25 août 2009
De quelques réminiscences.
J'en rêve souvent. Et dans mes rêves, il est presque toujours question de départ, ou d'arrivée, les miens, ou ceux de ma famille d'ici. Le quatre quatre pour l'aérodrôme qui n'arrive pas, ou les enfants jaillissant devant les roues de celui qui me/nous mène au village. Le bush. Les larmes.
Très souvent pendant les premiers mois après mon retour, et encore régulièrement à présent, m'arrivent dans la figure, alors que je suis bien éveillée, des bouts d'images, de sensations, à peine des souvenirs, sans que je puisse discerner jamais quelle association d'idées les a ramenés à la surface. Un coin de rue de la capitale, l'abri de l'aérodrôme, un mur en bambou.
Ca travaille, plus ou moins en souterrain, selon les moments. Je sens que ça travaille.
13 août 2009
De deux gâteaux
Le jour de l'anniversaire de mon frère, il y a 22 ans (et très peu de bananes), aux Blaches. Une vieille ferme en Isère, appartenant aux P., amis de mes parents, et dont ces derniers retapent un bâtiment.
La seule chose dont je me souvienne, moi, c'est les deux gâteaux d'anniversaire. Un au chocolat, et un au citron, tous ronds.
Je m'apprêtais à écrire que ces gâteaux m'ont ravie (mniam mniam). Je me demande quand même si je me serais pas un peu insurgée (à l'intérieur au moins) sur la pertinence de DEUX gâteaux pour l'anniversaire des UN an de mon ptit frère.
Mmmh.
01 juillet 2009
D'un parfum
Le jour de ma fête d'anniversaire. J'ai trois ans. Je suis dans l'entrée de la maison, un petit garçon noir me tend mon cadeau tout de suite en arrivant. Un parfum, dont le nom est Maëlle.
Ca m'a fait quelque chose, ce parfum, apparemment. Je me revois plus tard, peut-être le soir même, peut-être un autre jour, dans ma chambre. Un adulte m'aide à en mettre.
29 juin 2009
D'une robe bleue.
Dans la cour, près de la voiture. Mon frère est peut-être dedans, mon père est debout derrière moi, je crois. Nous attendons ma mère. Elle sort de la maison, descend l'escalier.
Plus tard, dans une salle remplie de gens. Je suis assise quelque part sur la droite, à côté d'une dame en robe bleue, A., peut-être? Je suis excitée comme une puce, "c'est ma maman, c'est ma maman."
A vrai dire, c'est ma maman ET mon papa. Faut être deux, pour se marier.
28 juin 2009
D'un ptit chien.
J'ai un jouet, un petit chien en peluche, avec une armature rigide et un mécanisme à l'intérieur. Quand on le remonte, il aboie, et, je crois, il avance. Je me vois jouer avec sur le carrelage de la cuisine.
Et puis un autre jour, dans la cour, en haut de l'allée qui descend vers le portail. Je tourne le dos à la maison, et devant moi s'étend toute une zone recouverte de lierre et peut-être de mauvaises herbes. Au fond, il y a un mur, et derrière, en contrebas, la route. Je jette le jouet loin devant moi, il disparait dans le lierre.
On le retrouvera longtemps après, il me semble, au moment de desherber, peut-être. Il me semble me souvenir que ma mère m'a demandé pourquoi je l'avais jeté là.
Aucune idée.
25 juin 2009
D'un cerisier.
Printemps 87. Je n'ai pas encore 4 ans. Je rejoins les adultes dans le jardin. Mes parents doivent être quelque part sur la gauche, mais je ne les visualise pas vraiment. Mon futur beau-frère C. est devant moi, ma soeur perchée dans le cerisier. Je lui demande comment elle est montée. Elle me répond "En volant, comme les avions". Je répond que c'est pas vrai, qu'elle n'a pas de petites roulettes comme les avions ("train d'atterissage" ne doit pas faire partie de mon vocabulaire, encore, à cette époque :) ). Elle me répond que si, qu'elle fait comme les avions, les roulettes sont rangées quand elle s'en sert pas au sol.
Je me souviens avoir été vexée comme un pou, ce qui explique peut-être que ce souvenir soit un des plus clairs que je possède de cette période, et que ma soeur y soit si nette, alors que les gens sont souvent flous dans les autres. Mon premier souvenir d'avoir été en colère.
J'ai fini par comprendre comment elle était montée dans l'arbre, en voyant C. l'aider à descendre.
C'est aussi mon unique souvenir de lui.
24 juin 2009
D'un escargot
Je ferais bien une ptite série de notes sur mes plus anciens souvenirs. C'est un truc qui me travaille un peu en ce moment, j'essaye de remonter le plus loin possible. J'en ai quelques uns que je peux dater assez précisément autour de mes quatre ans, un peu avant ou un peu après.
Et d'autres, parfaitement indatables.
Par exemple, ma maman me chantant chantonnant L'escargot Léo, dans la partie basse du salon de la maison de la rue de M.. Avant mes 5 ans, donc. Mais quand? Je viens de réécouter la chanson (là), je me souvenais parfaitement du tout début, et absolument pas de tout le reste.Est-ce qu'elle chantait l'ensemble?
A vrai dire, je ne visualise pas clairement ma mère, tout en l'entendant très bien. J'ai très peu de souvenirs anciens de mes parents.
11 mai 2009
De quelques questions et réponses.
C'est un peu du bouche-trou, encore, mais bon, en ce moment, j'ai pas grand chose à raconter ici, je suis désolée :)
J'ai trouvé ça chez Ménille Avénale
Quelle est la première image qui se présente à vous quand on vous parle de votre enfance?
Ouh, c'est compliqué, ça, comme question. Pour tout vous dire, j'ai rempli toutes les autres avant de revenir sur celle-là.
Je sais pas. Il y a tout un tas de souvenirs avec mon frère. Et puis... Un cerisier du japon. Un lavoir. Des chats. Des daims. J'aurais du mal à dire ce qui arrive en premier. Ni même si ce serait la même chose à chaque fois, si on me posait la question dix fois.
La mort frappe à la porte. Que choisissez-vous d’emporter dans l’autre monde?
Nan mais en fait, moi, quand on frappe à l'improviste chez moi, j'ouvre pas.
Livres que vous avez toujours désiré lire, sans avoir jamais trouvé le temps de le faire?
Quand j'ai vraiment le désir de lire un livre, je trouve le temps.
Par contre, il y a des bouquins que lesquels je suis ambivalente, que je veux lire, mais que je veux pas lire. Genre les russes. Je veux, mais j'arrive pas.
Vous croisez George Clooney dans l’ascenseur. “Quel genre de femme êtes-vous”, vous demande-t-il.
Oui, et c'est quoi, la question? :)
Je suis le genre à ne pas fantasmer que je vais croiser George Clooney et qu'il me demandera un truc complètement loufoque.
(Nan sérieux, George, c'est quoi cette question à la con? Demande moi à quel étage je m'arrête, plutôt. Soyons pragmatiques, quoi! On va pas rester 10 ans dans l'ascenseur, j'aurai pas le temps de te décrire le genre de femme que je suis.)
Si vous en aviez eu le choix, auriez-vous préféré être un roi ou une reine?
Ni l'un ni l'autre.
Préférez-vous nager dans une rivière ou dans la mer?
Ben... J'ai pas mal pratiqué la rivière, six mois en cumulé, sur les deux dernières années, et j'aime bien.
Que devrions-nous faire en priorité pour la planète?
Sur le plan individuel ou collectif?
En ce qui me concerne, faut que j'arrête d'utiliser du destop, de chauffer mon appart mal isolé, de manger des tomates hors saison, et que je me mette au vélo. C'est à peu près classé dans l'ordre, du plus probable au moins probable :)
(Ca me rappelle que je voulais faire une note sur l'utilisation de la mooncup, pour les filles.)
Et qu’aimeriez-vous que l’humanité fasse pour vous?
Qu'elle se démerde pour qu'une fois de temps en temps, je n'entende pas que des horreurs en allumant la radio le matin.
Oui, je suis pleine d'espoir.
Votre petit-déjeuner habituel?
Quand je petit-déjeune, en général, c'est thé et tartines. Confiture ou miel.
Aimez-vous écrire la nuit?
Ca dépend ce qu'on entend par écrire.
J'aime bien avoir de nuit des activités qui impliquent d'écrire. Maintenant, je pense pas qu'on puisse appeler ça "Ecrire"
La dernière fois que vous étiez ivre?
Le jour du dernier VRB. Y a des gens qui m'ont fait boire des trucs zarbis. Je me sentais pas particulièrement bourrée, juste un peu lasse. Mais j'ai quand même failli me casser la margoulette en descendant du trottoir.
A part ça, je suis très rarement ivre, j'aime pas perdre le contrôle.
Pensez-vous que de grandes œuvres comme “Hamlet” ou “Don Quichotte” sont encore à venir?
Oui. Y a pas de raisons de penser qu'il n'y aura plus de génies littéraires. (Bon et puis moi, Don Quichotte, ça m'a un peu emmerdée, pour être honnête. Mais j'étais pas très vieille quand je m'y suis frottée, faudra que je réessaye).
Le plus gros mensonge de votre vie?
Je crois que je l'ai déjà dit ici, j'essaye de ne pas dire de vraiment gros mensonges. Je me sens trop coupable après.
Alors après, dans les moyens et petits mensonges, je sais pas quel était le pire.
Que transportez-vous dans vos poches?
Etonnamment, juste un mouchoir.
Mais c'est parce que j'ai un pantalon propre et que j'ai pas encore eu le temps de fourrer dedans: des sous, des tickets de caisse, des épingles à cheveux ou élastiques, un ptit crayon, une carte bleue, etc...
Un désir en particulier?
Oui. C'est pas ce qui manque, en ce moment, le(s) désir(s).
Mais je détaillerai pas ici :)
Que diriez-vous d’un barbecue sympa avec Gustave Flaubert un de ces jours?
Rho putain oui. Bitcher avec Gustave pendant un barbecue (ou à n'importe quelle autre occasion, en fait) serait certainement un grand moment d'accomplissement pour la morue qui sommeille en moi (jamais que d'un oeil).
Paysage préféré?
La mer. N'importe où, mais peut-être plus spécialement avec des rochers noirs plutôt que du sable, et par temps gris et un peu mélancolique.
Période de la journée que nous n’aimez pas?
Ca dépend des journées :)
Dernier mot que vous aimeriez prononcer avant de mourir (mieux vaut prévoir la chose pour le cas où rien de bon ne viendrait à l’esprit le moment venu)?
Ben. Dans l'absolu, je préférerais mourir dans mon sommeil. Et en parallèle, j'espère ne pas finir bouffée par mes chats parce que je vis seule et que personne ne m'aura trouvée dans les jours suivant ma mort.
Donc on va dire que le dernier mot, ce serait bien que ce soit "nuit."
Comme dans "bonne nuit" que je dirais à quelqu'un, tu vois?
Un boulot que vous n’auriez jamais pu faire?
Ouh y en plein. Déjà le mien j'arrive pas souvent à le faire comme il faut, alors t'imagines...
Livreur de machine à laver, par exemple, j'aurais pas pu.
Marchand de sable, non plus. (me serais endormie avant les ptits zenfants).
Citation préférée que vous pourriez vous faire tatouer sur le bras?
Pirates get the gold, gentlemen get the girl, heroes get both.
ou alors, euh
attends je vais regarder dans les pages roses du dico.
C'est marrant, en fait, les pages roses, j'avais jamais vraiment regardé.
Bon euh. Je suis pas inspirée, je suis pas trop du genre à me tatouer une citation sur le bras, ni ailleurs, de toute façon
Sans doute un truc à la con en latin ou tiré de Shakespeare. On est snob ou on l'est pas
Quand il se met à pleuvoir, vous continuez de marcher au risque d’être trempé, ou vous vous abritez au risque de manquer votre rendez-vous?
Je continue.
J'ai toujours trouvé que j'avais l'air super sexy en caniche mouillé.
Si vous aviez la possibilité de voyager dans le passé, quel siècle aimeriez-vous visiter?
Le XVIII ème, je pense.
Vous arrive-t-il de manger du pop-corn au cinéma?
Nan.
Et je me crispe toujours quand je vois arriver des gens qui s'apprêtent à le faire. J'ai des mauvaises expériences avec le pop-corn tombé à terre et dans les fauteuils, celui que balancent les gamins, celui qui craque sous la dent, celui qui crise sous la main quand on la plonge dans le carton, et celui du carton qu'on triture une fois le pop-corn fini.
Décrivez l’endroit où vous écrivez.
Je suis assise à mon bureau, dans ma chambre. Bureau relativement en ordre, si on considère ce qu'il peut être, mais aussi relativement encombré, parce que j'ai plus beaucoup de place pour mettre mes trucs. Faut que je réorganise le coin "bureau".
Sinon, ma chambre, ben.. deux armoires, des planches et des bibliothèques couvertes de bouquins, un lit une place qui manque régulièrement de s'effondrer, un fauteuil couvert de fringues à repasser. Rien que de très normal, quoi.
Et pour la déco: un grand panneau de tissu à rayures qui planque la peinture qui s'écaille, un miroir, une carte de mon île au V******* en trois panneaux, un encadrement d'un petit morceau de tissage indien. Les affiches de deux expos (La Lucrèce de Véronèse est en pénitence, faut que je lui re-trouve une place), et quelques cartes postales et flyers de spectacles. Et un petit pastel de moi-que-j'ai-fait, pas terrible, mais j'y suis attachée. Ca fait du monde.
17 avril 2009
D'un anniversaire
Je voulais vous causer de mes derniers déboires paperassiers.
Mais en fait, y a un truc plus important à raconter.
Cette nuit, c'est le dixième anniversaire de mon premier baiser. J'ai beau ne pas être nostalgique de l'histoire qui a suivi, je garde un souvenir assez ému de la nuit du 17 au 18 avril 1999, et du bisou sur lequel elle s'est finie. Je ne me souviens pas de la sensation de l'instant même. Mais assez précisément des heures qui ont précédé et suivi. Le pantalon que je portais. Les réflexions sur ces putains de bras qu'on sait pas où mettre au moment de s'enlacer quand on dort avec quelqu'un. Le gout du nutella dans la bouche, je le garde? je me lave les dents? Le surgissement de mon amoureux dans le train, juste avant la fermeture des portes pour un dernier baiser avant plusieurs mois, alors que sa famille s'éloignait déjà sur le quai.
Voilà, juste ça. Ou tout ça, ça dépend du point de vue.
08 juin 2008
Des madeleines qui ne se mangent pas.
C'est con qu'on puisse
pas faire des collections d'odeurs. Parfois, j'ai comme ça la tentation
de mettre en boîte les déclencheurs de nostalgie.. Le parfum que
portait ma mère quand j'étais petite, mêlée de l'odeur de froid qu'elle
apportait avec elle en venant nous chercher chez la nounou, l'hiver. La
fragrance des tilleuls en fleurs, ces mêmes années. Plus ancienne,
encore, dans ma chronologie personnelle, cette odeur de branchage sur
laquelle je ne peux pas mettre un nom, mais qui m'évoque si puissamment
et rapidement la Tunisie. L'intensité de ce souvenir olfactif qui
persiste, comme ça, alors qu'il ne me reste presque rien d'autre de mon
passage dans ce pays.
Et puis, plus intemporels,
l'odeur qui plane avant l'orage, et celle, ensuite, de la terre
mouillée. Celle de l'essence, que je reniflais déjà, toute petite, avec
délectation et à pleines narines. Celle de la térebenthine, aussi, ma
mère, encore. Celles des écuries, qui me manquent autant voire plus que
le fait même de monter à cheval.
C'est con qu'on
puisse pas les mettre en boîte. Mais c'est tout aussi bien, après tout.
J'y perdrais sans doute la capacité à m'y immerger, avidement, les yeux
fermés, à chaque fois que dans le métro, derrière moi, une femme porte
ce même parfum; quand une camionette chargée de branches me double à
tout berzingue dans la rue; quand dans un parc, les tilleuls sont en
fleur. Ce serait encore plus con.





