03 mai 2008
D'un dé-ménage-ment.
Pour tout un tas de
raisons dans le détail desquelles je ne rentrerai pas ici, j'ai eu le
week-end dernier, le besoin intense et urgent de tout chambarder dans
mon appart. J'ai commencé vendredi soir, et ca m'a pris jusqu'à
mercredi midi pour résorber l'immense bordel qui en a résulté.
Au passage, j'ai retrouvé:
- un chargeur de batterie d'ipod perdu par Sissyneck il y a environ un an et demi
- deux bouquins, ayant glissé derrière mon lit (notez le titre du bouquin de fantasy que j'ai mis sur le dessus, le hasard fait bien les choses.)
- trois chaussettes sales de trois paires différentes (chic, trois orphelines de moins dans mon carton à chaussettes)
- quatre kleenex usagés ayant également glissé derrière mon lit (et qui n'apparaissent pas sur la photo, je les ai jetés avant d'avoir l'idée de la faire)
- cinq sticks de baume pour lèvres gercées (de trois marques différentes)
- au moins six pièces de monnaie, dont le total doit bien monter à 50 centimes d'euros (idem que pour les mouchoirs, sauf qu'au lieu d'aller dans la poubelle, ils sont partis dans une poche de jean quelconque, comme le reste de ma mitraille.)
- sept préservatifs (dans leurs emballages intacts), répartis en une boite de six que j'avais paumée deux jours après l'avoir achetée à cause du zouli dessin sur la boite, et d'un tout seul, appartenant au chéri de Mademoiselle Sissyneck, perdu à la même époque et approximativement dans le même nid à bordel que l'ipod précédemment cité (j'en avais déjà retrouvé un autre il y a un an, mais il s'était enterré moins loin. Le préservatif, au naturel, vit dans un terrier, parfaitement. Oh, faut pas que j'oublie de refermer cette parenthèse, sinon y encore un geek qui va bugger.) Je me suis demandé, d'ailleurs, si c'était un signe, toutes ces capotes qui me sautent presque littéralement au visage..
J'ai également secoué beaucoup de poussières, et pour une fois, pas trop de nostalgie. Je me retrouve avec plein de trucs à donner/ à virer, c'est la fête. Si j'arrive pas à écouler par les voies de copinage traditionnel, je ferai ptet une annonce ici. D'autant que j'ai des idées de trucs que je cherche, aussi, et on sait jamais, la blogosphère peut se révéler utile.
17 mars 2008
Chaud. Les yeux fermés, déconnecter le regard pour se concentrer sur les autres sens. Une voix basse, mais insistante dans mon oreille gauche, disant "je ne touche plus terre". Une odeur de parfum, une odeur de cigarette, se croisant incidemment, allant et venant par effluves. Le goût du dentifrice dans ma bouche. Une main chaude effleurant la mienne. La nuque ployée sous un bras, la joue au contact d'une épaule. Ma boucle d'oreille qui tinte, effleurée un instant par une manche. Les mouvements lents et réguliers d'une respiration, ventre et poitrine, contre mon dos. Les épingles de mon chignon que je sens glisser progressivement, sans que je puisse les rattraper. Les pans de mon manteau qui s'ouvrent peu à peu. La respiration qui s'accélère, besoin d'air.
Ces grands moments d'intimité du lundi matin, à soixante-quinze dans quatre mètres carrés.
06 décembre 2007
D'une émotion esthétique
Levée de mauvaise humeur, trop tôt. Nuit agitée, insomnie. En retard quand même. Métro bondé. Perspective de se retrouver seule, sans étudiants, dans ma salle, ou de ne même pas arriver à rentrer dans la fac, si jamais les étudiants bloqueurs sont moins à la bourre que moi.
Je crois bien que seule la fille au fond de la rame m'a évité de coller une étiquette "irrécupérable" sur ma matinée. Celle aux allures de princesse africaine, qui a dû se demander pourquoi elle a surpris mon regard sur elle 4 ou 5 fois. Celle dont les courbes de l'aile du nez et des lèvres, presque hautaines, mais pas tout à fait, flirtaient avec la perfection. Celle qui avait le regard un peu triste.
10 minutes de contemplation pour sauver ma journée.
01 septembre 2007
Des motos
Mais pourquoi donc,
pourquoi diable, pourquoi NOM D'UN CHIEN, le connard-à-moto (sisi,
souvenez-vous, c'était au 6° paragraphe, deux premières lignes
non-comprises, de cette note-ci)
choisit-il toujours de revenir faire chier le monde en général et moi
en particulier, les jours où je ne suis pas en état de supporter les
pétarades répétées et les acclamations des djeuns d'en face? Hein?
Je veux dire.. y a tellement de jours dans l'année où je suis
bien disposée à l'égard de mes congénères humains, fussent-ils bruyants
(J'en vois kekzuns qui rigolent au fond de la salle, bienbienbienbien,
je prends note... ), tellement de jours où je pourrais sans (trop)
d'efforts m'exiler de chez moi et aller voir ailleurs si j'y suis (ou
en tout cas, si j'y suis mieux).
Etait-il vraiment
nécéssaire de choisir LE jour où je me suis trainé une sale migraine
toute l'après-midi, mmh? Je vous le demande.
A
lui, je lui demande pas, de toute façon, il fait tellement de bruit
qu'il m'entendra pas crier depuis la fenêtre.
Et
en plus, à faire le con sans casque, en levant la roue avant et en
slalomant entre les bagnoles, il va finir par me faire prendre une
crise cardiaque. Ptit con.
Quoi, je suis aigrie et ronchon et de mauvaise foi? Pas. Du. Tout.
Pour la peine, je vais aller me mettre du ukulélé à fond dans les oreilles et tortiller un peu mon popotin.
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Les mots sur la musique:
"Lilililililililili le aloa, lilililililililili le usa, le langi, i gamgambaloa (x2)
Lili laksae radu ete sugo, saqe langolango ririki,
Sugo, surira, ganira"
Gamgambaloa, Agosi Stringband
28 juillet 2007
D'un matin
Je me
suis réveillée à 7h20, 7h19 pour être exacte, et je me suis
presqu'aussitôt extirpée de dessous la couette. Je suis passée devant
la fenêtre entrouverte, d'où filtrait un petit courant d'air frais.
J'en ai profité quelques instants, avant de passer dans la salle de
bain. La douche était presque froide, très agréable. J'en suis sortie
au bout de quelques minutes, me suis séchée, et, un peu frissonnante,
j'ai trottiné jusqu'à la bibliothèque. J'ai hésité un moment, avant
d'en retirer un mince bouquin. Juste le format adéquat pour un samedi
matin à traîner. Satisfaite, j'ai rejoint le lit, et me suis
partiellement glissée dans le petit nid de chaleur que j'avais laissé
derrière moi en me levant, dix minutes plus tôt. Allongée sur le côté
droit pour profiter le plus possible de la lumière du jour, j'ai ouvert
mon livre. Et j'ai lu quelques pages.
Sa main est venue se poser sur mon ventre, et son souffle dans le creux de ma nuque.
J'ai refermé le bouquin, puis les yeux, et je me suis rendormie.
05 novembre 2006
D'un dimanche après-midi au parc Montsouris
Petite promenade, cet après-midi... J'aime bien les parcs en automne, c'est beau.
Et puis, il y a eu cette belle rencontre avec Claude, venu à
notre rencontre alors que nous savourions une fabuleuse tarte
pomme-myrtille, dont nous lui avons offert un bout ou deux. Claude que
toutes les dames sur les bancs alentours nous enviaient. Claude et sa
démarche chaloupée, ses yeux intelligents, ses atours bariolés. Sa
passion manifeste pour mon amie Jian (faut dire que c'est elle qui
tenait le gateau, ca aide, aussi..)
Ses palmes
orange et son bec plat et jaune. Son air crétin quand il a essayé de
gober un gros grain de raisin. Ses coups de bec répétés à mes bottines
rouges. Vous n'aurez pas de photo de Claude aujourd'hui, mon appareil
photo a décidé d'être chiant. Si jamais j'arrive à les récupérer, je
vous les poste illico.
Bon, voilà, à part ca, on
a eu froid, j'ai fait un scrounch à un poney. J'en suis à presque
chialer devant un shetland, ca devient grave, la nostalgie.
Et puis on a découvert un petit salon de thé très sympathique et
confortable, le genre douillet avec de la jolie porcelaine et des
patisseries-maison différentes selon les jours et les envies de
l'hôtesse. Et des graaaaaaaaaaaaands chocolats chauds. Et un chat
calin. Une bonne adresse, à retenir (avis à ceusses qui voudraient
venir me voir, j'ai besoin de bons prétextes pour y retourner !)
16 octobre 2006
D'un trajet sur le boulevard Saint-Michel
Slalomer entre les usagers pressés du
métro. Choisir celle des sorties qui se trouve le plus près de sa
destination. Penser à fourrer ses mains dans ses poches pour ne pas
s'en faire kidnapper une d'autorité par la diseuse de bonne aventure de
Saint-Michel. Lever le nez et jauger le temps incertain. Jeter un coup
d'oeil rapide dans le reflet d'une vitrine, pour vérifier quelle tête
on a, après trois quarts d'heure passés avec ses congénères parisiens dans
une boîte à sardines. Eviter le ptit djeuns qui use de son air
dynamique pour essayer de te vendre des cartes postales kitchasses, et
les militants de tout poils (la faim dans le monde/ le Sida/ la lutte
ouvrière, ca t'intéresse?) Contourner le groupe de touristes qui se
presse aux grilles de Cluny pour apercevoir un bout des thermes que
leur désigne leur guide. Vérifier avec quelle pin-up ou star du porno
les hommmes politiques et
les écrivains du Magasine Littéraire voisinent, cette semaine, dans le
kioske à journaux. Penser à traverser, se raviser, aller jusqu'au feu
d'après. Sourire devant le japonais qui photographie sa femme,
figée dans une pose hiératique, devant la vitrine d'un magasin de
bagages marquée "Lancel, Paris". Lui laisser quand même le temps de
prendre son cliché avant de passer entre eux. Recommencer avec les gens
qui prennent en photo le Panthéon, un peu plus haut, avec un sourire un
peu moins large, quand même. Continuer jusqu'aux grilles du Luxembourg,
se poser dans un coin où on ne gênera ni les touristes, ni les joggers.
Attendre les copains.
J'ai beau ne pas me sentir très parisienne, il y certains
trajets de samedis d'automne qui font un peu partie de moi.
17 septembre 2006
D'un samedi après-midi à Paris
Ce week-end, j'ai fait
une intéressante expérience ethnologique. J'ai accompagné ma nièce au
Salon du Jeu. "Jeu", ca veut dire "Jeux de rôle online ou sur table,
jeux de cartes, jeux vidéos, et tout ce qui peut s'y rattacher de près
ou loin, du genre bd de fantasy ou mangas, figurines, tournois en tout
genre..)."
Il faut préciser, quand même
que tout ca, ça m'est complètement étranger. J'ai beau avoir un clavier
greffé au bout des doigts depuis longtemps, le seul jeu qui m'a
vraiment passionnée sur le long terme, c'est Sim City. J'aime pas
tellement jouer aux cartes (au grand désespoir de tous les djeuns de
ma famille, qui tentent systématiquement de m'embringuer dans leurs
parties). Et le jeu de rôle, je pense que c'est celui qui m'est le plus
fermé des trois. Je suis incapable d'entrer dans la peau d'un autre
personnage. Je me regarde faire, c'est trop pénible. Donc, comme je ne
suis fana d'aucun de ses jeux, forcément, leur monde m'est inconnu.
Mais bon, là, ma nièce Shadow (ce qui est un nickname fort inapproprié,
quand on la connait) qui, elle, est "à fond dedans", et un peu jeune
encore pour se balader toute seule dans Paris, avait très envie d'y
aller et de rencontrer ses partenaires de MMORPG (massively-multiplayer-online-role-playing-game, je trouve ca génial, comme abréviation :D).
Donc nous voila parties vers la Porte de Versailles. Déjà, dans
le métro, on faisait des paris sur les autres potentiels visiteurs du
salon. Y en a qu'on reconnaissait à dix kilomètres. Bon, cela dit, je
me suis rendue compte en arrivant qu'il y avait aussi l'Apple Expo, au parc des expositions, ce qui brouillait un peu les pistes, vu
que toute la tranche geek du public du salon du Jeu se confondait un
peu aussi avec le public de la Pomme.
Bref, après
avoir été trainer du côté du Salon de l'automobile, on a fini par
trouver le Salon du Jeu. Et déjà en arrivant aux abords de la porte,
premier sourire con de ma part. Le cliché. Au premier coup d'oeil, j'ai
pu voir
- Des goths
- des grands gars plus ou moins maigres, avec des cheveux longs, tout timides
- et des filles déguisées avec des ailes dans le dos.
C'était
tellement ce à quoi je m'attendais, que j'en ai pouffé pendant dix
minutes (je dois dire quand même, pour être honnête, que la population
était plus diverse que ca, à l'intérieur, y compris des familles). Et
puis ca s'est pas arrangé quand j'ai réalisé que les
indications de ma nièce quant à la personne qu'elle devait retrouver
étaient plus que minces. Un gars de taille moyenne, les cheveux longs
(mais pas de précision sur la couleur), attachés, avec juste un gant à
un main (mais on savait pas laquelle). Je vous laisse imaginer ma
tronche, alors que j'examinais plus ou moins discretement les mains des
quinze milles mecs correspondants à la description physique, pour
vérifier le coup du gant. Et comment j'avais l'air trop innocente, avec
mon grand sourire collé sur la tronche, quand j'essayais de voir les
mains de ceux qui les mettaient dans leurs poches, en essayant de pas
avoir l'air de leur mater le cul. Non sérieux, grand moment.
Cela dit, le fait est que, au final, la technique a fonctionné,
c'est moi qui ait fini par le repérer, le fameux gant. On avait quand
même eu le temps de faire le tour du salon deux fois, et le tour du
stand choisi comme pointn de rendez-vous une quinzaine de fois.
L'ambiance avait l'air plutôt sympa et bon enfant, pour quelqu'un qui
s'y serait retrouvé dans son élément.
Dans un coin
du salon était installée une sorte de scène, où, quand nous sommes
passées devant la première fois, se déroulait un concours de
déguisement. Ma nièce avait l'air de reconnaitre les personnages, moi
pas du tout, évidemment. Certains étaient magnifiques, en particulier
des nenettes déguisées en fées (?? ou pas?) avec de magnifiques et
gigantesques ailes dans le dos, et des robes somptueuses. Le genre que
j'aurais bien aimé il y a quelques années..
Bon cela dit, certains étaient bien partis dans le trip, vu de l'extérieur c'était un peu effrayant...
Au bout d'un moment, j'ai fini par laisser ma nièce discuter
avec ses copains (vu que je comprenais pas un mot de ce qu'ils
racontaient (sans parler de participer), et que le rôle de vieille
duègne commencait à me peser un peu (mais ils avaient l'air
complètement inoffensifs, hein - je vais me faire engueuler par ma
soeur, eh). Ai refait un tour dans le salon pour voir si je trouvais
des figurines de Naheulbeuk pour mon frère, mais nada.. la buvette
était pleine à craquer, pas moyen de s'asseoir, même devant la scène
où, à ce moment, ce déroulait un genre de concours basés sur des
références manga et geek...
Du coup, j'ai dégaine mon
Asimov et je suis allée m'assoir devant les portes du Salon. Ai regardé
passer les gens déguisés, et ceux qui ne l'étaient pas, les familles,
les groupes et les gens seuls, les distributeurs de tracts (dont un qui
m'a suppliée de lui prendre le tract qu'il me tendait, bien que je lui
ai assuré l'avoir déjà recu deux fois. Je ne l'ai pas contrarié, ca
avait l'air de lui faire plaisir :) ).
Et puis vers
18h45, j'ai fini par retrouver ma nièce, qui visiblement, s'était bien
amusée. Elle m'a dit qu'elle crevait de soif, vu qu'elle avait parlé en
continu pendant 3 heures. Vu qu'elle est plutôt discrète, en général,
ca m'a agréablement surprise. Du coup, entre les jolis costumes, et sa
satisfaction, je catalogue ca comme une expérience plutôt sympa
(quoique j'ai eu un peu mal au fesses, assise sur le muret bordant
l'allée.. Ils pourraient installer des bancs, au parc des expositions..)
02 juillet 2006
De la célébration des évenements sportifs
En général, je n'ai rien
contre les supporters de foot... du moins tant que je ne me retrouve
pas écrasée au milieu d'un troupeau de tels individus dans le métro. Ce
qui explique que, finalement, je ronchonne peut-être moins que d'autres
non-fans du ballon rond en ce moment, à propos du matraquage de la
Coupe du Monde. Pour moi, n'importe quel match de la France à
l'étranger est une occasion de célebrer la place de respirer dans le
métro :D
Le problème, c'est que, dans mon
quartier, y a plein de jeunes gens qui aiment bien faire du bruit. Vous
vous souvenez peut-être du quatorze juillet de l'année dernière. Je
soupconne d'ailleurs que les gens qui aiment faire du bruit et qui
vivent dans des endroits plus calmes en profitent pour venir faire leur
boucan chez moi, sous prétexte que de toute facon, les djeuns en font
déjà :D
En général, ca me dérange pas trop, paske je ne me couche
pas très tôt, et que, en comparaison avec le bruit inhumain du
marteau-piqueur que j'ai subi pendant un an à Grenoble sous mes
fenêtres, les voix humaines (et autres radios, tambourinages, et j'en
passe) ont souvent un côté chaleureux.
Instruite de
l'expérience du dernier match, il y a quelques jours, j'avais donc
prévenu Amarante: "Ok, tu peux venir chez moi samedi soir parce que
ton épreuve de dimanche commence tôt et que c'est plus près de chez moi
que de chez les bonnes soeurs. Mais méfies-toi, si jamais la France bat
le Brésil, on en a jusqu'à trois heures du matin." En bonne patriote,
j'étais néanmoins persuadée que la France allait se faire rétamer la
gueule par le Brésil :D
Eh ben non. Les Brésiliens
n'ont pas pensé que demain, il y avait le capès de Lettres Classiques,
et que ce serait sympa de se bouger le cul, un peu.
Résultat, ca n'a pas raté, klaxons, cris, chants, interpellations,
drapeaux, tout le tintouin à Saint-Ouen. Nous retardons un peu le
moment de nous coucher, mais à l'instant où nous nous apprêtons,
résignées, à fermer les fenêtres (bonjour la chaleur dans l'appart),
mettre des boules Quiès et nous coller la tête sous un oreiller, voilà
qu'un nouveau son se fait entendre.
Une fanfare sort
dde l'immeuble voisin, et se met à jouer. Je ne sais pas s'ils venaient
du Festival Jazz-Musettes des puces, où s'ils s'étaient préparés en cas
de victoire de la France. Deux ou trois percus et une dizaine de
cuivres. Ce qui changeait agréablement des daubes diffusées par les
radios-autos, et des cris suraigus, mais quand même. Bon, du coup, on
s'est mises à la fenêtre un moment, parce que c'était pas la peine
d'espérer pioncer avec tout ca.
Et je dois dire que
quand même, j'aime bien mon quartier. Parce que la musique a évidemment
attiré une cinquantaine de personnes dont beaucoup se sont mises à
danser sur le trottoir en face, puis carrément au milieu de la rue, à
peine dérangées par les voitures qui passaient prudemment en klaxonnant
en rythme.. Des gens de toutes les couleurs et de tous les ages qui
dansaient en désordre. Le match, c'était juste un prétexte pour faire
la fête...J'aurais pas été en chemise de nuit, je serai bien descendue,
c'était vraiment rigolo. Je me suis donc contentée de remuer un peu du
popotin coincée entre l'appui de fenêtre et le fauteuil. Et puis bon,
on a fini par aller se coucher quand même, en ignorant de notre mieux
la fin du concert, et les hurlements qui ont repris jusqu'à une heure
assez tardive.
Si jamais ca recommence pour la
demi-finale, je pense que je ferai abstraction de mon indifférence pour
le foot et que j'irai me tortiller aussi, et faire connaissance avec
mes voisins enthousiastes :D
09 juin 2006
D'une journée fantastique
Hop, c'est l'anniv de mon
blog.. enfin ca l'était ce matin à 2h. Mais j'étais dans mon dodo en
train d'essayer d'oublier qu'il faisait 50 ° dans mon appart, et de
dormir, donc, pas de note à ce moment là
Et puis, là,
je pourrais vous raconter combien de notes j'ai écrit en un an, et
combien j'ai recu de commentaires (j'en sais fichtre rien, mais plein!
:D), et tout et tout. Mais en fait, vous vous en fichez probablement
pas mal, et vous avez raison.
Donc, pour faire
original, je vais raconter ma journée à la place. Non exhaustivement,
mais dans l'ordre chronologique, autant que faire se peut.
Bon, déjà, vu qu'à trois heures je dormais toujours pas, et que
j'avais mis le réveil à 8h, vous imaginez ma tronche (ceux qui ne
l'imaginent pas, ne vous plaignez pas, vous n'avez rien raté.). Ma
journée de femme super-active a vraiment commencé à 9h05, quand je me
suis précipitée à la pharmacie telle une junkie en manque pour avoir ma
dose d'antihystaminiques. "Et pendant que vous y etes, je vais vous
prendre une grande boite de vitamine C, aussi. De quoi finir le mois,
quoi". La pharmacienne a du avoir peur de mes yeux injectés de sang et
de mon attitude menacante (ou alors elle a eu pitié, c'est possible
aussi), pask'elle même pas engueulée quand je lui ai dit que j'avais
pas réussi à mettre la main sur ma carte Vitale ce matin, mais qu'il me
fallait quand même ma dose. Et même, elle a envoyé elle-même la feuille
de soin. Elle a compris que c'était pas le moment de m'emmerder.
Ouais pask'entre les allergies, la fatigue, et le soleil
qui a enfin décidé de pointer son nez (mais ca,je m'en plains pas), je
suis aveugle les neuf dizièmes du temps. J'ai les yeux tout petits,
tout plissés, tout gonflés, et très très humides. L'horreur. Et je vous
parle pas du nez. Heureusement que j'avais profité d'une promo sur les
grandes barres de paquets de mouchoir Lotus tout doux cet hiver, dis
donc.
Bon, donc, à 9h et des brouettes, j'étais
quasiment prête à faire feu. Je suis partie à la bourre de chez moi
(logique), mais ne suis arrivée qu'avec dix minutes de retard à la BNF.
Heureusement, paske sinon c'était cuit. Déjà, dix minutes après
l'ouverture des salles, c'était archiplein, et j'ai du montrer les
dents pour garder la place que j'avais vue la première (l'une des
dernières de la salle, si ce n'est la dernière.. vous imaginez pas le
prix de la chaise, dans ces cas-là. Même à Wall Street ils ont pas
l'habitude de voir une valeur remonter comme ca en flèche)
Donc en arrivant, je pose mon sac sur la chaise, et je repars
chercher dans les rayons les bouquins dont j'ai besoin. Quinze secondes
plus tard, je reviens, je vois mon sac par terre et un autre sac à dos
posé sur la table. Je m'approche l'air interrogateur, mais ferme, et un
djeuns se pointe en me disant "C'est à vous, ca?" (mon sac, par terre..
j'espère qu'il l'a pas balancé, avec mon ordi dedans..).
J'ai même pas essayé d'être polie. "Ben ouais", j'ai fait. Il a
hésité, puis il a fini par dire "Bon, ben c'est pas grave". En
vainqueuse magnanime, j'ai laché un "Désolée, hein", et j'ai sorti en
vitesse mes affaires, des fois qu'un autre chacal se précipite pour
poser son cul avant moi.On a beau se penser fille d'une civilisation
dégénérée qui a vaincu tout ses bas instincts culturellement étiquetés
comme "pas beau" ("la jalousie, c'est pas beau", "la pingrerie, c'est
pas beau", "la mesquinerie, c'est pas beau"), on est toujours surpris
de voir à quelle vitesse ils reviennent quand on en a besoin, les
instincts.
MON territoire. J'ai pas fait pipi aux
quatre coins de la table, mais quand même, j'ai étalé mes 7 bouquins et
mes 40 cm de polys (en épaisseur) pour bien faire passer le message.
Ptain, la bibliothèque, c'est un vrai struggle for life.
A dix heures et quart, donc, j'étais enfin assise, devant mon
ordi allumé et mes bouquins ouverts, prête à faire feu.
Ce que j'ai fait jusqu'à 19h. Tous azimuts. Avec 35 minutes de
pause physique, dont seulement un quart d'heure de repos intellectuel.
Un quart d'heure à lire l'emballage de mon sandwich à midi, ca m'a
convaincue d'embarquer un bouquin (grammaire du rennel-bellona, yeepee)
pour la pause quatre-heure.
Le problème, avec le
mois de juin (à part les allergies, les partiels, le mémoire à rendre,
j'entends), c'est que la BNF est infestée de lycéens préparant leur
bac. Par exemple, la salle de Littérature et linguistique (plus de 300
places) était ce jour d'hui remplie aux trois quarts d'ados qui
faisaient des maths, de la chimie, de la physique et de la bio. Je veux
bien admettre qu'ils essaiment dans des salles rien à voir avec leur
boulot, ou même qu'ils viennent bosser tout court à la bibliothèque
alors qu'ils n'ont aucun besoin des bouquins qui s'y trouvent. Des
fois, il faut ca pour se motiver, je comprends;
MAIS BORDEL, ils pourraient au moins faire semblant de bosser, au lieu
de téléphoner, s'envoyer des messages en morses d'un bout à l'autre de
la table, ricaner, glousser, roter (et je vous passe les autres bruits
agacants ET inconvenants auxquels on a eu droit), emmerder leurs potes,
draguer, mater, recenser toutes les techniques pour frauder l'entrée et
réserver des places à leurs potes qui ne viendront pas.
Je vous passe le récit de mes fantasmes d'éviscération, vous
n'avez pas besoin de ca, ni avant de vous endormir, ni en vous
réveillant, ni jamais, en fait. En tout cas, y a un truc de sur, il
faut que je travaille mon regard courroucé. Parce qu'en l'état, il est
vraiment, vraiment inefficace. Ca doit être le côté larmoyant qui a
brouillé le message (les antihystaminiques, ca met un moment à agir,
quand même). Je sais, j'aurais mieux fait de leur dire de fermer leur
gueule, je sais, je sais.
Pourtant, aujourd'hui,
je portais un débardeur rouge. De la même couleur que l'ammanite
tue-mouches (mais sans les points blancs, je suis pas très pois-pois,
c'est plutôt Sissyneck, ca..) ou que certains serpents hypervenimeux.
Le rouge qui dit "Toi me cherches pas, paske tu vas me trouver". Notez
bien, vu les deux trois remarques auxquelles j'ai eu droit en rentrant
chez moi, je pense qu'il faut aussi que je revoie la portée du "rouge"
comme message d'avertissement :D
Toujours est-il qu'à
la fin de la journée, j'avais la tête comme une pastèque. Mais alors le
genre pastèque transgénique, vous voyez.
Du coup, j'ai été voir Volver,
ca m'a réconciliée avec l'humanité pour un petit moment (enfin jusqu'à
ce que je me ré-énerve toute seule en racontant l'épisode des lycéens à
ma moman au téléphone, quoi :D)







