Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

18 novembre 2005

Des petits hommes bleus.

    Aujourd'hui (et en fait c'est la troisième fois en une semaine), je me suis promenée dans le seizième, avec ma môman. Le seizième, c'est le type même de l'arrondissement où, habituellement, je ne fous jamais les pieds. Mais il se trouve que pour une raison X, j'y étais.
    On a croisé une bande de gamins emmenés en troupeau par leur instit et deux trois parents volontaire, vraisemblablement en route pour une activité culturelle quelconque. Le truc, c'est qu'au premier regard, j'ai cru qu'ils portaient un uniforme. Ils avaient tous des impers bleus marine, des cartables sombres, et des bonnets ou des capuches ou des cagoules bleu marine itou. Une vrai bande de schtroumpfs! (ils avaient 6-7 ans, les mômes, environ). Mais en y regardant bien, non non, il ne s'agissait pas d'uniformes du tout, les impers étaient tous différents.
    Qu'est-ce que c'est, nom d'un chien, que cette dictature de la bienséance? 6 ans c'est l'âge où on peut encore porter des trucs bariolés sans passer pour un dingue ou un rebelle, bon sang! Quand j'assiste à des transhumance de gônes n'importe où dans Paris, et en particulier de petits audoniens, il y a toujours du vert, du jaune, du rouge, du rose !
    Et ben là, non. Enfin si, Un des petits avait une écharpe à rayures, dans des tons assez ternes, mais ni bleus ni gris, et une minette avait un sac rose-barbie.

    Et comment ils font, les instits pour les différencier, tous ses moutards blonds et bien peignés? Quand j'habitais à Lyon, à côté du Parc de la Tête d'Or, j'assistais souvent au défilé de centres aérés, chaque groupe portant un signe de reconnaissance, genre foulard jaune, ou casquette rouge (un peu comme les groupes de japonais qui visitent le Louvre). Un de mes grands fantasmes, d'ailleurs, le vol de casquette rouge à un môme sans défense. Je me suis toujours demandé ce qui se passerait si deux élèves de deux groupes différents, se rencontrant par exemple sur une pelouse lors du pique nique, ou dans l'aire de jeux, échangeait leur signes distinctifs. S'il y avait moyen qu'ils échangent leur école, leur instit, leur parents, et leur vie.

    Bref, le seizième, je ne connaissais que de réputation, mais en fait, la réalité vaut les clichés, hein.

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15 novembre 2005

Oui, mais non. Voilà.

    Encore faili me faire chourrer mon portefeuilles dans le métro, tout à l'heure. Mon sac était super plein, genre bourré à craquer (le poids de la connaissance, ahah), donc le portefeuille était retourné dans la poche du dessus, pour une fois. Et évidemment, en fin de journée, j'ai super mal au dos (normal, je porte ma maison sur mon dos. Je vous le dis, c'est dans ces cas-là qu'on comprend pourquoi les escargots n'ont PAS de vertèbres. Si c'est pour avoir mal au dos toute sa vie, autant s'en passer hein). Donc je porte le sac à dos sur les deux épaules, normal, quoi.
    Et à mon avant-dernière correspondance, je vois le métro qui arrive à quai. Je dévale les escaliers en courant, et je me précipite dans la rame, en contournant un couple de vieux qui sortaient et restaient au milieu. Et là, je sens un bump dans mon sac, je me demande si j'ai heurté la petite dame, je me retourne, et avant même que j'ai réalisé ce qui se passe, le grand mec qui s'était retrouvé devant moi comme par hasard à un espèce de mouvement de main vers moi. Et dans la main, y a quoi, mmh? Ben oui, mon portefeuille. Bingo. Il a été con, le mec. Chargée comme j'étais, avec déjà les deux pieds dans la rame quand lui il était à l'extérieur, et vu la courte taille de mes jambes (je vous ai déjà dit que je soupconnais l'existence d'un teckel parmi mes ancêtres?), s'il s'était barré en courant, je l'aurai jamais rattrapé. Mais non, il a du se dire que c'était rapé de toute facon, et il m'a gentiment tendu mon portefeuille, genre un peu contrit. Enfin je dis ca, c'est une impression, paske je l'ai même pas regardé en face. Le temps de réaliser ce qui se passait, de tendre la main d'un air autoritaire, en disant "eh! eh! eh! oh!" (Texto. Ca m'avait coupé la chique, là), et de récupérer mon bien, et la porte du métro s'est refermée, le gars est parti, enfin chais pas, ca c'est passé vite. Et après je suis allée m'assoir en ronchonnant "putain c'est pas vrai ça", et j'ai dignement rangé le portefeuille dans la même poche, genre, je m'en fous, j'ai le power, je viens de terrasser psychologiquement un gars beaucoup plus grand que moi, avec des épaules super larges (enfin plus que les miennes quoi), et je l'ai o-bli-gé à me rendre mon portefeuille (à genoux et en demandant pardon :D). Donc je fous mon portefeuille dans la poche du dessus si je veux. Et je sors mon bouquin (Les quatre premiers épisodes de la série Jalna, de Mazo de la Roche, un truc de fillasse, mais j'assume). Enfin quelques stations plus loin, je l'ai quand même rechangé de place, hein, pas folle.

    Bon enfin tout ca pour dire que ca m'énerve. Non pas que les pickpockets fassent leur boulot, celui-là, il faisait même un peu pitié, non seulement je l'ai senti prendre le truc dans mon sac, mais en plus il me le rend quand je me retourne... Nan ce qui fait chier c'est qu'à chaque fois que ca arrive, après, je me retourne, avec un sursaut à chaque frôlement. A chaque fois, coup de stress. Et vu la forme ovoide de mon sac quand il est plein (c'est-à-dire souvent, vu que je trimballe mon i-book, mes cours, ma grammaire allemande, mon roman du jour, ma trousse, ma bouteille thermos, tout le tintouin), forcément, il entre TOUT LE TEMPS en contact avec quelque chose, dans le métro. A ce rythme là, je vais finir par faire un infarctus, moi.

    Et le pire, c'est que tout ce qui peut intéresser un pickpocket, c'était pas dans mon portefeuille, mais dans mes poches. En revanche, tous les trucs à ne perdre sous aucun pretexte, carte d'identité en tête (encore que... la photo est tellement ignoble  que si j'avais une bonne raison d'aller la refaire avant 2008, je cracherais pas dessus), ca oui. Résultat, on y aurait perdu tous les deux, s'il avait réussi son coup, le monsieur. (enfin lui il n'aurait perdu que son temps et son énergie, remarquez..)

     Enfin ca j'ai pas eu le temps de lui expliquer, ce sera pour une prochaine fois.

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04 novembre 2005

De Saint-Ouen by night

    Bon, alors déjà j'avais du mal à m'endormir (normal, j'ai comaté toute la journée, dans le bus, le métro, les couloirs, les salles de cours). Mais là, avec la super fiesta qui a lieu dehors, c'est pas gagné. Un peu plus tôt dans la soirée, z'ont entamé les festivités avec un scooter cramé. Ai rien entendu avant les pssssh pssshhh krrpsssshh des talkie walkie des flics, et je n'ai senti l'odeur de pneu cramé qu'en ouvrant la fenêtre. Pas compris s'il s'agissait d'un accident ou d'un "acte de malveillance", mais en tout cas, y avait les pompiers, les flics, et apparemment, un blessé.
  Deuxième acte, descente de flics (toute une colonie), ils se précipitent tous dans la barre de hlm en face de chez moi, y en a même un qui a été faire le singe sur le toit avec sa lampe de poche, ca m'a fait un peu peur. Visiblement, il cherchaient qui leur balancait des trucs sur la gueule depuis un des étages supérieurs. En même temps, c'est un peu comme dans un soap à l'américaine. On se doute bien du scénario d'ensemble, vu que c'est toujours le même, mais pour ce qui est des détails, quand on prend l'épisode en cours de route, c'est un peu flou: "Quoi, le fils de la concierge de truc a couché avec la nièce du véterinaire de ta cousine?" Bon, là, pas de coucheries, mais beaucoup d'agitation, et apparemment, ils sont ressortis bredouilles. Uh, je crois bien avoir chopé un flash d'appareil photo parti de la barre d'immeuble voisine.
    Et pis alors le camion avec un bras articulé pour venir enlever le scooter et deux grosses poubelles (j'ai pas compris pourquoi, elles avaient l'air en bon état, maintenant elles sont toutes cassées, c'est bête). Chglong bong naaaaan plus à gauche aaaah ouais pardon re-chblong bing paf. Et les flics sont repartis en laissant la sirène et le gyrophare (alors que bon, côté circulation, à cette heure là, vous me direz pas... y avait même pas de fille à impressionner...), genre comme ca t'es certain que TOUT le quartier est bien réveillé.

    En fait, dans des occasions comme ca, je me dis que j'ai bien raison de m'obstiner à ne pas acheter de télé. Là, c'était tout pareil (sauf qu'on peut pas couper le son, mais bon..). Enfin faut pas exagérer, hein, c'est la première fois que ca arrive si tard depuis que je suis là, et même si j'ai rien compris, j'ai eu l'occasion de remplir mon rôle de "commère à sa fenêtre". Donc je me plains pas. Mais maintenant, je vais aller me recoucher, quand même.

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12 octobre 2005

Des saisons

    En ce moment, la météo, c'est n'importe quoi. Y a dix jours on se caillait les plumes, et là on est quasiment revenus à l'été... La température de mon appart est remontée de trois degrés en trois jours. Top délire. Comme les vacances., (remarquez c'est normal, puisque je suis tjs en vacances d'été, moi, comme j'ai eu l'honneur de vous le dire il y a peu.)

    Enfin non. Dans certaines rues, jonchées de feuilles mortes, et à la tombée de la nuit, ca sent quand même l'automne. Au sens olfactif du terme. J'aime bien ce moment où on bascule dans l'automne, mais avant l'arrivée de la pluie. Ou les feuilles mortes craquent et ne forment pas encore une infâme bouillasse piétinée, machée et recrachée par la foule sur les trottoirs.

    Bref. Aujourd'hui, faisait super chaud. Hier aussi. D'ailleurs, à un moment, j'attendais sur un siège du MK2 Bibliothèque (complexe cinéma-resto-bar-dvds-librairie-popcorn, juste à côté de la BNF) qu'il soit l'heure d'aller à mon cours d'allemand, quand j'ai vu par la baie vitrée une scène assez désopilante.

    C'était visiblement un petit tournage, je ne sais dans quel cadre, mais toujours est-il qu'il y avait une caméra, et deux zozos, en maillots de bain et palmes, sur le trottoir (du grand boulevard qui longe les voies ferrées..), une nenette accroupie par terre qui les arrosait au jet d'eau régulièrement, et un autre gars qui faisait écran derrière elle (en face des deux mecs donc,) avec une serviette bleue tendue à bras levés. Sans doute pour pas trop éclabousser la chaussée j'imagine. La caméra filmait les deux mecs de dos, y avait donc la serviette bleue ("serviette bleue" est une expression qui fait frémir un certain nombre de mes connaissances internautes, c'est assez rigolo de la réutiliser dans ce contexte, mais passons) en plein dans le champ. A moins que ce soit pour planquer les voies de RER qui étaient derrière, chais pas.

    De temps en temps, comme ca on croise des scènes marrantes, et on se prend à imaginer le contexte. Mais là, j'avoue que j'ai eu du mal à me représenter ce qu'ils pouvaient bien fabriquer. Un film sur la nostalgie de Paris-plage, peut-être ? :D

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07 août 2005

De l'adaptation au milieu environnant

    Certains d'entre vous l'auront peut-être compris, je ne suis pas parisienne de souche (ouais, comme s'il y en avait encore beaucoup, des vrais parisiens de souche..). Mon papa est né à Paris et y a passé sa jeunesse, mais il était lyonnais depuis plus de vingt ans quand je suis née. Et ma maman a beaucoup bougé, mais jamais en île-de-France. Mademoiselle Moi est donc franchement rhône-alpine de coeur. Lyon-Valence-Grenoble, tel était le tiercé gagnant des dernières années. Et en bonne "provinciale", j'ai assez peu de tolérance pour le parisianisme outrancier. D'autant que mes années de prépa m'ont mise en concurrence directe avec les élèves des lycées parisiens côtés (Louis le Grand et Henri IV), ce qui, on a beau s'en défendre, laisse des traces (ouais, par exemple, comment ça se fait que, eux, ils aient su que les Etats-Unis allaient tomber en histoire au concours, et nous pas ? J'accuse pas, je rapporte des témoignages recueillis a posteriori...)
  Du coup, quand j'ai réalisé que mes projets d'études étaient difficilement réalisables ailleurs qu'à Paris, je me suis fait plein de films catastrophe. Genre "Aie aie aie, mais à la Sorbonne, je vais tomber sur tous les snobs de la Montagne Sainte-Geneviève." Bon, là, encore un cliché, mais à ce moment-là, les seuls specimens que j'avais rencontrés étaient gratinés. Genre cette fille avec qui on avait discuté, dans une cour de l'ENS. Celle qui en apprenant qu'on venait de Lyon nous avaient assaillies de questions pertinentes du style: Ah ouais vous avez des cours ? nan.. ! et des profs, aussi? waaaaaah. Ouais, ouais, on a même l'eau courante, à Lyon, la civilisation est arrivée jusque là (elle a eu du mal, mais bon..). Et là, il s'avère qu'elle-même prépare l'ENS de Lyon, et qu'elle est certaine de devoir s'y exiler l'année suivante (pourtant, les résultats étaient pas tombés, encore..). Il y a un centre-ville, à Lyon? Oui ? Ouf! (groooooos soulagement, elle va pouvoir faire son shopping sans prendre le TGV tous les we..). Et il est loin de l'ENS ? Au moins dix minutes en métro, ma grande, tu crois que tu vas y arriver ? :)

  Bon enfin bref, tout ca pour dire que comme ça, sans connaître, j'appréhendais un peu. A tort. Parce que j'ai vraiment aimé le groupe avec qui j'avais cours cette année. Remarquez, les trois-quarts étaient étrangers, donc ca prouve rien. Mais quand même. Et le reste à l'avenant. J'avais peur que ce soit trop grand, trop gris, trop tout ce qu'imaginent les gens qui n'y vivent pas.
    Gris, ca l'est. C'est sûr, il y a plus de soleil à Valence. Mais dans mon quartier, il y a plein de dames africaines avec des robes bariolées, qui illumine la vie. Dans le métro, il y a plein de langues étrangères qui mettent de la couleur dans les oreilles (j'adore écouter les langues que je comprend pas, et essayer de reperer des trucs...). Et puis la municipalité de Saint-Ouen, c'est quand même autrement moins triste que celle de Valence.
    Grand, ca l'est aussi. Sauf que les transports réduisent vachement l'espace. A Grenoble, qui a pourtant une taille "humaine", j'ai quasi rien fait, (entre autres) paske j'habitais pas dans le bon coin, et que rentrer le soir un peu tard, c'était trop compliqué. J'aime toujours pas le métro. Mais je m'y suis plutôt pas mal habituée. Je passe pas mal de temps (quand j'écoute pas des conversations auxquelles je comprend rien), à regarder les gens, en me disant que si je savais faire, j'aimerais les portraiturer. Y en a qui le fait, d'ailleurs, c'est lui. Photos dans le métro. Ca aurait pu être sinistre, mais en fait, c'est plutôt sympa, je trouve.
  Enfin tout ca pour dire que, morceaux par morceaux, je continue à apprivoiser un peu le monstre parisien. Il y a même certains quartiers que je commence à connaître pas mal (et croyez-moi, pour quelqu'un qui a un sens de l'orientation à peu près aussi développé que le sens pratique des architectes de la BNF, c'est-à-dire proche du zéro absolu (-273,16° degrés celsius, très exactement... il ne sera pas dit que ce blog n'est pas éducatif et qu'on y apprend rien d'intéressant), c'est une gageure... On pourrait ptet même trouver des coins pour lesquels j'ai une certaine tendresse ...

    Cela dit, ne profitez pas de ces confidences pour m'affubler de l'étiquette "parisienne", hein.. Audonienne, à la rigueur.

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Les mots sur la musique: "Allez sois gentille et cède/ Ce que tu possèdes/ Sans faire de tintouin/Autrement Barmaid/T'as le bonjour d'Alfred/ J'retourne à Saint-Ouen" la Barmaid, Thomas Fersen et Jeanne Cherhal

(en fait, la chanson que je voulais mettre, c'est A l'Ostal (toujours l'album de duos de Tôt ou Tard), mais j'ai pas les paroles, je les trouve nulle part et je veux pas me ridiculiser en me plantant. Mais si quelqu'un les a, à l'occasion, (genre Amarante, mais si d'autres sont plus rapides, pourquoi pas), ca m'intéresse :)

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04 août 2005

Des cités à problèmes

Nom d'un chien de B**** de P**** de M****

    On m'a chourré mon paillasson. Il était encore là hier soir, et pis, là, aujourd'hui, je suis pas sortie de la journée. Il y a quelques minutes, un gros badaboum blang retentit dans la cage d'escalier. Je me précipite pour voir si personne ne s'est fait mal. Pas de problème, c'est juste les voisins du dessous qui trimbalaient du bordel dans des sacs poubelles et y en a un qui a craqué. Je reviens dans mon appart, et là... horreur, je me rends compte que mon paillasson a disparu, et que mes pieds nus n'ont que le vieux plancher du couloir comme support (remarquez, j'aime bien marcher pieds nus sur le plancher, la question n'est pas là).
    Mais p****, quel imbécile irait se fader quatre étages (me dites pas "il descendait peut-être", je suis au dernier étage) pour piquer un paillasson même pas particulièrement drôle ni rien.

    Alors là, je sais pas, plusieurs choses me viennent à l'esprit.

     C'était ptet un pari. Ou alors, un "doormat-napping" (essayez de passer ça au traducteur de google, on va rigoler), et je dois m'attendre à une demande de rançon. C'est ptet le voisin, celui qui porte le même nom que moi, sauf que le mien finit par i et le sien par y, qui voudrait récupérer le paquet livré chez moi (sous le paillasson, justement) y a un mois. Suffisait de sonner mon pote, je demande pas mieux que de te le rendre, ton paquet France-loisirs. Déjà qu'on arrive pas à se voir pour se refiler un paquet, alors un échange d'otage, ça va être le bordel, je vous dis pas. Je vois ça d'ici. "Rendez-moi le paillasson !" -"Le paquet d'abord! ". Remarquez, au pire, je peux me servir du colis comme paillasson, il a a peu près le même format.
    Où alors quelqu'un a emménagé dans le coin, et il a pas les moyens de se payer un paillasson. Sans doute qu'il en cherchait un qui l'inspire (le mien, il avait des feuilles mortes dessus, il était assez nostalgique...). Où alors il s'est dit qu'en se tapant les quatre étages, il expiait son crime par avance, et que ça le rachetait au yeux du Seigneur. Je voudrais bien être là quand il ira raconter à Saint-Pierre qu'après s'être tapé tout le chemin jusqu'au Paradis, il méritait bien une petite récompense, et que c'est pour ça qu'il a piqué le Paillasson des Cieux pour le mettre devant son petit nuage personnel. (Ouais paske qui vole un oeuf vole un boeuf, y a pas de raison qu'il s'arrête en si bon chemin :) )

    Ou alors c'est une chaîne. La chaîne des paillassons volés. Genre "Je viens de te piquer ton paillasson. A ton tour, pique le paillasson de 5 personnes dans les 24 heures qui viennent. Si tu ne perpétues pas la chaîne, mon frère, que la malédiction soit sur ton chien et ta grand mère."

    Ca pourrait aussi être, en vrac, le gamin d'un des voisins qui a besoin de matière première originale pour un bricolage au centre aéré, un fétichiste du paillasson, un collectionneur un peu chieur, une bande organisée qui les revend au marché (j'ai vérifié, il manque que le mien au 4°. Au 3° et au 2°, il n'y en qu'un, à chaque fois, assez minables, et au 1° il y en a plusieurs. Le truc c'est que j'ai jamais fait gaffe aux paillassons de mes voisins. Et oui c'est ça la grande ville, on en a plus rien à foutre de son prochain, on vit chacun pour soi et pour son propre paillasson.).

    Alors je fais quoi, moi ? je met un avis de recherche? Le genre western (Wanted, dead or alive, mais plutôt alive... Have you seen that doormat?", ou bien le genre Paris-Hilton-a-perdu-son-chihuahua ("Please, that doormat is like a child to me"). Je fais une expédition punitive chez le voisin d'une copine (tiens je devais justement aller chez Indri cette semaine :D ) - eh ouais, pas folle la guêpe :D -, et je perpétue la chaîne du paillasson volé ? Je fais une enqûete de quartier ?

    Nan, mais ce qui me fait marrer, c'est que je vais ENFIN pouvoir faire plaisir à tous ces parisiens effarés qui, en apprenant que j'habite en Seine-St Denis, roulent des yeux en me disant "Han t'habites dans le neuf-trois ? T'as pas peuuuuur?"

    Si si... Je vis dans la terreur. Saint Ouen est une zone de non-droit. Les délinquants primaires piquent les paillassons des tranquilles bourgeois. On n'ose plus sortir de chez soi. D'ailleurs la raison pour laquelle j'ai pris un fou-rire de 20 minutes quand je me suis rendue compte de ce racket, tout à l'heure, c'est les endorphines. Je souffre telllllleeeement.

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Les mots sur la musique:

"On agit sans mobile
Ça vous parait bizarre
C'est p't'êt' qu'on est débile
C'est p't'êt' par désespoir
Du moins
C'est c'que disent les journaux du soir
Quand on arrive en ville"

Quand on arrive en ville
, Luc Plamondon,

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13 juin 2005

De la tendresse lectoralo-géographique

    L'autre jour, en allant découvrir un traiteur chinois du 7° arrondissement avec une amie, j'ai aperçu du coin de l'oeil une plaque de rue qui à provoqué un tilt attendri dans mon esprit. "Rue de la Comète"

    La rue de la Comète, c'est la rue du dernier assassinat de Sans feu ni lieu, un polar de Fred Vargas. Je vous cite un passage, pour le plaisir.

    "En tournant dans la rue Saint-Dominique, il découvrit à moins de quinze mètres de lui, une magnifique benne à gravats, avec, peinte en blanc sur son flanv vert, l'irrésistible mention "fouilles interdites". D'ordinaire il y avait toujours trois ou quatre gars juchés au sommet, à la recherche fievreuse de vieux bouquins à revendre, de fils de cuivre, de matelas, de vêtements. Ce soir, il n'y avait pas preneur. Marc jeta un coup d'oeil ) l'homme qui le précédait et se hissa d'un rétablissement dans la benne. Il écarta en hâte des blocs de plâtre, des pieds de chaise et des rouleaux de moquette et tomba sur une formidable mine de rebuts de plomberie. Il empoigna un court et solide tuuyau de plomb et sauta au sol. L'homme étant encore en vue, de justesse, traversant l'esplanade des Invalides. Marce courut sur une trentaine de mètres et freina l'allure.
    La balade dura cinq minutes encore, puis l'homme ralentit, baissa la tête, et tourna à gauche. Marc ne connaissait pas ce quartier. Il leva les yeux vers la plaque de rue et porta son poing à ses lèvres. L'homme venait de s'engager dans la petite rue de la Comète...Nom de Dieu, une comète... Comment avaient-ils pu passer à côté quand ils avaient étudié le plan de Paris?".

    Bon, pour savoir comment Marc est arrivé dans le 7°, et pourquoi "la comète" est importante, lisez le bouquin, et pendant que vous y êtes, lisez tout Fred Vargas, c'est un délice.

    Enfin, ce qui est marrant, c'est que le trajet qu'on avait fait, avec mon amie Petit lémurien, ce soir là, c'est exactement celui que je viens de vous citer. Elle habite rue Saint Dominique, et quand on est arrivé en vue du traiteur chinois, la rue de la Comète partaitit sur notre gauche.


    Il y a quelques mois, quand j'ai emmenagé à Paris, avec une autre amie, on avait prévu de se faire, à chacune de ses visites, une visite "Nestor Burma" d'un arrondissement (c'est-à-dire de suivre ses itinéraires de l'un des polars de Léo malet à chaque fois, puisque que, comme vous le savez peut-être, ou peut-être pas, chacun est centré sur un arrondissement, et pourvu d'une pitite carte.
    Et là, le coup de la rue de la Comète, ça m'a rappelé ce projet.

    Parce que voyez-vous, la rue de la Comète, ben elle est toute petite, et assez commune, pour tout dire. Mais le fait de l'associer, comme ça, à un bouquin que j'aime, ben ca me la rend toute familière. Je l'aime déjà d'avance, presque.
Alors vu que je suis dans le coin depûis la rentrée, et que j'ai pas vu grand chose de Paris, je pense que mon projet, cet été, pendant la période où je vais rester là, je pourrai essayer de la mettre vraiment en application, cette idée.

    Ca ferait des trajets "Leo Malet", "Fred Vargas", "Anna Gavalda".. et sans doute plein d'autres qui me viennent pas à l'idée, là tout de suite.

    Parce que ça, c'est ptet la chose qui me fera le plus aimer les coins que je visiterai...qui me les fera connaître plus intimement. Même si ce n'est qu'un axe de lecture de la ville.


    PS pour le Petit Lémurien.. la benne, elle est là ?


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Les mots sur la musique:  "If you ever feel neglected /If you think that all is lost /I'll be counting up my demons, yeah /Hoping everything's not lost" (Everything's not Lost, Coldplay)

Posté par Mlle Moi à 19:23 - Une demoiselle à Paris - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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