Words, words, words

Je cause, je cause, c'est (presque) tout ce que je sais faire

29 janvier 2008

De ma (non-)judéité

-"Attends, je suis pas juive, moi."

    Ma frangine s'est figée, puis elle a éclaté de rire.

-"Pas juive? N'importe quoi.."

  Ben non. J'ai beau avoir des bouts d'ashkénaze du côté de mon papa (et la tronche qui va avec), et des bouts de séfarade du côté de ma maman (et certains goûts culinaires qui vont avec), je ne suis pas juive. Parce que ma maman ne l'est pas. Parce que sa maman ne l'est pas. Etc..

    Ou alors, je suis juive par les hommes. Par mon père, par mon grand-père, et d'une toute autre façon, par mon petit frère.

    J'ai les blagues, j'ai les références, j'ai les légendes familiales, les déracinés, les diamantaires et les marchands de tapis, les débrouillards, les changements de prénoms, les Isaac, Eliah et Sarah. J'ai les Cohen, les Segura, les Judkind, les Fainberg. L'Espagne du quinzième siècle, la Russie du dix-huitième et l'empire Ottoman. J'ai l'adaptabilité, le rebond -relativement- facile, et un tas de brimborions que je peux raccrocher à ça, ou à tout autre chose, parce qu'au fond, ce serait un peu facile.

    Mais je n'ai pas le dieu, la foi, les fêtes, les coutumes, la communauté, l'appartenance. Je n'ai pas l'histoire tragique. Je n'ai pas Israel. Je n'ai pas la bougeotte.

    Je suis juive en diachronie, mais pas en synchronie.

Posté par Mlle Moi à 21:27 - Culture - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Scuse moi, mais comme disait l'autre, qu'est-ce que dieu vient foutre là-dedans?
D'abord, j'ai bien peur qu'à partir du moment où tu commences à te poser une seule question là-dessus, tu soyes dedans... Alors arrête de te kasher.

Posté par anita, 29 janvier 2008 à 21:48

Ce qui est compliqué

avec les juifs, c'est leur antisémitisme invétéré. Mais chut, ne dîtes à personne que j'ai vendu la mèche

Posté par Diogène, 29 janvier 2008 à 22:41

Ce qui est compliqué

avec les histoires d'appartenance, c'est que l'on ne sait jamais si l'on appartient ou si "cela m'appartient"... De part en port,de port en perte, de père en dû, reste quelque chose sans doute mythe ou légende à usage personnel et limité... Précieux et dérisoire.

Posté par Still, 29 janvier 2008 à 22:49

Ce log tourne à une version yid family de la clé de saint George!

Posté par anita, 29 janvier 2008 à 23:44

Moi je suis encore à la rue, j'ai rien compris. Je pensais naïvement que, pour appartenir à une religion, il suffisait d'y croire...

Posté par STV., 30 janvier 2008 à 10:05

Anita: je dis pas que c'est essentiel pour tout le monde, mais y en a pour qui ça peut jouer un rôle :)

Diogène: maintes fois vérifié :)

Still: je crois que c'est exactement ce que j'aurais voulu dire. Je suis plus du côté "ça m'appartient" que "j'y appartiens"...

Anita: je m'attendais bien à avoir surtout des réactions familiales sur cette note :)

STV:ben non. Déjà, si tu prends la religion comme "institution", pour la plupart d'entre elles, il ne suffit pas d'y croire pour s'y convertir, et tu peux y appartenir bien avant d'être capable de croire en quoi que ce soit.
Ensuite, pour ce qui est du sentiment personnel d'appartenance, et en ce qui concerne le judaisme particulierement, la foi n'est - je crois - qu'une partie de l'histoire. Cf commentaire d'Anita. Et cette note de Kozlika, aussi: http://www.kozlika.org/kozeries/post/2006/11/17/642-1997-37

Posté par Mlle Moi, 30 janvier 2008 à 14:48

Commentaire inutile…

… histoire de dire que je suis venu, que j'ai lu.

Et histoire de dire, tout comme Anita, que se poser la question, poser ce "je ne suis pas" revient à affirmer le contraire.
Ça peut paraître contradictoire, évidemment, mais à ma connaissance, tous ceux qui sont passés par cette interrogation ont fini par constater qu'il en était ainsi, et ont finalement poussé un "ouf" de soulagement.
Dieu n'a rien à voir dans tout ça, of course ; on peut appartenir à une communauté sans pour autant souscrire à l'intégralité de ses valeurs. La preuve : il existe des Bretons agnostiques (oui oui !)

Posté par KA, 31 janvier 2008 à 07:04

On parle de quoi là ? De race (ou ethnie), de culture, de gènes, de communauté, de nationalité, de religion ?
Tu es juive comme moi je suis cambodgien !

Posté par Martin-Lothar, 31 janvier 2008 à 22:11

Ka: uhuh :)

Le Leu: si on parle ethnie, je suis plus juive que tu n'es cambodgien.
Si on parle histoire... alors oui, ptet que ca s'apparente à ca...

Posté par Mlle Moi, 01 février 2008 à 09:14

Goûts culinaires : des recettes !!!

Posté par Alf, 06 février 2008 à 18:46

Ah ben tiens tu viens de m'apprendre que je suis juive. Si j'avais su que je l'apprendrais comme ça, brutalement au détour d'un blog. Mince.

Posté par Ada, 11 février 2008 à 13:51

Petite interrogation d'ordre "pratico-jurique", est-ce que les droits sont libres pour "Je suis juive en diachronie, mais pas en synchronie" ?

Posté par laplusbelleclola, 17 février 2008 à 10:25

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