20 janvier 2008
Des ptites vagues.
C'est étrange comment les petites ondes nées d'une grosse vague continuent encore d'arriver sur la rive pendant quelques temps. Des réminiscences, des choses que tu réalises d'un coup, à la lumière d'un truc fortuit n'ayant rien à voir avec l'histoire. Un truc qu'on te dit, ou que tu te trouves après coup, caché dans un coin où t'avais pas envie de farfouiller immédiatement. Une chanson. Ou juste un sourire, ou un sanglot qui remontent sans que tu aies le
temps de les voir arriver. Sans même qu'ils atteignent vraiment la
surface. Tu les as juste sentis près d'affleurer, et puis ils sont
passés.
Je suis très sensible aux petites vagues en moi, aux répercussions décalées des évenements, ces dernières semaines. Mine de rien, et peut-être plus que les grosses tempêtes dont elles se font l'écho, elles me renseignent sur la façon dont les choses se déplacent, à la surface et en dessous.
Certains entendent la mer, moi j'écoute les vagues...
De ptits riens
Bon. Une journée à
chialer pour une chose, une à angoisser pour une autre (chuis en train
de devenir une grosse hystérique), une à pioncer (et chuis toujours une
marmotte, pour compléter le tableau) pour se reposer de toutes ces
émotions, on va dire que ça suffit pour cette fois. Je me remets en
selle.
Merci à ceux qui m'ont écoutée pleurer, angoisser, dormir, ronchonner, ces derniers jours.
Merci au gars qui a ruiné tous mes efforts pour garder les yeux
secs vendredi: "Faut sourire, mademoiselle, faites pas la tête!
Bonne année!". Merci au vigile de la Sorbonne qui m'a demandé comment
j'allais quand je lui ai présenté ma carte, alors qu'on se connait pas
(enfin je crois ...). Merci aux comédiens de la Comédie Française qui
m'ont fait rigoler comme une baleine et glousser comme une oie pendant
trois heures (mention spéciale à Petruchio, yummmmmy :) ). Merci
(encore) à Grognon pour son mail d'hier soir. Merci à ma libraire pour
la discussion sur Penser/ Classer. Et merci à Nim pour son récit mémorable de concert de death metal (black metal?), je ne m'en suis pas encore remise.
Bon sinon, petit moment de nostalgie en rentrant et en regardant
mes stats. Un khagneux du Parc (enfin je vois pas qui ça pourrait être
d'autre..) est arrivé chez moi (sur cette note-ci
précisément) en cherchant ""21 janvier" Lénine louis XVI khâgne".
J'arrive même avant le site de la khagna Lugdunensis, grâce à un
commentaire de Crookinette. Uhuh :)
-----------------
Les mots sur la musique
I live in this country now
I’m called by this name
I speak this language
It’s not quite the same
For no other reason
Than this it’s my home
And the places i used to be
far from are gone
You’ve travelled this long
You just have to go on
Don’t even look back to see
How far you’ve come
Though your body is bending
Under the load
There is nowhere to stop
Anywhere on this road
My heart is breaking
I cannot sleep
I love a man
Who’s afraid of me
He believes if he doesn’t
Stand guard with a knife
I’ll make him my slave
For the rest of his life
I love this hour
When the tide is just turning
There will be an end
To the longing and yearning
If i can stand up
To angels and men
I’ll never get swallowed
In darkness again
Lhasa de Sela, Anywhere on this road.
13 janvier 2008
D'une journée à la fête foraine.
Aujourd'hui, journée
grand huit. En bas, fioup, en haut, zou, en bas, hop, en haut, paf, on
redescend, jtong, on remonte... Le coeur au bord des lèvres, l'estomac
dans les talons, les tripes retournées, le moral dans les chaussettes,
la gorge déployée... Faites votre choix, y en a pour tous les goûts.
Faut juste bien calculer son créneau, ca bascule vite.
J'ai un peu mal au coeur. Dans tous les sens du terme.
Mon surmoi me glisse à l'oreille (interne, l'oreille, j'ai même
pas besoin de parler toute seule à voix haute, dans ces moments-là,
c'est vachement économique...D'ailleurs c'est ptet parce que j'ai des
ptites voix qui me soufflent des méchancetés dans l'oreille interne,
que mon équilibre était un peu instable, tout à l'heure... ) que tout
ce que j'ai ingurgité ce soir de liquide et de solide n'y est peut-être
pas pour rien non plus.
Pfft. Rien à voir.
(Oops, I did it again. Statue de la désolation, quinzième prise. Plates excuses. )
07 janvier 2008
Lâcher prise, une fois de temps en temps.
Bonne
idée. Bon programme. Faut juste en informer qui de droit, tu sais ce
que c'est, les grosses administrations. Y jamais personne qui sait à
qui il faut s'adresser.
Lâcher prise, c'est bien gentil, mais faut pas trop lâcher quand même, parce qu'après, bonjour la dégringolade...
Lâcher prise... lâcher l'autre ou me lâcher la grappe à moi-même? Les deux? Pfiou. On n'est pas sortis de l'auberge.
Lâcher prise? Ptain, comment je m'y prends?
Commence
déjà par arrêter de bouffer des carottes trempées dans du St-Moret,
patate. Ferme ton ordi et va te coucher. Faut un début à tout.
09 décembre 2007
D'une association libre sur un post d'anita
Vague à l'âme
vague à lame (à couper au couteau)
vague à lame de fond.
vague à larmes
vagues alarmées
Vague à la mer
vagal, amer
va, gars, l'ame erre.
Vague à l'amant,
vague à l'amour,
vague à l'amitié
( Vague précise, Anita )
----------------------------
La musique des mots:
Et la mer et l'amour ont l'amer pour partage,
Et la mer est amère, et l'amour est amer,
L'on s'abîme en l'amour aussi bien qu'en la mer,
Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.
Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,
Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,
Qu'il ne se laisse pas à l'amour enflammer,
Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.
La mère de l'amour eut la mer pour berceau,
Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,
Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.
Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,
Ton amour qui me brûle est si fort douloureux,
Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.
Pierre de Marbeuf, (1596-1645)
04 décembre 2007
Des derniers temps.
Souvent, je me plains d'être vide. De me sentir vide. De tourner à vide, dans la tête.
Mais en ce moment, ça mouline, ça remue, ça brasse à tout va, à
touts vents, à tout berzingue, tous azimuths. Au point que je me sens
un peu débordée, et crains de ne pas pouvoir faire face sur tous les
fronts. Je me heurte, avec des conséquences plus ou moins heureuses, au
sentiment d'être grande et à celui d'être petite, à l'impression de
pouvoir et à celle de ne pas pouvoir. A l'amitié, à l'amour, à la
famille, au deuil, aux projets, au travail, à l'écriture, à mon propre
corps qui ronchonne. Je me heurte à moi, toutes les quinze secondes,
d'une façon nouvelle et déstabilisante.
Je me prends les pieds dans le tapis tous les trois pas. Chaque rétablissement in extremis
me demande beaucoup d'énergie. Ca ne m'empêche pas d'avancer, j'ai
l'impression d'avoir bougé plus que toutes ces dernières années, en peu
de temps. J'arrive même à me dire que c'est normal que ca me fatigue.
En bonne grosse feignasse que je suis, me mettre à crapahuter comme ça,
ca ne pouvait déboucher que sur des courbatures.
21 novembre 2007
De l'inertie.
Une marmotte. Une limace. Une moule. Une éponge. Molle, très molle.
J'utilise tout un tas de vocables de ce genre, pour me
décrire. Tout un tas de vocables désignant des entités plus ou moins
vivantes, plus ou moins animales, plus ou moins actives, plus ou moins
rapides, plus ou moins vertébrées. Plutôt moins que plus, dans ma façon de l'entendre.
Je fonctionne beaucoup à l'inertie. J'angoisse à
l'idée de me
précipiter sur un
choix ou une décision sans connaitre tous les tenants et aboutissants.
Ne pas choisir en connaissance de cause me terrifie. Je voudrais pas
perdre un truc important sans m'en rendre compte (l'idée selon
laquelle, si je ne m'en rends pas compte, c'est que ca ne doit pas être
si important, j'ai du mal à percuter). Faut décomposer tout ça, mais je
peux pas décomposer dans l'angoisse. Je peux pas morceler, avec un trou
qui s'effondre sur lui même dans le bide, les morceaux vont tomber
dedans. Je laisse toujours tout échapper, je me connais. Alors
j'attends. Je laisse couler. Je m'immerge dans de la fiction. Je dors.
Je m'oublie un peu. Les choses,
les mouvements passionnels, les accrocs s'écrèteront bien pendant que
je ne les regarde pas. Au pire, la théorie du feu au derrière me
sauvera toujours. Evidemment, la moitié du temps ca se retourne contre
moi, parce que j'ai laissé en plan des choses qui ne pouvaient pas
attendre. Des démarches administratives, ce genre de trucs. C'est chiant,
c'est sûr. Mais bon an, mal an, pour les questions importantes je m'en suis
plutôt bien trouvée. L'hibernation, ça a du bon. Sauf que.
Je fonctionne beaucoup à
l'inertie. Je couche la tête
et je laisse passer les coups de griffes. J'encaisse, j'absorbe,
souvent sans renvoyer grand chose à l'autre, en face, qui cherche la
réaction. J'évacuerai plus tard, en privé, dans ma coquille, pas un
problème. Ne pas réagir à chaud si la réaction est potentiellement
dangereuse pour l'autre. Se donner le temps, recycler la colère, la
déception, l'envie, la jalousie. Colmater les petites fissures dans
l'instant, pour l'instant. Rester stable, rester solide. Rester aimable.
Et puis ces derniers temps, l'inertie entre en conflit avec tout
un tas de trucs. Tout un tas de gens. Celui qui trouve que je ne la
pousse pas assez loin, et que je me laisse encore trop blesser par les
choses. Celui qui trouve qu'attendre et rester flottant, c'est pire que
tout. Les choses qui me mettent en colère, et que je continue à
ravaler, en admettant que ca me coûte de plus en plus, et que ça ne
sera bientôt plus tenable. Et toutes ces putain de fissures qui se
mettent à suinter en même temps, avec lesquelles je sais pas trop quoi
faire. Il me faudrait une éponge, tiens.
Je viens de me rendre compte que je parle alternativement de limace et de coquille.
En toute logique, je dois plutôt être un escargot.
Ca tombe bien, je préfère.
20 novembre 2007
Pov', Pov' Nanou...
J'ai la lèvre inférieure tuméfiée. Tout le côté droit
enflé comme un petit boudin, parsemé de petites taches rouges. Non,
non, je n'ai pas été tabassée, je ne me suis pas pris de porte de
placard.
Je me suis juste mordue jusqu'au sang plusieurs fois hier après-midi et hier soir.
Je n'étais pas furieuse, ni douloureuse (enfin si, j'étais un
peu énervée à un moment, et j'avais mal à d'autres, mais ça n'a rien à
voir).
Non, non. J'ai juste eu une triple dose d'anesthésiant chez le dentiste, qui m'a endormi une partie de la bouche pendant onze heures. Je ne me suis pas rendu compte que je me mordais aussi fort, sauf une fois où j'étais devant le miroir, et où je me suis incidemment vue faire. Et maintenant, non seulement, j'ai de nouveau mal aux dents, mais j'ai l'air de m'être pris un poing dans la gueule.
Irritant.
11 novembre 2007
De l'insatisfaction en ligne de fond.
Y a des jours où je me
donne l'impression d'être ontologiquement incapable d'être satisfaite.
Où tout m'irrite. Où tout un tas de trucs ont l'air d'être de bonnes
idées. Sauf que pour une moitié, je ne les fais pas, et que pour
l'autre, c'est pire, je les fais. Et évidemment, dans ces jours là, les
bonnes idées s'effondrent sur elles-mêmes comme des gros soufflés
ratés, et deviennent des échecs. Et moi, d'autodéception, je m'affaisse
un peu de l'intérieur aussi, à chaque fois.
Et je parle même pas des idées qui étaient mauvaises dès le départ.
Y a des jours où j'ai envie de parler à machin ou truc ou à
bidule, où je fais feu de tout bois, et où personne ne réagit
comme je voudrais, ni n'est dans l'état ou l'humeur qu'il faudrait pour
me faire du
bien. Ni ceux à qui je peux dire que ca ne va pas, ni ceux devant qui
je ne peux pas le laisser transparaître. Ni ceux que j'ai envie de
caliner, ni ceux que j'ai envie de mordre.
J'en suis à me dire que je ferais mieux de jeter mes téléphones
par la fenêtre, et ma freebox avec. Ca fait longtemps que j'avais pas
eu envie de me rouler en boule dans mon lit pour disparaître une
semaine ou deux sans avoir de contacts avec personne. Mais c'est en
train de me rattraper à toute vitesse.
13 juillet 2007
Deux dernières semaines riches en émotions et sensations, insomnies et angoisses, picolages, fromages et copinages. Tête, entrailles et sociabilité conséquemment en vrac.
Je me barre en Bretagne pour tenter de tout remettre à sa place, je reviens dans quelques jours.
Posterai ptet de là-bas, mais pas sûr.
Des bises à tous.



