Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

21 mai 2006

Des préjugés ayant la vie dure

    Petit dialogue, à la caisse du Leroy-Merlin de Saint-Ouen, ce matin

    Indri (fourrant des crémaillères et des équerres dans un sac plastique): Ah au fait, y a Vincent qui voudrait savoir quand est-ce qu'on va faire du shopping tous ensemble?
    Moa (retirant ma carte bancaire de la machine, la rangeant, et empoignant mes trois grosses planches pour me les fourrer sous le bras d'un geste élégant): Ouais ben, Vincent, il est gentil, mais le shopping, ca attendra. J'ai pas le temps en ce moment, de toute facon. Là je me suis arrêtée de bosser pour aller acheter des étagères, mais c'est paske les étagères, c'est utile, et j'en ai marre d'avoir des bouquins et des cours partout par terre. Les nouvelles fringues, c'est pas ultra-nécessaire, les espaces de rangement, si. J'ai plus de place nulle part pour rien du tout. D'ailleurs j'ai pas de place non plus pour des fringues, alors...
    La vendeuse (morte de rire): Ca c'est vraiment le monde à l'envers, les filles au magasin de bricolage et le gars qui veut aller faire du shopping.
    Moa: ah mais non, moi j'aime pas le shopping du tout, alors que par contre, faire des trous avec une perceuse à percussion, c'est super-rigolo :D (je précise avant toute remarque que, contrairement à mon voisin, j'ai l'intention de percer mes trous à une heure décente. Vu qu'aux heures indécentes, il fait pas assez clair pour voir ce qu'on fait, chez moi :D )

      J'aime bien jouer à "Je suis pas une femmelette". N'empêche que ces saloperies de planches, elles m'ont bousillé les bras, le temps de rentrer chez moi. Et que pour une fois, j'aurais ptet pas envoyer chier un gars qui nous aurait abordées pour jouer les gentlemen et nous aider à porter tout ca jusque chez moi. Pas de chance, dans ces cas-là, tous les boulets dragueurs du quartier sont pas cons, ils disparaissent :D

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12 mai 2006

La série continue

    Je vais devoir déménager. Me barrer de mon appart en courant, après avoir pris la peine, quand même, d'en fermer la porte, histoire que ces PSYCHOPATHES d'objets quotidiens ne puissent pas s'enfuir et aller conquérir le monde en soumettant d'autres pauvres humains à leur loi implacable. Vous avez vu les Oiseaux, de Hitchcock, et vous avez eu peur? Ben, là, pareil.

  L'étagère, je l'ai réparée, remise en place, calée, et re-remplie. Elle moufte pas. Pas folle la guêpe. Elle sait qu'à la moindre incartade, elle finit sur le trottoir. (Au sens propre. Dans mon quartier, quand on a un truc encombrant dont on veut se débarasser, on le colle sur le trottoir, et la municipalité l'embarque pendant la nuit. Ou alors c'est la petite souris, je sais pas.)
    Du coup, la petite maligne s'est trouvé un chevalier servant. Un complice qui fait les conneries et les coups en vache à sa place, et que je ne peux pas mettre sur le trottoir, paske 1) il est trop lourd, et 2) j'en ai besoin.

    J'ai nommé: le frigo.

  Ce connard m'a congelé tout son contenu. Le frometon, les mousses au chocolat, mon tupperware de salade, mes fraises, tout, sauf le bac à légumes, et encore. Et quand je l'interroge, il me répond, l'air mi-ennuyé, mi-goguenard: tu comprends, d'un coup, la température de l'appartement a grimpé très fort, alors j'ai compensé, j'ai mis un coup de collier, et bon.. je me suis un peu emporté, quoi.

  Je suis en train d'essayer de décongeler ma salade sans la faire cuire. C'est là que je regrette mon micro-ondes (celui qui fait le mort depuis des mois, vous savez. M'en fous, maintenant, j'ai les sous pour le faire réparer ou le changer).

    D'aucuns diront que je suis parano, que je laisse libre cours à mon délire de pérsecution. Rigolez. Le jour où on me retrouvera congelée dans mon frigo, j'en connais qui auront la conscience lourde, mais louuuurde.

    J'ai peur. Et j'ai faim.

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10 mai 2006

D'une bataille vespérale

    Mes parents, qui n'étaient pas venus chez moi depuis un moment, m'ont fait remarquer à midi que l'une de mes étagères de cuisine avaient pris une flèche conséquente (les étagères, c'est comme les enfants, quand on vit au quotidien avec eux, on se rend pas compte qu'elles poussent pas droit.. ), et qu'elle risquait subséquemment de se casser la margoulette incessemment sous-très-très peu, le genre qui urge, je vous fais pas un dessin. "Ah oui, tiens", ai-je fait, flegmatique, en remarquant - coincidence amusante - qu'il s'agissait de l'étagère sur laquelle je range une partie de ma vaisselle.
       J'y ai plus trop pensé pendant le reste de l'après-midi, mais vers 10h, après avoir eu plusieurs personnes au téléphone et avoir surmonté le petit coup de bambou que je m'étais pris derrière les oreilles un peu plus tôt, je me suis trouvée pétant la forme et ne sachant pas quoi faire.
    Qu'à cela ne tienne, je me suis dit que j'allais regarder un peu cette étagère et voir, puisque je ne pouvais pas lui coller illico une équerre pour la remettre d'aplomb, ce que je pouvais faire pour la soulager, au moins. Et je me suis dit, dans ma grande vivacité d'esprit, que, peut-être, la faire basculer de l'autre côté, et la rapprocher du mur, ca lui éviterait au moins de se casser la gueule dans le vide. Et d'entraîner dans sa déchéance mes assiettes. Il se trouve que je viens de racheter des assiettes, des assiettes que lesquelles, c'est ma cousine qui les fait, et que je les zaime, et que j'ai pas encore eu l'occasion de les utiliser, vu que mes papa-maman me les ont justement aménées aujourd'hui, et que donc, j'aimerais bien qu'elles mourrent pas trop vite.
    N'écoutant que mon courage, je commence à vider la beste (comme du vulgaire gibier, parfaitement, sauf que bon, c'est pas dans les bois que j'ai été la chasser, celle-là, mais à Ikea), je fais tomber la moitié des trucs au passage (je suis un boulet, je sais, et je fais toujours tomber plus de trucs quand j'essaye de pas faire trop de bruits. Mes voisins doivent être ravis), mais pas les assiettes -hourrah-, et je commence à la déplacer.

    Grossière erreur.

   

  Et pourtant, j'en ai fait, de l'histoire. Je sais bien que, quand il s'instaure un statu quo entre deux ennemis, et que par miracle, il parvient à durer, le premier con qui se mêle de vouloir "résoudre la situation" déclenche une reprise des hostilités. Sanglantes, les hostilités.
    Ben ca n'a pas raté. Mon appartement ressemble à un champ de bataille. Les boîtes de conserves agonisantes demandent à être achevées, les sachets de pâtes éventrés poussent leur dernier râle, le grille-pain survivant rampe dans la boue pour essayer de se soustraire au feu ennemi. (Ouais, bon, en fait, tout est par terre, mais aucune mort n'est à déplorer, merci pour eux. Cela dit, pour ceux qui avaient déjà porté la main à leur portefeuille dans l'espoir de soutenir l'effort de guerre, ne vous en privez pas, je pense que je vais devoir racheter une étagère, alors vos dons sont les bienvenus :D)

   Cette saloperie d'étagère a failli s'effondrer sur ma tronche, et elle a pas loupé le parquet. Ni les voisins ahah Hum. Bientôt six ans qu'on vit ensemble, deux déménagements auxquels on a survécu, et cette traitresse essaye lâchement d'avoir ma peau alors que j'essayais de soulager ses souffrances!!! Elle a bien caché son jeu, la félonne. Encore un membre de la conjuration des objets cherchant à me nuire. C'est pas la première que je démasque (il y a eu le sèche-cheveu, puis le four), mais c'est certainement l'une des plus sournoises.
    D'autant que c'était vraiment la tentative du désespoir, pask'elle en pouvait plus, la vieille. J'ai même pas eu besoin de l'achever, sa tentative kamikaze s'est soldée par une démantibulation (ca se dit, ca ?). Pas moyen de lui resserer les boulons (enfin les vis, en l'occurence), ca tourne dans le vide.

    Bon, ce qui est marrant, c'est que j'avais déjà pas assez de place pour ranger mes nouvelles assiettes en plus des anciennes. Et que là, ben la moitié de mon rangement vient de rendre l'âme. Et ce qui est hilarant, c'est que ma copine Crooke arrive demain soir chez moi, et que donc, il va falloir que je règle le problème d'ici là, paske sinon, je vois pas comment on va faire pour se déplacer dans ma cuisine (déjà que ma chambre, une fois occupée par un sac de voyage, un matelas par terre et une personne de plus, c'est limite la loi de la jungle..)

    Y a qu'à moi, que ca arrive, des trucs comme ca?
   

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17 avril 2006

De la grue à la morue

    Vous n'y avez pas cru une seconde, gens de peu de foi et de male créance?

    Ok, voilà une autre version de la journée des morues à Paris.

  Hier matin, donc, réveillée par aux aurores par les cris du marchand de tapis sous les fenêtres (10h30, c'est vraiment pas une heure décente!), je me lève et piétine Sissyneck qui déborde de son matelas posé au sol, en essayant de sortir de la chambre. Je tiens à préciser que si Sissyneck dort par terre, c'est parce qu'en fait, dormir sur mon lit est beaucoup plus dangereux. D'abord il menace ruine depuis le jour où il a passé la porte de chez moi (et a supporté deux déménagements depuis), et ensuite, le mur s'écaille au-dessus, et le risque de bouffer de la peinture et du plâtre pendant la nuit quand on dort la bouche ouverte est très grand.
    Donc, je marche sur Sissyneck. En me grattant la tête et me frottant les yeux, encore bouffis de sommeil, je vais saluer le T-rex sommeillant dans mes chiottes, non sans avoir allumé la bouilloire au passage.
  Quelques secondes plus tard, Sissyneck émerge de la tanière à son tour, se gratte la fesse droite. Je gromelle "tu veux quoi comme thé?", et je parviens à décrypter dans le baillement de ma coupine "mmmmhhhthpphéé au citrgroumpon". Les yeux mi-clos et la lèvre pendante, nous petit-déjeunons, puis procédons à nos ablutions, chacune assouvissant son addiction internaute pendant que l'autre est sous la douche. Après ca, il est midi passé, nous descendons faire le marché. Nous en profitons pour descendre une valise (bousillée, la valise) pleine de Nouvel Obs pour qu'elle soit enlevée après le marché par les services municipaux (mais en fait, ils n'en n'auront pas l'occasion, paske dans les 10 minutes, quelqu'un l'a récupérée...).

  Au marché, nous traînons devant les bijoux à 1 euro, nous hésitons devant un choix cornélien: courgettes ou aubergines?. Puis, guillerettes, nous remontons en traînant la patte les quatre étages. Sissyneck se met à la popote et nous prépare sa super-bolo-de-la-mort-qui-tue-que-laquelle-, même l'abbé Gouy se damnerait pour en manger. Pendant ce temps, Johnny Cash nous régale de sa musique et nous nous trémoussons, en remuant le popotin et secouant les bras dans tous les sens. Pauvres voisins.  Nous baffrons ensuite en poussant des soupirs de contentement.
    Epuisées par une telle activité masticatoire, nous nous affalons sur nos lits respectifs, et sombrons dans une sympathique sieste post-prandiale, après nous être livrée pendant quelques secondes à une bataille de tigrou (cherchez pas...).
    Notre sieste est interrompue par Monsieur-je-fais-pétarader-ma-moto-cross qui a décidé que le meilleur moyen pour épater les nenettes du HLM en face était de rouler à tout-berzingue dans la même rue, tout l'après-midi. Nous mettons néanmoins une demi-heure à émerger de notre coma, ouvrir la fenêtre et lui cracher des insultes qu'il n'entend de toute facon pas.

  Toujours à moitié abruties de sommeil, nous décidons d'aller faire un tour au marché aux puces de Saint-Ouen (c'est chez ouam), où nous feuilletons des bouquins poussiéreux (on a failli craquer et acheter Exercices Spirituels et L'histoire Ecclésiastique en 24 tomes) et admirons des fripes militaires.  Comme mon genou mériterait de faire partie des éventaires des antiquaires et que Sissyneck en a marre de m'entendre gémir, nous rentrons à la maison, nous affalons devant l'ordi avec des litres de thé, des châles autour des épaules (ca c'est pour le folklore, paske malgré le temps pourri, il fait plutôt chaud), et des gatals au chocolat. Miam Slurp Scrounch. Un perroquet échappé d'on ne sait où vient taper à la fenêtre, mais le temps que je me saisisse de mon appareil photo, et que je réalise que les piles sont mortes, il est reparti vers d'autres cieux. On glandouille comme ca jusqu'au soir (blog, forum, mails, blogs, MSN), et quand vient l'heure, on re-baffre. On évoque vaguement nos projets pour la journée du lendemain (Louvre? Schoppinge?Librairies? Promenades sous la pluie?)
    Ensuite, on enfile nos pyjamas, le mien étant composé de deux morceaux de pyjamas différents, et arborant fièrement une série de croissants de lune et d'étoiles, et celui de Sissyneck étant le fameux pyjama en pilou régulièrement évoqué dans les pages de son blog. Elle enfile ses chaussettes à orteils, et moi une paire de grosses chaussettes de sport trop grandes pour moi (je crois bien que c'est mon frère qui les a oubliées chez moi). Puis nous nous serrons comme deux mémés sous la couette dans mon lit (une place, le lit. Sous les écailles de peinture, tout à fait, paske nous, on craint rien ni personne, faut pas nous en raconter). Nous plaçons mon ordinateur portable (12 pouces) sur un oreiller en équilibre précaire entre nous deux, et nous commencons dès les dix premières secondes de DVD à baver, gémir de dépit et grogner de frustration en regardant Ally McBeal draguer puis se faire Larry (Robert Downey Junior, saison 4). Rhhhhaaaaaaaaaaaaaaaaaaa j'en veux un tout pareil euuuuuuuhh ahem oui bon.
    A deux heures du matin, nous arrêtons le massacre et repassons sur internet, histoire de nous rendre compte que nous sommes les deux seules perdues encore éveillées. Nous éteignons enfin la lumière, et continuons à refaire le monde jusqu'à l'aube (nan je déconne).

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16 avril 2006

                        Une journée des Girls in Paris, version Sissyneck, right there.

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10 avril 2006

D'une lettre ouverte (ou rouge, d'énervement)

    Monsieur qui gratte dans mon grenier,

  J'ai conscience que je n'ai pas à me plaindre du bruit que toi et tes petits camarades avez fait pendant toute la journée, en tapant, raclant, grattant, shootant dans des morceaux de chez pas quoi qui rebondissent sur le sol (qui se trouve être mon plafond, je vois que tout le monde suit.). De la même façon que je n'ai pas ronchonné à haute voix quand mes voisins sud ont passé tout le week-end dans leur salle de bain (me demandez pas ce qu'ils faisaient, j'en sais rien, mais en tout cas, c'était une activité nécéssitant une quantité de flotte suffisante pour abreuver un troupeau d'éléphants.) De toute facon, j'aurais pas dû être chez moi, mais en train de bosser dans une bibliothèque quelconque, et donc, c'est bien fait pour moi, et tout et tout.

    Mais là, maintenant, il est dix heures et quart, et tu es encore en train de tapoter, et de racler chais pas quoi en faisant d'horribles bruits, du même genre que celui d'une craie crissant sur un tableau, que ca m'en fout de frissons tout le long du dos, et que ca me fait grincer des dents (à moins que ce soit les éléctions en Italie??). Je suis en train de me filer un torticolis à vérifier toutes les quinze secondes que tu n'as pas fini par percer le plafond juste au dessus ma gueule et que tes gravas ne vont pas tomber en plein sur mon petit clavier-chou-que-j'aime

    Si tu continues, ca risque d'entamer sérieusement nos bonnes relations, et je risque de mettre de la musique très fort, pour couvrir. Et je suis tentée de ressortir de derrière les fagots le fantastique morceau de techno que je mettais il y a quelques années pour faire fuire les dindes gloussantes stationnant sous mes fenêtres à une heure indue le vendredi soir. Le dormeur, ca s'appelle.

    Et c'est exactement ca que tu devrais faire, à cette heure-là. DODO, j'ai dit. (moi pas, par contre, vu que je me suis pas beaucoup fatiguée de la journée, je pète la forme, comme tous les soirs, depuis trois jours).
    Veuille, Monsieur qui gratte dans mon grenier, recevoir l'expression de ma respectueuse et néanmoins agacée, considération.

                                                                        Mademoiselle Soi-même.

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28 février 2006

De mon parisianisme fluctuant

    Ya des jours, je me surprends à être plus parisienne que je ne le souhaiterais. Par exemple, tout à l'heure, je me suis retrouvée derrière un couple de vieux sur un escalator. Celui-ci n'avait la largeur que d'une personne et comme il est assez raide, les gens ne montaient pas, ils se laissaient emmener. Et je me suis surprise à trépigner et piétiner derrière eux, en me disant "aaaah je vais rater mon métro, merdre phoque faiche". Alors que je rentrais juste chez moi, j'avais pas de rendez-vous, rien du tout! Là je me suis dit: "Rien ne va plus, respire un grand coup, fais un sourire à la dame, et sois zen". De toute facon le métro n'était pas à quai, j'ai eu tout le temps d'arriver en haut avant qu'il n'arrive.
    Bon et puis alors moi qui ai quand même une assez grande résistance à la morosité ambiante dans le métro (je suis toujours la seule à rigoler toute seule, comme une con, j'ai remarqué), là, franchement, ca m'a gavée. Je sais pas pourquoi, c'était inhabituellement surpeuplé. Bon, comme j'étais redevenue partiellement provinciale, grâce au couple précédemment cité, je m'en suis tenue à mon attitude habituelle (et raisonnable, oserai-je l'affirmer?) de laisser passer un ou deux métro et de fractionner mon trajet (prendre d'abord le métro qui va à Asnieres, m'arrêter à la Fourche, et ensuite en prendre un qui va dans la bonne direction).
    Mais alors ca m'a pas fait rigoler du tout d'avoir à demander aux gens si je pouvais récupérer mon sac et le pan de mon manteau qui restaient dans le métro, alors que moi j'étais dehors, voyez-vous. Et puis comme par hasard, les grands paranoïaques étaient de sortie (normal, ce serait con de rater une occasion comme ca d'aller délirer dans le métro),  et dans le genre, j'énerve tout le monde, et je multiplie la tension de toute une rame par 10 en 15 secondes, j'ai rarement vu mieux.

    Bon enfin ca c'était juste la dernière heure de ma journée, le reste était cool, mais quand même. Faut que j'arrête de réagir comme une parigote stressée. Je suis étudiante, j'ai des horaires relativement souples, la vie est belle, le soleil brille (enfin aujourd'hui, c'était par tranche de dix minutes, mais c'est toujours ca de pris). Tout ca, quoi.

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09 février 2006

D'une note inintéressante

    Journée satisfaisante et par là-même sans doute peu intéressante pour vous. Ai regardé le dernier Orgueil et Préjugés (ptet bientôt mon avis détaillé sur le forum de 3p, si j'ai le courage). Ai mangé avec mes parents, ai été avec ma maman au Louvre, ai fait une charmante rencontre au monoprix. Genre au moment de commencer à fourrer mes articles dans mon sac, le gars qui était passé avant moi (avec plein de bouquets de fleurs et deux paquets de salade dans son panier. Faut pas chercher. Remarquez, moi j'avais que des fruits et du PQ, alors...) traine pour récupérer ses trucs et me regarde fixement (je le voix du coin de l'oeil, je vais pas l'encourager en le regardant dans les yeux, en plus!). J'ai juste le temps de me dire "et merde", avant d'entendre mon prénom. Je lève les yeux: Oooooh c'est mon propriétaire yummy tout plein. Je suis vraiment au radar, moi, quand je fais mes courses... Du coup, bien qu'à la bourre, j'ai quand même pris 5 minutes pour discuter. Il me fait rigoler, il commence par me tutoyer mais comme je le vouvoie il hésite, alors au final, il tranche: "tu" et "vous" en alternance une phrase sur deux. Trop mignon.
    Et après je me suis dépéchée de rentrer,j'ai fait ma salade de fruits à tout berzingue, saloperie de mangue qui gliiiisse et qui veut pas se couper comme il faut alors qu'elle avait l'air toute tendre quand je l'ai choisie un quart d'heure plus tôt. Pas de citron, tant pis, il reste une orange, zou, et en avant l'aventure, direction soirée sympa chez une copine. Bien mangé, bien rigolé. Un con dans le métro, mais ca n'a pas suffi à me gacher la fin de soirée.


    A part ca l'expo qu'on a vu (après avoir arpenté le Louvre pendant un bon moment, et avoir essuyé des défaites successives devant l'expo sur le Paradis de Tintoret, et celle sur Ingres, qui ouvrent toutes deux demain), c'est Les Van Blarenberghe, des reporters au XVIIIe siècle. Très sympa, chouettes miniatures, et très chouettes lavis. Dommage qu'on ait pas eu le temps de tout à fait finir, je pense que j'y retournerai.

    Je sais pas si je vais beaucoup poster d'ici à lundi soir, alors, je vous fais des bisous, les gens.

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10 janvier 2006

Des petits ouazos

    Y a un truc que j'aime bien, quand je vais à la BNF, c'est en sortir à la tombée du jour (ouais en sortir tout court, en fait, mais là n'est pas la question :D). Juste entre chien et loup (un bisou pour Martin, par esprit de contradiction :) ).
    La BNF est construite autour d'un genre de grand patio, auquel les lecteurs n'ont pas accès. L'étage chercheur se trouve au rez-de-jardin, et la sortie en haut-de jardin. Et donc, en reprenant le travel-t'as tort, en remontant, on se retrouve en surplomb du jardin.
    Et à la tombée du jour, tous les oiseaux du coin viennent se poser dans ce petit coin de verdure où personne ne viendra les enquiquiner, pour passer la nuit tranquille. Au lieu de devoir s'éparpiller dans tout l'arrondissement sur de pauvres platanes maladifs, ils peuvent rester tous ensemble, sur des arbres variés en pas trop mauvaise forme..
    Ils commencent par tournoyer, tous ensemble, très haut au dessus du jardin... des centaines d'oiseaux planant en cercles, certains plus audacieux descendant même vers les badaux qui arpentent l'esplanade le nez en l'air. Ca dure un bon moment, et puis tout à coup, ils descendent d'un degré, à peu près au moment où les dernieres lueurs de roses du ciel font place au bleu sombre. On croirait qu'ils s'abattent d'un coup sur les branches, mais en fait non... ils continuent à faire les cons dans les branches... ils s'agitent encore plus. A ce stade là, ce ne sont plus des groupes coordonnés qui virent tous ensemble... chacun se dégourdit les ailes un bon coup avant d'aller pieuter. Ils font carrément les malins. C'est marrant, d'ailleurs, paske comme ils sont plus près, on s'apercoit qu'il y en a de plusieurs espèces, plus ou moins grosses, et qu'ils se comportent pas tous de la même facon. Plus ils sont petits, plus ils ont l'air agités du bocal :D

  Et cette étape là, c'est super bruyant. Ca piaille dans tous les coins, ca bat des ailes à qui mieux, ca jacasse, ca jacasse, ca jacasse. Ils se posent, ils redecollent, on dirait vraiment qu'ils testent le meilleur endroit pour dormir, les meilleurs voisins, les feuilles qui sentent bon.
    Enfin, au bout de dix minutes, un quart d'heure, ca finit par s'apaiser. L'espèce de sifflement effréné mais néanmoins filtré qu'on percevait depuis les couloirs du rez-de-jardin se tait.
   
    C'est con, mais c'est le genre de scène qui me met en joie, à chaque fois...


  Bon à part ca, j'ai un problème existentiel... Tout à l'heure, en attendant le métro, j'ai regardé à ma droite, y avait un mec qui lisait attentivement son programme télé. Je me tourne de l'autre côté: une bonne femme feuilletait avec avidité un magazine causant apparemment de robes-bustier à la mode.
    Et là, j'ai regardé ce que MOI j'avais entre les mains.

    From Discourse to Logic
Introduction to Modeltheoretic Semantics of Natural Language, Formal Logic and Discourse Representation Theory

  Le genre de trucs qui me fait réviser mon jugement sur Vigny, qui finalement, n'est pas l'auteur le plus chiant de la création. Y a quand meme des moments, où la vie n'est pas juste.

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22 novembre 2005

De la chaleur humaine

    Mes amis et connaissances, et les plus assidus d'entre vous, chers lecteurs, savent bien que l'un de mes grands slogans est "Je n'aime pas les gens". J'ai horreur de la foule, et c'est la cause entre autres, de ma phobie des soldes, du Louvre aux horaires scolaires, et des Puces le samedi.
  C'est aussi la raison pour laquelle dans l'ensemble, je n'aime pas le métro. Remarquez que je n'ai pas bien choisi mon logement, vu que j'habite sur le trajet de la ligne 13, sur le branche qui va en Seine-Saint-Denis, et qui est, subséquemment, continuellement bondée.
  Mais cette misanthropie primaire, quand elle est confrontée à des conditions extrêmes, a tendance à muter (c'est ce qu'on appelle l'adaptabilité). A partir du moment où il commence à devenir évident que mon cerveau ne survivra pas à une décharge de haine à l'encontre de la foule, tellement cette dernière devient envahissante, il se passe quelque chose de terrible. Je me met à aimer tout le monde. Sans doute la faute aux endorphines.
    Par exemple, aujourd'hui fut une journée assez morose. J'ai mal au dos, j'ai pas été très efficace, et mon élève non plus, ce qui me pousse à m'interroger sur mes petites capacités pédagogiques, et comme vous le savez peut-être, la remise en question, j'aime pas ça. En sortant de chez lui, je prend la ligne 6 (tranquille), puis la ligne 14 (pas de problème). Et enfin, arrive la correspondance avec la ligne 13. La mienne. La cracra-surpeuplée-toute pas belle, la seule, l'unique, l'inimitable. Arrivée dans le dernier coude avant le quai, je me heurte à un mur humain. Le quai dégueulait jusque dans le couloir. Je me dis supeeeer, il y a du avoir un accident ou quelque chose, mais comme ils ne font pas d'annonce, ca doit être fini, ca va se résorber. Et là, je note un nombre inaccoutumé de gens en rouge. Avec des ECHARPES et des CHAPEAUX LOUFOQUES rouges et blancs. Signal d'alarme dans ma petite tête: (là vous imaginez la lampe clignotante et la sirène): MATCH!!!!

    Et effectivement, j'étais entouré de portugais (ai-je cru comprendre) joyeux, pressés de voir leurs idoles foutre la patée à je ne sais quel club français (enfin je dis ca, j'en sais rien, et honnêtement, j'en ai rien à foutre hein .) Je laisse passer un métro, deux métros, trois métros... (sans parler de ceux qui vont à Asnières-Genevilliers et pas à Saint-Denis (un sur deux). Je comptais pas les moutons, là, je comptais les métros pleins de gens moutonnesques. Bon au bout d'un moment, je me décide quand même à tenter ma chance, paske bon, il commence à faire faim, j'ai mal au dos, et je vais pas passer la nuit sur place. Dans ma grande mansuétude, j'ouvre même le chemin à une petite dame qui désesperait à côté de moi, et hop, magie, nous parvenons à grimper dans la boite de conserve à la première tentative. La question qui se pose ensuite est: le métro va-t-il pouvoir partir? Nan pask'être dedans c'est bien, mais tant qu'il y a un nombre non-entier de gens de chaque côté de la porte, on ne va nulle part, comme nous l'a gentiment rappellé à maintes reprises le conducteur. Chais pas, les gens, on dirait qu'ils préfèrent laisser un bras à Saint-Lazare qu'y rester en entier.
    C'est une certaine logique. A laquelle je ne souscris pas, je m'empresse de le dire. Je tiens à tous mes morceaux, et si l'un d'entre eux est menacé de devoir rester derrière, tous les autres font front (ce qui fait d'ailleurs que je suis un peu speed le lundi matin, où je suis régulièrement confrontée à ce genre de choix. Heureusement, la prof de bulgare prend la même ligne, et visiblement, elle est aussi saine d'esprit que moi, et donc tout aussi en retard. Fin de la parenthèse).
  Où en étais-je? Ah oui, donc, au moment où les portes du métro sont tant bien que mal refermées après qu'un ultime kamikaze ait réussi à faire pénétrer l'ensemble de sa masse corporelle dans l'habitacle, *POP*, ma misanthropie bascule. Et je met à rigoler comme une conne, et à blaguer avec mon voisin et la dame à qui j'ai ouvert le passage. Et à fournir gentiment des informations top secrètes genre "ce soir, il y a match au stade de france" au mignon petit couple qui se trouve à ma droite. Bref,on s'amuse comme des petits fous. Liège, y un malin qui descend, évidemment y en a un qui monte aussi, normal, mais le deuxième devait être moins gros que le premier, pask'on se sent plus à l'aise. Et puis arrive la station Place de Clichy, dernière correspondance avant le stade. Renouvellement partiel de population, ca devient complètement dingue, on entre dans une autre dimension, où la matière (humaine, en l'occurrence) est compressible à l'infini. Notamment lors des coups de freins généreusement administrés par le conducteur. Je m'excuse compulsivement auprès du jeune homme coincé derrière moi contre le strapontin. Sans lui avouer que dans d'autres conditions, j'aurais très volontiers fait connaissance avec lui. Il me semble qu'entamer une relation en écrabouillant impitoyablement (quoiqu'involontairement) l'autre n'est pas la meilleure façon de lui assurer une longue vie. A la relation, je veux dire, pas au gars. je ne crois pas, quand même, avoir porté atteinte à son esperance de vie. En plus il a de la chance que je me classe dans la catégorie "moelleuse", j'aurai pu, en plus être toute osseuse, et là, il aurait souffert. Bref, je suis aux anges. Bon évidemment, deux stations avant la mienne ca commence à se gâter, paske des portugais ont refusé de descendre momentanément pour laisser passer quelqu'un qui voulait vraiment descendre, et le quelqu'un en question était assez remonté. Enfin bon, je suis descendue allègrement du wagon, après avoir souhaité bon courage aux infortunés pour qui le calvaire continuait, j'ai fait trois petits bonds pour me dégourdir les papattes, et je suis sortie à tout berzingue de la station, pour profiter de l'air frai de Saint-Ouen. Et j'ai remonté, manteau, cheveux et écharpe au vent, ma rue, avec le Sacré-Coeur en plein dans ma ligne de mire (et ca m'a même pas mise de mauvais poil, c'est dire), jusque chez moi. Avec un peu de chance, je vais ptet arriver à faire quelque chose de ma soirée.

    Chuis grave, quand même.

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Oh, et il y a une nouvelle critique sur 3p, grâce à Crooke, bénissons là :)

Posté par Mlle Moi à 20:37 - Une demoiselle à Paris - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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