique, en tout cas.


Nan, le truc cool, c'est que devant tant de douleur, on s'est tous mis à produire un flot massif d'endorphines, et donc, la soirée a été très gaie :D Genre je n'ai bu qu'un verre de vin, mais les épices ont sufffi à me rendre aussi gaie que si j'en avais bu trois ou quatre (je ne tiens pas très bien l'alcool, je rappelle). Vincent et moi on a fait un concours d'yeux blancs (lui il les fait en regardant en bas, moi en haut) et je me rappelle m'être planquée sous mon bureau pour ne pas être prise en photo assise par terre (ca a raté, d'ailleurs :D) )

    Bref, j'ai trouvé un nouveau truc à rajouter sur la listes des choses "A ne pas oublier de faire subir à mon pire ennemi". Hinhin.

Posté par Mlle Moi à 18:57 - Troubles de l'alimentation mademoisellemienne - Commentaires [21] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 septembre 2005

De la bouffe chinoise

    Ce matin, courses au Paris Store (supermarché asiatique) avec Jian.... avec comme résultat mon menu de midi: rouleau de printemps (miam), brioche à la vapeur fourrée à la viande (chompf), et perle de coco en dessert (rhaaaaa).  Ouais c'est un peu zarb comme combinaison, mais on s'en fiche. Et Jian, elle a acheté de quoi faire des sushis pour fêter nos soutenances. Que de réjouissances à venir...

    Bonheur intense, là, les amis. J'ai jamais mangé chinois aussi régulièrement que depuis que je suis à Paris (excepté, bien sûr, quand j'allais passer une semaine chez Jim, qui est taiwanais d'origine, et que même, sa maman, elle faisait des trucs trop bons), et CA, c'est un des GROS avantages de mon installation ici. Quand ma moman vient me rendre visite, on va régulièrement au resto chinois à trois minutes de chez moi, qui, bien qu'atteignant des sommets de kitch, est vraiment excellent. (Le soir où j'ai été manger une fondue chinoise chez eux avec un copain de mon frère, j'en ai rêvé, après. De la fondue chinoise, pas du copain, hein :P)

    Ma première vraie rencontre avec la bouffe chinoise a concordé avec ma première rencontre avec les parents de Jim. Enfin, avant ça, j'avais mangé une fois (à 13-14 ans) dans un resto chinois en Allemagne, mais y avait une nette influence germanique (remarquez, en France, y a surement une influence francaise, hein).
    Bon, bref, donc, Jim et moi, on était ensemble depuis quelque chose comme deux mois, sauf que comme il habite à Bruxelles et que moi j'étais à Valence, à l'époque, on se voyait pas très souvent :). On avait décidé de faire chacun une partie du chemin, et on s'était retrouvés à Paris. Et y avait ses parents. Evidemment, on va manger dans le treizième arrondissement, et comme j'y connaissais rien en cuisine chinoise, c'est le papa de Jim qui commande pour moizaussi.
    Aujourd'hui encore, je me demande si j'ai pas été "testée". Jim, si tu passes par là, à l'occas', demandes à ta Moman, y a prescription maintenant, et j'aimerais bien en avoir le coeur net :D
    Parce que ce que j'ai vu arriver, c'était une soupe, avec dedans: des nouilles chinoises, d'énormes boulettes de viandes très lisses, et des petits pois (enfin c'est les trucs qui m'ont le plus marquée, à l'époque). Je rappelle que je ne m'étais JAMAIS servi de baguettes, à l'époque. Ce fut épique.

  • Les petits pois: Quand on apprend à manger avec des baguettes, tout ce qui est rond et lisse, déjà, c'est l'horreur, parce que ca roule, ca glisse, ca échappe.
  • Les boulettes de viande: Pareil que pour les petits pois. C'est rond, ca glisse, ca échappe. Et en plus, là, les boulettes, elles étaient super grosses, et quand on maîtrise pas la technique pour pincer quelque chose avec des baguettes, les écarter au maximum en gardant suffisament de pression, c'est super dur. En trois secondes, les boulettes étaient devenues les pires ennemies rencontrées dans mes 17 premières années. Parce que, quand enfin, vous avez réussi à en choper une, après, faut la manger, la boulette. C'est comme le steeple-chase, une fois que vous avez réussi à franchir la haie sans vous viander la gueule, faut encore aller sauter la rivière, et pas se noyer en tombant dedans. Dans le cas de la boulette: deux options. Planter les dents dans la boulette, et essayer d'arracher un morceau à l'ensemble. Généralement dans ce cas là, l'autre moitié se casse la gueule de l'autre côté. N'oublions pas le cadre général, sivouplé,on parle de SOUPE, là. Vous imaginez le spectacle quand les trois quarts d'énorme boulette (un peu moins énorme, à présent) retombe dans la soupe, depuis une hauteur approximative de 35 cm. Ou plutôt n'imaginez pas.
        L'autre option, c'était de manger toute la boulette d'un coup, et là, les parents de Jim ont sérieusement du se demander si leur fils ne leur avait pas ramené une métisse franco-hamster. "Vous voulez qu'on leur demande une fourchette?". "Non non, je vais m'en sortir, je vais y arriver gnnrrrngnnnr. S**** de boulette à la c*****." Héroique. Non seulement courageuse, mais téméraire en plus.
  • And last but not least, les nouilles chinoises. Ca glisse itou, ca dégouline, ca dégoutte, slurp. Mmmh, le ridicule ne tue pas.

    J'ai du manger des trucs après la soupe, mais je ne m'en souviens plus. Sans doute que je devais me consummer de honte sous la table, enfin chais pas, toujours est-il que j'ai un genre d'amnésie séléctive concernant la fin de ce repas. Pour apprécier les charmles de la cuisine chinoise, faut le MERITER. J'avais passé le test, ptet pas victorieuse, mais enfin, vivante. Après, la maman de Jim m'a fait gouter plein de choses excellentes, et je suis devenue accro à la cuisine chinoise. Même que je la remercie pour ca, et que je lui fais des bisous, pendant que j'y suis. J'adore les germes de soja, le tofu, les champignons noirs (que lesquels Jian dit que ce sont pas des champignons, en fait), les pousses de bambous. Et les raviolis à la vapeur. Entre autres.

     J'aimerais bien que Jian m'apprenne deux-trois trucs, ptet que ca me désinhiberait un peu côté cuisine (vous aurez peut-être compris que je ne suis pas une parfaite maîtresse de maison, et que dire que je suis une cuisinère désastreuse, c'est encore un doux euphémisme.)

     Bon, là, j'ai de quoi manger asiatique pendant deux ou trois jours, ca va être la grosse orgie. Le régime? euh... je commence juste après... ou en octobre, plutôt, tiens. De toute façon, la bouffe asiatique, ca fait pas grossir. Et toc.   

 

Posté par Mlle Moi à 12:37 - Troubles de l'alimentation mademoisellemienne - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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